Verrue (VPH — virus du papillome humain)
Types cliniques de verrues
| Type | VPH | Localisation | Aspect |
|---|---|---|---|
| Verrue vulgaire (verruca vulgaris) | VPH 1 + 2 + 4 | Mains + doigts + genoux + coudes + zone périunguéale | Papule ou nodule kératosique ferme + surface rugueuse en «chou-fleur» + couleur chair ou grisâtre + ponctuations noires (capillaires thrombosés = points noirs caractéristiques) + disparition des dermatoglyphes |
| Verrue plantaire (myrmécie) | VPH 1 | Plante du pied + zones d'appui (talon + tête des métatarses) | Lésion endophytique (s'enfonce dans le derme sous la pression) + entourée d'un anneau kératosique + très douloureuse à la pression + ponctuations noires caractéristiques + peut être confondue avec un cor (oeil-de-perdrix) — mais le cor n'a pas de ponctuations noires |
| Verrues mosaïques (en mosaïque) | VPH 2 + 27 | Plante du pied | Placard de multiples petites verrues coalescentes + surface superficielle + moins endophytiques + moins douloureuses que la myrmécie + difficiles à traiter |
| Verrue plane (verruca plana) | VPH 3 + 10 | Visage + front + dos des mains + membres | Papules plates + légèrement surélevées + couleur chair ou légèrement pigmentées + multiples + souvent disposées en lignes (koebnerisation) + prurigineuses parfois |
| Verrue filiformes | VPH 1 + 2 + 4 | Visage (lèvres + nez + paupières) | Projections filiformes + fines + sur un pédicule + aspect de «corne» ou de filament + très caractéristiques |
| Condylomes acuminés (verrues génitales) | VPH 6 + 11 (bas risque) | Région génitale + anale + périnéale | Papules + verrucosités en «crêtes de coq» + rosées ou grisâtres + multiples + IST — voir fiche condylomes |
Traitement
- Abstention thérapeutique (option valide chez l'enfant) : 65 % de régression spontanée en 2 ans + 80 % en 3–4 ans → chez l'enfant avec verrues peu gênantes et non douloureuses + l'attente active est une option raisonnable + particulièrement si le traitement serait douloureux ou anxiogène
- Acide salicylique (traitement de 1re ligne — données les plus solides) : solution ou gel à 12–40 % (Duofilm® + Compound W® + Verrugon®) + application quotidienne après trempage de la zone dans l'eau chaude × 5 min + ponçage doux à la lime ou pierre ponce + application du produit + occlusion (sparadrap) → action kératolytique → destruction progressive de la verrue + taux de guérison 70–75 % après 12 semaines de traitement régulier + bien toléré + peu coûteux + première ligne pour toutes les verrues vulgaires et plantaires
- Cryothérapie à l'azote liquide (−196 °C) : application d'azote liquide par cryospray ou coton-tige sur la verrue → cycles de congélation-décongélation (2 cycles de 20–30 secondes par séance) → destruction des kératinocytes infectés par formation de glace intracellulaire + inflammation puis nécrose + taux de guérison 60–70 % après 3–4 séances à 2–3 semaines d'intervalle + douloureuse + peut causer des ampoules + cicatrices + dyschromie + traitement de choix en consultation médicale pour les verrues adultes réfractaires à l'acide salicylique
- Combinaison acide salicylique + cryothérapie : supérieure à chaque traitement seul selon les méta-analyses → utiliser l'acide salicylique en continu entre les séances de cryothérapie
- Imiquimod crème 5 % (Aldara®) : immunomodulateur topique → stimulation de l'immunité innée locale + activation des lymphocytes T → efficacité modeste sur les verrues vulgaires + mais utilisé pour les condylomes génitaux (approbation FDA) + et les verrues planes (off-label)
- Acide trichloroacétique (ATA 80–90 %) : agent caustique → destruction chimique du tissu → utilisé par le médecin pour les condylomes + et parfois les verrues vulgaires réfractaires + en application contrôlée
- Cantharidine (Canthacur®) : vésicant extrait de l'insecte Lytta vesicatoria → application par le médecin + formation d'une ampoule sous la verrue → décollement et destruction + pas de cicatrice + particulièrement utile chez les enfants (indolore à l'application) + non approuvé dans certains pays mais utilisé en pratique courante au Canada
- Laser CO₂ + electrodesiccation : pour les verrues récalcitrantes + nombreuses + périunguéales + ou chez l'immunodéprimé → sous anesthésie locale + risque de cicatrice
- Immunothérapie au diphénylcyclopropenone (DPCP) : immunothérapie de contact → sensibilisation cutanée → réaction allergique locale → destruction immunologique des verrues + efficace pour les verrues multiples réfractaires + utilisé en dermatologie spécialisée
Vaccination VPH — prévention primaire
- Vaccin Gardasil 9® (nonavalent — VPH 6 + 11 + 16 + 18 + 31 + 33 + 45 + 52 + 58) : protège contre les condylomes génitaux (VPH 6 + 11) + cancer du col utérin + cancer anal + cancers oro-pharyngés + cancers vulvaires + vaginaux + péniens (VPH 16 + 18 + 5 autres génotypes oncogènes)
- Programme de vaccination au Québec : 2 doses (0 + 6–12 mois) si initiation avant 14–15 ans + 3 doses (0 + 2 + 6 mois) si initiation après 15 ans + vaccin offert gratuitement en 4e année du primaire (filles + garçons) dans les écoles québécoises + rattrapage jusqu'à 26 ans + vaccination recommandée jusqu'à 45 ans pour certaines populations à risque
- Efficacité : 98–100 % de prévention des condylomes et des lésions cervicales précancéreuses dues aux génotypes couverts + efficacité maximale si vaccination avant le début de l'activité sexuelle (avant toute exposition au VPH)
- Note importante : le vaccin VPH protège contre les condylomes génitaux et les cancers liés au VPH + mais NE protège PAS contre les verrues cutanées vulgaires et plantaires (causées par des génotypes différents — VPH 1 + 2 + 4 — non couverts par le vaccin)
Consulter un médecin si une verrue est douloureuse + gêne la marche + ou ne répond pas au traitement par acide salicylique après 3 mois + ou si des verrues multiples et récidivantes apparaissent chez un adulte (suspecter une immunodépression) + ou si une lésion ressemblant à une verrue présente une croissance rapide + des saignements + ou une ulcération (exclure un carcinome épidermoïde verruqueux). Pour le traitement par cryothérapie ou cantharidine et la prescription médicale des verrues récalcitrantes, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
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Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron diagnostiquent les verrues et les distinguent des cors, callosités et autres kératodermies, prescrivent et appliquent les traitements (acide salicylique + cryothérapie + cantharidine selon le type + la localisation et l'âge), évaluent les verrues multiples récidivantes de l'adulte pour exclure une immunodépression, orientent vers la dermatologie pour les verrues récalcitrantes nécessitant des traitements avancés, et administrent le vaccin Gardasil 9 pour la prévention des infections à VPH oncogène. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un dermatologue. Chez l'enfant immunocompétent, 65 % des verrues régressent spontanément en 2 ans — l'abstention thérapeutique est une option valide pour les verrues peu gênantes. Le vaccin VPH (Gardasil 9) ne protège pas contre les verrues cutanées vulgaires et plantaires — ces dernières sont causées par des génotypes différents non couverts par le vaccin.
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