Préalbumine (transthyrétine — TTR)
Valeurs de référence et préanalytique
| Population | Préalbumine (TTR) normale (g/L) | Remarques cliniques |
|---|---|---|
| Adulte (18–65 ans) | 0,20 à 0,40 g/L (200 à 400 mg/L) | Valeurs identiques chez l'homme et la femme + légère diminution physiologique avec l'âge avancé |
| Adulte âgé (> 65 ans) | 0,18 à 0,36 g/L | Les valeurs plus basses sont physiologiques chez le sujet âgé + interprétation avec prudence en contexte de dénutrition chronique fréquente chez cette population |
| Enfant (6–12 ans) | 0,14 à 0,30 g/L | Valeurs plus basses que chez l'adulte + augmentent progressivement vers l'âge adulte |
| Grossesse (3e trimestre) | 0,15 à 0,25 g/L (diminuée) | La dilution plasmatique + l'augmentation du volume de distribution + les besoins protéiques accrus du fœtus réduisent la TTR maternelle en fin de grossesse |
| Seuils d'interprétation nutritionnelle | Normal : > 0,20 g/L + dénutrition légère : 0,15–0,20 g/L + dénutrition modérée : 0,10–0,15 g/L + dénutrition sévère : < 0,10 g/L | Ces seuils n'ont de valeur que si la CRP est normale (absence d'inflammation systémique) — la CRP doit toujours être dosée simultanément |
Préalbumine comme marqueur nutritionnel
- Avantages vs albumine pour le suivi nutritionnel : demi-vie de 2–3 jours vs 20 jours pour l'albumine → reflète les changements nutritionnels en cours sur 3 à 5 jours → idéale pour le suivi hebdomadaire de la réponse à la nutrition artificielle en réanimation ou en nutrition parentérale + l'albumine reflète l'état nutritionnel des 3 à 4 semaines précédentes + la préalbumine permet une réévaluation plus fréquente et une détection précoce de la réponse au soutien nutritionnel
- Applications cliniques : suivi de la nutrition parentérale en réanimation (contrôle hebdomadaire) + évaluation pré-opératoire du statut nutritionnel (marqueur de risque de complications chirurgicales — préalbumine < 0,15 g/L = risque élevé de complications infectieuses et de retard de cicatrisation) + suivi des patients dialysés (hémodialyse + dialyse péritonéale — préalbumine cible ≥ 0,30 g/L) + évaluation de la dénutrition chez la personne âgée + suivi des patients sous nutrition entérale à domicile
- Limites de l'utilisation comme marqueur nutritionnel : protéine de phase aiguë négative → abaissée par tout état inflammatoire même en l'absence de dénutrition + surestimation du statut nutritionnel si insuffisance rénale chronique (élévation par réduction de la clairance de la TTR) + sous-estimation si protéinurie importante (pertes rénales) + les études récentes remettent en question sa valeur prédictive indépendante de la mortalité vs l'albumine + certains protocoles hospitaliers l'ont remplacée par le NRI (Nutritional Risk Index) ou le MNA (Mini Nutritional Assessment)
Amylose à transthyrétine (ATTR) — entité distincte et cliniquement majeure
| Forme d'ATTR | Mécanisme et présentation clinique | Diagnostic et traitement |
|---|---|---|
| ATTR héréditaire (ATTRv — variant) | Mutations du gène TTR (plus de 130 mutations identifiées) → TTR instable → dénaturation et agrégation en fibrilles amyloïdes + mutations les plus fréquentes : Val30Met (polyneuropathie prédominante — endémique au Portugal + Suède + Japon) + Val122Ile (cardiomyopathie prédominante — 3–4 % de la population afro-américaine!) + Thr60Ala (Irlandais d'origine + cardiomyopathie) + transmission autosomale dominante + pénétrance variable | Biopsy de graisse abdominale ou endomyocardique (rouge Congo + fluorescence) + scintigraphie au DPD ou PYP (technetium-99m) — marquage cardiaque intense = cardiomyopathie ATTR avec haute sensibilité (95 %) et spécificité (97 %) sans biopsie + génotypage TTR + tafamidis 80 mg/jour (Vyndamax®) + ou patisiran (Onpattro® — siARN) + inotersen (Tegsedi® — ASO) + vutrisiran (Amvuttra®) |
| ATTR acquise (ATTRwt — wild-type, sénile) | Pas de mutation du gène TTR + la TTR « normale » non mutée agrège spontanément avec le vieillissement → dépôts cardiaques + cardiomyopathie restrictive progressive + syndrome du canal carpien bilatéral souvent précurseur de 5–10 ans + sténose lombaire + rupture du tendon bicipital + prédominance masculine (> 95 %) + début après 65–70 ans + très sous-diagnostiquée (prévalence estimée à 10–15 % des insuffisances cardiaques à fraction d'éjection préservée HFpEF après 75 ans) | Scintigraphie DPD ou PYP positive sans mutation TTR + échocardiographie : hypertrophie concentrique + diastolic dysfunction sévère + pattern « granité » du myocarde + IRM cardiaque : rehaussement tardif gadolinium global sous-endocardique + tafamidis 80 mg/jour + traitement de l'insuffisance cardiaque (diurétiques + éviter bêtabloquants à forte dose + éviter AINS) |
Causes d'élévation de la préalbumine
- Insuffisance rénale chronique : réduction de la clairance rénale de la TTR + élévation parfois très importante pouvant masquer une dénutrition sous-jacente + à interpréter avec prudence chez les patients IRC et dialysés (utiliser la créatinine + albumine + indice de masse maigre comme compléments)
- Glucocorticoïdes : les corticoïdes augmentent la synthèse hépatique de préalbumine + peuvent normaliser une préalbumine basse même en cas de dénutrition persistante
- Hypothyroïdie : réduction du catabolisme de la TTR → élévation modeste
Causes de diminution de la préalbumine
- Dénutrition protéino-calorique : cause principale + réduction de la synthèse hépatique par déficit en précurseurs acides aminés + particulièrement sensible à la carence en acides aminés essentiels + baisse dès 24 à 48 h de jeûne ou de restriction protéique
- Inflammation systémique : cytokines pro-inflammatoires → priorité à la synthèse des protéines de phase aiguë positive → réduction de la préalbumine même en l'absence de dénutrition → toujours doser la CRP simultanément
- Insuffisance hépatocellulaire sévère : réduction de la synthèse hépatique de toutes les protéines (albumine + préalbumine + facteurs de coagulation) + la préalbumine chute plus rapidement que l'albumine dans l'insuffisance hépatique aiguë → meilleur marqueur précoce de la défaillance hépatique aiguë
- Pertes protéiques : syndrome néphrotique (pertes urinaires de TTR) + entéropathie exsudative (pertes digestives) + brûlures étendues (pertes cutanées)
- Hyperthyroïdie : augmentation du catabolisme de la TTR → réduction des taux
Une préalbumine basse (< 0,15 g/L) avec CRP normale chez un patient hospitalisé, en chirurgie programmée ou en CHSLD doit conduire à une évaluation nutritionnelle complète et à l'initiation rapide d'un soutien nutritionnel adapté — la dénutrition protéique péri-opératoire est un facteur de risque indépendant de complications infectieuses, de retard de cicatrisation et de mortalité. Une cardiomyopathie inexpliquée avec hypertrophie concentrique ventriculaire gauche chez un homme de plus de 65 ans, surtout avec antécédent de syndrome du canal carpien bilatéral, doit faire évoquer une ATTR-wt et conduire à une scintigraphie au DPD ou PYP pour ne pas manquer une pathologie désormais traitable.
Pour la prescription de la préalbumine et de la CRP dans le cadre du bilan nutritionnel, le suivi de la nutrition artificielle et l'orientation vers la cardiologie ou la médecine interne en cas de suspicion d'amylose à TTR, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron prescrivent la préalbumine et la CRP dans le cadre du bilan nutritionnel (dénutrition péri-opératoire + suivi de la nutrition parentérale + personnes âgées + maladies chroniques sévères), interprètent les résultats en tenant compte de l'état inflammatoire, orientent vers la diététiste-nutritionniste pour l'optimisation du support nutritionnel, et sensibilisent les cardiologues à la suspicion d'amylose à TTR devant une cardiomyopathie hypertrophique inexpliquée du sujet âgé. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un nutritionniste clinicien. L'interprétation de la préalbumine doit toujours être réalisée conjointement avec la CRP, l'albumine et le contexte clinique — elle n'a de valeur nutritionnelle que si l'état inflammatoire est contrôlé ou documenté.
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