Épididymite
Clinical presentation, etiologies and differential diagnosis
- Clinical Presentation: douleur scrotale unilatérale d'installation progressive sur plusieurs heures à plusieurs jours (contrairement à la torsion testiculaire — installation brutale en quelques minutes) ; douleur sourde, lancinante, souvent irradiant vers l'aine ou le bas-ventre ; gonflement et induration progressive de l'épididyme (palpable en postérieur et supérieur du testicule — forme de virgule) puis du testicule si orchite associée ; érythème et chaleur cutanée scrotale ; signe de Prehn positif (atténuation de la douleur lors de la surélévation du scrotum — élève l'épididyme — soulagement mécanique de la tension) — présent dans l'épididymite, absent dans la torsion testiculaire ; fièvre (38–39 °C) — surtout dans les formes avec orchite ou abcès ; signes urinaires associés fréquents (dysurie, pollakiurie, brûlures mictionnelles, urétrite — écoulement urétral purulent ou mucoïde) ; dans les formes à IST : possible absence de fièvre + début plus insidieux
- Étiologies selon l'âge et le profil : homme <35 ans sexuellement actif (IST — cause principale) : Chlamydia trachomatis (35–50 % des épididymites <35 ans) + Neisseria gonorrhoeae (10–30 %) ; homme >35 ans ou anomalie anatomique (entérobactéries — cause principale) : Escherichia coli (50–80 % des épididymites >35 ans) + Klebsiella pneumoniae + Proteus mirabilis + Pseudomonas aeruginosa (manœuvres urologiques récentes ou sonde urinaire) + Enterococcus faecalis ; homme pratiquant des rapports anaux insertifs (tout âge) : E. coli + Haemophilus influenzae + entérobactéries même si <35 ans ; causes rares : Mycobacterium tuberculosis (épididymite tuberculeuse — aspect en « chapelet de perles » de l'épididyme — bilan tuberculose) + Brucella (exposition animaux d'élevage ou lait non pasteurisé) + Mycoplasma genitalium (IST émergente) ; épididymite non infectieuse : amiodarone (accumulation dans l'épididyme — dose-dépendante — sans signe infectieux — traitement symptomatique) ; traumatisme ; vasculite (maladie de Behçet)
- Diagnostic workup : examen clinique soigneux (palpation comparative des deux épididymes et testicules, transillumination) ; ECBU (bandelette + culture) : leucocyturie + bactériurie dans les épididymites à entérobactéries — souvent normal dans les IST à Chlamydia ; prélèvement urétral ou 1er jet urinaire pour TAAN (test d'amplification des acides nucléiques — PCR) : Chlamydia trachomatis + Neisseria gonorrhoeae — examen de référence (sensibilité >95 %, spécificité >99 %) — systématique chez tout homme <35 ans + chez tout homme >35 ans avec facteurs de risque d'IST ; NFS + CRP + VS : syndrome inflammatoire biologique (CRP élevée, hyperleucocytose) — guides sévérité ; échographie scrotale Doppler couleur : examen de référence — confirme l'épididymite (épididyme hypertrophié + hyperéchogène + hypervascularisé au Doppler) — élimine la torsion testiculaire (flux absent au Doppler) — détecte un abcès scrotal (lésion liquidienne complexe)
- Diagnostic différentiel critique — torsion testiculaire : douleur scrotale brutale <6h + nausées/vomissements + adolescent + absence de fièvre + testicule ascensionné et horizontal (réflexe crémastérien aboli) → torsion testiculaire jusqu'à preuve du contraire → chirurgie exploratrice en urgence <6h (viabilité testiculaire 100 % si détorsion <6h, 50 % à 12h, 10 % à 24h) — ne pas retarder la chirurgie pour réaliser une échographie si la présentation est typique de torsion ; autres diagnostics différentiels : hernie inguinale étranglée + hydrocèle + varicocèle + kyste épididymaire + tumeur testiculaire (douleur moins aiguë, masse dure non douloureuse + bêta-HCG + AFP élevés)
Treatment
| Treatment | Schéma, mécanisme et modalités | Duration, effectiveness, and precautions |
|---|---|---|
| Antibiothérapie — épididymite à IST (<35 ans) Chlamydia + gonorrhée — traitement empirique immédiat |
Traitement empirique démarré sans attendre les résultats des TAAN (délai 24–72h) — selon les lignes directrices canadiennes sur les IST (ASPC/CATIE 2022) : ceftriaxone 500 mg IM dose unique (gonorrhée — N. gonorrhoeae) + doxycycline 100 mg per os × 2/j × 10 à 14 jours (Chlamydia — C. trachomatis + couverture Mycoplasma genitalium) ; si ceftriaxone non disponible ou allergie céphalosporines : ciprofloxacine 500 mg dose unique (gonorrhée — attention résistances croissantes — utiliser seulement si sensibilité confirmée par l'antibiogramme) ; si pratique de rapports anaux insertifs (couverture entérobactéries en plus des IST) : ceftriaxone 500 mg IM dose unique + levofloxacine 500 mg × 1/j × 10 jours (ou ofloxacine 300 mg × 2/j × 10 jours) ; traitement du/des partenaires sexuels des 60 derniers jours : obligatoire — orienter vers une clinique IST ou médecin traitant — même traitement que le patient si Chlamydia confirmé ; abstinence sexuelle ou condom jusqu'à la fin du traitement des deux partenaires et résolution des symptômes | Contrôle clinique à 3–5 jours : amélioration attendue en 48–72h (réduction de la douleur, de l'œdème, de la fièvre) — absence d'amélioration → rechercher résistance bactérienne (N. gonorrhoeae résistant aux céphalosporines — de plus en plus fréquent) + abcès scrotal + torsion méconnue + diagnostic alternatif ; contrôle TAAN de guérison (test of cure) : recommandé 3 à 4 semaines après la fin du traitement si gonorrhée confirmée (en raison des résistances) — pas nécessaire pour la Chlamydia si traitement complété ; déclaration obligatoire : gonorrhée et Chlamydia sont des maladies à déclaration obligatoire (MADO) au Québec → formulaire à la DSP régionale ; dépistage VIH + syphilis + VHB + VHC systématique lors du diagnostic d'une IST ; doxycycline contra-indiquée en grossesse (femme enceinte partenaire → azithromycine 1 g dose unique pour Chlamydia) |
| Antibiothérapie — épididymite à entérobactéries (>35 ans) E. coli et Gram négatif — fluoroquinolones ou TMP-SMX |
Traitement empirique de 1re ligne (ASPC/AUA guidelines) : lévofloxacine 500 mg per os × 1/j × 10 à 14 jours (excellente biodisponibilité orale, bonne pénétration dans l'épididyme et le tissu testiculaire, couverture E. coli + entérocoques + Pseudomonas) ; ofloxacine 300 mg per os × 2/j × 10 jours : alternative ; ciprofloxacine 500 mg × 2/j × 10–14 jours : alternative acceptable (couverture Gram négatif + Pseudomonas) mais spectre moins large sur les Gram positif ; TMP-SMX (triméthoprime-sulfaméthoxazole — Septra DS 1 comprimé × 2/j × 10–14 jours) : alternative si allergie fluoroquinolones ou résistance — efficacité réduite si résistance locale (>20 % de résistance à TMP-SMX dans certaines régions du Québec) ; adapter à l'antibiogramme de l'ECBU dès disponibilité ; épididymite sévère avec fièvre élevée + sepsis débutant → hospitalisation + fluoroquinolone ou céphalosporine de 3e génération IV (céftriaxone 1–2 g × 1/j) ± aminoside si Pseudomonas suspecté (post-instrumentation) | Durée du traitement : 10 à 14 jours minimum pour l'épididymite simple — 4 à 6 semaines si épididymo-orchite (orchite associée confirmée à l'échographie) pour assurer la stérilisation complète du tissu testiculaire et de l'épididyme ; les fluoroquinolones atteignent des concentrations tissulaires élevées dans le tractus génital masculin (ratio tissu/sérum de 2 à 10 pour la lévofloxacine) — elles représentent le traitement de choix de l'épididymite à entérobactéries ; contre-indications relatives des fluoroquinolones : âge <18 ans (risque théorique de chondrotoxicité) + antécédents de tendinopathie ou rupture tendineuse + myasthénie grave + allongement du QTc ; contrôle clinique à 72h + à la fin du traitement + ECBU de contrôle 4 semaines après la fin du traitement ; bilan urologique (échographie rénale et vésicale + débitmétrie ± cystoscopie) recommandé chez l'homme >35 ans après un premier épisode d'épididymite (rechercher une obstruction sous-vésicale — adénome prostatique, sténose urétrale) |
| Traitement symptomatique et mesures de soutien Soulagement de la douleur et prévention des complications |
Soutien scrotal (suspensoir ou sous-vêtement ajusté) : réduit la douleur par décharge mécanique de l'épididyme — recommandé en permanence pendant la phase aiguë (1 à 2 semaines) ; glaçage local : application de glace enveloppée dans un linge × 15–20 min × 3–4 fois/j — réduit l'œdème et la douleur locale — ne pas appliquer directement sur la peau ; repos au lit et limitation des efforts physiques : réduction du reflux urétro-déférentiel + diminution des douleurs mécaniques — limiter les activités physiques intenses pendant 1 à 2 semaines ; AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) : ibuprofène 400 mg × 3/j ou naproxène 500 mg × 2/j × 5 à 10 jours — réduction de l'inflammation locale et de la douleur — CI : IRC, ulcère gastroduodénal actif, insuffisance cardiaque, anticoagulants ; acétaminophène 500–1 000 mg × 3–4/j : adjuvant analgésique ou alternative si contre-indication aux AINS ; opioides faibles (codéine ou tramadol) : si douleur sévère résistante aux AINS — à utiliser ponctuellement sur courte durée | Le soutien scrotal est la mesure physique la plus efficace et la plus simple — systématiquement recommandée à tout patient dès le diagnostic ; les AINS seuls ne traitent pas l'infection mais améliorent significativement le confort et réduisent la réaction inflammatoire locale — contribuent à préserver la fertilité en limitant l'atteinte du parenchyme épididymaire et testiculaire ; le retour à l'activité sexuelle est possible dès la résolution des symptômes ET la fin du traitement antibiotique des deux partenaires (si IST) ; infiltration locale d'anesthésique (bloc du cordon spermatique — ropivacaïne ou bupivacaïne) : réservée aux douleurs sévères réfractaires en contexte hospitalier ou urologique — effet antalgique rapide en attendant l'action des antibiotiques |
| Épididymite chronique et récidivante Douleur scrotale persistante >6 semaines |
Définition : épididymite chronique = douleur scrotale ou épididymaire persistante ou récidivante >3 mois, avec ou sans signes infectieux actifs ; causes : épididymite aiguë insuffisamment traitée (sous-traitement antibiotique) + récidive sur facteur favorisant non corrigé (obstruction sous-vésicale — reflux urinaire chronique — anomalie anatomique) + douleur chronique séquellaire post-inflammatoire (sensibilisation centrale) + fibroses post-inflammatoires + épididymite tuberculeuse méconnue ; bilan : ECBU + TAAN Chlamydia/gonorrhée + bilan IST + échographie Doppler scrotale + bilan urologique (débitmétrie + PSA + toucher rectal si >50 ans) + IGRA/IDR si tuberculose suspectée ; traitement : antibiotiques prolongés (4 à 6 semaines) guidés par les cultures + correction du facteur favorisant urologique + AINS + physiothérapie périnéale si composante musculaire + tricycliques (amitriptyline 10–25 mg au coucher) si douleur chronique neuropathique prédominante | L'épididymite chronique résistante à l'antibiothérapie et au traitement conservateur peut nécessiter une épididymectomie (résection chirurgicale de l'épididyme) — procédure réservée aux formes invalidantes réfractaires — résultats variables (50–70 % de satisfaction à long terme — risque de lésion du canal déférent et impact sur la fertilité) ; épididymite tuberculeuse : diagnostic par biopsie épididymaire (granulomes caséeux + BAAR) ou cultures spécifiques Lowenstein — traitement antituberculeux standard × 6 mois (RIPE 2 mois + RI 4 mois) ; récidives fréquentes chez les hommes avec hyperplasie bénigne de prostate non traitée — l'alpha-blocage (tamsulosine 0,4 mg/j) réduit le reflux urinaire rétrograde → réduction des récidives d'épididymite chez ces patients (recommandation AUA 2024) |
| Abcès scrotal — complication grave Drainage chirurgical — urgence urologique |
L'abcès scrotal est une collection purulente intra-scrotale compliquant une épididymo-orchite non traitée ou insuffisamment traitée — plus fréquent chez les patients immunodéprimés (diabète, VIH, corticothérapie) + après manœuvres urologiques instrumentales ; signes cliniques : fluctuation palpable du scrotum + érythème cutané intense + fièvre élevée + douleur très sévère + état septique + absence de réponse aux antibiotiques oraux après 48–72h ; diagnostic confirmé par échographie scrotale Doppler (collection liquidienne complexe hyperéchogène ± niveaux liquidiens ± gaz) ; traitement : drainage chirurgical sous anesthésie générale (incision et drainage + lavage + mise à plat de l'abcès) + prélèvement bactériologique peropératoire + antibiothérapie IV à large spectre (pipéracilline-tazobactam + gentamicine ou vancomycine si SARM suspecté) ; orchidectomie : si testicule non viable (nécrose ischémique — couleur noire à l'exploration chirurgicale) ou gangrène de Fournier (extension à la région périnéale) | La gangrène de Fournier (fasciite nécrosante périnéo-scrotale) est la complication la plus grave et la plus redoutée — extension de l'infection épididymaire aux fascias du périnée et de la paroi abdominale — infection polymicrobienne synergique (aérobies + anaérobies) → nécrose fulminante → mortalité 20 à 45 % — chirurgie de débridement radical en urgence + antibiothérapie IV à très large spectre + oxygénothérapie hyperbare (si disponible) ; tout patient avec cellulite scrotale s'étendant rapidement au périnée + crépitations gazeuses à la palpation + altération de l'état général → chirurgie en urgence absolue — 911 ; la prévention de l'abcès scrotal repose sur le diagnostic précoce et le traitement antibiotique adéquat de l'épididymite aiguë |
Dial 911 or go immediately to the emergency room if : douleur scrotale brutale intense (installation en quelques minutes) chez un adolescent ou jeune adulte + nausées/vomissements + testicule ascensionné → torsion testiculaire jusqu'à preuve du contraire — chirurgie exploratrice dans les 6 heures — ne pas attendre l'échographie si la présentation est typique.
Scrotum très inflammatoire + crépitations gazeuses + altération de l'état général + extension périnéale → gangrène de Fournier — urgence chirurgicale absolue — mortalité élevée sans débridement immédiat.
Épididymite avec fièvre >39 °C + frissons + fluctuation scrotale → abcès scrotal → urgence urologique — drainage chirurgical requis.
Consult at Clinique Omicron
Les médecins de Clinique Omicron évaluent et traitent l'épididymite aiguë — examen clinique, ECBU, TAAN IST, prescription antibiotique adaptée, notification des partenaires et orientation vers l'urologie pour les formes compliquées ou récidivantes. Le dépistage des IST et le suivi post-traitement sont également assurés dans nos points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Toute douleur scrotale aiguë nécessite une évaluation médicale urgente pour éliminer une torsion testiculaire.
Omicron Clinic
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Treatment within 24-48 hours. In-clinic or telemedicine, anywhere in Quebec.
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