Zinc — Carence et supplémentation
Rôles biologiques
- Immunité : développement et fonction des lymphocytes T + NK + et neutrophiles → la carence en zinc est une cause majeure d'immunodépression acquise + avec augmentation du risque d'infections bactériennes + virales + et parasitaires → le zinc est essentiel à la thymuline (hormone thymique) + qui régule la maturation des lymphocytes T
- Cicatrisation et intégrité cutanée : prolifération des kératinocytes et fibroblastes + synthèse du collagène + division cellulaire → la carence en zinc retarde la cicatrisation + et entraîne des lésions cutanées caractéristiques (dermatite péri-orificielle)
- Croissance et développement : cofacteur de l'IGF-1 et de l'hormone de croissance → la carence pendant l'enfance provoque un retard de croissance staturo-pondérale + un retard pubertaire + et un hypogonadisme masculin
- Fonctions sensorielles : goût (dysgeusie) + odorat (anosmie) → la carence en zinc est une cause de perte du goût et de l'odorat réversible sous supplémentation
- Synthèse des protéines et ADN : cofacteur des ADN et ARN polymérases → indispensable à la division cellulaire et à la croissance tissulaire
- Métabolisme des glucides : composant de l'insuline (stockage pancréatique) + cofacteur enzymatique du métabolisme glucidique
Manifestations cliniques de la carence
| Système | Manifestations | Sévérité |
|---|---|---|
| Cutané (signes les plus caractéristiques) | Dermatite érythémato-squameuse ou vésiculo-bulleuse péri-orificielle (bouche + nez + yeux + anus + organes génitaux) + acrodermatite (mains + pieds) + alopécie diffuse + ongles fragiles + fragilité cutanée + retard de cicatrisation | Carence sévère +++ |
| Immunologique | Infections récidivantes (respiratoires + digestives + cutanées) + lymphopénie + réduction de l'immunité cellulaire + augmentation de la sensibilité aux infections opportunistes | Carence modérée à sévère |
| Sensoriel | Dysgeusie (altération du goût — aliments sans saveur ou goût métallique) + anosmie ou hyposmie (perte ou réduction de l'odorat) → réversibles sous zinc | Carence modérée à sévère |
| Croissance (enfant) | Retard de croissance staturo-pondérale + nanisme + retard pubertaire + hypogonadisme masculin + azoospermie + infertilité masculine | Carence modérée |
| Neurologique et comportemental | Irritabilité + troubles de l'attention + dépression + léthargies + tremblements (carence sévère) | Carence sévère |
| Ophtalmologique | Héméralopie (cécité nocturne) → le zinc est nécessaire à la conversion du rétinol en rétinal dans la rétine → carence en zinc peut aggraver une carence en vitamine A | Carence sévère |
| Digestif | Diarrhée chronique + anorexie + nausées → la carence en zinc elle-même aggrave la malabsorption intestinale (cercle vicieux) | Carence modérée |
Acrodermatite entéropathique (déficit génétique en zinc)
- Maladie autosomique récessive : mutation du gène SLC39A4 (ZIP4) → transporteur intestinal du zinc défectueux → malabsorption sévère du zinc dès le sevrage du lait maternel (le lait maternel contient des facteurs facilitant l'absorption du zinc — les préparations commerciales en sont dépourvues)
- Triade classique : dermatite péri-orificielle + diarrhée chronique + alopécie → apparaissant lors du sevrage ou de l'introduction des préparations industrielles
- Diagnostic : zinc sérique très bas + réponse spectaculaire à la supplémentation en zinc oral (traitement à vie) → diagnostic confirmé par la réponse thérapeutique et/ou l'analyse génétique
- Traitement : zinc oral 1–3 mg/kg/j de zinc élémentaire à vie → normalisation rapide en quelques semaines
Populations à risque et causes de carence
- Alimentation pauvre en zinc biodisponible : végétalisme strict (pas de viandes + produits laitiers ou œufs) + régimes riches en phytates (céréales complètes + légumineuses) → les phytates chélatent le zinc et réduisent son absorption de 50–80 %
- Malabsorption intestinale : maladie de Crohn + maladie cœliaque + chirurgie bariatrique (bypass) + résection intestinale + mucoviscidose
- Alcoolisme chronique : malnutrition + augmentation des pertes urinaires de zinc
- Grossesse et allaitement : besoins augmentés + transfert important vers le fœtus + puis le lait maternel
- Personnes âgées : alimentation réduite + malabsorption + médicaments (diurétiques thiazidiques → augmentent les pertes urinaires de zinc)
- Brûlures étendues : pertes cutanées massives de zinc
- Diarrhée chronique : pertes digestives excessives + cercle vicieux
Dosage et supplémentation
- Zinc sérique plasmatique : valeurs normales 10–18 µmol/L (65–120 µg/dL) → carence si <10 µmol/L + MAIS le zinc sérique est peu sensible (réactant de phase aiguë négatif — s'abaisse lors des infections et de l'inflammation indépendamment des réserves) + normal n'exclut pas une carence fonctionnelle tissulaire
- Zinc érythrocytaire + zinc urinaire : reflets plus fiables des réserves corporelles + mais moins disponibles en routine
- Besoins journaliers (Santé Canada) : homme adulte : 11 mg/j + femme adulte : 8 mg/j + grossesse : 11 mg/j + allaitement : 12 mg/j
- Sources alimentaires : huîtres (la source la plus concentrée — 70 mg/100 g) + viande rouge + foie + fruits de mer + volaille + noix de cajou + graines de courge + fromages → biodisponibilité maximale dans les sources animales (zinc hémique) + réduite dans les sources végétales (phytates)
- Supplémentation : gluconate de zinc + sulfate de zinc + ou acétate de zinc → 25–50 mg de zinc élémentaire/j pour la correction d'une carence + 8–11 mg/j pour l'entretien + prendre 1–2 h avant ou après les repas (les phytates alimentaires réduisent l'absorption) + ou avec le repas si nausées gastriques
- Toxicité du zinc : >40 mg/j chronique → inhibition de l'absorption du cuivre → carence en cuivre iatrogène (anémie + neuropathie) → ne pas dépasser la limite supérieure tolérable de 40 mg/j sans indication médicale
- Interaction zinc-cuivre : le zinc induit la métallothionéine intestinale → capte le cuivre → réduit l'absorption du cuivre → carence en cuivre si doses de zinc excessives et prolongées → supplémenter en cuivre si zinc >50 mg/j au long cours
Consulter un médecin si une dermatite péri-orificielle + une alopécie diffuse + des infections récidivantes + une dysgeusie persistante + ou un retard de croissance chez l'enfant sont présents — ces signes peuvent évoquer une carence en zinc nécessitant un bilan et une supplémentation adaptée. Chez le nourrisson allaité puis sevré qui développe une dermatite + une diarrhée et une alopécie — évoquer une acrodermatite entéropathique (carence génétique en zinc). Pour le dosage du zinc et la prescription de la supplémentation, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Consulter à Clinique Omicron
Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron dépistent la carence en zinc dans les populations à risque (végétaliens + personnes âgées + malabsorption + alcoolisme), dosent le zinc sérique, prescrivent la supplémentation en gluconate ou sulfate de zinc adaptée au niveau de carence, surveillent la toxicité du zinc par carence en cuivre induite, reconnaissent l'acrodermatite entéropathique chez le nourrisson sevré, et conseillent sur les sources alimentaires de zinc biodisponible. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un nutritionniste. Ne pas dépasser 40 mg/j de zinc sans suivi médical — des doses chroniques élevées induisent une carence en cuivre par inhibition de l'absorption intestinale. Le zinc sérique est peu sensible pour détecter une carence fonctionnelle — s'abaisse lors de toute infection ou inflammation indépendamment des réserves corporelles.
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