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Modèle de colon en plastique illustrant le dépistage du cancer colorectal, avec texte sur l'importance de la sensibilisation à la santé et au dépistage, Clinique Omicron.

Dépistage du cancer colorectal : pourquoi le Québec accuse-t-il du retard ?

Le Québec est la seule province canadienne à ne pas offrir de programme organisé de dépistage du cancer colorectal à l’échelle provinciale. Partout ailleurs au pays, les personnes de 50 à 74 ans reçoivent une invitation, un test, un suivi. Ici, rien de tel. Ce vide laisse chaque année des milliers de cas progresser sans être détectés, alors que le cancer colorectal se traite avec un taux de survie élevé lorsqu’il est pris en charge tôt.

Ce n’est pas une question d’ignorance médicale. Les données sont claires depuis longtemps. C’est une question de priorités politiques, et les conséquences se mesurent en vies.

Deuxième cause de décès par cancer au pays

Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier au Canada, après le cancer du poumon (Société canadienne du cancer, 2024). On estime qu’environ 26 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année au pays, et que près de 9 700 personnes en meurent. Au Québec, environ 6 000 nouveaux cas sont recensés annuellement.

Ce qui rend ce cancer particulièrement préoccupant, c’est sa progression silencieuse. Dans la très grande majorité des cas, il n’y a aucun symptôme aux stades précoces. Les signes qui alertent, comme du sang dans les selles, une modification persistante du transit intestinal, une perte de poids inexpliquée ou une fatigue inhabituelle, apparaissent souvent à un stade avancé. C’est précisément pour cette raison que le dépistage systématique existe ailleurs : il capte les lésions précancéreuses ou les cancers débutants avant que quoi que ce soit ne se ressente.

Pourquoi le Québec n’a toujours pas de programme provincial

La question du programme de dépistage du cancer colorectal au Québec traîne depuis plus de deux décennies. Des comités ont été formés, des rapports ont été déposés, des recommandations ont été formulées. Le MSSS a reconnu la pertinence d’un tel programme à plusieurs reprises. En 2022, trois organisations de santé majeures ont de nouveau pressé le gouvernement provincial d’agir, citant le retard accumulé par rapport au reste du Canada.

Les raisons invoquées pour justifier l’absence de programme varient selon les années : ressources endoscopiques insuffisantes, manque de gastroentérologues, coûts de déploiement, complexité logistique. Ces obstacles sont réels. Ils ne changent pas le fait que des Québécois meurent d’un cancer qui aurait pu être détecté à un stade où le traitement est efficace.

En l’absence de programme public, le dépistage repose entièrement sur l’initiative individuelle et sur l’accès à un médecin qui pense à le proposer. Pour les 1,5 million de Québécois sans médecin de famille (MSSS, 2024), ce filet n’existe tout simplement pas.

Comment fonctionne le dépistage du cancer colorectal

Le dépistage repose sur deux approches principales, souvent complémentaires.

Le test de recherche de sang occulte dans les selles (RSOSi, ou FIT en anglais) est le test de première ligne recommandé pour les personnes à risque moyen entre 50 et 74 ans. Simple à réaliser à domicile, il ne nécessite aucune préparation particulière et détecte la présence de sang invisible à l’oeil nu dans les selles, ce qui peut indiquer la présence de polypes ou d’un cancer débutant. Un résultat positif entraîne une coloscopie de confirmation.

La coloscopie reste l’examen de référence. Elle permet d’examiner visuellement l’ensemble du côlon et du rectum, de détecter des polypes et de les retirer en même temps, évitant ainsi qu’ils évoluent vers un cancer. Pour les personnes à risque élevé, notamment celles avec des antécédents familiaux de cancer colorectal ou de polypose, la coloscopie peut être recommandée comme premier examen dès 40 ans, voire plus tôt selon le profil familial.

La fréquence recommandée pour le test RSOSi est tous les deux ans pour les personnes à risque moyen. Pour la coloscopie, un intervalle de dix ans est habituel en l’absence d’anomalie détectée.

Qui est considéré à risque élevé ?

Certains profils justifient une démarche de dépistage plus précoce ou plus fréquente. Les personnes avec un parent du premier degré ayant eu un cancer colorectal ou des polypes adénomateux avant 60 ans font partie des cas à surveiller de plus près. Les antécédents personnels de polypes ou de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse, augmentent également le risque. Un médecin ou une IPS peut évaluer le profil de risque individuel et adapter la recommandation en conséquence.

Quand consulter un professionnel de santé ?

Si vous avez 50 ans ou plus et n’avez jamais eu de dépistage du cancer colorectal, c’est le moment d’en parler à un professionnel de santé. Si vous avez des antécédents familiaux de cancer colorectal, si vous observez du sang dans vos selles, une modification persistante de votre transit ou une perte de poids inexpliquée, une consultation médicale s’impose sans attendre.

L’absence de médecin de famille ne devrait pas être un obstacle à cette démarche. Une consultation en clinique médicale ou en téléconsultation permet d’obtenir une évaluation du risque, une ordonnance pour test RSOSi ou une référence en gastroentérologie selon la situation. Le dépistage précoce reste, aujourd’hui encore, l’outil le plus efficace contre ce cancer.

 

Dépistage ITSS et Contraception | Clinique Omicron

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Geneviève Dostie
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