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Endocrinologie & Cardiologie préventive & Médecine de famille

Triglycérides - Test médical Clinique Omicron

Les triglycérides (TG) — désignés également triacylglycérols — sont des lipides neutres constitués d'une molécule de glycérol estérifiée par trois acides gras à longue chaîne, représentant la principale forme de stockage énergétique lipidique dans les tissus adipeux et le foie, et la principale forme de transport des lipides d'origine alimentaire (chylomicrons) et hépatique (VLDL — Very Low Density Lipoproteins) dans la circulation sanguine. La mesure des triglycérides sériques à jeun (12 heures) fait partie intégrante du bilan lipidique standard (en parallèle du cholestérol total + LDL + HDL) et reflète à la fois la charge en VLDL circulants + la lipolyse du tissu adipeux + et la synthèse hépatique des VLDL. Les triglycérides présentent deux risques cliniques majeurs selon leur degré d'élévation : un risque cardiovasculaire modérément augmenté pour les élévations légères à modérées (1,7–5,6 mmol/L) — par leur association avec les autres composants du syndrome métabolique (obésité viscérale + résistance à l'insuline + HDL bas + petites particules LDL denses athérogènes) + et un risque spécifique et grave de pancréatite aiguë sévère lorsque les triglycérides dépassent 5,6–11,3 mmol/L (particulièrement au-delà de 11,3 mmol/L où le risque de pancréatite devient très élevé). Le dosage des triglycérides doit idéalement être réalisé à jeun (12 heures) car les triglycérides postprandiaux augmentent physiologiquement après un repas lipidique (de 1 à 6 mmol/L selon le repas) et ne reflètent pas l'état lipidique basal — bien que les recommandations récentes acceptent les valeurs non à jeun pour le dépistage de routine (un TG non à jeun > 2,0 mmol/L suggère une hypertriglycéridémie à confirmer à jeun).

Classification des triglycérides à jeun

  • Normal : < 1,7 mmol/L (< 150 mg/dL)
  • Limite supérieure : 1,7–2,2 mmol/L (150–199 mg/dL) → surveillance + mesures hygiéno-diététiques
  • Élevés : 2,3–5,6 mmol/L (200–499 mg/dL) → risque cardiovasculaire accru + syndrome métabolique probable → traitement de la cause + hygiène de vie + pharmacothérapie selon le profil de risque global
  • Très élevés : 5,6–11,3 mmol/L (500–999 mg/dL) → risque de pancréatite aiguë croissant → traitement pharmacologique obligatoire (fibrates en priorité)
  • Sévèrement élevés : ≥ 11,3 mmol/L (≥ 1 000 mg/dL) → risque très élevé de pancréatite aiguë → urgence métabolique + hospitalisation si nécessaire + traitement immédiat + restriction alimentaire sévère en graisses

Causes d'hypertriglycéridémie

Catégorie Causes principales Mécanisme
Causes alimentaires et habitudes de vie Consommation excessive de sucres simples + glucides raffinés (fructose +++ — boissons sucrées + jus de fruits) + alcool + régime hyperlipidique + obésité abdominale + sédentarité Fructose → synthèse hépatique accrue de TG (voie de la lipogenèse de novo) + alcool → inhibition de l'oxydation des acides gras hépatiques + augmentation de la synthèse des VLDL
Résistance à l'insuline et diabète Diabète de type 2 mal contrôlé + obésité viscérale + syndrome métabolique + prédiabète Déficit relatif en insuline → lipolyse augmentée du tissu adipeux → afflux d'acides gras libres au foie → synthèse VLDL accrue + glycémie élevée → glucides convertis en TG (lipogenèse de novo)
Hypothyroïdie Hypothyroïdie patente + ou subclinique Réduction de la lipoprotéine lipase (LPL) → catabolisme réduit des VLDL → accumulation TG + vérifier TSH systématiquement
Insuffisance rénale chronique (IRC) IRC tous stades + syndrome néphrotique Réduction de la LPL + augmentation de la synthèse hépatique des VLDL + perte urinaire des apolipoprotéines régulatrices
Médicaments Estrogènes oraux (COC + THM per os) + corticoïdes + antipsychotiques atypiques (olanzapine + clozapine) + isotrétinoïne + tamoxifène + β-bloquants non sélectifs + inhibiteurs de protéase (VIH) + cyclosporine Stimulation de la synthèse hépatique des VLDL + ou inhibition de la LPL + estrogènes oraux → effet très marqué sur les TG (contrairement aux estrogènes transdermiques qui n'augmentent pas les TG)
Hypertriglycéridémies héréditaires Hyperlipoprotéinémie familiale type I (déficit en LPL ou apoC-II) + type IV (hypertriglycéridémie familiale) + type V (mixte) + hyperchylomicronémie familiale Déficits génétiques de la clairance des VLDL et chylomicrons → TG souvent très élevés (> 10 mmol/L) + risque élevé de pancréatite récidivante + xanthomes éruptifs + lipemia retinalis

Signes cliniques des hypertriglycéridémies sévères

  • Xanthomes éruptifs : petites papules jaune-orangées sur les fesses + les coudes + les genoux + le dos → dépôts de chylomicrons dans le derme + caractéristiques des TG très élevés (> 11 mmol/L)
  • Lipemia retinalis : aspect laiteux des vaisseaux rétiniens (artères ET veines blanches) à l'examen du fond d'œil → pathognomonique des hypertriglycéridémies très sévères
  • Hépatomégalie + splénomégalie : dépôts lipidiques intrahépatiques + spléniques + dans les formes sévères chroniques
  • Sérum lactescent : aspect laiteux ou crémeux du sérum à la centrifugation → visualisé au laboratoire + suggestif de TG > 11 mmol/L
  • Douleur abdominale épigastrique : précurseur de pancréatite aiguë → toujours hospitaliser si TG > 11 mmol/L avec douleur abdominale

Traitement

  • Mesures diéto-hygiéniques (pilier pour toutes les formes) : réduction drastique des sucres simples (fructose + saccharose + glucose) + suppression des boissons sucrées et des jus de fruits + arrêt de l'alcool (effet majeur sur les TG) + réduction des glucides raffinés (pain blanc + riz blanc + pâtes) + augmentation des fibres + activité physique régulière (150 min/semaine) → réduction des TG de 20–50 % par les mesures diéto-hygiéniques seules dans les formes modérées
  • Traitement des causes secondaires : optimisation du contrôle glycémique (diabète) → metformine + GLP-1 + SGLT2 → très efficaces sur les TG + traitement de l'hypothyroïdie (lévothyroxine) + arrêt ou substitution du médicament inducteur si possible (estrogènes oraux → transdermiques) + perte de poids
  • Fibrates (traitement pharmacologique de choix des TG très élevés) : fénofibrate (Lipidil® 145 mg/j) + gemfibrozil → agonistes du récepteur PPAR-α → activation de la LPL → dégradation des VLDL → réduction des TG de 30–50 % + augmentation du HDL de 10–20 % + indications prioritaires : TG > 5,6 mmol/L + ou TG > 2,3 mmol/L si risque CV élevé résiduel avec statine + risque myopathie accru si combiné aux statines (gemfibrozil +++ à éviter avec statines — fénofibrate plus sûr)
  • Oméga-3 à haute dose (acides gras polyinsaturés EPA + DHA) : icosapentaénoate d'éthyle — Vascepa® (EPA pur 4 g/j) → approuvé par Santé Canada pour réduire le risque cardiovasculaire résiduel chez les patients avec TG 1,5–5,6 mmol/L sous statine + réduction du risque d'événements CV de 25 % (essai REDUCE-IT) + mécanisme : inhibition de la lipogenèse hépatique + activation de la LPL + oméga-3 standard (EPA + DHA — 3–4 g/j) → réduction des TG de 20–30 % mais sans bénéfice CV démontré
  • Statines : effet modéré sur les TG (réduction 10–20 %) + mais traitement de choix si LDL élevé + risque CV élevé associé + réduisent les VLDL en plus des LDL à hautes doses
  • Prise en charge urgente si TG ≥ 11,3 mmol/L : restriction alimentaire immédiate en graisses et glucides + arrêt total de l'alcool + si hospitalisation : nutrition entérale sans lipides + insulinothérapie IV si diabète + aphérèse plasmatique dans les cas extrêmes réfractaires + prévention de la pancréatite aiguë
ℙ️ L'icosapentaénoate d'éthyle (Vascepa® — EPA pur 4 g/j) est le seul oméga-3 ayant démontré une réduction significative du risque cardiovasculaire résiduel dans l'essai REDUCE-IT (réduction relative de 25 % des événements CV majeurs chez les patients avec TG 1,5–5,6 mmol/L déjà sous statine). Cette propriété est spécifique à l'EPA pur et n'a pas été reproduite par les formulations EPA + DHA combinées (essai STRENGTH avec huile de poisson standard — résultat négatif). La distinction entre Vascepa® (EPA pur) et les oméga-3 standard (EPA + DHA) est cliniquement importante.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin rapidement si des triglycérides très élevés (> 5,6 mmol/L) sont découverts au bilan sanguin + particulièrement si une douleur abdominale épigastrique est associée (risque de pancréatite aiguë). Se rendre aux urgences immédiatement si une douleur abdominale intense avec des triglycérides très élevés connus survient — c'est une urgence pancréatique. Pour le bilan lipidique complet et le traitement de l'hypertriglycéridémie (fénofibrate + Vascepa® + mesures diéto-hygiéniques), Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron dosent et interprètent les triglycérides dans le bilan lipidique complet, identifient les causes secondaires traitables (hypothyroïdie + diabète + médicaments + alcool), prescrivent le fénofibrate et le Vascepa® selon les indications, prodiguent les conseils diéto-hygiéniques ciblés sur le fructose et l'alcool, gèrent les hypertriglycéridémies très sévères avec restriction alimentaire urgente, et orientent vers l'endocrinologie pour les hypertriglycéridémies familiales sévères. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Les triglycérides très élevés (> 11,3 mmol/L) avec douleur abdominale constituent une urgence médicale en raison du risque de pancréatite aiguë. Le dosage des triglycérides doit être réalisé à jeun (12 heures) pour une interprétation fiable des valeurs basales.

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