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Dermatologie & Médecine de famille & Pédiatrie

Verrue (VPH — virus du papillome humain)

Les verrues cutanées sont des lésions épidermiques bénignes hyperplasiques causées par l'infection des kératinocytes par le virus du papillome humain (VPH — HPV en anglais) — un petit virus à ADN double brin appartenant à la famille des Papillomaviridae — dont il existe plus de 200 génotypes identifiés + chacun ayant une tropisme tissulaire et un potentiel oncogène spécifiques. Les verrues cutanées bénignes (distinctes des condylomes anogénitaux et des papillomes muqueux) sont causées principalement par les génotypes à bas risque oncogène : VPH 1 + 2 + 4 (verrues vulgaires et plantaires) + VPH 3 + 10 (verrues planes) + VPH 27 + 57. La transmission est directe par contact cutané avec le virus présent dans les squames de la peau infectée (sols de piscine + douches + revêtements de sol communs) + ou indirecte par des surfaces contaminées + et favorisée par les microtraumatismes cutanés + la macération + et l'immunodépression. Avec une prévalence de 7 à 12 % dans la population générale — touchant préférentiellement les enfants d'âge scolaire (10–20 %) + les bouchers + les travailleurs de la viande (verrues du boucher — VPH 7) + et les immunodéprimés — les verrues représentent l'une des dermatoses les plus fréquentes en consultation pédiatrique et de médecine familiale. La caractéristique clinique et épidémiologique fondamentale des verrues est leur tendance à la régression spontanée dans la majorité des cas : 65 % des verrues disparaissent spontanément en 2 ans chez l'enfant immunocompétent + et 80 % en 3–4 ans — ce qui justifie une approche thérapeutique mesurée + tenant compte de l'inconfort du traitement + de l'âge du patient + et du nombre et de la localisation des lésions.

Types cliniques de verrues

Type VPH Localisation Aspect
Verrue vulgaire (verruca vulgaris) VPH 1 + 2 + 4 Mains + doigts + genoux + coudes + zone périunguéale Papule ou nodule kératosique ferme + surface rugueuse en «chou-fleur» + couleur chair ou grisâtre + ponctuations noires (capillaires thrombosés = points noirs caractéristiques) + disparition des dermatoglyphes
Verrue plantaire (myrmécie) VPH 1 Plante du pied + zones d'appui (talon + tête des métatarses) Lésion endophytique (s'enfonce dans le derme sous la pression) + entourée d'un anneau kératosique + très douloureuse à la pression + ponctuations noires caractéristiques + peut être confondue avec un cor (oeil-de-perdrix) — mais le cor n'a pas de ponctuations noires
Verrues mosaïques (en mosaïque) VPH 2 + 27 Plante du pied Placard de multiples petites verrues coalescentes + surface superficielle + moins endophytiques + moins douloureuses que la myrmécie + difficiles à traiter
Verrue plane (verruca plana) VPH 3 + 10 Visage + front + dos des mains + membres Papules plates + légèrement surélevées + couleur chair ou légèrement pigmentées + multiples + souvent disposées en lignes (koebnerisation) + prurigineuses parfois
Verrue filiformes VPH 1 + 2 + 4 Visage (lèvres + nez + paupières) Projections filiformes + fines + sur un pédicule + aspect de «corne» ou de filament + très caractéristiques
Condylomes acuminés (verrues génitales) VPH 6 + 11 (bas risque) Région génitale + anale + périnéale Papules + verrucosités en «crêtes de coq» + rosées ou grisâtres + multiples + IST — voir fiche condylomes

Traitement

  • Abstention thérapeutique (option valide chez l'enfant) : 65 % de régression spontanée en 2 ans + 80 % en 3–4 ans → chez l'enfant avec verrues peu gênantes et non douloureuses + l'attente active est une option raisonnable + particulièrement si le traitement serait douloureux ou anxiogène
  • Acide salicylique (traitement de 1re ligne — données les plus solides) : solution ou gel à 12–40 % (Duofilm® + Compound W® + Verrugon®) + application quotidienne après trempage de la zone dans l'eau chaude × 5 min + ponçage doux à la lime ou pierre ponce + application du produit + occlusion (sparadrap) → action kératolytique → destruction progressive de la verrue + taux de guérison 70–75 % après 12 semaines de traitement régulier + bien toléré + peu coûteux + première ligne pour toutes les verrues vulgaires et plantaires
  • Cryothérapie à l'azote liquide (−196 °C) : application d'azote liquide par cryospray ou coton-tige sur la verrue → cycles de congélation-décongélation (2 cycles de 20–30 secondes par séance) → destruction des kératinocytes infectés par formation de glace intracellulaire + inflammation puis nécrose + taux de guérison 60–70 % après 3–4 séances à 2–3 semaines d'intervalle + douloureuse + peut causer des ampoules + cicatrices + dyschromie + traitement de choix en consultation médicale pour les verrues adultes réfractaires à l'acide salicylique
  • Combinaison acide salicylique + cryothérapie : supérieure à chaque traitement seul selon les méta-analyses → utiliser l'acide salicylique en continu entre les séances de cryothérapie
  • Imiquimod crème 5 % (Aldara®) : immunomodulateur topique → stimulation de l'immunité innée locale + activation des lymphocytes T → efficacité modeste sur les verrues vulgaires + mais utilisé pour les condylomes génitaux (approbation FDA) + et les verrues planes (off-label)
  • Acide trichloroacétique (ATA 80–90 %) : agent caustique → destruction chimique du tissu → utilisé par le médecin pour les condylomes + et parfois les verrues vulgaires réfractaires + en application contrôlée
  • Cantharidine (Canthacur®) : vésicant extrait de l'insecte Lytta vesicatoria → application par le médecin + formation d'une ampoule sous la verrue → décollement et destruction + pas de cicatrice + particulièrement utile chez les enfants (indolore à l'application) + non approuvé dans certains pays mais utilisé en pratique courante au Canada
  • Laser CO₂ + electrodesiccation : pour les verrues récalcitrantes + nombreuses + périunguéales + ou chez l'immunodéprimé → sous anesthésie locale + risque de cicatrice
  • Immunothérapie au diphénylcyclopropenone (DPCP) : immunothérapie de contact → sensibilisation cutanée → réaction allergique locale → destruction immunologique des verrues + efficace pour les verrues multiples réfractaires + utilisé en dermatologie spécialisée

Vaccination VPH — prévention primaire

  • Vaccin Gardasil 9® (nonavalent — VPH 6 + 11 + 16 + 18 + 31 + 33 + 45 + 52 + 58) : protège contre les condylomes génitaux (VPH 6 + 11) + cancer du col utérin + cancer anal + cancers oro-pharyngés + cancers vulvaires + vaginaux + péniens (VPH 16 + 18 + 5 autres génotypes oncogènes)
  • Programme de vaccination au Québec : 2 doses (0 + 6–12 mois) si initiation avant 14–15 ans + 3 doses (0 + 2 + 6 mois) si initiation après 15 ans + vaccin offert gratuitement en 4e année du primaire (filles + garçons) dans les écoles québécoises + rattrapage jusqu'à 26 ans + vaccination recommandée jusqu'à 45 ans pour certaines populations à risque
  • Efficacité : 98–100 % de prévention des condylomes et des lésions cervicales précancéreuses dues aux génotypes couverts + efficacité maximale si vaccination avant le début de l'activité sexuelle (avant toute exposition au VPH)
  • Note importante : le vaccin VPH protège contre les condylomes génitaux et les cancers liés au VPH + mais NE protège PAS contre les verrues cutanées vulgaires et plantaires (causées par des génotypes différents — VPH 1 + 2 + 4 — non couverts par le vaccin)
ℙ️ La principale erreur diagnostique avec la verrue plantaire est la confusion avec un cor (œil-de-perdrix) — une lésion kératosique de pression sans VPH. La distinction est simple : la verrue plantaire présente des ponctuations noires (capillaires thrombosés visibles après parage superficiel) + une interruption des dermatoglyphes (lignes de la plante du pied) + et une douleur latérale (pincer la verrue entre deux doigts est plus douloureux que la pression directe). Le cor n'a pas de ponctuations noires + les dermatoglyphes le traversent + et la pression directe est plus douloureuse que le pincement latéral.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin si une verrue est douloureuse + gêne la marche + ou ne répond pas au traitement par acide salicylique après 3 mois + ou si des verrues multiples et récidivantes apparaissent chez un adulte (suspecter une immunodépression) + ou si une lésion ressemblant à une verrue présente une croissance rapide + des saignements + ou une ulcération (exclure un carcinome épidermoïde verruqueux). Pour le traitement par cryothérapie ou cantharidine et la prescription médicale des verrues récalcitrantes, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent les verrues et les distinguent des cors, callosités et autres kératodermies, prescrivent et appliquent les traitements (acide salicylique + cryothérapie + cantharidine selon le type + la localisation et l'âge), évaluent les verrues multiples récidivantes de l'adulte pour exclure une immunodépression, orientent vers la dermatologie pour les verrues récalcitrantes nécessitant des traitements avancés, et administrent le vaccin Gardasil 9 pour la prévention des infections à VPH oncogène. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un dermatologue. Chez l'enfant immunocompétent, 65 % des verrues régressent spontanément en 2 ans — l'abstention thérapeutique est une option valide pour les verrues peu gênantes. Le vaccin VPH (Gardasil 9) ne protège pas contre les verrues cutanées vulgaires et plantaires — ces dernières sont causées par des génotypes différents non couverts par le vaccin.

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