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Le stérilet — ou dispositif intra-utérin (DIU) — est l’une des méthodes de contraception les plus efficaces disponibles, avec des taux d’efficacité supérieurs à 99 %, et l’une des plus pratiques : une fois inséré, il ne nécessite aucune action quotidienne ou périodique de la part de la personne qui le porte. Sa popularité croissante au Québec reflète l’engouement mondial pour les méthodes contraceptives dites LARC (Long-Acting Reversible Contraception — contraception réversible à longue durée d’action), qui combinent une efficacité maximale, une durée d’action prolongée de 3 à 10 ans selon le modèle, et une réversibilité immédiate à l’ablation.

L’accès à la pose du stérilet demeure un obstacle pour de nombreuses femmes au Québec — les délais d’attente dans les CLSC ou les gynécologues peuvent s’étirer sur plusieurs semaines à plusieurs mois. Clinique Omicron propose la pose et le retrait de stérilets hormonaux et au cuivre dans plusieurs de ses points de service sur la Rive-Sud, réalisés par des médecins formés à cette procédure, avec des délais d’accès nettement réduits pour permettre aux patientes de bénéficier de cette méthode contraceptive sans attente excessive.

Stérilets hormonaux et stérilets au cuivre : quelles différences ?

Il existe deux grandes catégories de stérilets, aux mécanismes d’action et aux profils d’effets distincts. Les stérilets hormonaux contiennent du lévonorgestrel — un progestatif de synthèse — libéré localement à faible dose dans la cavité utérine. Les modèles disponibles au Canada incluent le Mirena (52 mg, durée approuvée 8 ans, flux menstruel très réduit voire aménorrhée chez 20 % des utilisatrices après 1 an), le Kyleena (19,5 mg, durée 5 ans, plus petit, règles souvent allégées), le Jaydess (13,5 mg, durée 3 ans, le plus petit — conçu initialement pour les femmes n’ayant pas accouché) et le Liletta (52 mg, durée 8 ans). Le lévonorgestrel agit principalement en épaississant la glaire cervicale — rendant le passage des spermatozoïdes difficile — et en atrophiant l’endomètre. L’action systémique est minime grâce à la libération locale, ce qui explique que la grande majorité des femmes n’ont pas d’effets secondaires systémiques significatifs. Les stérilets hormonaux sont également utilisés en dehors de la contraception pure pour le traitement de la ménorragie (règles abondantes) et de l’endométriose — indications pour lesquelles ils peuvent être couverts par la RAMQ.

Les stérilets au cuivre — dont le Flexi-T et le Nova-T sont les modèles les plus utilisés au Canada — n’ont aucun contenu hormonal. Le cuivre libéré dans la cavité utérine a un effet spermicide local — il altère la mobilité et la viabilité des spermatozoïdes et crée un environnement utérin hostile à la fécondation. Leur durée d’action varie selon le modèle (de 3 à 10 ans). Le stérilet au cuivre constitue la seule contraception d’urgence non hormonale : inséré dans les 5 jours (120 heures) suivant un rapport non protégé, il offre une efficacité de plus de 99 % comme contraception d’urgence — bien supérieure à la pilule du lendemain. Inconvénient principal : les stérilets au cuivre tendent à augmenter le volume des règles et les crampes menstruelles, particulièrement dans les premiers mois suivant l’insertion — un paramètre important à considérer pour les femmes ayant déjà des ménorragies ou une dysménorrhée marquée.

Déroulement de la pose : consultation, procédure et suivi

La pose du stérilet commence toujours par une consultation médicale préalable permettant d’évaluer les antécédents gynécologiques, les préférences contraceptives, les contre-indications éventuelles (grossesse, infection génitale haute active, anomalie utérine significative, allergie au cuivre pour les DIU cuivre), de discuter des différents modèles disponibles et de leurs profils d’effets, et de planifier le moment optimal pour la pose. Traditionnellement, la pose était recommandée pendant les règles — le col utérin est légèrement plus ouvert, facilitant l’insertion — mais les données actuelles confirment qu’elle peut être réalisée à n’importe quel moment du cycle menstruel, sous réserve d’avoir exclu une grossesse en cours (test de grossesse si nécessaire).

La procédure de pose dure généralement 5 à 15 minutes. La patiente est en position gynécologique ; le médecin procède à un examen pelvien bimanuel pour évaluer la position et la taille de l’utérus, puis introduit un spéculum, nettoie le col, réalise parfois une légère traction sur le col avec une pince (source de crampes transitoires), introduit une sonde utérine pour mesurer la profondeur de la cavité utérine, puis positionne le DIU à l’aide de son dispositif d’insertion. Des crampes utérines de type menstruel — parfois intenses — sont courantes pendant et immédiatement après la procédure, dues à la distension du canal cervical et des contractions utérines réflexes. La prise d’ibuprofène 400 à 600 mg environ une heure avant la pose est souvent recommandée pour atténuer l’inconfort. Les crampes et saignements légers peuvent persister quelques heures à quelques jours après l’insertion. Une consultation de contrôle est habituellement planifiée 4 à 6 semaines après la pose pour vérifier la bonne position du dispositif et les fils de retrait.

Questions fréquentes sur le stérilet

Le stérilet est-il adapté aux femmes n’ayant jamais accouché (nullipares) ?

Oui — contrairement à une idée reçue longtemps répandue dans le corps médical, les données scientifiques actuelles et les recommandations des sociétés de gynécologie-obstétrique — dont la Society of Obstetricians and Gynaecologists of Canada (SOGC) — confirment que le DIU est une option contraceptive appropriée pour les femmes nullipares (n’ayant jamais accouché) en l’absence de contre-indications. Cette idée que le stérilet était réservé aux femmes ayant déjà eu des enfants provenait de préoccupations historiques sur le risque d’infection et d’infertilité avec les anciens dispositifs des années 1970 (notamment le Dalkon Shield, dispositif retiré du marché), qui ne s’appliquent pas aux dispositifs modernes. Les stérilets de plus petite taille — Kyleena, Jaydess — ont été développés en partie pour améliorer le confort de pose chez les femmes avec un utérus plus petit, souvent associé à la nulliparité. L’insertion peut être plus difficile techniquement et légèrement plus douloureuse chez les nullipares en raison d’un canal cervical plus étroit, mais cela n’en fait pas une contre-indication. La fertilité est pleinement restaurée après retrait du dispositif, généralement dès le premier cycle suivant l’ablation.

Que faire si je pense que mon stérilet a bougé ou si je ne sens plus les fils ?

Les fils du stérilet sont deux fins fils de nylon qui traversent le col utérin et pendent légèrement dans le vagin — ils permettent de vérifier la présence du DIU et faciliteront son retrait ultérieur. Les fils peuvent parfois être difficiles à palper par la patiente elle-même pour plusieurs raisons sans signification pathologique : ils remontent dans l’utérus pendant les règles ou avec l’activité physique, le col peut avoir bougé en position plus postérieure. Cependant, l’impossibilité de sentir les fils peut aussi signaler une expulsion partielle ou totale du dispositif — situation plus fréquente chez les femmes jeunes, nullipares, lors des premières semaines après la pose. En cas de doute sur la position du DIU — impossibilité de sentir les fils, douleurs pelviennes inhabituelles, modification des saignements — une consultation médicale et une échographie pelvienne permettent de vérifier rapidement la position du dispositif dans la cavité utérine. Il ne faut pas tenter de replacer soi-même un stérilet déplacé, ni continuer à compter sur sa protection contraceptive si sa position est incertaine. En attendant la consultation de vérification, une contraception d’appoint est recommandée.

Peut-on avoir des rapports sexuels normalement avec un stérilet ? Le partenaire peut-il le sentir ?

Oui, les rapports sexuels sont tout à fait possibles et habituellement sans modification perceptible pour la femme porteuse du stérilet. Le dispositif est intégralement situé dans la cavité utérine — invisible et normalement non perceptible lors des rapports. Les fils du stérilet — qui traversent le col utérin et sont présents dans le vagin supérieur — peuvent parfois être perçus par le partenaire lors de rapports avec pénétration profonde, mais cette sensation disparaît généralement quand le médecin raccourcit les fils lors de la consultation de contrôle à 4 à 6 semaines. Certaines femmes rapportent une légère gêne ou des crampes pendant les rapports dans les premières semaines suivant la pose — le temps que l’utérus s’adapte à la présence du dispositif. Des douleurs pelviennes importantes lors des rapports sexuels (dyspareunie) survenant après la pose doivent être signalées au médecin, car elles peuvent indiquer une mauvaise position du DIU, une infection génitale, ou, plus rarement, une perforation utérine partielle — complication rare (< 0,1 % des poses) survenant généralement au moment de l’insertion.

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Meryem Bougrine
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