Cystitis
Symptoms
- Dysurie : brûlures ou douleurs ressenties lors de la miction, parfois décrites comme une sensation de brûlure ou de picotement en urinant — symptôme cardinal de la cystite, présent dans 90 à 95 % des cas
- Pollakiurie : envies fréquentes et impérieuses d'uriner (urgences mictionnelles) avec émission de petites quantités d'urine à chaque miction — résultat de l'irritation de la muqueuse vésicale inflammée
- Urgenturie : besoin soudain et intense d'uriner difficile à différer — peut provoquer des fuites urinaires involontaires (incontinence par urgence) en cas d'infection sévère
- Hématurie macroscopique : urines rosées ou rouge sang dans 20 à 30 % des cystites (cystite hémorragique) — liée à l'inflammation de la muqueuse vésicale ; toujours bénigne dans le contexte d'une cystite typique mais doit conduire à exclure d'autres causes (tumeur de la vessie, lithiase) si elle persiste après le traitement ou survient sans syndrome irritatif évident
- Pesanteur ou gêne sus-pubienne : douleur ou inconfort dans le bas-ventre, parfois sous forme de crampes légères ou de pression sus-pubienne — liée à la distension vésicale et à l'inflammation ; une douleur lombaire (fosse lombaire) doit faire évoquer une pyélonéphrite
- Urines troubles, malodorantes ou mousseuses : aspect trouble lié à la leucocyturie (présence de globules blancs) et à la bactériurie ; odeur ammoniacale si Proteus (uréase) ; le trouble des urines seul, sans symptôme associé, ne justifie pas un traitement antibiotique
- Absence de fièvre et de douleur lombaire dans la cystite simple : la présence de fièvre (> 38 °C) et/ou de douleurs à l'ébranlement des fosses lombaires (signe de Giordano) définit une infection urinaire haute (pyélonéphrite) et doit déclencher une prise en charge différente
Cystite simple versus cystite compliquée
| Characteristic | Cystite simple | Cystite compliquée |
|---|---|---|
| Definition | Femme adulte (18–65 ans), non enceinte, sans anomalie anatomique ou fonctionnelle des voies urinaires, immunocompétente, sans comorbidité significative | Tout facteur augmentant le risque de traitement difficile ou de complication : homme, grossesse, enfant, diabète, anomalie urologique (lithiase, résidu post-mictionnel, sonde), immunodépression, IRC (DFG < 30), greffe, antécédent de germe résistant |
| ECBU avant traitement | Pas obligatoire — traitement empirique possible si BU positive ; ECBU recommandé si récidive précoce (< 1 mois) ou symptômes atypiques | ECBU obligatoire avant tout traitement — antibiothérapie guidée par l'antibiogramme |
| Durée de traitement | 3 à 5 jours selon la molécule | 7 à 14 jours selon l'étiologie et le germe |
| ECBU de contrôle | Non recommandé si guérison clinique | Recommandé 5 à 7 jours après la fin du traitement |
| Supplementary balance sheet | Non nécessaire pour un premier épisode simple | Échographie des voies urinaires, bilan rénal, glycémie, bilan immunologique selon le contexte |
Antibiotic treatment
| Antibiotique | Posologie, durée et points clés | Résistance E. coli (Québec) |
|---|---|---|
| Nitrofurantoïne (Macrobid) | 100 mg 2 fois/jour × 5 jours — première intention recommandée ; action locale vésicale, faible pression de sélection sur la flore intestinale ; prendre avec un repas (améliore l'absorption et réduit les nausées) ; contre-indications : DFG < 45 mL/min (concentrations vésicales insuffisantes + risque de toxicité systémique), 3e trimestre de grossesse, déficit en G6PD ; effets secondaires : nausées, coloration brunâtre des urines (normale, inoffensive), pneumopathie rare à l'usage prolongé | < 5 % |
| Fosfomycine (Monurol) | 3 g per os en dose unique — excellente adhérence (prise unique) ; dissoudre la poche dans 90 mL d'eau, prendre à jeun de préférence ; active contre les souches BLSE et la plupart des entérobactéries ; efficacité légèrement inférieure à la nitrofurantoïne pour les taux de guérison à 5–7 jours (80 % vs 88–92 %) mais très appréciée pour les patients à observance difficile ; non disponible dans toutes les pharmacies — vérifier la disponibilité locale | < 2 % |
| TMP-SMX (Septra, Bactrim) | 160/800 mg 2 fois/jour × 3 jours — utiliser seulement si le taux de résistance local est < 20 % ou si l'antibiogramme confirme la sensibilité ; contre-indications : allergie aux sulfamidés, insuffisance rénale, grossesse (antifolique au 1er trimestre, risque d'ictère néonatal au 3e trimestre) ; précaution avec les anticoagulants coumaridiniques (potentialisation), metformine, digoxine | 15–20 % |
| Céfalexine (Keflex) | 500 mg 3–4 fois/jour × 3–7 jours — alternative si nitrofurantoïne et fosfomycine non disponibles ou contre-indiquées ; 1ère intention en grossesse avec la nitrofurantoïne (éviter T3 pour cette dernière) ; bien tolérée, peu coûteuse | 5-10 % |
| Ciprofloxacine (Cipro) | 250 mg 2 fois/jour × 3 jours — réserver aux cystites compliquées ou documentées par antibiogramme ; ne pas utiliser en empirique pour les cystites simples afin de préserver cette classe pour les infections sévères (pyélonéphrite, prostatite) ; résistances en hausse rapide; contre-indiquée en grossesse | 10–15 % |
| Amoxicilline-clavulanate (Clavulin) | 875/125 mg 2 fois/jour × 3–5 jours — utiliser seulement si l'antibiogramme confirme la sensibilité ; taux de résistance plus élevé qu'en apparence sur les antibiogrammes (la CMI est souvent à la limite) ; moins recommandée en empirique que la nitrofurantoïne en raison de l'impact sur la flore intestinale | 20–30 % |
Cystite récidivante — prévention
- Définition : au moins 3 épisodes de cystite documentée par ECBU en 12 mois, ou au moins 2 épisodes en 6 mois — touche 20 à 30 % des femmes ayant présenté une première cystite ; facteurs de risque principaux : activité sexuelle (colonisation périnéale post-coïtale), utilisation de spermicides et diaphragme (altèrent le microbiome vaginal protecteur), ménopause (carence en œstrogènes → raréfaction des lactobacilles → colonisation par les entérobactéries), prolapsus vésical (résidu post-mictionnel), antécédent de cystite dans l'enfance
- Mesures hygiénodiététiques (efficacité modérée, recommandées en complément) : hydratation abondante (1,5 à 2 L d'eau/jour — augmente le flux urinaire et la dilution bactérienne) ; uriner après les rapports sexuels (élimination mécanique des bactéries ascendantes) ; arrêt des spermicides et du diaphragme ; mictions complètes (vider entièrement la vessie, éviter la rétention) ; éviter les douches vaginales (perturbent le microbiome vaginal) ; sous-vêtements en coton (réduction de l'humidité périnéale)
- Canneberge (cranberry) et D-mannose : canneberge — proanthocyanidines de type A inhibent l'adhésion des fimbriae de type 1 et P d'E. coli à l'urothélium ; méta-analyses récentes (Cochrane 2023) — réduction modeste des récidives (environ 25 % de réduction du risque relatif) chez les femmes préménopausées ; comprimés concentrés (36 mg PAC/jour) préférés aux jus sucrés ; D-mannose 2 g/jour — sucre simple auquel E. coli adhère préférentiellement en inhibant l'adhésion à l'urothélium ; efficacité comparable au TMP-SMX prophylactique dans certaines études ; bien toléré
- Œstrogènes locaux (post-ménopause) — mesure la plus efficace chez la femme ménopausée : crème vaginale d'œstradiol, ovules ou anneau vaginal ; restauration du microbiome vaginal (lactobacilles) et de la muqueuse urothéliale ; réduction des récidives de 50 à 60 % dans les études randomisées ; action locale, très faible absorption systémique — sûrs même en cas de contre-indication aux œstrogènes systémiques (selon les recommandations actuelles de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada)
- Prophylaxie antibiotique continue (si mesures non antibiotiques insuffisantes) : nitrofurantoïne 50 mg ou 100 mg 1 fois/soir au coucher × 6 à 12 mois — réduction de 95 % des récidives ; TMP-SMX 40/200 mg 1 fois/soir au coucher × 6 à 12 mois — alternative ; céfalexine 125 à 250 mg/soir — troisième option ; informer la patiente que la prophylaxie supprime les épisodes sans éliminer le facteur de risque — les récidives reprennent souvent après l'arrêt si les facteurs n'ont pas été corrigés
- Prophylaxie post-coïtale (si cystites déclenchées par les rapports sexuels) : nitrofurantoïne 50–100 mg ou TMP-SMX 40/200 mg en dose unique dans les 2 heures suivant le rapport sexuel — aussi efficace que la prophylaxie continue avec une quantité d'antibiotiques nettement réduite ; préférée si les épisodes sont clairement reliés à l'activité sexuelle
- Autotraitement guidé (patient-initiated therapy) : prescription anticipée d'un antibiotique que la patiente peut initier elle-même dès les premiers symptômes typiques, sans consultation préalable — recommandée par les Lignes directrices canadiennes pour les femmes ayant des récidives documentées et bien reconnues cliniquement ; ECBU à réaliser avant de commencer l'antibiotique (pot fourni à l'avance) et résultat à communiquer au médecin
Cystite et grossesse
- Dépistage systématique à 12–16 semaines de grossesse (ou à la première visite prénatale) : ECBU de dépistage recommandé au Canada — traiter la bactériurie asymptomatique (≥ 10⁵ UFC/mL d'un seul germe) réduit le risque de pyélonéphrite de 30 % et d'accouchement prématuré ; sans traitement, 20 à 40 % des bactériuries asymptomatiques gravidiques évoluent vers une pyélonéphrite
- Antibiotiques sûrs en grossesse : céfalexine (Keflex) 500 mg 3–4 fois/jour × 3–7 jours — première ligne à tout trimestre ; nitrofurantoïne (Macrobid) 100 mg 2 fois/jour × 5 jours — sûre aux 1er et 2e trimestres, éviter au 3e trimestre (risque d'anémie hémolytique néonatale et d'ictère) ; amoxicilline-clavulanate si antibiogramme le confirme
- Antibiotiques contre-indiqués en grossesse : fluoroquinolones (ciprofloxacine, lévofloxacine) — risque de chondrotoxicité foetale ; TMP-SMX — antifolique au 1er trimestre (risque de malformations du tube neural), risque d'ictère néonatal au 3e trimestre ; tétracyclines — toujours contre-indiquées ; aminoglycosides — ototoxicité fœtale
- ECBU de contrôle obligatoire en grossesse : 7 jours après la fin de tout traitement d'infection urinaire ; en cas de récidive, prophylaxie antibiotique continue jusqu'à l'accouchement (céfalexine 250 mg/soir) ; suivi obstétrical rapproché
Consultez un médecin dans les 24 heures si les symptômes de cystite s'accompagnent de fièvre (> 38 °C), de frissons, de douleurs lombaires ou dans le dos, de nausées et vomissements — ces signes indiquent que l'infection a possiblement progressé vers une pyélonéphrite (infection du rein) nécessitant une évaluation médicale et souvent une antibiothérapie plus longue. Consultez également sans délai si vous êtes enceinte et présentez des symptômes d'infection urinaire, si les symptômes ne s'améliorent pas après 48 heures d'antibiothérapie, ou si vous avez du sang dans les urines sans syndrome irritatif associé (à investiguer pour exclure une tumeur vésicale).
Consult at Clinique Omicron
Les médecins de Clinique Omicron diagnostiquent et traitent les cystites simples et compliquées, prescrivent les antibiotiques adaptés aux profils de résistance locaux, gèrent les cystites récidivantes avec un plan de prévention personnalisé (mesures hygiénodiététiques, prophylaxie, autotraitement guidé) et assurent le suivi des cystites en grossesse. Des consultations sont disponibles dans nos points de service au Québec ainsi qu'en télémédecine pour l'ensemble de la province. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Toute fièvre associée à des symptômes urinaires nécessite une consultation médicale rapide.
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