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Médecine buccale & Rhumatologie & Médecine de famille

Xérostomie — Bouche sèche

La xérostomie — du grec xêros (sec) + stoma (bouche) — désigne la sensation subjective de sécheresse buccale + qui peut s'accompagner ou non d'une hyposécrétion salivaire objectivable (hyposalivation — débit salivaire non stimulé <0,1 mL/min). C'est l'une des plaintes bucco-dentaires les plus fréquentes en consultation médicale — touchant 10 à 46 % des adultes selon les études + avec une prévalence augmentant significativement avec l'âge (>60 ans) et le nombre de médicaments pris quotidiennement. La salive joue des rôles biologiques essentiels et souvent sous-estimés : lubrification des muqueuses buccales et de l'oropharynx (facilitant la mastication + la déglutition + et la phonation) + protection antimicrobienne (IgA sécrétoires + lysozyme + lactoferrine + histatines + mucines antimicrobiennes) + protection dentaire (tamponnage acide + reminéralisation de l'émail par les ions calcium + phosphate + et fluorure) + digestion initiale des amidons (amylase salivaire) + et perception gustative (dissolution des molécules alimentaires permettant leur contact avec les papilles gustatives). Une xérostomie chronique non traitée entraîne donc inévitablement des complications buccales progressives — principalement des caries cervicales et radiculaires multiples et rapidement évolutives (signes cardinaux d'hyposécrétion sévère) + des candidoses buccales récidivantes + des difficultés de mastication + de déglutition + et de phonation + et une détérioration majeure de la qualité de vie. Les causes les plus fréquentes dans les pays développés sont médicamenteuses (plus de 400 médicaments ont une propriété xérogène connue) + suivies du syndrome de Sjögren + de la radiothérapie cervico-faciale + et du diabète non contrôlé.

Causes principales

  • Médicaments (cause n°1 dans les pays développés — >400 médicaments) : antihistaminiques H1 (diphénhydramine + cétirizine à haute dose) + antidépresseurs (tricycliques +++ + ISRS + IRSNA) + antipsychotiques + anxiolytiques (benzodiazépines) + antiparkinsoniens (anticholinergiques) + antihypertenseurs (diurétiques + bêtabloquants + inhibiteurs calciques) + décongestionnants (pseudoéphédrine) + opioïdes + antiépileptiques + isotrétinoïne + chimiothérapie → mécanisme principal : effet anticholinergique (blocage des récepteurs muscariniques M3 des glandes salivaires) + ou vasoconstricteur
  • Syndrome de Sjögren (cause auto-immune principale) : infiltration lymphocytaire CD4+ des glandes salivaires parotides + sous-mandibulaires + sublinguales + et accessoires → destruction progressive → hyposécrétion salivaire sévère + souvent associée à la xérophtalmie → anti-SSA (Ro) + anti-SSB (La) + biopsie des glandes salivaires accessoires
  • Radiothérapie cervico-faciale : irradiation des glandes salivaires lors du traitement des cancers de la tête et du cou → fibrose glandulaire irréversible → hyposécrétion sévère et permanente → prévention : technique IMRT (Intensity-Modulated Radiation Therapy) qui épargne les parotides + amifostine cytoprotecteur
  • Diabète non contrôlé : glycosurie + polyurie → déshydratation systémique → réduction de la sécrétion salivaire + neuropathie autonome diabétique des glandes salivaires
  • Déshydratation : apport hydrique insuffisant + fièvre + vomissements + diarrhée → réduction réflexe de la sécrétion salivaire pour économiser l'eau
  • Respirateurs buccaux : evaporation buccale accrue + ronfleurs + apnée obstructive du sommeil → sécheresse nocturne prédominante
  • Anxiété + dépression : activation sympathique chronique → réduction de la sécrétion parasympathique → salive plus visqueuse + moins abondante
  • Maladies de système : sarcoïdose (infiltration des glandes salivaires) + VIH (infiltration lymphocytaire des parotides) + lymphome (amylose salivaire) + sclérodermie

Complications de la xérostomie chronique

  • Caries cervicales et radiculaires multiples (complication principale) : perte de la protection salivaire → acidification buccale prolongée + réduction de la reminéralisation → caries rapidement évolutives + caractéristiquement cervicales (collet des dents) + en nappes + sur les faces lisses (atypiques) → signe cardinal d'hyposécrétion sévère → consultation dentaire urgente + fluoration intensive + scellants
  • Candidose buccale récidivante : perte des propriétés antimicrobiennes de la salive → prolifération de Candida albicans → candidose pseudomembraneuse (muguet) + candidose érythémateuse + stomatite prothétique + glossite losangique médiane → fluconazole systémique + ou nystatine suspension + + traitement antifongique de la prothèse dentaire
  • Difficultés fonctionnelles : dysphagie (difficulté à avaler les aliments secs) + dysphonie (altération de la voix) + dysgueusie (perturbation du goût) + brûlures buccales + difficultés à mastiquer les aliments durs + difficultés à parler longuement
  • Sialadenite infectieuse (parotidite bactérienne) : stase salivaire + déficit des IgA → ascension bactérienne rétrograde (Staphylococcus aureus ++) → parotidite aiguë suppurée → tuméfaction parotidienne douloureuse + pus sortant du canal de Sténon → antibiotiques IV + hydratation
  • Problèmes prothétiques : prothèses dentaires amovibles instables (la salive assure l'adhésion par capillarité) + lésions traumatiques des muqueuses par les prothèses

Traitement

  • Traitement étiologique (priorité absolue) : révision de l'ordonnance médicamenteuse → identifier et substituer ou réduire les médicaments xérogènes si possible (ex : remplacer un antihistaminique H1 sédatif par un non sédatif + réduire la dose d'un antidépresseur tricyclique + substituer par un ISRS si possible) → traitement du diabète + de la déshydratation + du syndrome de Sjögren
  • Hydratation et stimulation salivaire non pharmacologique : boire de l'eau fréquemment par petites gorgées (ne résout pas le problème mais soulage) + chewing-gum sans sucre (xylitol) + bonbons durs acidulés sans sucre → stimulation réflexe de la sécrétion salivaire + préférer des aliments mous + humides + éviter l'alcool + le tabac + la caféine
  • Substituts salivaires (salive artificielle) : sprays + gels + rince-bouche à base de carboxymethylcellulose + acide hyaluronique + mucines bovines → lubrification mécanique sans stimuler la production → soulagement temporaire des symptômes + utilisation à la demande + particulièrement la nuit
  • Pilocarpine (Salagen®) — sialagogue : agoniste muscarinique M3 → stimulation directe des glandes salivaires résiduelles fonctionnelles → 5 mg × 3–4/j per os + efficace si tissu glandulaire résiduel fonctionnel → indication principale : xérostomie post-radique + Sjögren → effets indésirables cholinergiques : sueurs + flush + augmentation des sécrétions bronchiques + bradycardie (CI si asthme + glaucome à angle fermé + bradycardie sévère)
  • Cevimeline (Evoxac®) — sialagogue alternatif : agoniste muscarinique M1 + M3 → stimulation des glandes salivaires + moins d'effets cardiovasculaires que la pilocarpine → 30 mg × 3/j + approuvé pour le Sjögren
  • Protection dentaire intensive : fluoration topique quotidienne (gel de fluor 1 % × 5 min en gouttières) + ou vernis fluoré appliqué par le dentiste × 4/an + scellants + consultations dentaires × 3–4/an + hygiène buccale rigoureuse après chaque repas
  • Acupuncture : données préliminaires positives dans la xérostomie post-radique + mécanisme suggéré : stimulation parasympathique locale + option complémentaire
ℙ️ La xérostomie médicamenteuse est souvent multipotentialisée chez les personnes âgées polypharmacées — chaque médicament xérogène ajoutant son effet anticholinergique aux autres. La charge anticholinergique cumulée (Anticholinergic Burden Score — ACB score) peut être calculée pour chaque patient polymédiqué et orienter la révision de l'ordonnance. Un ACB score élevé est associé non seulement à la xérostomie + mais aussi aux troubles cognitifs + aux chutes + et à la rétention urinaire chez les personnes âgées — la révision de l'ordonnance pour réduire la charge anticholinergique est une intervention gériatrique majeure.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin ou un dentiste si une sécheresse buccale persistante s'accompagne de caries multiples rapidement évolutives + d'une candidose buccale récidivante + d'une dysphagie + ou d'une tuméfaction parotidienne douloureuse. Consulter également si la sécheresse buccale s'accompagne d'une sécheresse oculaire + de douleurs articulaires + ou d'une fatigue chronique — ces symptômes peuvent évoquer un syndrome de Sjögren nécessitant un bilan auto-immun. Pour l'évaluation de la xérostomie + la révision de l'ordonnance médicamenteuse + et la prescription de pilocarpine si indiquée, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent la xérostomie + identifient et révisent les médicaments xérogènes (ACB score) + calculent la charge anticholinergique cumulée + prescrivent la pilocarpine (Salagen®) dans les indications validées (Sjögren + post-radique) + prescrivent le traitement des candidoses buccales associées + effectuent le bilan immunologique du syndrome de Sjögren (anti-SSA + anti-SSB) si suspicion + et orientent vers la dentisterie préventive intensive. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un dentiste. La pilocarpine est contre-indiquée en cas d'asthme non contrôlé + de glaucome à angle fermé + et de bradycardie sévère. La xérostomie chronique sans protection dentaire intensive entraîne inévitablement des caries multiples et rapidement évolutives — la consultation dentaire régulière (3–4 fois/an) est indispensable.

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