Partir à l’étranger, c’est souvent changer d’eau, d’aliments et d’habitudes en quelques heures. La diarrhée du voyageur figure parmi les problèmes de santé les plus fréquents chez les gens qui voyagent, surtout vers des destinations où l’accès à une eau salubre est limité. La plupart du temps, elle se résorbe d’elle-même en quelques jours. Mais bien s’y préparer, savoir se réhydrater et reconnaître les signaux d’alarme fait toute la différence entre un simple contretemps et une situation qui mérite un avis médical. Cet article fait le tour de la prévention, de l’hydratation et des moments où il vaut mieux consulter.
Dans cette page
- D’où vient la diarrhée du voyageur
- Prévention : eau, aliments et hygiène
- La réhydratation orale, geste central
- Consulter avant le départ : la santé-voyage
- Les signaux d’alarme qui doivent alerter
- Au retour : quand les symptômes persistent
- Mythes et idées reçues
- Questions fréquentes
- Sources
D’où vient la diarrhée du voyageur
La diarrhée du voyageur résulte le plus souvent de l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des micro-organismes auxquels le corps n’est pas habitué. Les bactéries en sont la cause la plus fréquente, mais des virus et des parasites peuvent aussi être en jeu. Le risque varie beaucoup selon la destination, la saison et les conditions locales d’assainissement.
Les principales sources de contamination
- L’eau du robinet non traitée, la glace et l’eau utilisée pour rincer les aliments.
- Les aliments crus ou insuffisamment cuits, notamment fruits de mer et viandes.
- Les fruits et légumes crus non pelés ou mal lavés.
- Les produits laitiers non pasteurisés.
- Les aliments préparés puis laissés à température ambiante trop longtemps.
Ce qui augmente le risque
Certains facteurs rendent une personne plus susceptible d’être touchée : le type de destination, la durée du séjour, l’âge, ainsi que certaines conditions de santé qui affaiblissent les défenses de l’organisme. Les enfants en bas âge et les personnes vivant avec une maladie chronique méritent une attention particulière.
| Source | Exemples fréquents | Réflexe de prévention |
|---|---|---|
| Eau | Robinet, glaçons, eau de rinçage | Privilégier l’eau embouteillée ou traitée |
| Aliments crus | Salades, fruits de mer, viandes saignantes | Choisir des aliments bien cuits et chauds |
| Fruits et légumes | Fruits non pelés, crudités | Peler soi-même ou éviter s’ils sont crus |
| Produits laitiers | Lait ou fromages non pasteurisés | Choisir des produits pasteurisés |
| Aliments de rue | Plats laissés à l’air libre | Préférer ce qui est cuit devant soi et servi chaud |
Prévention : eau, aliments et hygiène
La prévention repose sur des gestes simples et constants. Aucune mesure n’élimine complètement le risque, mais une attention soutenue à l’eau, aux aliments et à l’hygiène des mains réduit nettement les chances d’être touché pendant le séjour.
L’eau et les boissons
- Boire de l’eau embouteillée scellée, ou de l’eau bouillie puis refroidie.
- Éviter les glaçons dont on ignore la provenance.
- Se brosser les dents avec de l’eau embouteillée ou traitée.
- Se méfier des boissons diluées avec de l’eau du robinet.
- Envisager un moyen de traitement de l’eau (filtre, comprimés, ébullition) pour les séjours prolongés ou hors des sentiers battus.
Les aliments
Une règle facile à retenir résume l’essentiel : « faites-le cuire, pelez-le ou oubliez-le ». Les aliments servis chauds et bien cuits présentent moins de risques que les plats crus ou refroidis.
- Privilégier les aliments cuits, chauds et servis rapidement.
- Peler soi-même les fruits.
- Éviter les crudités, sauces froides et buffets laissés à l’air libre.
- Se méfier des fruits de mer crus et des viandes peu cuites.
L’hygiène des mains
- Se laver les mains à l’eau et au savon avant de manger et après être allé aux toilettes.
- Garder sous la main un désinfectant à base d’alcool quand le savon n’est pas disponible.
- Éviter de porter les mains à la bouche.
À retenir
- La diarrhée du voyageur vient surtout d’eau ou d’aliments contaminés.
- « Faites-le cuire, pelez-le ou oubliez-le » résume la prudence alimentaire.
- L’eau embouteillée, bouillie ou traitée est le premier réflexe.
- Le lavage régulier des mains reste une protection de base.
- La plupart des épisodes se résorbent seuls en quelques jours.
- La réhydratation prime sur tout autre geste.
La réhydratation orale, geste central
Devant une diarrhée, la priorité n’est pas d’arrêter les symptômes à tout prix, mais de compenser les pertes de liquides et de sels minéraux. La réhydratation orale est le geste central, particulièrement chez les jeunes enfants et les personnes âgées, plus vulnérables à la déshydratation.
Les solutions de réhydratation orale
Les solutions de réhydratation orale, offertes en sachets à dissoudre dans de l’eau salubre, apportent un équilibre d’eau, de sucre et de sels minéraux mieux adapté que l’eau seule. Elles se rangent facilement dans une trousse de voyage. En leur absence, boire régulièrement de petites quantités de liquides propres aide déjà.
Comment boire et quoi manger
- Boire souvent, par petites gorgées, plutôt qu’une grande quantité d’un coup.
- Poursuivre l’hydratation entre les selles et après chaque épisode.
- Reprendre progressivement une alimentation légère selon l’appétit.
- Éviter l’alcool et limiter les boissons très sucrées, qui peuvent aggraver la diarrhée.
- Surveiller les signes de déshydratation, surtout chez les enfants.
Les médicaments : prudence
Certains médicaments peuvent réduire la fréquence des selles, mais ils ne conviennent pas à toutes les situations et ne remplacent jamais la réhydratation. Ils sont déconseillés en présence de fièvre élevée ou de sang dans les selles. Un professionnel de la santé ou un pharmacien peut vous conseiller sur ce qui est approprié à votre situation avant le départ.
| Signe de déshydratation | Chez l’adulte | Chez le jeune enfant |
|---|---|---|
| Soif | Soif intense | Difficile à évaluer, surveiller le comportement |
| Bouche | Bouche et lèvres sèches | Bouche sèche, absence de larmes |
| Urines | Urines rares et foncées | Couches sèches depuis plusieurs heures |
| État général | Fatigue, étourdissements | Somnolence inhabituelle ou irritabilité |
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Consulter avant le départ : la santé-voyage
Une consultation en santé-voyage avant le départ permet d’adapter la préparation à la destination, à la durée du séjour et à l’état de santé du voyageur. C’est l’occasion de faire le point sur les vaccins recommandés, les précautions particulières et le contenu de la trousse de voyage.
Quand une consultation avant départ est utile
- Destination où l’accès à une eau salubre est limité.
- Séjour prolongé ou hors des zones touristiques habituelles.
- Voyage avec de jeunes enfants ou pendant une grossesse.
- Présence d’une maladie chronique ou de défenses immunitaires affaiblies.
- Doute sur les vaccins à jour ou sur les précautions à prendre.
Ce qu’on y aborde
On y révise généralement les recommandations propres à la destination, la préparation d’une trousse de voyage adaptée et les gestes de prévention à adopter sur place. Il est prudent de planifier cette consultation plusieurs semaines avant le départ, car certaines mesures demandent du temps pour être efficaces.
Les signaux d’alarme qui doivent alerter
La plupart des épisodes sont bénins, mais certains signaux d’alarme indiquent qu’un avis médical devient nécessaire, que l’on soit encore en voyage ou de retour à la maison.
Les signes qui doivent mener à consulter
- Présence de sang ou de glaires dans les selles.
- Fièvre élevée.
- Signes de déshydratation importante : urines très rares, grande faiblesse, étourdissements marqués.
- Vomissements empêchant de boire.
- Douleurs abdominales intenses.
- Diarrhée qui persiste au-delà de quelques jours sans amélioration.
Chez les personnes plus vulnérables
Chez les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes vivant avec une maladie chronique, la déshydratation peut survenir plus vite et les signaux d’alarme doivent être pris au sérieux plus tôt. En cas de doute sur la gravité, on peut joindre Info-Santé 811, qui met en contact avec une infirmière jour et nuit.
Au retour : quand les symptômes persistent
La diarrhée du voyageur se résout habituellement pendant le séjour ou peu après. Mais lorsque les symptômes persistants se prolongent après le retour, ou qu’une fièvre apparaît, il vaut mieux consulter. Certaines causes de diarrhée peuvent se manifester ou se prolonger une fois de retour au Québec.
Motifs de consulter au retour
- Diarrhée qui se poursuit ou revient après le retour de voyage.
- Fièvre apparaissant dans les jours ou semaines suivant le retour.
- Perte de poids, fatigue persistante ou douleurs abdominales prolongées.
- Symptômes qui reviennent par vagues.
Il est utile de mentionner à votre professionnel de la santé votre destination récente et les dates de voyage : cette information oriente l’évaluation. La consultation en ligne peut être une première étape pratique lorsque la situation n’est pas urgente, et notre service de soins à domicile UVO constitue une autre voie d’accès selon les besoins.
Mythes et idées reçues
« Un peu d’alcool désinfecte les aliments à risque. »
Faux. Boire de l’alcool ne rend pas un aliment ou une eau contaminée sécuritaire, et l’alcool favorise plutôt la déshydratation en cas de diarrhée.
« Il faut arrêter la diarrhée le plus vite possible avec un médicament. »
Nuancé. La priorité est la réhydratation. Les médicaments qui ralentissent le transit ne conviennent pas à toutes les situations et sont déconseillés en présence de fièvre ou de sang dans les selles.
« Dans un hôtel de luxe, il n’y a aucun risque. »
Faux. Le niveau de confort ne garantit pas la salubrité de l’eau ou des aliments. Les mêmes précautions de base restent pertinentes.
« Se retenir de boire fait passer la diarrhée plus vite. »
Faux. Réduire les liquides expose à la déshydratation, qui est justement le principal danger. Il faut continuer à boire régulièrement.
« Une fois de retour, plus besoin de s’en préoccuper. »
Nuancé. La plupart des épisodes se règlent vite, mais des symptômes qui persistent ou une fièvre au retour méritent une évaluation médicale.
Questions fréquentes
Combien de temps dure la diarrhée du voyageur?
Dans la majorité des cas, elle se résorbe d’elle-même en quelques jours. Une diarrhée qui se prolonge, s’accompagne de fièvre ou de sang dans les selles justifie de consulter un professionnel de la santé.
Comment se réhydrater efficacement en voyage?
On boit souvent, par petites gorgées, de l’eau salubre, et les solutions de réhydratation orale offrent un équilibre d’eau, de sucre et de sels minéraux utile. Il est prudent d’en glisser quelques sachets dans sa trousse de voyage.
L’eau embouteillée est-elle toujours sécuritaire?
L’eau embouteillée scellée est généralement un choix plus sûr que l’eau du robinet dans les destinations à risque. Il faut aussi se méfier des glaçons et de l’eau utilisée pour se brosser les dents.
Faut-il consulter avant de partir en voyage?
Une consultation en santé-voyage est utile pour les destinations à risque, les séjours prolongés, les voyages avec de jeunes enfants ou en présence d’une maladie chronique. Il est préférable de la planifier plusieurs semaines avant le départ.
Quand faut-il s’inquiéter d’une diarrhée en voyage?
La présence de sang dans les selles, une fièvre élevée, des signes de déshydratation importante, des vomissements empêchant de boire ou une diarrhée qui persiste sont des signaux qui justifient un avis médical.
Que faire si les symptômes persistent au retour?
Si la diarrhée se poursuit ou qu’une fièvre apparaît après le retour, il vaut mieux consulter et mentionner sa destination et ses dates de voyage. La téléconsultation peut servir de première étape lorsque la situation n’est pas urgente.
Sources
- Gouvernement du Canada — Diarrhée du voyageur (Santé des voyageurs)
- Comité consultatif de la médecine tropicale et de la médecine des voyages (CATMAT), Agence de la santé publique du Canada
- Gouvernement du Québec (Québec.ca) — Voyages et santé
- Info-Santé 811 (Gouvernement du Québec)
- Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
- Agence de la santé publique du Canada — Salubrité des aliments et de l’eau en voyage
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