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Périarthrite calcifiée (tendinopathie calcifiante) : causes, diagnostic et traitement | Clinique Omicron
Rhumatologie & Médecine du sport & Médecine de famille

Périarthrite calcifiée (tendinopathie calcifiante)

La périarthrite calcifiée — terme clinique historique désignant les douleurs péri-articulaires de l'épaule liées à des dépôts calcaires — est aujourd'hui plus précisément désignée tendinopathie calcifiante de la coiffe des rotateurs (TCRC) dans la nomenclature moderne, reflétant mieux sa nature d'accumulation de cristaux de phosphate de calcium (principalement l'hydroxyapatite — la même forme cristalline que le minéral osseux) dans le tissu tendineux de la coiffe des rotateurs, presque exclusivement dans le tendon du sus-épineux (supraspinatus) dans 80 à 90 % des cas, avec atteinte occasionnelle du sous-épineux (infraspinatus) et du sous-scapulaire. Avec une prévalence radiologique de 3 à 7 % dans la population générale adulte — mais jusqu'à 20 à 40 % chez les patients consultant pour une douleur d'épaule — la tendinopathie calcifiante est l'une des causes les plus fréquentes de douleur d'épaule après la pathologie de la coiffe des rotateurs et l'arthrose gléno-humérale. Sa physiopathologie reste imparfaitement comprise — les deux théories principales opposent la théorie de la nécrose ischémique (hypoxie tissulaire → transformation métaplasique fibrocartillagineuse des ténocytes → formation de cristaux d'hydroxyapatite) et la théorie de la différenciation chondrogénique active des ténocytes en cellules chondrocytaires sous l'influence de facteurs de croissance (BMP-2 + TGF-β) → calcification active programmée puis résorption — cette seconde théorie expliquant mieux la résolution spontanée fréquente et les phases douloureuses correspondant à la résorption. Cliniquement, la tendinopathie calcifiante évolue en quatre phases décrites par Gärtner (formative → repos → résorption → réparation) : la phase de résorption (stade III) est la plus douloureuse — les cristaux d'hydroxyapatite se dissolvent et sont phagocytés par les macrophages et les cellules géantes multinucléées → réaction inflammatoire locale intense → douleur aiguë exquise pouvant être l'une des plus intenses en rhumatologie — puis la calcification disparaît spontanément, et le tendon cicatrise. Cette évolution naturelle favorable dans 50 à 90 % des cas sur 12 à 24 mois est le fondement du traitement conservateur initial.

Physiopathologie — phases évolutives de Gärtner

Phase Description histologique et radiologique Présentation clinique
Phase I — Formative (pré-calcifiante) Transformation fibrocartillagineuse des ténocytes → début de la minéralisation + radiographie : calcification dense + homogène + bien délimitée (type A de Gärtner) Souvent asymptomatique ou douleur modérée + douleur chronique d'épaule non spécifique
Phase II — Repos Calcification constituée + stable + radiographie : calcification dense mais hétérogène (type B) Asymptomatique ou douleur chronique modérée + impingement sous-acromial possible si calcification volumineuse
Phase III — Résorption (phase aiguë) Résorption active des cristaux par macrophages + cellules géantes + vascularisation + radiographie : calcification floue + hétérogène + à bords flous (type C de Gärtner) → aspect de « toothpaste » ou pâte dentifrice + calcification qui semble se vider PHASE LA PLUS DOULOUREUSE + douleur aiguë intense + soudaine + souvent nocturne + EVA 8–10/10 + impotence fonctionnelle totale + limitation sévère des amplitudes + peut irradier vers le coude + parfois confondue avec un sepsis articulaire ou une fracture
Phase IV — Réparation Disparition de la calcification + fibrose et cicatrisation du tendon + radiographie : calcification en voie de disparition ou absente Amélioration progressive des douleurs + récupération des amplitudes + guérison complète dans la plupart des cas

Présentation clinique

  • Forme aiguë (phase de résorption) : douleur d'épaule aiguë d'installation brutale ou progressive en quelques heures + intensité souvent très sévère (parmi les pires douleurs musculo-squelettiques) + aggravée par tout mouvement + nocturne + irradiant vers le cou et le bras + impotence fonctionnelle quasi-complète + position antalgique en rotation interne + érythème et chaleur locale possibles sur l'épaule + parfois fièvre légère → peut mimer un sepsis articulaire ou une fracture → radiographie en urgence
  • Forme chronique (phases formative et repos) : douleur d'épaule chronique + modérée à sévère + aggravée par l'élévation du bras (arc douloureux entre 60 et 120 degrés d'abduction) + nocturne + gêne fonctionnelle progressive + syndrome d'impingement sous-acromial + diminution des amplitudes actives
  • Localisation : sus-épineux (80–90 % des cas) à 1–2 cm de son insertion sur le trochiter + sous-épineux + sous-scapulaire + bilatérale dans 15–25 % des cas + femme de 40–60 ans ++
  • Bursopathie calcifiante aiguë de la hanche : dépôts d'hydroxyapatite dans les tendons des muscles fessiers + bourse trochantérienne + douleur aiguë de la hanche latérale + trochanter très sensible à la palpation + impotence fonctionnelle + radiographie : calcification au niveau du grand trochanter + traitement identique à l'épaule

Diagnostic

  • Radiographie standard de l'épaule (face + profil de Lamy + incidence de face en rotation interne) : examen de première intention + visualise les calcifications en opacité dense + blanche + de forme et taille variables + classification de Gärtner (type A : dense homogène + type B : dense hétérogène + type C : hétérogène à contours flous — = phase résorption → la plus douloureuse) + classification de Molé (taille et forme) + une calcification floue et pâteuse = en phase de résorption = pronostic favorable (guérison imminente) + une calcification dense = stable = moins urgente
  • Échographie de l'épaule : examen de référence fonctionnel + visualise les calcifications (hyperéchogénicités avec cône d'ombre acoustique postérieur) + évalue la coiffe des rotateurs associée (rupture partielle ou complète) + bursopathie sous-acromiale + guide les procédures d'infiltration + de ponction-lavage + très opérateur-dépendant
  • Scanner (TDM) : caractérise mieux la morphologie et la localisation précise des calcifications avant une procédure + localisation para-tendineuse intra-bursale vs intra-tendineuse + utile si discordance clinico-radiologique
  • IRM : non indispensable pour le diagnostic de la tendinopathie calcifiante + utile pour évaluer les lésions associées de la coiffe des rotateurs + les calcifications apparaissent en hyposignal T1 et T2
  • Bilan biologique : NFS + CRP (pour exclure une arthrite infectieuse si doute clinique) + uricémie (pour exclure une goutte) + bilan phosphocalcique + magnésium (pour exclure une chondrocalcinose ou une cause métabolique si calcifications multiples)
ℹ️ La phase de résorption (type C de Gärtner) — bien que la plus douloureuse — est paradoxalement de bon pronostic : elle signifie que la calcification est en train de disparaître spontanément. Une calcification floue, hétérogène, à contours mal définis sur la radiographie est une calcification en voie de résorption → guérison probable sans intervention invasive dans 80–90 % des cas. À l'inverse, une calcification dense et bien délimitée (type A) est stable, moins douloureuse mais potentiellement persistante sur des années.

Traitement

  • Traitement de la douleur aiguë — phase de résorption : AINS (ibuprofène 600 mg × 3/jour + ou naproxène 500 mg × 2/jour) × 10 à 14 jours + glaçage local × 15–20 minutes × 3–4/jour + immobilisation relative (écharpe si très douloureux) + antalgiques de palier II si AINS insuffisants (tramadol + codéine) + infiltration sous-acromiale de corticoïdes sous guidage échographique → triamcinolone 40 mg + lidocaïne → résultats très rapides sur la douleur aiguë (soulagement en 24–48 h) + répétable jusqu'à 3 fois par an + risque de rupture tendineuse à répétition si trop fréquent
  • Ponction-lavage (needling + barbotage) échoguidée — traitement phare : aiguille 18G sous guidage échographique → ponction répétée de la calcification → aspiration + lavage au sérum physiologique → fragmentation et aspiration des cristaux d'hydroxyapatite + souvent pâte blanchâtre aspirée (consistance de dentifrice dans les formes en phase III) + taux de succès : 70–90 % de soulagement significatif + 1 à 3 séances nécessaires + mécanisme double : aspiration des cristaux + stimulation de la résorption + peut être suivi d'une infiltration sous-acromiale de corticoïdes → très efficace + peu invasif
  • Ondes de choc extracorporelles (ESWT — Extracorporeal Shock Wave Therapy) : ondes acoustiques de haute énergie focalisées sur la calcification → fragmentation des cristaux + stimulation de la néovascularisation + de la réparation tendineuse + 3 à 5 séances hebdomadaires de 1 500 à 3 000 impulsions + efficacité démontrée : 60–80 % d'amélioration à 6 mois + supérieure au placebo dans les méta-analyses (Cochrane) + traitement de choix des formes chroniques résistantes aux AINS + infiltrations + particulièrement efficace sur les calcifications denses (type A–B) + moins efficace que la ponction-lavage sur les formes aiguës
  • Physiothérapie : mobilisation de l'épaule (prévention de la capsulite) + renforcement des muscles de la coiffe + étirements + ultrasonothérapie + iontophorèse (résultats variables) + indispensable dans la phase de récupération après traitement + évite l'enraidissement secondaire (épaule gelée)
  • Chirurgie arthroscopique (résection de la calcification) : réservée aux échecs du traitement conservateur bien conduit pendant 6 à 12 mois + arthroscopie de l'épaule + résection + curetage de la calcification + décompression sous-acromiale si impingement associé + taux de succès 85–95 % + cicatrisation tendineuse en 3 à 6 mois + indication : calcification persistante + symptomatique + résistante à la ponction-lavage + aux ondes de choc + et aux infiltrations
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin rapidement si une douleur d'épaule très intense d'apparition brutale survient — la phase aiguë de résorption de la tendinopathie calcifiante peut être extrêmement douloureuse et invalidante. Une radiographie de l'épaule en urgence permet d'identifier la calcification et d'orienter le traitement. Si la douleur s'accompagne de fièvre ou d'un épanchement articulaire, une ponction articulaire doit exclure un sepsis articulaire ou une arthrite cristalline — le traitement est très différent.

Pour le diagnostic par radiographie et échographie, l'infiltration sous-acromiale, la prescription des ondes de choc ou l'orientation vers le chirurgien pour une ponction-lavage ou une arthroscopie si indiquée, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent les douleurs d'épaule, prescrivent la radiographie pour identifier les calcifications tendineuses, initient le traitement antalgique par AINS et glaçage, prescrivent ou réalisent les infiltrations sous-acromiales échoguidées selon les ressources disponibles, orientent vers la physiothérapie pour la réhabilitation, prescrivent les séances d'ondes de choc extracorporelles pour les formes chroniques, et orientent vers la chirurgie orthopédique pour les formes réfractaires nécessitant une ponction-lavage ou une arthroscopie. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un rhumatologue ou d'un chirurgien orthopédiste. La tendinopathie calcifiante de l'épaule a une évolution naturelle souvent favorable sur 12 à 24 mois — le traitement conservateur doit toujours être essayé en première intention avant d'envisager une procédure invasive ou chirurgicale.

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