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Testostérone : rôles, valeurs normales, déficit et traitement substitutif | Clinique Omicron
Endocrinologie & Urologie & Médecine de famille

Testostérone

La testostérone est le principal androgène stéroïdien — synthétisée à partir du cholestérol dans les cellules de Leydig des testicules (chez l'homme : 95 % de la production totale) + dans les cellules thécales ovariennes (chez la femme) + et dans la zone réticulée du cortex surrénalien (les deux sexes — contribution plus modeste) — et exerce ses effets biologiques via les récepteurs aux androgènes (AR) présents dans pratiquement tous les tissus : muscle squelettique + os + cerveau + moelle osseuse + foie + rein + peau + prostate + organes génitaux. Chez l'homme, la testostérone est indispensable au développement et au maintien des caractères sexuels primaires (spermatogenèse + développement des organes génitaux) et secondaires (pilosité + masse musculaire + répartition corporelle + voix grave) + à la minéralisation osseuse + à la libido + à la fonction érectile + à la masse musculaire + à la production de globules rouges (stimulation de l'érythropoïétine rénale) + et à l'humeur et aux fonctions cognitives. Sa régulation se fait par l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique : la GnRH hypothalamique (pulsatile) → stimule la LH et la FSH hypophysaires → la LH stimule les cellules de Leydig → sécrétion de testostérone → rétrocontrôle négatif sur l'hypothalamus et l'hypophyse. La testostérone circule sous trois formes : liée à la SHBG (sex hormone-binding globulin — 40–70 % — non biodisponible) + liée à l'albumine (20–50 % — biodisponible) + et libre (1–3 % — biologiquement active). La testostérone totale mesure toutes ces fractions — mais c'est la testostérone libre (ou calculée par la formule de Vermeulen) ou la testostérone biodisponible qui reflète l'androgénicité réelle des tissus, particulièrement chez les patients avec SHBG anormale (obésité + cirrhose + vieillissement).

Valeurs normales selon le sexe et l'âge

  • Homme adulte (20–40 ans) : testostérone totale 8–35 nmol/L (230–1010 ng/dL) + prélèvement le matin à jeun entre 7 h et 11 h (pic matinal — variation circadienne de 30–40 %) + testostérone libre calculée : 180–550 pmol/L
  • Homme âgé (> 60 ans) : testostérone totale diminue progressivement de 1–2 % par an après 30 ans + + SHBG augmente avec l'âge → testostérone libre diminue plus vite que la testostérone totale → un homme de 70 ans peut avoir une testostérone totale normale mais une testostérone libre basse (hypogonadisme fonctionnel du vieillissement — PADAM)
  • Femme adulte : testostérone totale 0,5–2,5 nmol/L (15–70 ng/dL) + environ 20 fois plus basse que chez l'homme + concentrations importantes pour la libido + le bien-être + la masse musculaire + la densité osseuse chez la femme aussi
  • Variation circadienne : pic entre 6 h et 10 h du matin + nadir l'après-midi et le soir → toujours prélever le matin pour un dosage fiable

Hypogonadisme masculin — déficit en testostérone

  • Hypogonadisme primaire (hypergonadotrope) : défaillance testiculaire → testostérone basse + LH élevée + FSH élevée + causes : syndrome de Klinefelter (XXY — cause génétique la plus fréquente d'hypogonadisme primaire + gynécomastie + petits testicules fermes + infertilité) + orchite (ourlienne ++) + chimiothérapie + radiothérapie + traumatisme + cryptorchidie bilatérale + torsion testiculaire
  • Hypogonadisme secondaire (hypogonadotrope) : défaillance hypothalamo-hypophysaire → testostérone basse + LH basse + FSH basse + causes : adénome hypophysaire + hyperprolactinémie (prolactinome) + syndrome de Kallmann (anosmie + déficit en GnRH) + hémochromatose (dépôt de fer dans l'hypophyse) + vieillissement (PADAM — late-onset hypogonadism) + obésité sévère (hyperœstrogénie par aromatisation périphérique + effet suppresseur de l'insuline sur la GnRH) + corticoïdes prolongés + opioïdes (suppression de l'axe gonadique)
  • Symptômes du déficit en testostérone chez l'homme : réduction de la libido +++ + dysfonction érectile + fatigue + réduction de l'énergie + dépression + troubles cognitifs + réduction de la masse musculaire + augmentation de la masse graisseuse (particulièrement abdominale) + réduction de la densité osseuse + ostéoporose + anémie normocytaire + réduction de la pilosité corporelle + bouffées de chaleur + gynécomastie (si œstradiol élevé)
  • Critères diagnostiques (European Association of Urology 2023) : testostérone totale < 8–10 nmol/L (symptômes très probables) + OU testostérone totale entre 8 et 12 nmol/L avec testostérone libre basse + ET symptômes cliniques compatibles → le diagnostic requiert toujours la combinaison d'une testostérone basse ET de symptômes

Traitement substitutif en testostérone (TRT)

Formulation Posologie Avantages Inconvénients
Gel transdermique (AndroGel® + Testim®) 25–75 mg/j appliqué sur les épaules + abdomen + bras Taux stables + facile à utiliser + ajustement de dose simple + réversible Risque de transfert par contact cutané (partenaire + enfants) + application quotidienne
Injection IM — undécanoate de testostérone (Nebido®) 1 000 mg IM toutes les 10–14 semaines Injections peu fréquentes + bonne observance + taux stables Pic et nadir possibles + injection douloureuse (volume important) + peu réversible si effets indésirables
Injection IM — cypionate ou énanthate de testostérone 100–200 mg IM toutes les 1–2 semaines Efficace + peu coûteux + disponible Fluctuations importantes (pic post-injection + nadir avant la prochaine dose) + injections fréquentes
Patch transdermique (Androderm®) 2,5–5 mg/j la nuit Profil physiologique (pic matinal) Réactions cutanées locales fréquentes + application quotidienne
Undécanoate oral (Andriol® Testocaps) 120–240 mg/j avec repas gras Voie orale Absorption variable et imprévisible + 2 prises/j + moins efficace

Contre-indications et surveillance du TRT

  • Contre-indications absolues au TRT : cancer de la prostate (connu ou suspecté) + cancer du sein chez l'homme + désir de paternité (la testostérone exogène supprime la spermatogenèse par rétrocontrôle négatif sur la LH/FSH → azoospermie sous TRT) + polyglobulie sévère (Ht > 54 %) + insuffisance cardiaque non contrôlée + apnée du sommeil sévère non traitée
  • Surveillance sous TRT : testostérone totale (cible 12–25 nmol/L ou milieu de la plage normale) + NFS (hémoglobine + hématocrite — risque de polyglobulie) + PSA (avant traitement + à 3 mois + puis annuellement) + lipidogramme + poids + symptômes + humeur + libido + fonction érectile + densité osseuse si ostéoporose initiale
  • Risques du TRT : polyglobulie (augmentation de l'hémoglobine → risque thrombotique si Ht > 54 % → réduire la dose ou phlébo) + atrophie testiculaire (suppression de la LH endogène) + infertilité (azoospermie réversible à l'arrêt dans 90 % des cas après 1–2 ans) + aggravation possible de l'apnée du sommeil + acné + élargissement de la prostate (mais pas de preuve d'augmentation du risque de cancer de la prostate dans les études randomisées récentes)
  • HCG (gonadotrophine chorionique humaine) : alternative au TRT pour préserver la fertilité + stimule les cellules de Leydig endogènes → augmentation de la testostérone + sans suppression de la spermatogenèse + utilisé si désir de paternité ou si atrophie testiculaire inacceptable

Testostérone chez la femme — hyperandrogénie et déficit

  • Hyperandrogénie féminine : testostérone totale élevée + ou index d'androgènes libres (IAL) élevé → acné sévère + hirsutisme + alopécie androgénique + irrégularités menstruelles + virilisation → causes : SOPK (la plus fréquente) + hyperplasie congénitale des surrénales (déficit en 21-hydroxylase) + tumeur ovarienne ou surrénalienne (testostérone très élevée > 5–6 nmol/L → urgence diagnostique) + Cushing
  • Bilan d'hyperandrogénie : testostérone totale + SHBG + IAL + DHEA-S (androgène surrénalien) + 17-OHP (déficit 21-hydroxylase) + prolactine + TSH + FSH + LH + cortisol si Cushing suspecté + échographie ovarienne
  • Déficit en testostérone chez la femme (contexte controversé) : ménopause + post-ovariectomie + insuffisance surrénalienne → réduction significative de la testostérone → baisse de libido + fatigue + réduction du bien-être + gel de testostérone à faible dose (300 µg/j) → amélioration de la libido chez la femme ménopausée (données ESHRE + Endocrine Society 2019) + non approuvé formellement au Canada mais utilisé en pratique
ℙ️ Le traitement substitutif en testostérone (TRT) supprime la spermatogenèse en inhibant la LH et la FSH par rétrocontrôle négatif — conduisant à une azoospermie dans 90 % des cas après plusieurs mois de traitement. La suppression est généralement réversible à l'arrêt (retour à une spermatogenèse normale dans 90 % des cas dans les 12–18 mois), mais peut être définitive chez certains patients. Tout homme en âge de procréer désirant une paternité future ne doit pas initier un TRT sans discussion préalable sur la préservation de la fertilité (cryoconservation du sperme avant le traitement) ou l'utilisation de l'HCG comme alternative.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin si des symptômes évocateurs d'un déficit en testostérone persistent chez un homme adulte (fatigue chronique + perte de libido + dysfonction érectile + perte de masse musculaire + dépression + ostéoporose sans autre cause) — un dosage de la testostérone totale le matin permettra d'objectiver le déficit. Chez la femme, consulter si une acné sévère + un hirsutisme marqué + ou des irrégularités menstruelles persistent — le bilan d'hyperandrogénie orientera le diagnostic. Pour le bilan hormonal complet (testostérone + SHBG + LH + FSH + prolactine) et l'initiation du traitement substitutif si indiqué, Clinique Omicron offre des consultations dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron dosent et interprètent la testostérone totale et libre dans le bon contexte clinique, diagnostiquent l'hypogonadisme masculin (primaire vs secondaire — LH + FSH + prolactine + IRM hypophysaire si secondaire), initient et surveillent le TRT selon le profil du patient (gel + injection + patch), assurent la surveillance (NFS + PSA + lipides + symptômes), évaluent l'hyperandrogénie féminine (SOPK + hyperplasie surrénalienne + tumeur), et orientent vers l'endocrinologie ou l'urologie pour les cas complexes. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un endocrinologue. Le traitement substitutif en testostérone est contre-indiqué en cas de cancer de la prostate connu ou suspecté et en cas de désir de paternité sans mesures de préservation de la fertilité préalables. Toujours prélever la testostérone le matin entre 7 h et 11 h pour un dosage fiable.

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