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Le syndrome des ovaires polykystiques est la cause la plus fréquente de troubles hormonaux chez les femmes en âge de procréer. Il touche entre 8 et 13 % de cette population au Canada, et pourtant beaucoup de femmes attendent des années avant d’obtenir un diagnostic (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, 2023). La raison est souvent la même : les symptômes sont variés, non spécifiques, et facilement attribués à d’autres causes.

Le SOPK n’est pas uniquement un problème de fertilité. C’est une condition métabolique et hormonale avec des implications sur la santé cardiovasculaire, le métabolisme du glucose et la santé mentale qui s’étendent bien au-delà de la sphère gynécologique.

Ce qu’est le SOPK

Le SOPK est un trouble endocrinien caractérisé par un excès d’androgènes, des anomalies de l’ovulation et, dans beaucoup de cas, un aspect polykystique des ovaires à l’échographie. Ces trois éléments sont les critères diagnostiques de Rotterdam, les plus utilisés cliniquement, mais deux des trois suffisent pour poser le diagnostic.

Malgré son nom, les kystes ovariens ne sont pas le critère central du SOPK. Ce qu’on appelle des kystes dans ce contexte sont en réalité de petits follicules immatures qui ne parviennent pas à maturation normale, ce qui reflète un dysfonctionnement ovulatoire plutôt qu’une pathologie kystique.

Les manifestations cliniques

Les cycles irréguliers ou absents sont souvent le premier signal. L’anovulation, soit l’absence d’ovulation, est à l’origine de l’infertilité associée au SOPK. L’hyperandrogénie, soit l’excès d’hormones masculines, se manifeste par de l’acné, une pousse de poils dans des zones à distribution masculine, et parfois une perte de cheveux de type androgénétique.

La résistance à l’insuline est présente chez environ 70 % des femmes avec un SOPK, indépendamment du poids. Elle contribue à l’hyperandrogénie, aux cycles irréguliers et augmente significativement le risque de diabète de type 2, d’hypertension et de maladies cardiovasculaires. La prise en charge métabolique fait donc partie intégrante du traitement du SOPK.

Le diagnostic

Le bilan diagnostique comprend une prise de sang pour évaluer les androgènes, la LH, la FSH, la prolactine, la TSH et la glycémie à jeun, ainsi qu’une échographie pelvienne pour évaluer les ovaires. Ces examens permettent également d’exclure d’autres conditions qui peuvent mimer le SOPK, comme une hyperplasie congénitale des surrénales, une hyperprolactinémie ou une tumeur sécrétante d’androgènes.

Les options de prise en charge

Le traitement du SOPK dépend des objectifs de la femme. Pour celles qui ne souhaitent pas de grossesse, les contraceptifs hormonaux combinés régularisent les cycles et réduisent les manifestations de l’hyperandrogénie. La metformine peut être prescrite pour améliorer la sensibilité à l’insuline, particulièrement chez les femmes avec une résistance insulinique documentée.

Pour les femmes qui souhaitent concevoir, l’induction de l’ovulation par médicaments est souvent efficace. Les modifications du mode de vie, notamment une perte de poids modeste chez les femmes en surpoids, peuvent restaurer l’ovulation spontanée dans une proportion significative de cas. Un suivi en clinique de fertilité peut être recommandé selon la situation.

La santé mentale mérite une attention particulière dans le SOPK. Le risque de dépression et d’anxiété est significativement augmenté, probablement en lien avec les déséquilibres hormonaux et l’impact de la condition sur l’image corporelle et la fertilité.

Questions fréquentes sur le SOPK

Le SOPK disparaît-il après la ménopause ?
Les symptômes gynécologiques comme les cycles irréguliers s’arrêtent avec la ménopause, mais les composantes métaboliques du SOPK, notamment la résistance à l’insuline et le risque cardiovasculaire accru, persistent. Une surveillance métabolique reste indiquée après la ménopause.

Peut-on tomber enceinte avec un SOPK ?
Oui. Le SOPK est la cause d’infertilité anovulatoire la plus fréquente, mais aussi celle qui répond le mieux aux traitements. La majorité des femmes avec un SOPK peuvent concevoir avec une prise en charge appropriée.

Le régime alimentaire influence-t-il le SOPK ?
Oui. Une alimentation à index glycémique bas, riche en fibres et pauvre en sucres raffinés, améliore la sensibilité à l’insuline et peut améliorer les cycles et réduire les androgènes. Ces changements alimentaires sont complémentaires aux traitements médicaux.

Quand consulter un professionnel de santé

Si vous avez des cycles irréguliers, des signes d’hyperandrogénie comme l’acné ou l’hirsutisme, des difficultés à concevoir ou si vous avez été informée d’un aspect polykystique des ovaires à l’échographie, une consultation médicale s’impose pour évaluer la situation.

Un médecin ou une infirmière praticienne spécialisée peut conduire le bilan diagnostique et vous orienter vers une prise en charge adaptée à vos objectifs. Une consultation en présentiel ou en téléconsultation dans l’un des points de service de Clinique Omicron au Québec vous permet d’y accéder sans délai.

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Geneviève Dostie
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