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Rapport albumine/créatinine urinaire (RAC) : dépistage et surveillance de la maladie rénale | Clinique Omicron
Néphrologie & Diabétologie & Médecine de famille

Rapport albumine/créatinine urinaire (RAC)

Le rapport albumine/créatinine urinaire (RAC) — également désigné ACR (Albumin-to-Creatinine Ratio) en anglais ou index albumine/créatinine — est le marqueur biologique de référence pour la détection et la quantification de l'albuminurie (excrétion anormale d'albumine dans les urines), substituant avantageusement la collecte des urines de 24 heures en pratique clinique courante. Il est calculé en divisant la concentration d'albumine urinaire (mesurée en mg) par la concentration de créatinine urinaire (mesurée en mmol ou en g selon les conventions du laboratoire) sur un échantillon d'urine isolé du matin (premier jet du matin, de préférence), ce qui corrige les variations de concentration urinaire liées à l'hydratation et permet d'obtenir un résultat reproductible sans contrainte de collecte chronométrée. L'albumine est normalement quasi-totalement retenue par la membrane de filtration glomérulaire (la charge négative de la membrane basale repousse les molécules d'albumine chargées négativement + les fentes de filtration entre les podocytes sont trop étroites pour laisser passer les macromolécules) et les très faibles quantités filtrées sont presque entièrement réabsorbées par les cellules tubulaires proximales — ainsi, l'excrétion urinaire normale d'albumine est inférieure à 30 mg/jour (ou RAC < 3 mg/mmol). Une albuminurie supérieure à ce seuil témoigne d'une lésion glomérulaire (diabétique + hypertensive + glomérulonéphrite + microangiopathie) et constitue non seulement un marqueur précoce de néphropathie diabétique et de maladie rénale chronique (MRC), mais également un facteur de risque cardiovasculaire indépendant — même à des niveaux modérément élevés — et un prédicteur de progression de la MRC vers l'insuffisance rénale terminale. Sa mesure fait partie intégrante du bilan annuel du diabète selon les recommandations de Diabète Canada et des lignes directrices KDIGO pour la MRC, et du bilan cardiovasculaire chez les patients hypertendus à risque élevé.

Valeurs de référence et classification de l'albuminurie (KDIGO 2024)

Catégorie RAC (mg/mmol) Albuminurie 24 h (mg/jour) Signification clinique
A1 — Normale à légèrement augmentée < 3 mg/mmol < 30 mg/jour Normal + ou albuminurie très légèrement augmentée selon le contexte + dépistage annuel recommandé si diabète ou HTA
A2 — Modérément augmentée (microalbuminurie) 3 à 30 mg/mmol 30 à 300 mg/jour Néphropathie débutante + marqueur précoce de diabète + risque cardiovasculaire accru + initiation d'un IEC ou ARA II + optimisation du contrôle glycémique et tensionnel + répéter 2 fois sur 3 mois pour confirmer
A3 — Sévèrement augmentée (macroalbuminurie) > 30 mg/mmol > 300 mg/jour Néphropathie établie + syndrome néphrotique si > 350 mg/mmol + progression accélérée vers l'IRC + risque cardiovasculaire très élevé + suivi néphologique recommandé
Syndrome néphrotique > 350 mg/mmol > 3 500 mg/jour Protéinurie de range néphrotique + hypoalbuminémie + œdèmes + hyperlipidémie + état pro-thrombotique + investigation néphologique urgente + biopsie rénale selon le contexte
ℹ️ Un RAC élevé sur un seul échantillon doit être confirmé sur 2 des 3 mesures suivantes dans les 3 à 6 mois — car l'albuminurie peut être transitoirement élevée par des causes réversibles ne reflétant pas une néphropathie chronique : effort physique intense dans les 24 heures précédant le prélèvement + fièvre + infection urinaire active + déshydratation + menstruations + décompensation glycémique aiguë sévère (HbA1c > 10 %) + insuffisance cardiaque décompensée. Toujours éliminer ces causes avant de conclure à une albuminurie persistante.

Indications du RAC et fréquence de dépistage

  • Diabète de type 1 : dépistage annuel du RAC à partir de 5 ans après le diagnostic + ou dès la puberté si diagnostic avant 12 ans + si RAC normal → répéter annuellement + si RAC en catégorie A2 ou A3 → traitement + suivi tous les 3 à 6 mois
  • Diabète de type 2 : dépistage du RAC dès le diagnostic (la néphropathie peut être présente au moment du diagnostic car le DT2 est souvent asymptomatique pendant des années) + puis annuellement + si RAC normal → répéter annuellement
  • Hypertension artérielle : RAC recommandé dans le bilan initial et annuel chez les patients hypertendus + l'albuminurie est un facteur de risque cardiovasculaire indépendant même chez les non-diabétiques + une albuminurie modérément élevée chez un hypertendu est une indication supplémentaire à l'utilisation d'un IEC ou d'un ARA II
  • Maladie rénale chronique (MRC) : le RAC est l'un des deux critères de définition de la MRC (avec le DFG) selon KDIGO 2024 → MRC définie par un RAC ≥ 3 mg/mmol et/ou un DFG < 60 mL/min/1,73 m² persistant ≥ 3 mois + le RAC combiné au DFG détermine le stade et le risque de progression de la MRC (classification en G1–G5 × A1–A3)
  • Maladies glomérulaires : glomérulonéphrites + lupus érythémateux systématique + vascularites (GPA + PAM) + amylose → RAC élevé avec hématurie → biopsie rénale souvent indiquée
  • Surveillance du traitement néphroprotecteur : IEC + ARA II + antagonistes du SGLT2 (empagliflozine + dapagliflozine — réduction de l'albuminurie indépendamment du contrôle glycémique) → RAC doit diminuer sous traitement → mesure de la réponse au traitement tous les 3 à 6 mois

Causes d'albuminurie persistante

Cause Mécanisme Contexte diagnostique
Néphropathie diabétique Hypertension glomérulaire + hyperfiltration + épaississement de la membrane basale glomérulaire + expansion mésangiale + altération des podocytes → fuite albumine DT1 ou DT2 + RAC progressivement croissant + HbA1c mal contrôlée + rétinopathie diabétique souvent associée + DFG d'abord augmenté puis déclinant
Néphropathie hypertensive Hypertension transmise aux glomérules → sclérose des artérioles afférentes → ischémie glomérulaire → fuite albuminurique HTA ancienne + RAC modérément élevé + DFG réduit + sans diabète + fond d'œil : rétrécissement artériel
Glomérulonéphrites (GN focale segmentaire + GN membranaire + néphropathie IgA) Atteinte directe de la membrane de filtration glomérulaire → fuite importante d'albumine (syndrome néphrotique si protéinurie > 3,5 g/jour) RAC souvent très élevé + hématurie microscopique + hypoalbuminémie + œdèmes + bilan immunologique (ANA + ANCA + complément + IgA sériques) + biopsie rénale
Insuffisance cardiaque Congestion rénale + réduction du débit cardiaque → hypoperfusion rénale + albuminurie de faible intensité souvent réversible avec le traitement RAC modérément élevé + réversible avec le traitement de l'IC + BNP + NT-proBNP élevés + échocardiographie
Prééclampsie Dysfonction endothéliale placentaire → protéinurie significative (RAC ≥ 30 mg/mmol) + hypertension artérielle gestationnelle ≥ 140/90 mmHg après 20 SA Grossesse + HTA + RAC élevé → diagnostic de prééclampsie si critères remplis + RAC se normalise dans les semaines post-partum

Traitement néphroprotecteur si RAC élevé

  • IEC (inhibiteurs de l'enzyme de conversion) ou ARA II : première ligne néphroprotectrice si RAC ≥ 3 mg/mmol chez le diabétique ou l'hypertendu + mécanisme : réduction de la pression intraglomérulaire + réduction directe de l'albuminurie + ralentissement de la progression vers l'IRC + réduction de 30–50 % du RAC + objectif tensionnel < 130/80 mmHg
  • Inhibiteurs du SGLT2 (gliflozines) : empagliflozine (Jardiance®) + dapagliflozine (Farxiga®) → réduction de l'albuminurie de 30–40 % et du risque de progression vers l'IRC de 40 % dans les essais CREDENCE + DAPA-CKD + EMPA-KIDNEY → indiqués chez DT2 + RAC ≥ 20 mg/mmol + ou DFG 25–75 mL/min avec albuminurie même sans diabète (EMPA-KIDNEY)
  • Antagonistes des récepteurs des minéralocorticoïdes non stéroïdiens (finerenone — Kerendia®) : réduction de l'albuminurie et de la progression vers l'IRC dans le DT2 avec néphropathie (essais FIDELIO-DKD + FIGARO-DKD) + en association à un IEC ou ARA II + surveillance de la kaliémie
  • Contrôle des facteurs de risque : HbA1c cible < 7 % (ou 7,5–8 % chez les personnes âgées) + pression artérielle < 130/80 mmHg + arrêt du tabac (facteur aggravant majeur de la néphropathie) + réduction des apports en sodium (< 2 g Na/jour) + statine si risque cardiovasculaire élevé + éviction des AINS (néphrotoxiques)
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin si un RAC élevé est découvert pour la première fois — une albuminurie persistante nécessite une confirmation sur 2 des 3 dosages dans les 3 à 6 mois, un bilan étiologique (créatinine + DFG + bilan lipidique + HbA1c si diabète + analyse d'urine complète) et l'initiation d'un traitement néphroprotecteur. Un RAC > 30 mg/mmol avec hématurie microscopique doit conduire à une évaluation néphologique pour biopsie rénale et diagnostic étiologique précis.

Pour le dépistage annuel de la néphropathie diabétique et hypertensive, le RAC et la créatinine (DFG), et la prescription du traitement néphroprotecteur adapté (IEC + ARA II + SGLT2), Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron prescrivent le RAC annuellement pour tous les patients diabétiques et hypertendus, interprètent les résultats en les combinant au DFG pour la classification KDIGO de la MRC, initient le traitement néphroprotecteur (IEC + ARA II + SGLT2 selon les indications), ajustent le contrôle glycémique et tensionnel, et orientent vers la néphologie pour les albuminuries sévères ou les glomérulonéphrites suspectées. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un néphrologue. Le rapport albumine/créatinine doit toujours être interprété en combinaison avec le débit de filtration glomérulaire estimé (DFG) pour une évaluation complète de la fonction rénale et du risque de progression de la maladie rénale chronique.

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