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Nutrition clinique & Dermatologie & Médecine de famille

Zinc — Carence et supplémentation

Le zinc est un oligo-élément essentiel — deuxième métal de trace le plus abondant dans l'organisme humain après le fer + avec un contenu corporel total d'environ 2–3 g + distribué principalement dans les muscles squelettiques (60 %) + les os (30 %) + et la peau + le foie + les reins + et le pancréas — dont il constitue un cofacteur indispensable pour plus de 300 enzymes et plus de 1 000 facteurs de transcription. Son rôle biologique est donc extrêmement étendu : catalytique (métalloenzymes — anhydrase carbonique + ADN polymérase + ARN polymérase + superoxyde dismutase) + structural (doigts de zinc dans les facteurs de transcription + maintien de l'intégrité membranaire) + et régulateur (signalisation cellulaire + expression génique). La carence en zinc est l'une des carences en micronutriments les plus répandues dans le monde — l'OMS estime que 17 % de la population mondiale présente un risque de carence + avec une prévalence particulièrement élevée en Asie du Sud + en Afrique subsaharienne + et en Amérique du Sud + où les régimes alimentaires riches en céréales et légumineuses contenant des phytates (inhibiteurs puissants de l'absorption du zinc) et pauvres en viande sont prédominants. Dans les pays développés + la carence en zinc touche principalement les personnes âgées + les végétaliens stricts + les patients avec malabsorption intestinale + les alcooliques chroniques + et les patients sous alimentation parentérale sans supplémentation adéquate. La caractéristique métabolique fondamentale du zinc est l'absence de réserves corporelles facilement mobilisables (contrairement au fer stocké dans la ferritine) — ce qui rend l'organisme très dépendant d'un apport alimentaire quotidien régulier + et explique la rapidité d'apparition des signes de carence lorsque les apports diminuent.

Rôles biologiques

  • Immunité : développement et fonction des lymphocytes T + NK + et neutrophiles → la carence en zinc est une cause majeure d'immunodépression acquise + avec augmentation du risque d'infections bactériennes + virales + et parasitaires → le zinc est essentiel à la thymuline (hormone thymique) + qui régule la maturation des lymphocytes T
  • Cicatrisation et intégrité cutanée : prolifération des kératinocytes et fibroblastes + synthèse du collagène + division cellulaire → la carence en zinc retarde la cicatrisation + et entraîne des lésions cutanées caractéristiques (dermatite péri-orificielle)
  • Croissance et développement : cofacteur de l'IGF-1 et de l'hormone de croissance → la carence pendant l'enfance provoque un retard de croissance staturo-pondérale + un retard pubertaire + et un hypogonadisme masculin
  • Fonctions sensorielles : goût (dysgeusie) + odorat (anosmie) → la carence en zinc est une cause de perte du goût et de l'odorat réversible sous supplémentation
  • Synthèse des protéines et ADN : cofacteur des ADN et ARN polymérases → indispensable à la division cellulaire et à la croissance tissulaire
  • Métabolisme des glucides : composant de l'insuline (stockage pancréatique) + cofacteur enzymatique du métabolisme glucidique

Manifestations cliniques de la carence

Système Manifestations Sévérité
Cutané (signes les plus caractéristiques) Dermatite érythémato-squameuse ou vésiculo-bulleuse péri-orificielle (bouche + nez + yeux + anus + organes génitaux) + acrodermatite (mains + pieds) + alopécie diffuse + ongles fragiles + fragilité cutanée + retard de cicatrisation Carence sévère +++
Immunologique Infections récidivantes (respiratoires + digestives + cutanées) + lymphopénie + réduction de l'immunité cellulaire + augmentation de la sensibilité aux infections opportunistes Carence modérée à sévère
Sensoriel Dysgeusie (altération du goût — aliments sans saveur ou goût métallique) + anosmie ou hyposmie (perte ou réduction de l'odorat) → réversibles sous zinc Carence modérée à sévère
Croissance (enfant) Retard de croissance staturo-pondérale + nanisme + retard pubertaire + hypogonadisme masculin + azoospermie + infertilité masculine Carence modérée
Neurologique et comportemental Irritabilité + troubles de l'attention + dépression + léthargies + tremblements (carence sévère) Carence sévère
Ophtalmologique Héméralopie (cécité nocturne) → le zinc est nécessaire à la conversion du rétinol en rétinal dans la rétine → carence en zinc peut aggraver une carence en vitamine A Carence sévère
Digestif Diarrhée chronique + anorexie + nausées → la carence en zinc elle-même aggrave la malabsorption intestinale (cercle vicieux) Carence modérée

Acrodermatite entéropathique (déficit génétique en zinc)

  • Maladie autosomique récessive : mutation du gène SLC39A4 (ZIP4) → transporteur intestinal du zinc défectueux → malabsorption sévère du zinc dès le sevrage du lait maternel (le lait maternel contient des facteurs facilitant l'absorption du zinc — les préparations commerciales en sont dépourvues)
  • Triade classique : dermatite péri-orificielle + diarrhée chronique + alopécie → apparaissant lors du sevrage ou de l'introduction des préparations industrielles
  • Diagnostic : zinc sérique très bas + réponse spectaculaire à la supplémentation en zinc oral (traitement à vie) → diagnostic confirmé par la réponse thérapeutique et/ou l'analyse génétique
  • Traitement : zinc oral 1–3 mg/kg/j de zinc élémentaire à vie → normalisation rapide en quelques semaines

Populations à risque et causes de carence

  • Alimentation pauvre en zinc biodisponible : végétalisme strict (pas de viandes + produits laitiers ou œufs) + régimes riches en phytates (céréales complètes + légumineuses) → les phytates chélatent le zinc et réduisent son absorption de 50–80 %
  • Malabsorption intestinale : maladie de Crohn + maladie cœliaque + chirurgie bariatrique (bypass) + résection intestinale + mucoviscidose
  • Alcoolisme chronique : malnutrition + augmentation des pertes urinaires de zinc
  • Grossesse et allaitement : besoins augmentés + transfert important vers le fœtus + puis le lait maternel
  • Personnes âgées : alimentation réduite + malabsorption + médicaments (diurétiques thiazidiques → augmentent les pertes urinaires de zinc)
  • Brûlures étendues : pertes cutanées massives de zinc
  • Diarrhée chronique : pertes digestives excessives + cercle vicieux

Dosage et supplémentation

  • Zinc sérique plasmatique : valeurs normales 10–18 µmol/L (65–120 µg/dL) → carence si <10 µmol/L + MAIS le zinc sérique est peu sensible (réactant de phase aiguë négatif — s'abaisse lors des infections et de l'inflammation indépendamment des réserves) + normal n'exclut pas une carence fonctionnelle tissulaire
  • Zinc érythrocytaire + zinc urinaire : reflets plus fiables des réserves corporelles + mais moins disponibles en routine
  • Besoins journaliers (Santé Canada) : homme adulte : 11 mg/j + femme adulte : 8 mg/j + grossesse : 11 mg/j + allaitement : 12 mg/j
  • Sources alimentaires : huîtres (la source la plus concentrée — 70 mg/100 g) + viande rouge + foie + fruits de mer + volaille + noix de cajou + graines de courge + fromages → biodisponibilité maximale dans les sources animales (zinc hémique) + réduite dans les sources végétales (phytates)
  • Supplémentation : gluconate de zinc + sulfate de zinc + ou acétate de zinc → 25–50 mg de zinc élémentaire/j pour la correction d'une carence + 8–11 mg/j pour l'entretien + prendre 1–2 h avant ou après les repas (les phytates alimentaires réduisent l'absorption) + ou avec le repas si nausées gastriques
  • Toxicité du zinc : >40 mg/j chronique → inhibition de l'absorption du cuivre → carence en cuivre iatrogène (anémie + neuropathie) → ne pas dépasser la limite supérieure tolérable de 40 mg/j sans indication médicale
  • Interaction zinc-cuivre : le zinc induit la métallothionéine intestinale → capte le cuivre → réduit l'absorption du cuivre → carence en cuivre si doses de zinc excessives et prolongées → supplémenter en cuivre si zinc >50 mg/j au long cours
ℙ️ La perte du goût (dysgeusie) et de l'odorat (anosmie ou hyposmie) sont des manifestations classiques et souvent méconnues de la carence en zinc — réversibles sous supplémentation. Ces symptômes sensoriels sont fréquemment attribués à tort au vieillissement ou à des causes ORL sans que la carence en zinc ne soit recherchée. Un dosage du zinc sérique + un essai thérapeutique de supplémentation (25–50 mg/j × 4–8 semaines) est justifié chez tout patient présentant une dysgeusie ou une hyposmie inexpliquée + particulièrement chez les végétaliens + les personnes âgées + ou les patients avec malabsorption.
Consultation médicale recommandée

Consulter un médecin si une dermatite péri-orificielle + une alopécie diffuse + des infections récidivantes + une dysgeusie persistante + ou un retard de croissance chez l'enfant sont présents — ces signes peuvent évoquer une carence en zinc nécessitant un bilan et une supplémentation adaptée. Chez le nourrisson allaité puis sevré qui développe une dermatite + une diarrhée et une alopécie — évoquer une acrodermatite entéropathique (carence génétique en zinc). Pour le dosage du zinc et la prescription de la supplémentation, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consulter à Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron dépistent la carence en zinc dans les populations à risque (végétaliens + personnes âgées + malabsorption + alcoolisme), dosent le zinc sérique, prescrivent la supplémentation en gluconate ou sulfate de zinc adaptée au niveau de carence, surveillent la toxicité du zinc par carence en cuivre induite, reconnaissent l'acrodermatite entéropathique chez le nourrisson sevré, et conseillent sur les sources alimentaires de zinc biodisponible. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un nutritionniste. Ne pas dépasser 40 mg/j de zinc sans suivi médical — des doses chroniques élevées induisent une carence en cuivre par inhibition de l'absorption intestinale. Le zinc sérique est peu sensible pour détecter une carence fonctionnelle — s'abaisse lors de toute infection ou inflammation indépendamment des réserves corporelles.

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