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Les verrues comptent parmi les dermatoses les plus fréquentes de la consultation médicale. Elles touchent environ 10 % de la population générale, avec une prévalence plus élevée chez les enfants et les adolescents, les personnes immunodéprimées, et celles exposées professionnellement à des environnements humides partagés — piscines, vestiaires, salles de sport. Bénignes dans la très grande majorité des cas, les verrues peuvent néanmoins être douloureuses — notamment les verrues plantaires —, contagieuses, inesthétiques, et fonte d’anxiété sociale pour les personnes qui en sont atteintes. Elles tendent de plus à se multiplier et à s’étendre en l’absence de traitement.

La cryothérapie à l’azote liquide est le traitement médical de référence pour le traitement des verrues — elle est recommandée par les sociétés de dermatologie et représente l’option thérapeutique la mieux documentée en termes d’efficacité. Réalisée en quelques secondes à quelques minutes par séance, elle est disponible dans plusieurs de nos succursales au Québec sans délai excessif. Ce guide vous présente en détail le fonctionnement du traitement, les types de verrues concernées, ce que vous ressentirez pendant et après chaque séance, et les facteurs qui influencent le nombre de séances nécessaires pour obtenir la disparition complète.

Qu’est-ce qu’une verrue et quelle en est la cause ?

Les verrues sont des lésions cutanées bénignes causées par l’infection de cellules de l’épiderme — la couche superficielle de la peau — par le virus du papillome humain, plus connu sous le sigle VPH ou HPV. Ce groupe de virus comprend plus de 200 génotypes différents, dont une vingtaine sont impliqués dans les verrues cutanées courantes. Les génotypes les plus fréquemment responsables des verrues de la peau — distinctes des verrues génitales liées à d’autres génotypes — sont principalement VPH-1, VPH-2, VPH-4 et VPH-7. Le virus s’introduit dans l’organisme via de petites lésions cutanées invisibles — égratignures, fissures, zones de macération — et infecte les kératinocytes basaux, provoquant leur prolifération incontrôlée et la formation de la lésion verruqueuse.

La transmission se fait par contact direct avec une verrue — sur sa propre peau ou sur la peau d’une autre personne — ou par contact indirect avec des surfaces contaminées dans des environnements humides — sols de piscines, vestiaires. L’incubation est longue — de un à douze mois entre l’infection et l’apparition de la verrue visible. Le système immunitaire joue un rôle crucial dans l’évolution naturelle des verrues : chez les personnes immunocompétentes, environ deux tiers des verrues disparaissent spontanément en deux ans sans traitement. Cependant, cette résolution naturelle peut prendre beaucoup plus de temps, la lésion peut se multiplier et s’étendre entre-temps, et le caractère imprévisible de l’évolution justifie un traitement actif dans de nombreuses situations.

Les différents types de verrues et leurs caractéristiques

Les verrues vulgaires — verruca vulgaris — sont les plus fréquentes. Elles se présentent sous forme de papules kératosiques surélevées, à surface rugueuse et irrégulière, de couleur chair à grisâtre, pouvant mesurer de quelques millimètres à plus d’un centimètre. Elles siègent préférentiellement sur les doigts, les mains, les coudes et les genoux — zones fréquemment exposées aux microtraumatismes. Leur surface montre typiquement de petits points noirs correspondant à des capillaires thrombosés — un signe clinique utile pour les distinguer des cors et durillons.

Les verrues plantaires — myrmécies ou verrues en mosaïque — se développent sur la plante du pied. La myrmécie est une verrue plantaire solitaire, profonde, souvent très douloureuse à la pression car repoussée vers l’intérieur par la mise en charge — contrairement au cor dont la douleur est maximale à la pression directe. La verrue plantaire en mosaïque est une confluence de multiples petites verrues superficielles, moins douloureuses mais plus étendue et plus difficile à traiter. Les verrues planes — verruca plana — sont de petites lésions peu surélevées, lisses, de couleur chair ou légèrement rosées, siégeant souvent sur le visage, le front, le dos des mains et les avant-bras, particulièrement chez les enfants et les adolescents. Les verrues filiformes sont des lésions pédiculées fines et allongées, localisées préférentiellement sur le visage — autour des yeux, du nez, de la bouche — et du cou.

Comment fonctionne la cryothérapie à l’azote liquide ?

L’azote liquide est un gaz cryogénique maintenu à une température de -196 °C. Lors de l’application sur une verrue, il provoque une congélation rapide et profonde des tissus traités. Cette descente brutale en température entraîne la formation de cristaux de glace intracellulaires qui détruisent mécaniquement les cellules infectées par le VPH. La congélation provoque également une vasoconstriction locale suivie d’une vasodilatation lors du réchauffement, induisant des lésions vasculaires supplémentaires dans la zone traitée. La réaction inflammatoire locale déclenchée par la cryothérapie stimule par ailleurs la réponse immunitaire locale contre le virus — un mécanisme additionnel qui contribue à l’élimination des kératinocytes infectés par VPH au-delà de la simple destruction mécanique.

L’azote liquide est appliqué sur la verrue soit par pulvérisation directe à l’aide d’un cryogun équipé d’une sonde adaptée à la taille de la lésion, soit par contact direct à l’aide d’un écouvillon de coton imbibé. La technique du cryogun à pulvérisation est plus précise et permet un contrôle optimal du temps de congélation et du diamètre de la zone traitée. Le médecin détermine la durée d’application — de quelques secondes à vingt à trente secondes selon l’épaisseur et le type de la verrue — et observe l’apparition d’un halo blanc de congélation autour de la lésion, signe clinique indiquant que le tissu cible a atteint la température thérapeutique souhaitée.

Déroulement d’une séance et suites attendues

La séance de cryothérapie ne nécessite aucune préparation particulière. Le médecin ou l’infirmière praticienne examine la lésion, confirme le diagnostic clinique de verrue, et applique l’azote liquide selon la technique adaptée. Pour les verrues épaisses et hyperkératosiques, un débridement préalable à la curette ou avec un émollient kératolytique peut être réalisé pour améliorer la pénétration du froid. La sensation ressentie lors de l’application est une douleur urente intense et transitoire — comparable à une brûlure par le froid — qui s’estompe progressivement dans les minutes suivant l’arrêt de l’application.

Dans les heures suivant la séance, une rougeur, un gonflement et parfois une phlyctène — cloque remplie de liquide clair ou sérohématique — se forment sur la zone traitée. Cette réaction est normale et attendue — elle témoigne de la réaction inflammatoire locale. La phlyctène ne doit pas être percée intentionnellement — elle se résorbera naturellement en quelques jours. Un pansement de protection peut être appliqué. Une sensibilité locale et parfois une douleur modérée persistent deux à trois jours après la séance, généralement bien gérées avec du paracétamol. La croûte qui se forme sur la zone traitée tombe spontanément en une à deux semaines, laissant place à une peau neuve sous-jacente. Selon la réponse, une nouvelle séance est planifiée deux à quatre semaines après la précédente.

Questions fréquentes sur le traitement des verrues à Clinique Omicron

Combien de séances de cryothérapie sont nécessaires pour éliminer une verrue ?

Le nombre de séances varie considérablement selon la taille, l’épaisseur et l’ancienneté de la verrue, sa localisation — les verrues plantaires profondes sont parmi les plus résistantes —, et la réponse immunitaire individuelle. En moyenne, deux à cinq séances espacées de deux à quatre semaines sont nécessaires pour obtenir la disparition complète. Certaines verrues répondent dès la première ou deuxième séance, d’autres peuvent nécessiter davantage. Les verrues en mosaïque étendues et les verrues péri-unguéales sont généralement les plus longues à traiter. L’association de la cryothérapie à un traitement kératolytique local — acide salicylique appliqué entre les séances — améliore les taux de rémission et réduit souvent le nombre de séances nécessaires.

Le traitement des verrues à l’azote liquide est-il couvert par la RAMQ ?

La cryothérapie des verrues réalisée par un médecin participant est couverte par la RAMQ lorsqu’elle est réalisée à des fins médicales. La consultation médicale initiale et les séances de traitement sont prises en charge sur présentation de la carte d’assurance maladie. Certaines situations — traitement de verrues exclusivement esthétiques chez des adultes sans symptômes ni risque de complication — peuvent être considérées différemment selon le contexte clinique. Le médecin documente l’indication médicale dans le dossier du patient. Pour les personnes sans médecin de famille, les médecins de Clinique Omicron dans plusieurs succursales au Québec peuvent évaluer et traiter les verrues directement lors d’une consultation.

Les verrues peuvent-elles réapparaître après la cryothérapie ?

Oui — les récidives sont possibles. La cryothérapie détruit la verrue visible et les kératinocytes infectés dans la zone traitée, mais elle n’élimine pas nécessairement toutes les particules virales du VPH présentes dans la peau périlésionnelle. Si des cellules infectées subsistent à la périphérie de la zone traitée, une nouvelle verrue peut réapparaître au même endroit ou à proximité. Par ailleurs, une nouvelle contamination est possible si les facteurs de risque persistent — contact avec des surfaces contaminées, port de nu-pieds dans les espaces humides communs, contact direct avec des verrues actives. Les mesures d’hygiène — ne pas marcher pieds nus dans les vestiaires et piscines, ne pas partager les instruments de pédicurie — réduisent le risque de réinfection après traitement.

Y a-t-il des traitements alternatifs à la cryothérapie pour les verrues ?

Plusieurs alternatives existent selon la situation. Les préparations kératolytiques à base d’acide salicylique — disponibles en pharmacie sans ordonnance — sont efficaces sur les verrues superficielles peu épaisses, mais nécessitent une application quotidienne rigoureuse pendant plusieurs semaines à mois. L’électrocautérisation — destruction par courant électrique — est une option pour les verrues résistantes à la cryothérapie, réalisée sous anesthésie locale. La cantharidine — vésicant extrait d’un insecte — est utilisée par certains dermatologues, notamment chez les enfants pour éviter la douleur de la cryothérapie. L’immunothérapie locale — application de diphenylcyclopropenone ou injections intralésionnelles de candidine — est réservée aux verrues multiples ou très résistantes. L’exérèse chirurgicale est rarement indiquée pour les verrues communes en raison du risque cicatriciel. Le médecin détermine la stratégie thérapeutique optimale selon le profil de la verrue et les préférences du patient.

Verrue (VPH)

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Meryem Bougrine
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