Urée / BUN (azote uréique sanguin)
Valeurs normales et conversions
- Urée sérique (adulte) : 2,5–8,0 mmol/L (normes selon les laboratoires) → equivalent BUN : 7–22 mg/dL
- Urée plus haute physiologiquement : homme > femme + personne âgée (catabolisme augmenté + apport protéique souvent élevé) + régime riche en protéines + fin de journée (après les repas) + légère déshydratation
- Urée plus basse physiologiquement : femme enceinte (hémodilution + augmentation du DFG) + végétariens + régime pauvre en protéines + nourrisson (anabolisme prédominant)
- Conversion BUN ↔ Urée : Urée (mmol/L) = BUN (mmol/L) × 2,14 + ou BUN (mg/dL) ÷ 2,8 = urée (mmol/L) + ou urée (mmol/L) × 2,8 = BUN (mg/dL)
Rapport urée/créatinine — outil diagnostique clé de l'IRA
- Rapport urée/créatinine (mmol/mmol) normal : 20–60 + ou rapport BUN/créatinine (mg/mg) normal : 10–20 (en unités anglosaxonnes)
- Rapport urée/créatinine ÉLEVÉ (> 100 mmol/mmol ou > 20 en unités anglosaxonnes) → IRA PRÉRÉNALE (hypoperfusion rénale) : déshydratation + insuffisance cardiaque décompensée + choc + hémorragie + sténose de l'artère rénale + médicaments (AINS + IEC + diurétiques) → mécanisme : réduction du DFG + MAIS réabsorption tubulaire de l'urée augmentée (ADH + aldostérone) → urée monte disproportionnellement par rapport à la créatinine
- Rapport urée/créatinine ÉLEVÉ avec urée très haute et créatinine normale ou peu augmentée → causes extra-rénales d'hyperurémie : hémorragie digestive haute (digestion du sang = charge protéique massive) + catabolisme extrême (sepsis + corticoïdes fortes doses + chimiothérapie) + alimentation hypercalorique hyperprotéinée + tétracyclines (inhibent la synthèse protéique)
- Rapport urée/créatinine NORMAL ou BAS (< 20 mmol/mmol) → IRA INTRINSÈQUE (lésion rénale parenchymateuse) : nécrose tubulaire aiguë (NTA — ischémie + néphrotoxiques) + glomérulonéphrite aiguë + néphrite interstitielle + rhabdomyolyse → mécanisme : tubules lésés ne réabsorbent plus l'urée normalement → urée et créatinine montent proportionnellement
- Rapport urée/créatinine BAS avec urée basse et créatinine normale → Urée basse isolée : insuffisance hépatique (défaut de synthèse de l'urée par le foie) + dénutrition protéique sévère + grossesse (hémodilution + hyperDFG)
Causes d'urée élevée (hyperurémie)
| Mécanisme | Causes principales | Rapport urée/créatinine |
|---|---|---|
| Hypoperfusion rénale (prérénale) | Déshydratation + hypovolémie + insuffisance cardiaque + choc + hémorragie + médicaments (AINS + IEC + diurétiques en excès) | Élevé (>100) → urée augmente davantage que créatinine |
| Insuffisance rénale (rénale intrinsèque) | NTA + glomérulonéphrite + néphrite interstitielle + IRC + rhabdomyolyse + néphrotoxiques | Normal ou bas (20–60) → urée et créatinine augmentent proportionnellement |
| Obstruction (postrénale) | Obstruction urétérale bilatérale + obstacle prostatique + lithiase urétérale | Variable → élevé si prédominance de réabsorption tubulaire prolongée |
| Catabolisme protéique excessif | Hémorragie digestive haute (sang = protéines + urée augmente en 4–6 h) + sepsis + corticoïdes fortes doses + brûlures étendues + traumatisme majeur + chimiothérapie | Élevé → urée disproportionnée par rapport à la créatinine |
| Apport protéique excessif | Alimentation parentérale riche en acides aminés + régime hyperprotéiné + suppléments protéinés | Élevé → urée augmente sans atteinte rénale |
| Médicaments | Tétracyclines (action anti-anabolique) + corticoïdes + certains immunosuppresseurs | Variable |
Causes d'urée basse (hypourémie)
- Insuffisance hépatocellulaire sévère : cirrhose avancée + hépatite fulminante → défaut de synthèse de l'urée par les hépatocytes (cycle de l'urée non fonctionnel) → urée très basse + ammoniaque élevée → encéphalopathie hépatique
- Dénutrition protéique sévère (kwashiorkor) : apport protéique insuffisant → catabolisme protéique réduit → peu d'urée produite
- Grossesse : hémodilution + augmentation du DFG de 40–60 % → clairance de l'urée accrue → valeurs basses normales
- Syndrome de sécrétion inappropriée d'ADH (SIADH) : dilution par hyperhydratation cellulaire → urée abaissée
- Régime végétarien strict + faible apport protéique
Consulter un médecin si une urée très élevée est découverte au bilan sanguin — particulièrement si elle est associée à une créatinine augmentée (insuffisance rénale possible) + ou à un rapport urée/créatinine très élevé sans déshydratation évidente (suspicion d'hémorragie digestive haute). Une urée très élevée avec créatinine normale et rapport urée/créatinine >100 chez un patient sans déshydratation doit faire rechercher une hémorragie digestive haute. Pour le bilan rénal complet (urée + créatinine + DFG + ionogramme) et l'interprétation clinique, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron prescrivent et interprètent l'urée (BUN) dans le contexte clinique approprié — toujours avec la créatinine et le calcul du rapport urée/créatinine pour orienter le diagnostic d'une IRA prérénale vs rénale intrinsèque — recherchent les causes extra-rénales d'hyperurémie (hémorragie digestive + catabolisme + déshydratation), évaluent la fonction rénale globale (DFG + ionogramme + protéinurie), et orientent vers la néphrologie pour les insuffisances rénales aiguës sévères ou les maladies rénales chroniques. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un néphrologue. L'urée ne doit jamais être interprétée isolément — elle doit toujours être mise en relation avec la créatinine et le contexte clinique (hydratation + apport protéique + médicaments + état hépatique). Les valeurs normales varient selon les laboratoires et les méthodes de dosage — toujours se référer aux normes du laboratoire ayant réalisé l'analyse.
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