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Vaginite : candidose, vaginose bactérienne, trichomonase — diagnostic et traitement | Clinique Omicron
Gynécologie & Infectiologie & Médecine de famille

Vaginite

La vaginite est une inflammation de la muqueuse vaginale — souvent accompagnée d'une vulvite (vulvovaginite) — se manifestant par des leucorrhées (pertes vaginales anormales en quantité + couleur + consistance ou odeur) + des démangeaisons + des brûlures + et parfois une dyspareunie ou une dysurie. C'est l'un des motifs de consultation gynécologique et de médecine de famille les plus fréquents — représentant plus de 10 millions de consultations annuelles aux États-Unis. Les trois étiologies principales représentent ensemble plus de 90 % des cas : la candidose vulvovaginale (CVV — 20–25 % des vaginites — Candida albicans dans 85–90 % des cas) + la vaginose bactérienne (VB — 40–50 % — dysbiose vaginale avec remplacement des lactobacilles protecteurs par un écosystème polyvalent dominé par Gardnerella vaginalis) + et la trichomonase (15–20 % — IST à Trichomonas vaginalis). La distinction entre ces trois entités repose sur une évaluation clinique structurée combinant l'anamnèse + l'aspect des leucorrhées + la mesure du pH vaginal + le test à la potasse (Whiff test) + et l'examen microscopique direct des sécrétions vaginales — ensemble désigné critères d'Amsel pour la vaginose bactérienne. Une quatrième entité importante à ne pas négliger est la vaginite atrophique (vaginite génitourinaire de la ménopause) — causée par la carence estrogénique → amincissement de la muqueuse vaginale + pH élevé + sécheresse + dyspareunie + infections récidivantes.

Diagnostic différentiel — tableau comparatif

Caractéristique Candidose vaginale Vaginose bactérienne Trichomonase
Leucorrhées Blanches + épaisses + grumeleuses + aspect «fromage cottage» + peu abondantes Grises ou blanches + homogènes + fluides + adhèrent aux parois + abondantes Jaune-vertes + mousseuses + malodorantes + abondantes
Odeur Absente ou légèrement levurée Odeur de poisson ++ (amines volatiles — trimethylamine) — aggravée après les rapports sexuels et les règles Odeur désagréable + malodorante
pH vaginal Normal (< 4,5) — acide Élevé (≥ 4,5) — basique Élevé (≥ 4,5–6,0)
Prurit / brûlures Prurit intense ++ + brûlures + érythème vulvaire + œdème + fissures Prurit absent ou léger Prurit + brûlures + dysurie
Whiff test (KOH 10 %) Négatif Positif +++ (odeur de poisson à l'ajout de KOH) Parfois positif
Microscopie Pseudo-hyphes + spores (levures bourgeonnantes) + nombreux polynucléaires Clue cells (cellules vaginales recouvertes de bactéries — signe pathognomonique + >20 % des cellules épithéliales) + peu de PNN Trichomonas mobiles (protozoaire flagellé mobile)
Critères diagnostiques Clinique + KOH + culture si récidivant Critères d'Amsel (3 sur 4) + ou score de Nugent TAAN (PCR) + ou microscopie (moins sensible)

Critères d'Amsel — vaginose bactérienne (3 critères sur 4)

  • Critère 1 : leucorrhées homogènes grises ou blanches + adhérentes aux parois vaginales
  • Critère 2 : pH vaginal ≥ 4,5 (mesuré avec du papier pH sur les sécrétions vaginales)
  • Critère 3 : Whiff test positif — odeur de poisson à l'ajout de KOH 10 % sur les sécrétions (libération d'amines volatiles par les bactéries anaérobies)
  • Critère 4 : clue cells ≥ 20 % des cellules épithéliales vaginales à l'examen microscopique (cellules recouvertes de cocobacilles — aspect de cellule en verre dépoli)
  • Diagnostic si ≥ 3 critères sur 4 : sensibilité 70–92 % + spécificité 94–98 %

Traitement

  • Candidose vaginale non compliquée (épisode isolé + Candida albicans présumé) : fluconazole 150 mg per os dose unique (traitement de référence — très efficace + commode + taux de guérison 90 %) + ou clotrimazole crème vaginale + ovules (7 jours) + ou miconazole 1 200 mg ovule dose unique + ou éconazole + les traitements topiques azolés sont tous efficaces et bien tolérés
  • Candidose vaginale récidivante (≥ 4 épisodes / an) : fluconazole 150 mg J1 + J4 + J7 (traitement d'induction) → puis fluconazole 150 mg/semaine × 6 mois (traitement d'entretien) → rechercher et traiter les facteurs favorisants (diabète + antibiothérapie + immunodépression + partenaire non traité) + culture avec antifongigramme (C. glabrata + C. tropicalis — espèces résistantes au fluconazole)
  • Vaginose bactérienne : métronidazole 500 mg × 2/j per os × 7 jours (traitement de référence) + ou métronidazole gel vaginal 0,75 % × 5 jours + ou clindamycine crème vaginale 2 % × 7 jours → grossesse : métronidazole 500 mg × 2/j × 7 jours (traitement systémique recommandé) + ou clindamycine 300 mg × 2/j × 7 jours + NE PAS traiter le partenaire masculin asymptomatique (pas de bénéfice démontré)
  • Trichomonase : métronidazole 2 g per os dose unique (ou 500 mg × 2/j × 7 jours — meilleure tolérance) + traitement simultané du partenaire obligatoire + éviter l'alcool 24 h après + tinidazole 2 g dose unique si allergie ou résistance au métronidazole + MADO au Québec (à déclarer si trichomonase confirmée selon les directives locales)
  • Vaginite atrophique (génitourinaire de la ménopause) : estrogènes topiques vaginaux (crème + anneau + ovules) à faible dose → restauration de la muqueuse + normalisation du pH + soulagement des symptômes + très faible absorption systémique → sans contre-indication majeure (sauf cancer du sein hormono-sensible) + ou ospémifène per os (SERM — modulateur sélectif des récepteurs estrogéniques)
ℙ️ La vaginose bactérienne n'est pas une IST au sens strict — elle résulte d'une dysbiose vaginale (déséquilibre de la flore) et non d'une contamination sexuelle directe — et le traitement du partenaire masculin asymptomatique n'est pas recommandé car il n'améliore pas le taux de guérison ni ne réduit les récidives. En revanche, chez les femmes ayant des partenaires féminines, le traitement de la partenaire est discuté. La vaginose bactérienne augmente significativement le risque d'acquisition des IST (VIH × 2, gonorrhée, Chlamydia) et de complications obstétricales (accouchement prématuré, chorioamniotite) — justifiant son traitement systématique pendant la grossesse.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin si des pertes vaginales anormales persistent malgré un traitement auto-prescrit + ou s'accompagnent de fièvre + douleurs pelviennes + ou saignements — ces signes peuvent indiquer une infection pelvienne (salpingite) nécessitant une prise en charge urgente. Toute vaginite pendant la grossesse doit être évaluée et traitée par un médecin. Pour le diagnostic des vaginites (pH + microscopie + TAAN) et le traitement adapté, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent les vaginites par examen clinique complet (pH vaginal + Whiff test + microscopie + TAAN selon l'indication), prescrivent le traitement adapté à chaque étiologie (fluconazole pour la candidose + métronidazole pour la vaginose et la trichomonase), gèrent les candidoses récidivantes avec traitement d'entretien, traitent la vaginite atrophique par estrogènes topiques, et assurent la prise en charge des partenaires en cas de trichomonase. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un gynécologue. La trichomonase est une IST nécessitant le traitement simultané du partenaire. La vaginose bactérienne pendant la grossesse doit être traitée par un médecin en raison du risque d'accouchement prématuré.

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