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On associe encore trop souvent la migraine à l’adulte, mais environ 10 % des enfants et jusqu’à 20 % des adolescents québécois présentent des migraines, parfois invalidantes [1]. Diagnostiquée tôt, la migraine chez l’enfant se traite bien et l’absentéisme scolaire qu’elle provoque peut être largement évité. Cet article aide les parents à reconnaître les signes, à identifier les déclencheurs et à savoir quand consulter — sans dramatiser ni banaliser.

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Particularités de la migraine chez l’enfant

Visit migraine pédiatrique ne ressemble pas toujours à celle de l’adulte. Plusieurs éléments la distinguent et peuvent retarder le diagnostic.

Symptômes typiques chez l’enfant

  • Crises plus courtes que chez l’adulte — parfois moins de 2 heures
  • Douleur souvent bilatérale (frontale ou fronto-temporale), pas seulement d’un côté
  • Symptômes digestifs marqués : nausées, vomissements, douleurs abdominales
  • Pâleur, somnolence, parfois vertiges
  • Recherche du calme et de la pénombre — l’enfant veut s’allonger
  • Récupération rapide après une sieste dans la majorité des cas

Variantes pédiatriques particulières

  • Migraine abdominale — douleurs abdominales récurrentes, sans céphalée évidente, surtout chez les enfants d’âge scolaire
  • Vomissements cycliques — épisodes de vomissements stéréotypés, sans cause digestive
  • Vertige paroxystique bénin de l’enfant — épisodes brefs de vertige, fréquents avant 5 ans
  • Torticolis paroxystique bénin du nourrisson

Ces formes évoluent souvent vers une migraine classique à l’adolescence ou à l’âge adulte. Les reconnaître permet d’éviter des investigations inutiles.

Signes à reconnaître chez l’adolescent

À l’adolescence, la migraine se rapproche progressivement de la forme adulte. Les filles deviennent progressivement plus touchées que les garçons, en lien avec les changements hormonaux du cycle menstruel.

Présentation typique

  • Maux de tête récurrents — plusieurs fois par mois
  • Aura visuelle possible — taches lumineuses, lignes en zigzag, vision floue
  • Photophobie et phonophobie — intolérance à la lumière et au bruit
  • Nausées, perte d’appétit pendant la crise
  • Absentéisme scolaire ou baisse des performances
  • Crises souvent liées au cycle menstruel chez les jeunes filles
  • Fatigue marquée après la crise

Key figures to know

  • Environment 10 % des enfants et jusqu’à 20 % des adolescents ont des migraines [1]
  • Avant la puberté, garçons et filles sont touchés à parts égales
  • Après la puberté, les filles deviennent 2 à 3 fois plus touchées [2]
  • La migraine est l’une des premières causes d’absentéisme scolaire chronique
  • 30 à 50 % des enfants migraineux ont au moins un parent migraineux

Quels sont les déclencheurs fréquents ?

Identifier les déclencheurs personnels de l’enfant est une étape clé pour réduire la fréquence des crises. Plusieurs facteurs sont fréquemment retrouvés chez les jeunes.

Déclencheurs principaux

  • Sommeil irrégulier ou insuffisant — premier déclencheur en pédiatrie
  • Repas sautés ou hypoglycémie — surtout le matin avant l’école
  • Déshydratation, particulièrement par temps chaud ou après le sport
  • Écrans et stimulations visuelles intenses (jeux vidéo, défilement rapide)
  • Stress scolaire, anxiété, performance
  • Changements hormonaux à l’adolescence (cycle menstruel chez les filles)
  • Certains aliments chez certains enfants : chocolat, fromages affinés, glutamate, additifs
  • Voyages, décalages d’horaire, changements de routine
  • Bruit, foule, parfums forts

Le journal des céphalées

Tenir un journal sur 6 à 8 semaines est l’outil le plus utile pour identifier les déclencheurs réels. À noter :

  • Date et heure du début et de la fin de la crise
  • Intensity (échelle 0 à 10) et localisation de la douleur
  • Symptômes associés : nausées, photophobie, aura
  • Heure du dernier repas et du sommeil
  • Activité avant la crise (écran, sport, école, repas)
  • Médicaments pris et efficacité
  • Pour les jeunes filles : phase du cycle menstruel

Comment se fait le diagnostic ?

Visit diagnostic de migraine pédiatrique repose principalement sur l’histoire clinique et l’examen physique. Les examens d’imagerie ne sont indiqués qu’en présence de signes d’alarme.

Critères ICHD-3 pédiatriques

Selon la Classification internationale des céphalées (ICHD-3) [3], la migraine sans aura chez l’enfant nécessite au moins 5 crises répondant aux critères suivants :

  • Duration : 2 à 72 heures (parfois moins chez le jeune enfant)
  • Au moins 2 des caractéristiques : localisation uni- ou bilatérale, pulsatile, intensité modérée à sévère, aggravée par l’effort
  • Au moins 1 symptôme associé : nausées/vomissements OU photophobie + phonophobie
  • Absence d’autre cause identifiable

Examens complémentaires

  • Pas d’imagerie systématique si l’examen est normal et l’histoire typique
  • IRM cérébrale indiquée en cas de signes d’alarme (voir section « quand consulter rapidement »)
  • Pas de scanner de routine — exposition aux radiations à éviter chez l’enfant
  • Blood tests rarement nécessaire

To remember

  • Visit migraine pédiatrique est fréquente et bien définie cliniquement
  • Les crises sont souvent plus courtes et bilatérales que chez l’adulte
  • Visit symptômes digestifs sont marqués chez l’enfant
  • Visit sommeil irrégulier est le principal déclencheur modifiable
  • Visit approches non médicamenteuses sont la première ligne
  • A Medical evaluation permet d’écarter d’autres causes et de proposer un plan adapté

Les approches non médicamenteuses

Chez les enfants et les adolescents, les approches non médicamenteuses sont la première ligne de traitement préventif. Bien mises en place, elles réduisent souvent la fréquence des crises de moitié ou plus.

L’hygiène de vie d’abord

  • Régularité du sommeil — heures fixes même la fin de semaine, durée adaptée à l’âge
  • Repas réguliers — déjeuner protéiné, collation au besoin entre les repas
  • Hydratation constante — gourde d’eau à l’école
  • Réduction des écrans, particulièrement avant le coucher (1 heure minimum sans écran)
  • Activité physique régulière modérée — 30 à 60 minutes par jour
  • Pauses visuelles pendant les devoirs et les jeux vidéo (règle du 20-20-20)

Approches psychocomportementales

  • Cognitive Behavioral Therapy (CBT) — efficacité démontrée chez les enfants et adolescents migraineux [4]
  • Pleine conscience (mindfulness)
  • Biofeedback et techniques de relaxation
  • Gestion de l’anxiété scolaire ou sociale lorsqu’elle est en cause
  • Soutien familial — éviter la surprotection comme la banalisation

Suppléments à discuter

  • Magnésium — dose à adapter selon l’âge
  • Riboflavine (vitamine B2) — utile chez certains adolescents
  • Coenzyme Q10 chez certains patients

Tout supplément doit être discuté avec le médecin, surtout chez les jeunes enfants.

Les médicaments — discussion avec le médecin

Lorsque les crises sont fréquentes, sévères ou invalidantes, un traitement médicamenteux est ajouté aux mesures non médicamenteuses. La prescription chez l’enfant nécessite une expertise particulière.

Traitement aigu (en crise)

  • Acétaminophène à dose adéquate (15 mg/kg), tôt dans la crise
  • Ibuprofène (10 mg/kg) — souvent plus efficace que l’acétaminophène
  • Triptans approuvés chez l’adolescent : sumatriptan en spray nasal, rizatriptan, zolmitriptan (selon l’âge et le poids) [5]
  • Antiémétiques (dompéridone, métoclopramide) en cas de vomissements importants
  • Repos dans la pénombre et hydratation

Traitement préventif

  • Réservé aux formes fréquentes ou invalidantes (≥ 4 crises/mois ou absentéisme significatif)
  • Décision partagée avec l’adolescent et la famille
  • Options : amitriptyline, topiramate, propranolol, flunarizine — selon le profil
  • Évaluation de l’efficacité après 2 à 3 mois de traitement
  • Visit anti-CGRP sont actuellement réservés à des situations spécialisées chez l’adolescent

Pièges à éviter

  • Surusage médicamenteux — prendre des antalgiques plus de 10 à 15 jours par mois peut causer une céphalée par surutilisation
  • Dose insuffisante — la principale cause d’échec apparent du traitement aigu
  • Prise trop tardive — un triptan ou un AINS donné après plusieurs heures est moins efficace
  • Combinaisons avec codéine — à éviter chez les enfants et adolescents

Votre enfant ou votre ado a des migraines récurrentes ? Clinique Omicron offre du suivi pédiatrique, l’évaluation des migraines chez l’enfant et l’adolescent, l’ajustement du plan thérapeutique et l’orientation en neurologie pédiatrique au besoin. Make an appointment à un de nos points de service au Québec ou consulter en teleconsultation.

Migraine et école : comment soutenir l’enfant

Visit migraine pédiatrique a un impact direct sur le parcours scolaire. Un partenariat clair avec l’école aide à limiter l’absentéisme et à éviter la stigmatisation.

Pistes concrètes pour les parents

  • Informer l’école du diagnostic, idéalement avec une lettre du médecin
  • Prévoir un protocole de crise : accès à un local calme, possibilité de prendre le traitement, contact des parents
  • Garder une réserve de médicaments à l’école selon la politique en vigueur
  • S’assurer que l’enfant boit suffisamment et mange aux récréations
  • Éviter de minimiser la douleur, mais aussi d’en faire un sujet anxiogène
  • Discuter d’aménagements scolaires en cas de crises fréquentes (pauses, examens reportés)

L’attitude des adultes compte

Les enfants sentent rapidement si on les croit ou non. Une reconnaissance calme et empathique de la douleur, combinée à des stratégies concrètes pour la gérer, donne à l’enfant un sentiment de contrôle. À l’inverse, la banalisation (« c’est juste un mal de tête ») ou l’inquiétude excessive peuvent aggraver l’anxiété et les crises.

Quand consulter rapidement ?

Alarm signs — consult immediately

  • Mal de tête qui s’aggrave progressivement sur des jours ou des semaines
  • Symptômes neurologiques nouveaux : faiblesse, trouble de la parole, vision double, déséquilibre
  • Mal de tête après un traumatisme crânien
  • Fièvre, raideur de nuque, éruption cutanée — suspicion de méningite
  • Réveil nocturne par la douleur, vomissements matinaux répétés
  • Changement de personnalité ou baisse marquée des performances scolaires
  • Mal de tête déclenché par la toux, l’effort ou un changement de position
  • Première migraine chez un enfant de moins de 5 ans

Consultation programmée recommandée

  • Maux de tête répétés (plusieurs par mois)
  • Absentéisme scolaire ou impact sur les activités
  • Traitements en vente libre insuffisants ou trop fréquents
  • Inquiétude parentale légitime, antécédents familiaux
  • Aura ou symptômes inhabituels
  • Liens avec le cycle menstruel chez les adolescentes

Myths and misconceptions

« Les enfants n’ont pas vraiment de migraines »

False. La migraine pédiatrique est une réalité bien documentée et touche jusqu’à 1 enfant sur 10 et 1 adolescent sur 5 au Québec. Elle peut commencer dès l’âge préscolaire et mérite la même rigueur diagnostique que chez l’adulte.

« C’est juste pour éviter l’école »

False in the vast majority of cases. La migraine est une douleur réelle, souvent invalidante, qui force l’enfant à interrompre ses activités. Bien sûr, le stress scolaire ou l’anxiété peuvent y contribuer, mais il s’agit alors de déclencheurs et non d’une simulation.

« Il faut toujours faire un scanner devant un mal de tête de l’enfant »

False. Une histoire clinique typique et un examen normal n’imposent pas d’imagerie. L’IRM est privilégiée au scanner lorsqu’un examen est requis, en raison de l’absence de radiations. Les indications précises relèvent du médecin évaluateur.

« Les triptans sont interdits chez les enfants »

False. Plusieurs triptans sont approuvés pour utilisation chez l’adolescent au Canada (sumatriptan en spray, rizatriptan, zolmitriptan), selon l’âge, le poids et la situation clinique. Ils peuvent être très efficaces lorsqu’ils sont prescrits correctement.

« Mon enfant va devoir prendre des médicaments toute sa vie »

False. La majorité des enfants migraineux n’ont pas besoin de traitement préventif quotidien. L’hygiène de vie, la gestion des déclencheurs et un traitement aigu efficace suffisent souvent. Lorsqu’un traitement préventif est introduit, il est habituellement temporaire (6 à 12 mois) et réévalué régulièrement.

Frequently asked questions

À quel âge la migraine peut-elle commencer chez l’enfant ?

La migraine peut débuter dès l’âge préscolaire, mais elle est plus souvent diagnostiquée entre 7 et 12 ans, puis pendant l’adolescence. Chez le jeune enfant, elle prend souvent des formes atypiques (migraine abdominale, vomissements cycliques). Une première migraine très précoce ou inhabituelle mérite une évaluation médicale.

Quelle dose d’ibuprofène est sécuritaire chez l’enfant migraineux ?

La dose habituelle est de 10 mg par kilo, prise tôt dans la crise. Plusieurs parents donnent une dose trop faible ou trop tardive, ce qui réduit l’efficacité. Une discussion avec votre médecin ou votre pharmacien permet d’ajuster la dose au poids actuel de l’enfant et à sa situation médicale.

Mon enfant fait des migraines à cause des écrans : faut-il les interdire ?

Pas nécessairement. Une réduction du temps d’écran, des pauses régulières (règle 20-20-20 : toutes les 20 minutes, regarder à 20 pieds pendant 20 secondes) et l’arrêt des écrans 1 heure avant le coucher améliorent souvent la situation. Une interdiction totale est rarement nécessaire et peut être contre-productive.

Faut-il consulter un neurologue pédiatre ?

Pas systématiquement. Le médecin de famille ou le pédiatre traite la majorité des migraines pédiatriques. La consultation en neurologie pédiatrique est réservée aux cas atypiques, aux migraines réfractaires, aux signes d’alarme ou lorsqu’un traitement préventif spécialisé est envisagé.

Les migraines de mon enfant vont-elles disparaître avec l’âge ?

Environ la moitié des enfants migraineux voient leurs crises se résoudre ou s’atténuer significativement à l’âge adulte. L’autre moitié continue d’avoir des migraines, qui peuvent évoluer dans leur intensité ou leur fréquence. Une bonne prise en charge à l’enfance améliore le pronostic à long terme.

Mon enfant peut-il faire du sport pendant une crise ?

Non, pas pendant une crise active. L’effort physique aggrave habituellement la douleur. En revanche, l’activité physique régulière en dehors des crises est un excellent moyen de réduire leur fréquence. Reprendre le sport progressivement après la résolution de la crise est sans danger.

Sources

  1. Société canadienne de pédiatrie (SCP). Migraine et céphalées chez l’enfant et l’adolescent.
  2. Migraine Canada. Ressources jeunesse et migraine pédiatrique.
  3. International Headache Society. Classification internationale des céphalées (ICHD-3) — chapitre pédiatrique.
  4. American Headache Society. Pediatric migraine guidelines.
  5. Société canadienne des céphalées. Lignes directrices pédiatriques sur la migraine.
  6. Collège des médecins du Québec (CMQ). Approche clinique de la céphalée chez l’enfant.
  7. Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Soins de santé pédiatriques au Québec.

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Geneviève Dostie
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