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Endocrinologie & Biochimie clinique & Médecine de famille

Test SHBG au Québec | Clinique Omicron

La SHBG (Sex Hormone-Binding Globulin — globuline liant les hormones sexuelles) est une glycoprotéine de transport plasmatique synthétisée principalement par le foie, dont la fonction principale est de lier et de transporter les hormones stéroïdiennes sexuelles dans la circulation sanguine — principalement la testostérone (avec une haute affinité) et l'estradiol (avec une affinité modérée) — régulant ainsi la fraction libre biologiquement active de ces hormones disponible pour pénétrer dans les cellules cibles et exercer leurs effets biologiques via les récepteurs nucléaires. Les hormones sexuelles circulent sous trois formes : liée à la SHBG (non biodisponible — 40–70 % selon le sexe) + liée à l'albumine (faible affinité — considérée biodisponible car facilement libérée — 20–50 %) + et libre (non liée — 1–3 % — biologiquement active). La « testostérone biodisponible » inclut la fraction libre et la fraction liée à l'albumine (facilement libérée) — tandis que la « testostérone totale » inclut toutes les fractions y compris celle fortement liée à la SHBG (non disponible). La SHBG est ainsi un régulateur physiologique majeur de l'activité androgénique et estrogénique : une SHBG élevée réduit la fraction libre des hormones → hypogonadisme fonctionnel ou hypoestrogénisme relatif + une SHBG basse augmente la fraction libre → hyperandrogénie fonctionnelle (acné + hirsutisme + virilisation) même si la testostérone totale est dans les limites de la normale. La synthèse hépatique de la SHBG est régulée positivement par les estrogènes + les hormones thyroïdiennes + l'activité physique + et négativement par l'insuline (via la signalisation PI3K/Akt hépatique) + les androgènes + les glucocorticoïdes + l'obésité + la stéatose hépatique — faisant de la SHBG un marqueur indirect de la résistance à l'insuline et du syndrome métabolique. Sa mesure est indispensable pour interpréter correctement une testostérone totale et calculer la testostérone libre ou l'index d'androgènes libres (IAL).

Valeurs normales selon le sexe et l'âge

  • Homme adulte : 10–57 nmol/L (valeurs de référence variables selon les laboratoires) + diminue progressivement avec l'âge jusqu'à 50 ans + puis augmente après 60 ans (diminution de la testostérone totale + augmentation relative de la SHBG)
  • Femme adulte (non enceinte) : 18–144 nmol/L + valeurs plus élevées que chez l'homme en raison de la stimulation estrogénique de la synthèse hépatique de SHBG
  • Femme enceinte : jusqu'à 5–10 fois la valeur normale → hyperoestrogénie physiologique de la grossesse → SHBG très élevée → testostérone totale élevée mais fraction libre normale ou basse
  • Contraceptifs oraux combinés (COC) : augmentent la SHBG de 2 à 4 fois → réduction de la testostérone libre → effet antiandrogénique recherché dans le SOPK + l'acné + l'hirsutisme → la SHBG peut rester élevée plusieurs mois après l'arrêt des COC (effet de mémoire hépatique)
  • Enfant prépubère : valeurs plus élevées que chez l'adulte → diminuent progressivement à la puberté sous l'effet des androgènes

Causes de SHBG basse

Cause Mécanisme Conséquences cliniques
Obésité et syndrome métabolique Hyperinsulinémie → inhibition de la synthèse hépatique de SHBG (voie FOXO1) → SHBG basse proportionnelle à l'IMC et à la résistance à l'insuline Testostérone libre élevée (hyperandrogénie) → acné + hirsutisme chez la femme + SHBG basse = marqueur de résistance à l'insuline → risque cardiovasculaire et métabolique accru
SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) Hyperinsulinémie + hyperandrogénie → double inhibition de la SHBG hépatique SHBG basse → testostérone libre (IAL) élevée → aggravation de l'hirsutisme + de l'acné + de l'anovulation → mesure de l'IAL indispensable dans le bilan du SOPK
Diabète de type 2 et prédiabète Résistance à l'insuline → hyperinsulinémie → SHBG basse SHBG basse = facteur prédictif indépendant du risque de développer un diabète de type 2 (études prospectives) → utile comme marqueur de risque métabolique
Hypothyroïdie Déficit en hormones thyroïdiennes → réduction de la stimulation de la synthèse hépatique de SHBG SHBG basse → testostérone libre augmentée → signes d'hyperandrogénie possible chez la femme → TSH systématique dans le bilan
Androgènes (endogènes ou exogènes) Les androgènes inhibent directement la synthèse de SHBG hépatique Testostérone exogène (TRT) + stéroïdes anabolisants → SHBG très basse → testostérone libre élevée → effets androgéniques amplifiés
Glucocorticoïdes (cortisol + corticoïdes exogènes) Inhibition de la synthèse hépatique de SHBG Syndrome de Cushing + corticothérapie prolongée → SHBG basse → effets androgéniques relatifs
Stéatose hépatique (MASLD) Dysfonction hépatique → réduction de la synthèse de SHBG SHBG basse → marqueur de sévérité de la stéatose hépatique dans certaines études
Acromégalie Excès d'IGF-1 → inhibition de la synthèse de SHBG SHBG basse → hyperandrogénie relative

Causes de SHBG élevée

  • Hyperthyroïdie : excès d'hormones thyroïdiennes → stimulation majeure de la synthèse hépatique de SHBG → SHBG très élevée → testostérone totale élevée mais fraction libre normale ou basse → hypogonadisme fonctionnel → TSH systématique si SHBG élevée inexpliquée
  • Contraceptifs oraux combinés + estrogènes exogènes : estrogènes éthinylés → forte stimulation de la SHBG hépatique → testostérone libre réduite → effet antiandrogénique → déprescription des COC → SHBG peut rester élevée 3–6 mois
  • Cirrhose hépatique et insuffisance hépatique : paradoxalement la cirrhose peut augmenter la SHBG par réduction du catabolisme hépatique de la SHBG → testostérone totale normale ou élevée mais testostérone libre basse → hypogonadisme biochimique fréquent dans la cirrhose avancée
  • Anorexie mentale et dénutrition sévère : catabolisme + déficit calorique → SHBG élevée → hypogonadisme + aménorrhée hypothalamique
  • Vieillissement masculin : après 60 ans → SHBG augmente progressivement → testostérone totale peut rester normale mais testostérone libre diminue → hypogonadisme de l'homme âgé (PADAM) → mesurer la testostérone libre ou calculée + ne pas se fier à la testostérone totale seule
  • Antiépileptiques inducteurs enzymatiques : phénytoïne + carbamazépine + phénobarbital → induction du CYP3A4 hépatique → augmentation SHBG → testostérone libre réduite → hypogonadisme iatrogène + suspecter si dysfonction érectile chez un épileptique
  • VIH sous traitement antirétroviral : certains ARV (efavirenz) → induction enzymatique → SHBG augmentée → testostérone libre basse

Index d'androgènes libres (IAL) — calcul et interprétation

  • Formule : IAL = (Testostérone totale [nmol/L] / SHBG [nmol/L]) × 100
  • Valeurs normales : homme : 30–150 + femme : 0,5–6,5 (valeurs variables selon les laboratoires)
  • Intérêt clinique chez la femme (SOPK + hirsutisme) : IAL élevé (> 6,5–10) = hyperandrogénie biochimique même si testostérone totale dans les limites de la normale + indicateur de sévérité du SOPK + guide l'intensité du traitement antiandrogénique
  • Intérêt clinique chez l'homme (vieillissement) : IAL bas = testostérone libre basse → hypogonadisme fonctionnel → évaluer les symptômes + considérer la testostéronothérapie substitutive
  • Testostérone libre calculée : formule de Vermeulen (utilisant testostérone totale + SHBG + albumine) → plus précise que l'IAL + disponible via des calculateurs en ligne validés (recommandée par l'EAU et l'Endocrine Society)
ℙ️ Une testostérone totale normale ne signifie pas l'absence d'hyperandrogénie — et une testostérone totale élevée ne signifie pas obligatoirement un excès d'androgènes biologiquement actifs. La SHBG est le chaînon manquant : une femme avec une testostérone totale limite-haute mais une SHBG très basse (obésité + SOPK) peut avoir une testostérone libre (IAL) franchement élevée et cliniquement hyperandrogénique. À l'inverse, une femme sous contraceptifs oraux avec une testostérone totale normale et une SHBG très haute peut avoir une testostérone libre quasi-indétectable. Toujours interpréter la testostérone en fonction de la SHBG.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin si un bilan hormonal montre une SHBG anormalement basse associée à une testostérone totale normale ou élevée chez une femme présentant de l'acné + de l'hirsutisme + des irrégularités menstruelles + ou une infertilité — ces signes évoquent une hyperandrogénie fonctionnelle dans le contexte d'un SOPK ou d'une résistance à l'insuline. De même, un homme âgé ou vieillissant avec des symptômes d'hypogonadisme (fatigue + dysfonction érectile + réduction de la libido) malgré une testostérone totale normale doit avoir une SHBG et une testostérone libre mesurées. Pour le bilan hormonal complet (SHBG + testostérone totale + IAL + TSH), Clinique Omicron offre des consultations dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron prescrivent et interprètent la SHBG dans le contexte clinique approprié — bilan du SOPK + hirsutisme + hyperandrogénie + hypogonadisme masculin + bilan thyroïdien + bilan du syndrome métabolique — calculent l'index d'androgènes libres (IAL) et la testostérone libre calculée (formule de Vermeulen), distinguent une hyperandrogénie biochimique d'une hyperandrogénie clinique, et orientent vers l'endocrinologie ou la gynécologie selon les résultats. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un endocrinologue. La SHBG doit toujours être interprétée en parallèle avec la testostérone totale et dans le contexte clinique du patient — une valeur isolée de SHBG n'a pas de signification diagnostique sans les données cliniques et les autres paramètres hormonaux. Les valeurs de référence de la SHBG varient selon les laboratoires.

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