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Rage : transmission, prophylaxie post-exposition et vaccin | Clinique Omicron
Infectiologie & Médecine des voyages & Médecine d'urgence

Rage

La rage est une encéphalite virale aiguë et fatale — quasi-invariablement mortelle une fois les symptômes apparus — causée par des lyssavirus à ARN simple brin de polarité négative (genre Lyssavirus, famille des Rhabdoviridae), dont le sérotype 1 (virus classique de la rage — RABV) est responsable de la quasi-totalité des cas humains mondiaux. Avec plus de 59 000 décès humains annuels estimés par l'OMS — dont 95 % en Asie et en Afrique subsaharienne, principalement causés par les morsures de chiens non vaccinés — la rage représente l'une des maladies infectieuses les plus mortelles et les plus sous-notifiées au monde, avec une létalité de pratiquement 100 % une fois les symptômes neurologiques établis. Le virus se transmet presque exclusivement par inoculation de salive d'un animal infecté dans une plaie cutanée (morsure ++) ou par contact de la muqueuse avec la salive (griffure + léchage de plaie ouverte + contact oculaire ou muqueux) — la transmission interhumaine est exceptionnelle (quelques cas documentés après transplantation d'organe de donneur infecté). Au Canada et au Québec, la rage terrestre a été pratiquement éliminée chez les animaux domestiques grâce aux programmes de vaccination vétérinaire et aux campagnes d'appâtage oral des renards — mais la rage des chiroptères (chauves-souris) persiste dans toutes les provinces canadiennes, représentant le principal risque résiduel d'exposition pour la population québécoise : les chauves-souris peuvent être infectées par plusieurs variants de lyssavirus (notamment le virus de la rage des chiroptères orientaux — EPTV et BATV) et constituent le réservoir sauvage le plus préoccupant au Québec, d'autant que leur morsure peut être indolore et imperceptible. La prophylaxie post-exposition (PPE) — association de nettoyage immédiat et radical de la plaie + administration d'immunoglobulines antirabiques humaines (IGAR) + vaccination antirabique en 4 doses — est extraordinairement efficace si initiée avant l'apparition des symptômes et constitue l'une des urgences médicales les plus critiques dans la temporalité de son administration.

Épidémiologie au Québec — animaux à risque

  • Chauves-souris (principal risque au Québec) : réservoir de plusieurs variants de lyssavirus au Canada + morsure souvent non ressentie (dents très petites + morsure indolore pendant le sommeil) + toute exposition directe à une chauve-souris (trouvée dans une chambre + contact avec la peau ou les muqueuses + morsure ou griffure) nécessite une évaluation urgente pour PPE + même sans plaie visible si la chauve-souris était présente dans la même pièce qu'une personne endormie + ou un enfant incapable de rapporter une morsure
  • Renard + mouffette + raton laveur : réservoirs potentiels mais la rage terrestre est rare au Québec grâce aux campagnes d'appâtage oral (vaccin oral chez les renards sauvages) + tout animal sauvage agissant de façon anormale (diurne pour un animal nocturne + sans crainte des humains + ataxique + agressif sans raison) doit être considéré suspect
  • Chiens + chats vaccinés (Québec) : risque pratiquement nul si vaccination à jour + obligation de vaccination antirabique pour les chiens au Québec (Loi sur la protection sanitaire des animaux) + chien ou chat non vacciné mordant → mise en quarantaine vétérinaire 10 jours
  • Rongeurs (écureuils + rats + souris + lapins) : rarement infectés par la rage + aucun cas documenté de rage humaine transmis par des rongeurs en Amérique du Nord → PPE généralement non indiquée après morsure de rongeur si pas de comportement anormal
  • Animaux en voyage à l'étranger : chiens + chats + singes + mangoustes dans les pays à rage endémique (Asie du Sud + Afrique + Amérique latine + Europe de l'Est) → risque majeur → nécessite PPE urgente + prophylaxie pré-exposition recommandée avant les séjours à risque

Tableau clinique de la rage déclarée

  • Incubation (silencieuse) : 1 à 3 mois en moyenne (extrêmes : 4 jours à 19 ans) + durée liée à la distance entre le site de la morsure et le cerveau (morsures à la tête = incubation plus courte) + à la sévérité de l'inoculation + à la quantité de virus inoculée + la PPE est efficace pendant toute cette phase silencieuse
  • Phase prodromique (2–10 jours) : fièvre + céphalées + malaise + prurit ou paresthésies au site de la morsure (signe précoce quasi-pathognomonique — douleur ou paresthésie à l'ancienne plaie cicatrisée) + anxiété + irritabilité + photophobie
  • Phase neurologique furieuse (forme classique — 80 %) : hydrophobie (spasmes douloureux des muscles déglutiteurs à la vue ou au contact de l'eau — pathognomonique) + aérophobie (spasmes déclenchés par les courants d'air) + hypersalivation + agitation + hallucinations + comportement agressif + hyperactivité autonome (tachycardie + HTA + hypersalivation + hyperthermie)
  • Phase paralytique (forme paralytique — 20 %) : paralysie ascendante progressive (syndrome de Guillain-Barré-like) + moins reconnue que la forme furieuse → souvent diagnostiquée tardivement + prédominante dans les transmissions par chauves-souris
  • Évolution : coma + défaillance multiviscérale + décès en 7 à 14 jours après l'apparition des symptômes + létalité pratiquement 100 % + quelques rares survivants documentés après traitement intensif par le protocole de Milwaukee (midazolam + kétamine + amantadine + ribavarine) → résultats très variables + non validé comme traitement standard

Prophylaxie post-exposition (PPE) — urgence médicale

Étape Mesure Détails et importance
1 — Nettoyage immédiat de la plaie Lavage abondant et prolongé (15 minutes minimum) à l'eau courante et au savon + désinfection avec povidone iodée 10 % ou alcool 70 % + NE PAS suturer la plaie immédiatement (favorise l'inoculation profonde du virus) Étape la plus importante et la plus souvent négligée → le lavage immédiat et prolongé réduit de 90 % le risque de transmission + à réaliser avant même d'aller aux urgences + ne pas attendre
2 — Évaluation du risque (urgences ou santé publique) Statut vaccinal de l'animal + comportement de l'animal + circonstances de l'exposition + identification de l'espèce animale + zone géographique + disponibilité de l'animal pour observation ou analyse La Santé publique du Québec (DRSP) est disponible 24 h/24 pour conseiller les médecins sur l'indication de la PPE + un chien ou chat vacciné et en bonne santé peut être mis en observation vétérinaire 10 jours → PPE peut être différée
3 — Immunoglobulines antirabiques humaines (IGAR) HRIG (Human Rabies Immune Globulin) 20 UI/kg + infiltration de la totalité de la dose autour et dans la plaie + reste injecté en IM si volume insuffisant pour infiltrer la plaie + administrées simultanément ou dans les 7 jours suivant la 1ère dose de vaccin + NE PAS administrer après J7 (interfère avec la réponse vaccin) Indiquées uniquement pour les personnes n'ayant jamais reçu la vaccination antirabique pré-exposition + fournissent une immunité passive immédiate jusqu'à ce que le vaccin induise une immunité active (délai de 7–10 jours)
4 — Vaccination antirabique post-exposition Vaccin antirabique inactivé (PCEC ou HDCV) × 4 doses : J0 + J3 + J7 + J14 (IM deltoïde) + si personne préalablement vaccinée (PPrE) → 2 doses seulement (J0 + J3) + pas d'IGAR Efficacité proche de 100 % si initiée avant les symptômes + il n'est jamais trop tard pour initier si le patient est asymptomatique + la PPE complète doit être assurée même si l'exposition date de plusieurs semaines
ℙ️ Toute personne qui trouve une chauve-souris dans sa chambre à son réveil — ou dans une pièce où se trouvait un enfant + une personne endormie + une personne sous sédation ou en état d'ivresse — doit consulter les urgences même en l'absence de morsure visible. Les dents des chauves-souris sont si petites que leur morsure est souvent indolore et imperceptible. L'évaluation pour PPE doit être effectuée dans tous ces cas au Québec, conformément aux recommandations du MSSS et de l'INSPQ. Capturer la chauve-souris vivante si possible (avec des gants épais) pour analyse en laboratoire.

Prophylaxie pré-exposition (PPrE) — voyageurs et professions à risque

  • Indications : voyageurs séjournant dans des pays à rage endémique (Asie du Sud + Afrique + Amérique latine) pour > 1 mois + ou à risque d'exposition intense (randonnées + régions isolées sans accès rapide aux soins) + vétérinaires + techniciens de la faune + travailleurs en laboratoire manipulant le virus + agents de contrôle des animaux + spéléologues
  • Protocole PPrE : 2 doses de vaccin antirabique (J0 + J7) → immunité de base + rappel selon le titre sérologique d'anticorps antirabiques (objectif : titre neutralisant ≥ 0,5 UI/mL) + avantages : si exposition ultérieure → 2 doses seulement + pas d'IGAR (produit difficile à trouver dans de nombreux pays) + permet d'espacer le délai d'urgence
  • Durée de protection : pas de rappel systématique recommandé si titre ≥ 0,5 UI/mL + dosage des anticorps recommandé tous les 2 ans chez les personnes à risque professionnel continu
Urgence médicale — consulter dans les heures

Consulter les urgences ou appeler la Direction régionale de santé publique (DRSP) immédiatement — dans les heures suivant l'exposition, pas les jours — si vous avez été mordu ou griffé par un animal sauvage (chauve-souris ++ + renard + mouffette + raton laveur) + un animal domestique non vacciné + ou un animal à comportement anormal. Laver abondamment la plaie à l'eau et au savon pendant 15 minutes immédiatement et avant d'aller aux urgences. La prophylaxie post-exposition est quasi-efficace à 100 % si initiée à temps — mais devient impossible une fois les symptômes neurologique apparus. La rage déclarée est mortelle. Ne pas attendre.

Pour la consultation post-exposition à un animal potentiellement enragé, l'évaluation du risque et la prescription de la PPE (IGAR + vaccin antirabique), Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec. Pour les expositions nocturnes ou de fin de semaine, se rendre aux urgences ou appeler le 811 (Info-Santé). Pour prendre rendez-vous en médecine des voyages pour la PPrE, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent les expositions potentielles à la rage (morsures + griffures + contacts avec des chauves-souris), coordonnent avec la Santé publique pour la décision de PPE, initient la PPE (IGAR + vaccin antirabique) selon les protocoles MSSS/INSPQ, et offrent la prophylaxie pré-exposition pour les voyageurs se rendant dans des zones endémiques et pour les professions à risque. Des consultations de médecine des voyages sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine pour la planification de la PPrE. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou de la Santé publique. Toute décision d'initier ou non une prophylaxie post-exposition à la rage doit être prise en consultation avec la Direction régionale de santé publique (DRSP) ou un médecin qualifié. La rage est une maladie à déclaration obligatoire (MADO) au Québec — tout cas suspect ou confirmé doit être signalé immédiatement.

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