Aller au contenu

514 606-3350

info@cliniqueomicron.ca​

FR / EN
Logo – Clinique Omicron
Infectiologie & Médecine de famille & Santé publique

Oreillons (parotidite ourlienne)

Les oreillons — également désignés parotidite ourlienne ou parotidite épidémique — sont une maladie infectieuse virale aiguë causée par le virus ourlien (Mumps virus), appartenant au genre Rubulavirus de la famille des Paramyxoviridae. Transmis par les gouttelettes respiratoires et le contact direct avec la salive d'une personne infectée, le virus est hautement contagieux avec un indice de reproduction de base (R₀) estimé à 4 à 7 dans une population non immunisée. La manifestation clinique la plus caractéristique et la plus connue est la parotidite bilatérale — gonflement douloureux des glandes parotides de chaque côté du visage donnant au patient un aspect caractéristique en « hamster » ou en « lune » — bien que jusqu'à 20 à 30 % des infections soient asymptomatiques et que 40 à 50 % se présentent sous forme de symptômes non spécifiques des voies respiratoires supérieures sans atteinte parotidienne évidente. Avant l'introduction du vaccin RRO (Rougeole-Rubéole-Oreillons) dans les programmes d'immunisation canadiens en 1969–1971, les oreillons étaient une cause majeure de surdité acquise chez l'enfant, de méningite virale et d'orchite chez l'adolescent et l'adulte jeune. Depuis, l'incidence a chuté de plus de 99 % au Québec et dans le reste du Canada. Cependant, des épidémies persistent dans les communautés sous-vaccinées et chez les jeunes adultes ayant reçu deux doses de vaccin mais dont l'immunité a diminué avec le temps — phénomène observé lors des épidémies documentées dans plusieurs universités et collèges nord-américains depuis 2006, expliquant pourquoi certaines sociétés de médecine préventive recommandent une troisième dose de vaccin dans les contextes épidémiques. Les oreillons sont une maladie à déclaration obligatoire (MADO) au Québec. Chez l'adulte non vacciné, la maladie est généralement plus sévère que chez l'enfant, avec un risque plus élevé de complications — l'orchite (inflammation testiculaire) touchant 20 à 50 % des hommes post-pubères atteints, et pouvant entraîner une atrophie testiculaire et, dans de rares cas, une infertilité masculine.

Virologie, transmission et épidémiologie

  • Agent pathogène : Paramyxovirus à ARN monocaténaire négatif + enveloppé + deux protéines de surface : hémagglutinine-neuraminidase (HN — fixation au récepteur cellulaire acide sialique) + protéine de fusion (F — fusion membranaire et entrée virale) + 12 génotypes identifiés (A à N) + génotypes C + D + G + H + J les plus répandus actuellement en Amérique du Nord + les vaccins basés sur la souche Jeryl Lynn (génotype A) offrent une protection croisée efficace contre la majorité des génotypes circulants malgré les divergences génétiques
  • Transmission : gouttelettes respiratoires (toux + éternuements + parole) + contact direct avec la salive infectée (baisers + partage d'ustensiles + partage de bouteilles) + le virus est présent dans la salive 7 jours avant l'apparition de la parotidite jusqu'à 9 jours après + période de contagiosité maximale dans les 2 jours précédant et les 5 jours suivant le début des symptômes
  • Période d'incubation : 16 à 18 jours (extrêmes : 12 à 25 jours) + l'une des incubations les plus longues parmi les infections virales communes
  • Pathogenèse : réplication primaire dans l'épithélium respiratoire + virémie → dissémination aux glandes salivaires (parotides ++) + testicules + ovaires + pancréas + méninges + oreille interne + affection des cellules acineuses glandulaires → inflammation + œdème + nécrose cellulaire locale
  • Épidémiologie au Québec : moins de 100 cas déclarés par an habituellement depuis les années 1990 + épidémies sporadiques associées aux foyers universitaires + camps de vacances + communautés religieuses refusant la vaccination + importations lors de voyages internationaux + les jeunes adultes nés entre 1970 et 1985 (n'ayant reçu qu'une seule dose de vaccin dans l'enfance) représentent un groupe à risque lors des éclosions

Présentation clinique

Phase et manifestations Description clinique Durée et évolution
Prodrome (1 à 2 jours avant la parotidite) Fièvre modérée (38 à 39 °C) + céphalées + malaise général + myalgies + anorexie + douleur à la mastication + douleur à l'oreille accentuée par la mastication ou la déglutition + la douleur préauriculaire peut précéder le gonflement visible de 24 à 48 heures 1 à 2 jours + souvent peu marqué chez l'enfant
Parotidite aiguë — phase caractéristique Gonflement douloureux des glandes parotides, d'abord unilatéral puis bilatéral dans 70 à 80 % des cas en 1 à 5 jours + aspect caractéristique en « hamster » — visage arrondi avec effacement du sillon préauriculaire + distal de la branche mandibulaire + le canal de Sténon (ostium excréteur de la parotide) apparaît érythémateux et œdémateux à l'examen de la muqueuse buccale (contrairement aux parotidites bactériennes suppurées où du pus est exprimé) + fièvre souvent entre 38 et 40 °C + douleur aggravée par les aliments acides (jus de citron + vinaigrette) qui stimulent la sécrétion salivaire Gonflement maximal à J3–J4 + régression progressive sur 7 à 10 jours + résolution complète en 10 à 14 jours
Formes sans parotidite 20 à 30 % des infections asymptomatiques + 40 à 50 % présentent des symptômes respiratoires supérieurs non spécifiques ou une fièvre isolée sans gonflement parotidien évident + parfois atteinte des glandes sous-mandibulaires ou sublinguales seules (difficile à distinguer cliniquement d'une adénopathie cervicale) Contagiosité identique aux formes avec parotidite + diagnostic souvent manqué → importance épidémiologique pour la transmission

Complications

Complication Fréquence et caractéristiques Prise en charge
Orchite ourlienne 20 à 50 % des hommes post-pubères atteints + survient 4 à 8 jours après le début de la parotidite + unilatérale dans 80 à 90 % des cas + douleur testiculaire intense + gonflement + érythème scrotal + fièvre élevée (39 à 40 °C) + peut précéder la parotidite ou survenir sans parotidite dans 30 % des cas + atrophie testiculaire dans 30 à 50 % des testicules touchés + infertilité masculine dans moins de 13 % des cas d'orchite bilatérale (rare car l'orchite bilatérale ne touche que 15–30 % des hommes avec orchite) Traitement symptomatique : suspension scrotale + AINS ou paracétamol + application de glace + repos + corticoïdes (prednisolone 1 mg/kg/j × 3–5 jours) pour réduire l'inflammation et le risque d'atrophie testiculaire dans les formes sévères (efficacité non formellement prouvée mais utilisés en pratique) + pas de traitement antiviral efficace disponible
Méningite aseptique ourlienne Complication la plus fréquente des oreillons (5 à 15 % des cas symptomatiques) + souvent subclinique + céphalées + raideur de nuque + photophobie + peut précéder + accompagner ou suivre la parotidite de plusieurs jours + LCR : pléiocytose lymphocytaire (10 à 2 000 cellules/µL) + protéines légèrement élevées + glucose normal ou légèrement abaissé + le virus est détectable dans le LCR par PCR + évolution spontanément favorable en 3 à 10 jours dans la quasi-totalité des cas Traitement symptomatique : antalgiques + repos + hydratation + ponction lombaire si doute diagnostique avec méningite bactérienne + pronostic excellent + séquelles neurologiques très rares
Encéphalite ourlienne Rare (1–2 pour 10 000 cas) mais grave + confusion + convulsions + troubles de la conscience + peut survenir sans parotidite + mortalité 1,4 % + séquelles neurologiques permanentes possibles Hospitalisation en soins intensifs + traitement de support + anticonvulsivants si épilepsie + pas de traitement antiviral spécifique efficace
Surdité neurosensorielle Surdité de perception unilatérale dans 1 pour 20 000 cas + principale cause de surdité unilatérale acquise chez l'enfant dans les pays sans vaccination universelle + mécanisme : atteinte de la cochlée et du nerf cochléaire par le virus + souvent irreversible Audiologie dès la phase aiguë si symptômes auditifs (acouphènes + baisse d'acuité auditive) + réhabilitation auditive si surdité permanente + pas de traitement curatif
Pancréatite ourlienne 4 % des cas + douleur épigastrique + nausées + vomissements + élévation des lipases et de l'amylase + généralement légère et auto-résolutive + examen utile : lipase sérique (plus spécifique que l'amylase pour la pancréatite dans ce contexte + l'amylase peut être élevée par la parotidite elle-même) Traitement symptomatique + diète hydrique + antidouleurs + l'hypoglycémie post-pancréatite ourlienne est exceptionnelle + résolution en 1 à 2 semaines
Oophorite (chez la femme) 5 % des femmes post-pubères atteintes + douleur pelvienne + douleur annexielle + beaucoup moins bien documentée que l'orchite masculine + infertilité définitive rarement rapportée + insuffisance ovarienne prématurée exceptionnelle Traitement symptomatique + AINS + antalgiques
ℹ️ L'orchite ourlienne chez l'homme adulte non vacciné est l'une des complications les plus redoutées des oreillons — 30 à 50 % des testicules touchés présentent une atrophie résiduelle. Tout homme adulte présentant une parotidite bilatérale fébrile doit être prévenu du risque d'orchite et consulter immédiatement si une douleur testiculaire apparaît dans les jours suivants, afin d'instaurer rapidement le traitement de support et, selon la sévérité, une corticothérapie. Cette complication souligne l'importance capitale de la vaccination RRO (deux doses) chez tous les adultes qui n'ont pas reçu le schéma complet dans leur enfance.

Diagnostic biologique

  • RT-PCR (transcription inverse — réaction en chaîne par polymérase) sur prélèvement buccal ou urinaire : méthode de référence + prélèvement de salive ou écouvillon buccal + à réaliser dans les 9 jours suivant le début de la parotidite (sensibilité maximale dans les 3 premiers jours) + permet la détection directe du génome viral + typage du génotype épidémique pour la surveillance épidémiologique + méthode recommandée par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) pour la confirmation des cas dans un contexte épidémique
  • Sérologie (IgM et IgG anti-virus ourlien) : IgM anti-ourlienne → présentes à partir du 3e–5e jour après le début des symptômes + persistant 2 à 3 mois + signe une infection récente + peut être faussement négative dans les premiers jours et chez les personnes vaccinées (réponse IgM atténuée en cas de réinfection vaccinale) + IgG → présentes 1 à 2 semaines après le début + persistant toute la vie (immunité naturelle ou vaccinale) + la séroconversion (ascension du titre IgG entre deux prélèvements à 14 jours d'intervalle) confirme l'infection aiguë en cas d'IgM négative
  • Bilan biologique complémentaire selon les complications : lipase et amylase sériques (pancréatite) + NFS (leucopénie + lymphocytose relative fréquentes dans les infections virales) + LCR si méningite suspectée (pléiocytose lymphocytaire + PCR ourlienne sur le LCR) + audiométrie si troubles auditifs
  • Amylase salivaire (isoenzyme S) : élevée dans les parotidites (ourlienne + bactérienne + calcul salivaire) → peut orienter le diagnostic mais peu spécifique + l'élévation de l'amylase totale dans les oreillons ne signe pas nécessairement une pancréatite (amylase P pancréatique + amylase S salivaire contribuent toutes deux à l'amylase totale)

Prévention — vaccination RRO et contexte québécois

  • Vaccin RRO (Rougeole-Rubéole-Oreillons) : vaccin vivant atténué trivalent contenant les souches vaccinales Edmonston (rougeole) + RA27/3 (rubéole) + Jeryl Lynn ou RIT 4385 (oreillons) + administré en deux doses dans le Programme québécois d'immunisation (PQI) : 1re dose à 12 mois + 2e dose à 18 mois (ou rattrapage à l'entrée en maternelle) + deux doses offrent une efficacité protectrice contre les oreillons de 88 % (IC 95 % : 67–95 %) — légèrement inférieure à celle contre la rougeole (97 %) et la rubéole (94 %)
  • Rattrapage vaccinal pour les adultes : toute personne née après 1969 au Québec doit avoir reçu deux doses de vaccin RRO documentées + les adultes sans preuve de vaccination ou nés avant 1970 (supposés immunisés par l'infection naturelle) peuvent recevoir une dose de rattrapage si exposition à risque + la RAMQ rembourse le vaccin RRO pour le rattrapage des adultes selon les critères du PQI
  • Troisième dose en contexte épidémique : lors d'éclosions documentées dans des collectivités fermées (campus universitaires + établissements militaires + camps de vacances) → une troisième dose de RRO peut être recommandée par la Direction de santé publique pour les personnes à risque élevé d'exposition + efficacité d'une 3e dose estimée à 88 % pour la prévention des oreillons lors d'une exposition directe
  • Contre-indications au vaccin RRO : grossesse (vaccin vivant atténué + éviter une grossesse pendant 4 semaines après la vaccination) + immunodépression sévère (chimiothérapie + corticoïdes à haute dose + SIDA stade avancé) + antécédent de réaction anaphylactique aux composants du vaccin (gélatine porcine hydrolysée + néomycine) + allergie à l'œuf non une contre-indication absolue en pratique actuelle (le vaccin RRO moderne contient des traces minimes de protéines d'œuf + administrable en milieu médical surveillé)
  • Mesures de contrôle lors d'un cas : déclaration obligatoire (MADO) à la Direction régionale de santé publique (DRSP) dans les 24–48 heures + exclusion de l'école ou de la collectivité pendant 5 jours après le début des symptômes + identification et vaccination des contacts non immunisés (vaccination dans les 72 heures peut réduire le risque chez les contacts exposés)
Situations nécessitant une évaluation médicale urgente

Consulter aux urgences immédiatement si des oreillons s'accompagnent d'une raideur de nuque + de céphalées intenses + d'une photophobie + d'une confusion ou de convulsions (méningite ou encéphalite ourlienne) + ou d'une baisse auditive soudaine unilatérale (surdité ourlienne — urgence ORL). Consulter un médecin le jour même si un homme adulte présentant des oreillons développe une douleur testiculaire + un gonflement scrotal + une fièvre élevée (orchite ourlienne — instaurer rapidement le traitement de support et évaluer l'indication d'une corticothérapie).

Pour la confirmation diagnostique des oreillons (RT-PCR + sérologie), la déclaration obligatoire à la santé publique, la mise à jour vaccinale RRO et la prise en charge des complications, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent et prennent en charge les oreillons et leurs complications, prescrivent la RT-PCR et la sérologie ourlienne, effectuent la déclaration obligatoire à la santé publique, évaluent le statut vaccinal et administrent le vaccin RRO de rattrapage aux adultes non immunisés, et orientent vers l'ORL en cas de symptômes auditifs ou vers l'urologie en cas d'orchite sévère. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Les oreillons sont une maladie à déclaration obligatoire au Québec — tout cas confirmé ou suspecté doit être signalé à la Direction régionale de santé publique. La vaccination RRO à deux doses reste le moyen le plus efficace de prévenir les oreillons et leurs complications.

Clinique Omicron

Besoin de consulter un médecin ?

Prise en charge en 24-48h. En clinique ou en télémédecine, partout au Québec.

Reçus pour assurances. 7j/7. Sans médecin de famille requis.