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Les varices touchent environ 25 à 33 % des femmes et 10 à 20 % des hommes au Québec — une prévalence considérable qui fait de l’insuffisance veineuse chronique l’une des conditions vasculaires les plus répandues dans la population adulte. Au-delà de la dimension esthétique souvent mise en avant, les varices représentent une condition médicale réelle pouvant entraîner des symptômes significatifs — jambes lourdes et douloureuses en fin de journée, crampes nocturnes, œdème des chevilles, démangeaisons cutanées — et, à long terme, des complications sérieuses comme la thrombophlébite superficielle, les ulcères veineux et la lipodermatosclérose.

La phlébologie est la spécialité médicale dédiée au diagnostic et au traitement des maladies veineuses. Les avancées des deux dernières décennies ont transformé la prise en charge des varices : les traitements sont aujourd’hui beaucoup moins invasifs qu’autrefois, réalisables en consultation ambulatoire sans anesthésie générale ni hospitalisation, avec des résultats esthétiques et fonctionnels excellents et des suites très légères. Ce guide présente les options thérapeutiques disponibles au Québec en 2026, leurs indications respectives, et ce à quoi s’attendre lors d’une consultation phlébologique.

Comprendre les varices : mécanismes et facteurs de risque

Le système veineux des membres inférieurs comporte un réseau superficiel — visible sous la peau — et un réseau profond — situé dans les masses musculaires. Le retour veineux vers le cœur s’effectue contre la gravité grâce à des valvules unidirectionnelles qui empêchent le reflux sanguin. Lorsque ces valvules deviennent déficientes — par dégénérescence de la paroi veineuse, facteurs génétiques, ou pression veineuse chroniquement élevée —, le sang s’accumule dans les veines superficielles qui se dilatent progressivement pour former des varices. Les télangiectasies — fines veines rouges ou violettes visibles en surface, communément appelées « varicosités » ou « araignées vasculaires » — représentent le stade le plus superficiel de l’insuffisance veineuse.

Les principaux facteurs de risque de varices incluent l’hérédité — le risque est multiplié par trois à quatre en présence d’antécédents familiaux au premier degré —, le sexe féminin — les hormones féminines et les grossesses fragilisent la paroi veineuse —, la grossesse — la compression de la veine cave inférieure et l’augmentation du volume sanguin créent une hypertension veineuse —, la station debout ou assise prolongée, l’obésité, l’âge, et la sédentarité. Les varices tendent à progresser avec le temps en l’absence de traitement, d’où l’intérêt d’une prise en charge avant l’apparition de complications.

Sclérothérapie : le traitement de référence des varices et télangiectasies

La sclérothérapie est la technique de traitement des varices la plus utilisée en phlébologie ambulatoire et constitue le traitement de référence pour les télangiectasies, les varicosités et les varices réticulaires de petit et moyen calibre. Elle consiste à injecter dans la veine pathologique une solution sclérosante polidocanol ou tétradécyl sulfate de sodium qui provoque une irritation chimique contrôlée de la paroi veineuse, entraînant sa fibrose progressive et sa disparition en quelques semaines. La procédure est réalisée en consultation, sans anesthésie, avec de très fines aiguilles. Une légère sensation de brûlure est possible lors de l’injection, mais la procédure est généralement bien tolérée.

La sclérothérapie à mousse — foam sclerotherapy — est une variante technique où l’agent sclérosant est mélangé à de l’air pour former une mousse qui remplace temporairement le sang dans la veine traitée, améliorant le contact entre l’agent et la paroi veineuse. Cette technique est particulièrement efficace pour les varices de plus gros calibre. Les résultats sont progressifs — deux à six semaines pour les télangiectasies, quelques mois pour les varices plus importantes. Plusieurs séances sont souvent nécessaires pour un résultat optimal. Le port de bas de compression est recommandé après les séances pour favoriser la cicatrisation veineuse.

Laser et autres techniques pour les télangiectasies fines

Le laser vasculaire — notamment le laser Nd:YAG 1064 nm — est une option complémentaire à la sclérothérapie pour le traitement des télangiectasies très fines, des veines du visage, ou des petites varicosités résistantes à la sclérose. L’énergie lumineuse est absorbée sélectivement par l’hémoglobine dans le vaisseau sanguin, provoquant une photocoagulation thermique qui détruit la paroi veineuse sans affecter les tissus environnants. La procédure est rapide, sans injection, mais peut nécessiter plusieurs séances. Une sensation de chaleur intense et transitoire est ressentie lors des impulsions laser. Les zones traitées peuvent présenter une rougeur et un léger œdème pendant quelques heures à quelques jours.

Bilan phlébologique et déroulement de la consultation

Toute prise en charge phlébologique débute par une consultation médicale d’évaluation. Le médecin recueille l’histoire des symptômes — ancienneté, évolution, impact fonctionnel —, les antécédents familiaux, les facteurs de risque, et les traitements déjà essayés. L’examen clinique évalue la distribution et le stade des varices selon la classification CEAP — Clinical-Etiological-Anatomical-Pathophysiological —, allant des télangiectasies asymptomatiques au stade C1 jusqu’aux ulcères actifs au stade C6. Un écho-Doppler veineux des membres inférieurs est indispensable avant tout traitement des varices de plus gros calibre — il cartographie le réseau veineux, identifie les reflux pathologiques au niveau des jonctions saphéno-fémorales et saphéno-poplitées, et guide la stratégie thérapeutique.

Sur la base de ce bilan, le médecin propose un plan de traitement personnalisé qui peut combiner plusieurs techniques selon le type et la distribution des varices. La stratégie thérapeutique commence généralement par traiter les sources de reflux les plus proximales — grandes veines saphènes déficientes — avant de traiter les branches collatérales et les télangiectasies. Traiter uniquement les petites veines superficielles sans corriger le reflux à la jonction saphéno-fémorale expose à un risque de récidive précoce.

Questions fréquentes sur la phlébologie et le traitement des varices au Québec

Le traitement des varices est-il couvert par la RAMQ ?

La couverture par la RAMQ dépend du contexte médical et du type de traitement. Les consultations médicales pour évaluation d’une insuffisance veineuse symptomatique — douloureuse, avec complications cutanées — peuvent être couvertes par la RAMQ. En revanche, les traitements de sclérothérapie pour des télangiectasies à visée purement esthétique ne sont pas couverts et sont facturés comme services privés. Les traitements chirurgicaux ou interventionnels des varices de gros calibre avec retentissement fonctionnel documenté peuvent être couverts dans le réseau public — mais les délais d’accès sont souvent longs. Le recours à une clinique privée permet un accès rapide à l’évaluation et au traitement, avec des honoraires transparents communiqués dès la consultation.

Les varices peuvent-elles revenir après un traitement ?

Les varices traitées avec succès ne reviennent pas dans la même veine — la veine traitée est définitivement détruite ou fermée. Cependant, l’insuffisance veineuse est une condition chronique liée à une prédisposition génétique et à des facteurs de risque persistants. De nouvelles varices peuvent se développer dans d’autres veines au fil du temps, surtout si les facteurs de risque — station debout prolongée, surpoids, sédentarité — ne sont pas modifiés. Le port régulier de bas de compression, l’activité physique et le contrôle du poids sont les mesures préventives les plus efficaces pour ralentir la progression de la maladie veineuse et prolonger les résultats des traitements.

Peut-on traiter les varices pendant une grossesse ?

Non — la sclérothérapie et les autres traitements phlébologiques sont contre-indiqués pendant la grossesse et l’allaitement. La grossesse est d’ailleurs une période où les varices progressent souvent de façon marquée en raison des changements hormonaux et de la compression veineuse pelvienne. Le traitement de compression — bas de contention adaptés —, l’élévation des jambes et l’activité physique modérée sont les seules interventions recommandées pendant la grossesse. Il est conseillé d’attendre la fin de l’allaitement et la stabilisation hormonale post-partum — généralement trois à six mois après l’accouchement — avant d’envisager un traitement phlébologique. Beaucoup de varices apparues pendant la grossesse régressent partiellement après l’accouchement.

Puis-je consulter en phlébologie dans plusieurs de vos succursales au Québec ?

Oui. Clinique Omicron propose des consultations phlébologiques dans plusieurs de ses points de service au Québec. L’évaluation initiale comprend l’examen clinique et l’écho-Doppler veineux, suivis d’un plan de traitement personnalisé. Les séances de sclérothérapie sont planifiées selon le nombre de zones à traiter et l’étendue de l’insuffisance veineuse. Les frais varient selon le type de traitement et le nombre de séances — un devis précis est fourni lors de la consultation initiale. Ces services sont généralement non couverts par la RAMQ pour les indications purement esthétiques, et certaines assurances collectives peuvent couvrir partiellement les traitements à indication médicale documentée.

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Meryem Bougrine
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