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Parasomnias: sleepwalking, night terrors and REM sleep disorders | Clinique Omicron
Neurologie & Psychiatrie & Médecine du sommeil

Parasomnies (somnambulisme, terreurs nocturnes, troubles du sommeil paradoxal)

Les parasomnies sont des troubles du sommeil caractérisés par des comportements, des expériences ou des phénomènes physiologiques anormaux survenant lors de l'endormissement, pendant le sommeil ou lors des éveils, impliquant une activation partielle ou complète du cerveau — motrice, autonome ou cognitive — sans éveil plein de conscience. Elles se distinguent fondamentalement des insomnies (difficultés à dormir) et des hypersomnies (excès de sommeil) par leur nature comportementale active pendant le sommeil. La classification internationale des troubles du sommeil (ICSD-3, 2014) divise les parasomnies en trois grandes catégories selon le stade de sommeil dans lequel elles surviennent : les parasomnies du sommeil NREM (non-REM) — incluant le somnambulisme, les terreurs nocturnes et les éveils confusionnels — qui surviennent principalement pendant le sommeil lent profond (stade N3) en première partie de nuit, caractérisées par une amnésie de l'épisode et une absence de rêve élaboré ; les parasomnies du sommeil REM (paradoxal) — incluant le trouble du comportement en sommeil paradoxal (RBD — REM Sleep Behavior Disorder), la paralysie du sommeil et les hallucinations hypnagogiques/hypnopompiques ; et les parasomnies autres (énurésie nocturne + bruxisme + parler en dormant). Les parasomnies du sommeil NREM sont extrêmement fréquentes chez l'enfant (prévalence du somnambulisme de 15 à 40 % entre 4 et 12 ans) et tendent à disparaître spontanément à l'adolescence ou au début de l'âge adulte dans la grande majorité des cas, sans nécessiter de traitement pharmacologique. En revanche, le trouble du comportement en sommeil paradoxal (RBD) chez l'adulte de plus de 50 ans — plus souvent l'homme — est d'une importance médicale considérable car il représente un marqueur prodromique des synucléinopathies (maladie de Parkinson + atrophie multisystème + démence à corps de Lewy) : environ 80 % des patients avec RBD idiopathique développeront une de ces maladies neurodégénératives dans les 10 à 20 ans suivant le diagnostic, faisant du RBD une fenêtre d'opportunité pour la neuroprotection précoce.

Classification et caractéristiques des principales parasomnies

Parasomnia Sleep stage + time of night Clinical Presentation and Characteristics
Sleepwalking Sommeil NREM — stade N3 (lent profond) + première moitié de la nuit (premier tiers) Déambulation en état de sommeil + yeux ouverts + regard vide + comportements automatiques (ouvrir des portes + uriner dans des endroits inappropriés + manger) + non réveillable facilement + si réveillé → confusion + désorientation + amnésie complète de l'épisode + durée : 30 secondes à 30 minutes + comportements parfois complexes (conduire + sortir de la maison) + risque de blessure
Night terrors (pavor nocturnus) Sommeil NREM — stade N3 + première moitié de la nuit Cri perçant + éveil brutal avec terreur intense + yeux ouverts + agitation + tachycardie + tachypnée + sueurs + regard vide + non répondant aux tentatives de réconfort + bascule en avant possible (traumatisme) + durée : 1 à 10 minutes + amnésie complète au réveil + l'enfant ne se souvient de rien → distinction fondamentale avec les cauchemars (le lendemain le cauchemar est rappelé)
Éveils confusionnels Sommeil NREM — stade N3 + première moitié de la nuit Éveil partiel avec confusion + désorientation dans le temps et l'espace + discours incohérent + comportements inadaptés + sans agitation intense ni cri (contrairement aux terreurs nocturnes) + durée : quelques minutes + amnésie de l'épisode + fréquent chez le nourrisson et l'enfant + moins dramatique que les terreurs nocturnes
REM sleep behavior disorder (RBD) Sommeil REM (paradoxal) + deuxième moitié de la nuit (cycles REM predominant en fin de nuit) Comportements moteurs complexes en sommeil paradoxal (gesticulations + coups + cris + sauts hors du lit) correspondant à la mise en acte de rêves (souvent violents — attaques + poursuite + défense) + rappel du rêve au réveil (contrairement aux parasomnies NREM) + le partenaire de lit est souvent blessé + l'atonie musculaire physiologique du sommeil REM est absente → diagnostic par PSG avec EMG + association forte avec les synucléinopathies
Paralysie du sommeil isolée Transition éveil-sommeil (hypnagogique) ou sommeil-éveil (hypnopompique) Impossibilité de bouger ou de parler pendant quelques secondes à quelques minutes + conscience intacte + souvent associée à des hallucinations hypnagogiques (visuelles + auditives + tactiles — présence d'une entité + oppression thoracique) + très angoissante + résolution spontanée + prévalence élevée dans la population générale (jusqu'à 40 % ont eu au moins un épisode) + isolée ou dans le cadre de la narcolepsie
Nightmares Sommeil REM + deuxième moitié de la nuit Rêves angoissants avec éveil + rappel vivid du contenu onirique (contrairement aux terreurs nocturnes où aucun souvenir n'est conservé) + tachycardie + sueurs + état d'alerte au réveil + retour rapide à un état d'éveil normal (contrairement à la confusion des parasomnies NREM) + si récurrents et liés à un traumatisme → TSPT → prazosine ou thérapie d'imagerie mentale répétée (IRT)

Parasomnies NREM — facteurs déclenchants et précipitants

  • Sleep deprivation: main trigger of NREM parasomnias + sleep deprivation increases deep slow-wave sleep pressure (N3 rebound) → facilitates partial awakenings in N3 → parasomnias + importance of maintaining a regular sleep schedule + sufficient duration for age
  • Fièvre et infections : in children → fever significantly increases the likelihood of night terrors and sleepwalking during infectious episodes
  • Psychological stress : anxiety + stressful life events + changes in routine + back-to-school + moving → well-documented precipitating factors
  • Médicaments : sleeping pills (benzodiazepines + zolpidem - increase N3 sleep if withdrawal is rapid) + antipsychotics + lithium + selective serotonin reuptake inhibitors (SSRIs)
  • SAOS (syndrome d'apnée obstructive du sommeil) : micro-arousals related to nocturnal apneas can trigger sleepwalking and night terrors → always evaluate and treat OSA in a patient with frequent and resistant NREM parasomnias + correction of OSA by CPAP often reduces associated parasomnias
  • Prédisposition génétique : strong family aggregation + if one parent has a history of sleepwalking → child's risk multiplied by 3 + if two parents → risk multiplied by 6

RBD — trouble du comportement en sommeil paradoxal

  • Épidémiologie et association aux synucléinopathies : prévalence 0,5–1 % de la population générale + prédominance masculine (90 %) + âge typique > 50 ans + idiopathique dans 50 % des cas mais marqueur prodromique majeur des synucléinopathies + 80 % développeront maladie de Parkinson + atrophie multisystème + démence à corps de Lewy dans les 10 à 20 ans suivant le diagnostic → le RBD peut précéder les symptômes moteurs de Parkinson de 10 à 15 ans
  • Mécanisme : neurons regulating muscle atonia in REM sleep (in the brainstem - sublateral dorsal nucleus) are affected early by alpha-synuclein inclusions → loss of atonia → dream movements are no longer inhibited → patients literally «act out» their dreams during REM sleep
  • Diagnosis : nocturnal polysomnography with extended EMG (EMG of chin + limbs + synchronized video) → absence of atonia in REM sleep (REM without atonia) + complex motor behaviors documented in PSG + RBD questionnaire (RBD1Q + RBDQ) as a clinical screening tool
  • Processing : clonazepam 0.25 to 2 mg at bedtime → reduces motor behavior without restoring atonia (mechanism poorly understood) → effective in 90 % of cases + melatonin 3 to 12 mg at bedtime → alternative if clonazepam poorly tolerated + or in elderly patients (less risk of falling) + securing the sleeping environment (mattress on floor + barriers + removal of dangerous objects) + informing the bed partner + annual neurological follow-up to detect early signs of synucleinopathy
ℙ️ Le RBD est parfois médicamenteux — à distinguer du RBD idiopathique. Les ISRS + IRSN + tricycliques + tramadol peuvent induire ou aggraver un RBD en perturbant la régulation du sommeil REM. Un RBD apparu sous ISRS chez un patient jeune sans facteur de risque de synucléinopathie est probablement médicamenteux → évaluer l'opportunité de changer l'antidépresseur. Le RBD médicamenteux ne prédit pas nécessairement une synucléinopathie.

Traitement des parasomnies — approche selon la forme

  • Parasomnies NREM de l'enfant — réassurance parentale avant tout : explain to parents the benign + physiological + evolutionary nature of night terrors and sleepwalking in children + spontaneous favorable evolution in 90 % of cases before adolescence + do not wake the child during an episode (counterproductive and can cause confusion and distress) + gently guide the sleepwalking child to bed if out of the room + remove dangerous obstacles + do not allow the sleepwalking child access to stairs + do not comment on the episode the next day
  • Parasomnies NREM — mesures non pharmacologiques : strict sleep hygiene (regular hours + sufficient duration according to age) + stress management + treatment of underlying OSA + avoidance of precipitating factors + programmed awakening → effective technique in children: gently awaken the child 15 to 30 minutes before the usual time of episodes for 4 weeks → interrupts the N3 sleep cycle before parasomnia occurs
  • Parasomnies NREM de l'adulte persistantes ou à risque : clonazepam 0.5 to 1 mg at bedtime → effective but tolerable + dependence + risk of falls in the elderly + or imipramine + or paroxetine (if associated anxiety) + pharmacological treatment reserved for forms at risk of injury + frequent + significantly disrupting daily life
  • Cauchemars récurrents liés au TSPT : repeated imagery therapy (IRT - Image Rehearsal Therapy) → cognitive-behavioral technique modifying the content of recurrent nightmares + prazosin 1 to 15 mg at bedtime → alpha-blocker reducing the nocturnal noradrenergic stress response → effective in PTSD-related nightmares (military studies)
  • Sécurisation de l'environnement de sommeil — universelle : mattresses on the floor if there is a risk of falling out of bed + barriers on staircases + safety locks on exterior doors (sleepwalking) + removal of sharp objects within reach + secured windows + alarm system on the floor or on the bed to alert parents of a sleepwalker
Medical consultation recommended

Consulter un médecin si des parasomnies nocturnes chez un enfant sont très fréquentes (plus de 2 à 3 fois par semaine) + prolongées + accompagnées de mouvements violents + ou si elles surviennent chez un adulte (le somnambulisme et les terreurs nocturnes de novo à l'âge adulte sont moins bénins et méritent une investigation). Consulter un neurologue si un adulte de plus de 50 ans présente des comportements moteurs complexes pendant le sommeil avec rappel de rêves violents — ce tableau évoque un RBD et justifie une polysomnographie pour évaluer le risque de synucléinopathie sous-jacente.

Pour l'évaluation des parasomnies, la prescription d'une polysomnographie si indiquée et l'orientation vers la neurologie ou la médecine du sommeil, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consult at Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent les parasomnies de l'enfant et de l'adulte, rassurent les parents sur le caractère bénin et évolutif des terreurs nocturnes et du somnambulisme pédiatriques, prescrivent la polysomnographie si un RBD ou une parasomnie atypique est suspectée, initient le traitement pharmacologique si indiqué (clonazépam + mélatonine) et orientent vers la neurologie pour les adultes avec RBD nécessitant un suivi pour la détection précoce des synucléinopathies. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un neurologue ou d'un spécialiste du sommeil. Le trouble du comportement en sommeil paradoxal (RBD) chez l'adulte nécessite une polysomnographie pour confirmation diagnostique et un suivi neurologique régulier en raison de son association aux synucléinopathies.

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