On vous a remis vos résultats de prise de sang. Sur la feuille, des chiffres, des abréviations, des valeurs de référence. LDL, HDL, triglycérides, cholestérol total. Certains sont en rouge, d’autres semblent dans les limites. Mais ce que tout ça signifie concrètement pour votre santé, c’est rarement expliqué en détail au moment où on reçoit le document.
Le bilan lipidique est l’un des examens préventifs les plus utiles qui soit. Encore faut-il savoir le lire.
What a lipid panel measures
Le bilan lipidique standard comprend quatre mesures principales. Le cholestérol total donne une vue d’ensemble de la quantité de cholestérol circulant dans le sang, mais il ne dit pas grand-chose seul. C’est la répartition entre les différentes fractions qui importe.
Le LDL, ou lipoprotéine de basse densité, est souvent désigné comme le mauvais cholestérol. En excès, il se dépose sur les parois des artères, contribuant à la formation de plaques athéromateuses qui rétrécissent progressivement les vaisseaux et augmentent le risque d’infarctus et d’AVC. C’est la valeur la plus surveillée dans l’évaluation du risque cardiovasculaire.
Le HDL, ou lipoprotéine de haute densité, est le bon cholestérol. Il récupère le cholestérol en excès dans les tissus et les artères pour le ramener vers le foie où il est éliminé. Un HDL élevé est protecteur. Un HDL bas, au contraire, est un facteur de risque cardiovasculaire même si le LDL est dans les normes.
Les triglycérides sont des graisses stockées dans le sang après les repas. Un taux élevé est souvent associé à une alimentation riche en sucres raffinés et en alcool, à la sédentarité et au surpoids. En combinaison avec un HDL bas et un LDL élevé, des triglycérides élevés forment ce qu’on appelle la dyslipidémie mixte, un profil particulièrement défavorable sur le plan cardiovasculaire.
Les seuils de référence au Canada
Les valeurs cibles varient selon le profil de risque global de la personne. Pour un adulte à risque moyen, les recommandations canadiennes suggèrent un LDL inférieur à 3,5 mmol/L, un HDL supérieur à 1,0 mmol/L chez l’homme et 1,3 mmol/L chez la femme, et des triglycérides sous 1,7 mmol/L (Société canadienne de cardiologie, 2021). Pour les personnes avec un antécédent cardiovasculaire, un diabète ou une insuffisance rénale, les cibles sont plus strictes et le LDL visé peut descendre sous 2,0 mmol/L, voire sous 1,8 mmol/L dans les cas à très haut risque.
Ces chiffres sont des cibles, pas des seuils absolus. Un résultat légèrement au-dessus de la norme chez une personne jeune sans aucun facteur de risque ne signifie pas la même chose que le même résultat chez quelqu’un de 60 ans avec de l’hypertension et du diabète. C’est l’ensemble du tableau clinique que le médecin ou l’IPS évalue, pas une valeur isolée.
Ce qui fait monter le cholestérol
L’alimentation joue un rôle, mais pas aussi central qu’on le croit souvent. La génétique est en réalité le facteur le plus déterminant dans la régulation du cholestérol pour beaucoup de personnes. L’hypercholestérolémie familiale, une condition héréditaire qui affecte environ 1 personne sur 250 au Canada, entraîne des taux de LDL très élevés dès le jeune âge, indépendamment des habitudes alimentaires.
Du côté des habitudes modifiables, les graisses saturées et les gras trans, présents dans les produits ultra-transformés, les viandes grasses et certaines huiles tropicales, élèvent le LDL. La sédentarité réduit le HDL. L’excès de sucres raffinés et d’alcool fait monter les triglycérides. Le tabagisme abaisse le HDL et accélère l’oxydation du LDL, le rendant plus dommageable pour les parois artérielles.
Certaines conditions médicales comme l’hypothyroïdie, le syndrome des ovaires polykystiques et certaines maladies rénales peuvent également modifier le profil lipidique de façon significative. C’est une des raisons pour lesquelles le bilan lipidique s’interprète toujours dans le contexte d’un bilan de santé complet.
Le ratio cholestérol total sur HDL
Au-delà des valeurs individuelles, le ratio entre le cholestérol total et le HDL est souvent utilisé comme indicateur synthétique du risque cardiovasculaire. Un ratio inférieur à 4,0 est généralement considéré favorable. Plus ce ratio est bas, meilleur est le profil. Ce calcul simple intègre à la fois la protection offerte par le HDL et le risque associé au LDL élevé, ce qui en fait un indicateur plus nuancé que le cholestérol total seul.
Questions fréquentes sur le bilan lipidique
Peut-on avoir un cholestérol élevé sans manger gras ?
Oui. La génétique est souvent plus déterminante que l’alimentation. Certaines personnes maintiennent un LDL élevé même avec une alimentation très équilibrée, en raison d’une production hépatique de cholestérol naturellement plus élevée.
Les oeufs font-ils vraiment monter le cholestérol ?
La question est plus nuancée qu’on ne le pensait. Les études récentes indiquent que les oeufs consommés en quantités raisonnables n’ont pas d’effet significatif sur le LDL pour la majorité des personnes. Ce sont surtout les graisses saturées et les gras trans qui influencent davantage le profil lipidique.
Faut-il prendre une statine dès que le LDL dépasse la norme ?
Pas nécessairement. La décision de prescrire une statine dépend du risque cardiovasculaire global calculé sur 10 ans, pas uniquement du taux de LDL. C’est une évaluation que le médecin ou l’IPS fait en tenant compte de l’âge, du sexe, de la tension artérielle, du tabagisme et des antécédents familiaux.
À quelle fréquence faire son bilan lipidique ?
For an adult without risk factors, every five years starting at age 40 is generally sufficient. For individuals with cardiovascular risk factors, annual or bi-annual monitoring may be recommended depending on their profile.
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