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Trypanosomiase africaine (maladie du sommeil) : diagnostic, fexinidazole et traitement | Clinique Omicron
Infectiologie & Médecine des voyages & Neurologie

Trypanosomiase africaine (maladie du sommeil)

La trypanosomiase humaine africaine (THA) — communément désignée maladie du sommeil — est une parasitose protozoaire endémique à l'Afrique subsaharienne causée par Trypanosoma brucei, un protozoaire flagellé transmis exclusivement par la piqûre de la mouche tsé-tsé (Glossina spp.) dans les zones de végétation dense et humide (forêts galeries + savanes boisées + bords de rivières) d'Afrique centrale et de l'Ouest. Deux formes existent selon la sous-espèce parasitaire : T. b. gambiense (Afrique de l'Ouest et centrale — 97 % des cas — évolution chronique sur des mois à années + réservoir principalement humain) + et T. b. rhodesiense (Afrique de l'Est — 3 % des cas — évolution aiguë rapide sur semaines à mois + réservoir animal important — bétail + gibier). Grâce aux remarquables efforts de l'OMS et des programmes nationaux de contrôle, le nombre de cas a été drastiquement réduit — passant de 300 000 cas annuels dans les années 1990 à moins de 1 000 cas en 2022 — avec pour objectif l'élimination de la THA comme problème de santé publique d'ici 2030. Au Canada + la THA est une maladie d'importation extrêmement rare — touchant principalement des voyageurs ou des immigrés récents de retour de zones endémiques — mais dont le diagnostic doit être évoqué devant tout tableau de fièvre + adénopathies + troubles neurologiques (troubles du sommeil + confusion + troubles du comportement) chez une personne ayant séjourné en Afrique subsaharienne. La caractéristique pathognomonique de la maladie du sommeil est la perturbation progressive du rythme circadien veille-sommeil — somnolence diurne irréversible + insomnie nocturne + confusion + coma — par invasion des trypanosomes dans le système nerveux central (stade 2 ou méningoencéphalitique), qui est toujours fatal sans traitement.

Cycle biologique et transmission

  • Vecteur : mouche tsé-tsé (Glossina spp.) — insecte diurne + piqûre douloureuse + zones de végétation dense en Afrique subsaharienne + les deux sexes piquent + active par temps chaud et humide
  • Transmission : lors d'un repas sanguin infectant → la mouche inocule les trypomastigotes métacycliques dans le derme → multiplication locale → chancre d'inoculation → dissémination dans la lymphe et le sang (stade 1) → franchissement de la barrière hémato-encéphalique → invasion du SNC (stade 2)
  • Transmission non vectorielle (rare) : transfusion sanguine + transmission mère-enfant + contact sexuel (exceptionnel) + accident de laboratoire
  • Réservoir : T. b. gambiense : principalement humain (porteurs chroniques asymptomatiques) + T. b. rhodesiense : animaux sauvages et domestiques (zèbres + buffles + bœufs)

Présentation clinique — deux stades

  • Stade 1 (hémolymphatique) — parasites dans le sang et la lymphe : chancre d'inoculation (papule douloureuse puis ulcérée au site de la piqûre — présent dans 50 % des cas de T. b. rhodesiense + rare dans T. b. gambiense) + fièvre irrégulière + céphalées + arthralgies + myalgies + adénopathies (signe de Winterbottom = adénopathies sous-occipitales et cervicales postérieures molles et indolores — caractéristiques de T. b. gambiense) + prurit + œdème de Quincke fugace («trypanides») + splénomégalie légère + tachycardie
  • Stade 2 (méningoencéphalitique) — invasion du SNC : troubles du sommeil ++ (inversion du rythme veille-sommeil — somnolence diurne irrésistible + insomnie nocturne — «maladie du sommeil» = nom tiré de ce symptôme) + céphalées sévères + troubles comportementaux et psychiatriques (apathie + agressivité + confusion + psychose) + signes neurologiques (syndrome cérébelleux + tremblements + parésies + convulsions + signes extrapyramidaux + troubles de la marche) + coma + décès si non traité → dans T. b. gambiense : progression lente (mois à années) + dans T. b. rhodesiense : progression rapide (semaines à mois)

Diagnostic

  • Examen microscopique du sang : frottis sanguin + goutte épaisse → visualisation directe des trypomastigotes (parasites flagellés allongés + ondulant entre les érythrocytes) → sensibilité variable (meilleure dans T. b. rhodesiense où la parasitémie est plus élevée) + centrifugation en tube de microhématocrite (test de Woo) → augmente la sensibilité
  • Test de séroagglutination sur carte (CATT — Card Agglutination Test for Trypanosomiasis) : test rapide de dépistage pour T. b. gambiense → sensibilité 87–98 % + spécificité 93–95 % + test de terrain → si positif → confirmation par examen parasitologique
  • Ponction lombaire (PL) — obligatoire pour le stadage : analyse du LCR → cellularité (>5 leucocytes/µL = stade 2) + protéines + recherche directe de trypanosomes dans le LCR (centrifugation + examen à frais) + IgM dans le LCR → la PL est indispensable pour distinguer stade 1 et stade 2 + car le traitement diffère selon le stade
  • PCR : plus sensible que la microscopie + utile pour le suivi post-traitement + disponible dans les laboratoires de référence
  • Biologie standard : anémie + thrombocytopénie + hypergammaglobulinémie IgM +++ (caractéristique) + élévation de la LDH + leucopénie possible

Traitement selon le stade et la sous-espèce

Indication Traitement Remarques
T. b. gambiense — stade 1 (hémolymphatique) Fexinidazole (Fexinidazole®) per os 1 200 mg × 1/j × 4 jours + puis 600 mg × 1/j × 6 jours (10 jours total) avec un repas riche en graisses Premier traitement oral efficace pour la THA — approuvé par l'EMA 2018 + OMS 2019 — révolution thérapeutique + évite les traitements IV complexes + efficace au stade 1 ET stade 2 modéré
T. b. gambiense — stade 2 (méningoencéphalitique) modéré à sévère Fexinidazole si stade 2 modéré (LCR < 100 cellules/µL) + ou NECT (Nifurtimox 15 mg/kg/j × 10 j + Éflornithine 400 mg/kg/j IV × 7 j) — traitement de combinaison si stade 2 sévère NECT = Nifurtimox-Eflornithine Combination Therapy — réduction de 50 % de la durée d'éflornithine + meilleure tolérance + standard OMS pour stade 2 sévère
T. b. gambiense — stade 1 (ancienne option) Pentamidine 4 mg/kg/j IM × 7 jours Efficace stade 1 uniquement — ne passe pas la barrière hémato-encéphalique — remplacée par le fexinidazole dans de nombreux programmes
T. b. rhodesiense — stade 1 Suramine IV 20 mg/kg × 5 injections (J1 + J3 + J7 + J14 + J21) Test dose 100 mg avant la première injection (choc anaphylactique rare) + le fexinidazole est PAS approuvé pour T. b. rhodesiense
T. b. rhodesiense — stade 2 Mélarsoprol IV 2,2 mg/kg/j × 10 jours Traitement arsénical très toxique (encéphalopathie post-traitement 5–10 % + mortalité 5 %) → uniquement si stade 2 de T. b. rhodesiense + géré en centre spécialisé
ℙ️ Le fexinidazole représente une révolution dans le traitement de la trypanosomiase africaine à T. b. gambiense — c'est le premier traitement oral entièrement ambulatoire efficace sur les deux stades de la maladie, mettant fin aux longues hospitalisations nécessaires pour les perfusions IV d'éflornithine. Développé par la Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi) + approuvé par l'EMA en 2018 et recommandé par l'OMS en 2019 + il représente un modèle de développement philanthropique de médicaments pour les maladies tropicales négligées.
Consultation médicale urgente

Consulter un médecin spécialisé en médecine des voyages ou en infectiologie en urgence si des troubles neurologiques progressifs (confusion + somnolence diurne + insomnie nocturne + troubles du comportement) + une fièvre + des adénopathies cervicales + ou une fièvre inexpliquée persistent chez une personne ayant séjourné en Afrique subsaharienne — ces signes évoquent une trypanosomiase africaine nécessitant une investigation urgente incluant une goutte épaisse + un frottis sanguin + et une ponction lombaire si des parasites sont détectés dans le sang. Pour le bilan infectieux post-voyage au retour d'Afrique subsaharienne, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron assurent le bilan post-voyage pour les voyageurs de retour d'Afrique subsaharienne (paludisme + trypanosomiase + autres parasitoses tropicales), évoquent la trypanosomiase africaine devant tout tableau de fièvre prolongée + adénopathies + troubles neurologiques au retour d'une zone endémique, prescrivent les examens initiaux (goutte épaisse + sérologie + NFS) et orientent en urgence vers un centre d'infectiologie ou de médecine tropicale spécialisé pour la confirmation diagnostique et le traitement. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un infectiologue spécialisé en médecine tropicale. La trypanosomiase africaine est toujours fatale sans traitement — la stade 2 (méningoencéphalitique) nécessite une ponction lombaire obligatoire pour le stadage et un traitement en centre spécialisé. Le fexinidazole n'est pas approuvé pour T. b. rhodesiense.

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