Influenza
Virology, epidemiology, and pathophysiology
- Structure virale et classification des virus influenza : famille Orthomyxoviridae — génome ARN segmenté à polarité négative (8 segments pour influenza A et B — 7 pour influenza C) ; influenza A : le plus pathogène et le plus pandémique — classification par les glycoprotéines de surface : hémagglutinine (HA — 18 sous-types H1–H18) et neuraminidase (NA — 11 sous-types N1–N11) — seuls H1, H2, H3 + N1, N2 ont causé des pandémies humaines — réservoir animal principal : oiseaux aquatiques (canards + mouettes) + porcs (rôle de vaisseau de mélange — «mixing vessel») — nomenclature : A/souche/pays/n°/année (H…N…) ex. A/Brisbane/02/2018 (H1N1) ; influenza B : deux lignages circulants — B/Victoria et B/Yamagata (probablement éteint depuis 2020 selon la surveillance mondiale) — pas de réservoir animal significatif — moins de variations antigéniques que A — moins de pandémies ; influenza C : infection bénigne — bronchite légère — pas d'enjeu de santé publique majeur ; mécanismes de variation antigénique (explication des réinfections répétées et des épidémies annuelles) : glissement antigénique (antigenic drift) : mutations ponctuelles progressives des gènes HA et NA → accumulation de mutations → modification des épitopes → échappement partiel à l'immunité préexistante → épidémies saisonnières annuelles → nécessité de mettre à jour le vaccin chaque année + cassure antigénique (antigenic shift) : réassortiment de segments génomiques entiers entre deux souches différentes (humaine + animale) → nouveau sous-type HA et/ou NA → absence d'immunité préexistante dans la population → pandémie (ex. pandémie H1N1 2009 — pandémie H3N2 1968 — grippe espagnole H1N1 1918) ; glycoprotéines de surface — cibles thérapeutiques et vaccinales : hémagglutinine (HA) : fixation du virus aux récepteurs à l'acide sialique des cellules épithéliales respiratoires → internalisation → cible principale des anticorps neutralisants induits par le vaccin + neuraminidase (NA) : clivage de l'acide sialique → libération des virions néoformés → diffusion de l'infection → cible des antiviraux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir + zanamivir + peramivir)
- Épidémiologie et groupes à risque au Québec : épidémiologie saisonnière : saison grippale au Québec : novembre–avril + pic habituellement janvier–février + surveillance assurée par l'INSPQ (Institut national de santé publique du Québec) — FluWatch national (ASPC) — Système canadien de surveillance de l'influenza (SCSI) → rapports hebdomadaires pendant la saison grippale ; transmission : gouttelettes respiratoires (principale voie) + aérosols (espaces confinés mal ventilés) + contact indirect (surfaces — mains portées aux muqueuses) — période d'incubation : 1–4 jours (moyenne 2 jours) — période de contagiosité : 1 jour avant les symptômes jusqu'à 5–7 jours après (plus longue chez les immunodéprimés et les enfants) ; groupes à risque de complications graves (éligibles à la vaccination gratuite dans le cadre du PQVI — Québec) : personnes âgées ≥60 ans + résidents des établissements de soins de longue durée (CHSLD + ressources intermédiaires) + adultes et enfants atteints de maladies chroniques (cardiopathies + pneumopathies dont asthme + IRC + diabète + immunodépression + obésité sévère IMC ≥40 + maladies neurologiques chroniques) + femmes enceintes (tous trimestres — risque de grippe sévère multiplié × 4–5 au 3e trimestre) + enfants de 6 mois à 23 mois + membres du foyer et soignants des personnes à risque + autochtones (prévalence plus élevée des maladies chroniques → risque accru) + travailleurs de la santé (prévention de la transmission nosocomial) ; mortalité et hospitalisations au Canada : grippe saisonnière → 3 500–5 500 décès/an au Canada (mortalité directe + indirecte associée aux complications cardiovasculaires + respiratoires) + 10 000–20 000 hospitalisations/saison → fardeau réel sous-estimé par les statistiques officielles (diagnostics de «pneumonie» ou «insuffisance cardiaque» codés sans confirmation virologique)
- Clinical Presentation and Differential Diagnosis: syndrome grippal typique (influenza like illness — ILI) : début brutal (le patient peut dater l'heure précise du début des symptômes — signe distinctif vs rhume) + fièvre élevée (38,5–40 °C) + frissons + céphalées frontales intenses + myalgies diffuses (douleurs musculaires très intenses — «comme si on vous avait battu») + arthralgies + asthénie profonde (prostration — incapacité à se lever) + toux sèche + rhinorrhée variable + pharyngite légère — chez l'adulte immunocompétent : résolution spontanée en 7–10 jours (mais asthénie pouvant persister 2–3 semaines) ; particularités cliniques selon les populations : enfants : tableau plus souvent atypique — fièvre très élevée ± convulsions fébriles + symptômes digestifs (nausées + vomissements + diarrhée — plus fréquents qu'adulte) + myosite aiguë (douleurs mollets ++ — élévation des CPK) + otite moyenne aiguë fréquente + personnes âgées : fièvre parfois absente (hypothermie possible) + confusion + chutes + décompensation de maladies chroniques sans tableau grippal évident (grippe «décapitée») + femmes enceintes : syndrome grippal souvent plus sévère + risque de pneumonie virale × 4 + hospitalisation + prématurité + mort fœtale in utero + immunodéprimés : excrétion virale prolongée (semaines à mois) + pneumonie virale progressive + résistances aux antiviraux plus fréquentes ; complications de la grippe : pneumonie virale primitive (influenza seule — nécrose épithéliale + SDRA + mortalité élevée) + pneumonie bactérienne secondaire (la plus fréquente — 7–10 jours après le début — Streptococcus pneumoniae +++ + Staphylococcus aureus dont SARM + Haemophilus influenzae) + sinusite + otite moyenne + myocardite + péricardite + encéphalite + myosite + syndrome de Reye (aspirine + enfants — devenu rare) + décompensation de BPCO + insuffisance cardiaque ; diagnostics différentiels du syndrome grippal : SARS-CoV-2 (COVID-19 — tableau très similaire — nécessite un test de diagnostic) + VRS (virus respiratoire syncytial — enfants ++ + personnes âgées) + parainfluenza + adénovirus + rhinovirus (rhume commun — début progressif + fièvre absente ou faible) + Mycoplasma pneumoniae (début insidieux + toux sèche persistante) + légionellose (diarrhée + confusion + hyponatrémie)
Diagnostic, traitement et prévention
| Clinical situation | Diagnosis | Treatment and prevention |
|---|---|---|
| Diagnostic virologique de la grippe TDR — PCR — contexte épidémique |
Le diagnostic de la grippe est souvent clinique en contexte épidémique — les tests virologiques sont indiqués dans des situations spécifiques ; tests de diagnostic rapide (TDR — immunochromatographie) : prélèvement naso-pharyngé (écouvillon NP) → résultat en 15–30 min — sensibilité : 50–70 % (variable selon les souches) + spécificité : 90–95 % — limites : faux négatifs fréquents (sensibilité insuffisante pour exclure la grippe) → un TDR négatif n'exclut pas la grippe en période épidémique — intérêt : résultat rapide + aide à la décision thérapeutique en urgence + cohortage épidémiologique — TDR de nouvelle génération (tests moléculaires rapides — CLIA-waived PCR : ID NOW — Abbott) : sensibilité 85–95 % + résultats en 10–15 min → supérieurs aux TDR antigéniques → disponibles dans certains points de soins au Québec ; RT-PCR multiplex (gold standard) : prélèvement naso-pharyngé ou nasopharyngé/oropharyngé (NP + OP) — sensibilité 95–99 % + spécificité 99 % — détection simultanée : influenza A + B + typage du sous-type A (H1N1pdm09 + H3N2) ± SARS-CoV-2 + VRS (panels respiratoires multiplex — BioFire FilmArray Respiratory Panel — RPII) — délai de résultat : 1–4h en laboratoire — indications : patients hospitalisés + immunodéprimés + cas graves + doute diagnostique clinique + surveillance épidémiologique — culture virale : délai de 3–10 jours → utile uniquement pour la surveillance épidémiologique + la caractérisation antigénique (données envoyées à l'OMS pour orienter la composition du vaccin de l'année suivante) — prélèvements optimaux : dans les 72–96 premières heures des symptômes (charge virale maximale) — site : nasopharynx (écouvillon NP) → supérieur à l'écouvillon nasal antérieur → brossage profond jusqu'au cavum ; approche diagnostique selon le contexte : période épidémique + tableau grippal typique + patient ambulatoire non à risque → diagnostic clinique + pas de test obligatoire → traitement symptomatique ou antiviral selon le risque + période épidémique + patient à risque de complication + décision thérapeutique (antiviral) → TDR ± PCR + période non épidémique ou doute diagnostique → PCR multiplex systématique + patient hospitalisé pour syndrome respiratoire aigu grave (SRAG) → PCR multiplex + hémocultures + Legionella/pneumocoque antigènes urinaires + radio thorax | Principes du traitement antiviral — conditions d'efficacité optimale : les antiviraux antigrippaux sont les plus efficaces lorsqu'ils sont initiés dans les 48 premières heures suivant l'apparition des symptômes (réduction de la durée des symptômes de 1–2,5 jours + réduction des complications + hospitalisations) — au-delà de 48h : bénéfice plus modeste mais toujours possible chez les patients hospitalisés ou à risque élevé → traiter même au-delà de 48h chez les patients à risque ou hospitalisés — la décision de traiter ne doit pas attendre la confirmation virologique chez les patients à risque élevé : initiér l'antiviral sur la base clinique + épidémiologique dès la suspicion de grippe ; indications du traitement antiviral (lignes directrices ASPC + MSSS Québec) : traitement fortement recommandé : grippe confirmée ou suspectée chez tout patient à risque de complication (voir groupes à risque) + tout patient hospitalisé pour syndrome grippal + tout patient avec tableau clinique sévère (dyspnée + SaO2 <94 % + PA altérée + confusion) — traitement à considérer : tout adulte symptomatique désirant réduire la durée des symptômes + contact à risque chez qui la vaccination est impossible — traitement non recommandé en routine : adulte jeune immunocompétent avec grippe légère sans facteurs de risque |
| Antiviraux antigrippaux — traitement curatif Oseltamivir — zanamivir — baloxavir |
Trois classes d'antiviraux antigrippaux sont disponibles au Canada — chacune avec un mécanisme d'action distinct ; inhibiteurs de la neuraminidase (INH) — classe principale : mécanisme : inhibition de la NA virale → blocage du clivage de l'acide sialique → les virions néoformés ne peuvent pas se libérer des cellules infectées → limitation de la dissémination virale + oseltamivir (Tamiflu — capsules + suspension) : voie orale — 1re ligne ambulatoire — adulte : 75 mg × 2/j × 5 jours — enfant : dosage selon le poids (0–8 mois : 3 mg/kg × 2/j — 9–11 mois : 3,5 mg/kg × 2/j — ≥12 mois et <15 kg : 30 mg × 2/j — 15–23 kg : 45 mg × 2/j — 23–40 kg : 60 mg × 2/j — >40 kg : 75 mg × 2/j) — durée prolongée (10 jours) chez l'immunodéprimé — adaptation rénale : DFG 10–30 mL/min → 75 mg × 1/j — DFG <10 : 30 mg × 1/j — effets indésirables : nausées + vomissements (réduire en prenant avec les repas) + zanamivir (Relenza — poudre pour inhalation) : voie inhalée (Diskhaler) — 10 mg × 2/j (2 inhalations × 2/j) × 5 jours — adulte + enfant ≥7 ans — CI chez les asthmatiques et les BPCO (risque de bronchospasme) — utile si résistance à l'oseltamivir (H275Y) + intolérance digestive + peramivir (Rapivab) : voie IV — 600 mg IV en perfusion unique (30 min) — adulte — disponible au Canada — indiqué si voie orale impossible (grippe sévère hospitalisée + nausées incontrôlables) ; inhibiteur de l'endonucléase cap-dépendante (PA-I) : baloxavir marboxil (Xofluza) : mécanisme différent des INH — inhibe la protéine PA de l'ARN polymérase virale → blocage de la synthèse de l'ARNm viral — dose unique PO — adulte et enfant ≥12 ans ≥40 kg : 40 mg DU (<80 kg) ou 80 mg DU (≥80 kg) — avantages : dose unique (adhérence maximale) + réduction de la durée des symptômes de 26 h vs placebo + efficace sur les souches résistantes à l'oseltamivir (H275Y) — émergence de résistances (PA-I38T/F) observée surtout chez les enfants — approuvé Santé Canada 2019 — en pratique : alternative ou complément à l'oseltamivir dans les formes graves | Situations particulières du traitement antiviral : grippe sévère hospitalisée (SDRA + pneumonie virale + VM) : oseltamivir 75 mg × 2/j × 5–10 jours (durée prolongée selon l'évolution) + peramivir IV si voie orale compromise + double dose d'oseltamivir (150 mg × 2/j) : données insuffisantes pour recommander systématiquement — non recommandé dans les lignes directrices actuelles (Cochrane) — peut être discuté en USI sur avis infectiologique + immunodéprimé (greffe + VIH + chimiothérapie) : excrétion virale prolongée + résistances aux antiviraux plus fréquentes (émergence de H275Y sous oseltamivir) → durée prolongée du traitement (10–14 jours) + surveillance de la résistance (génotypage viral) + zanamivir ou baloxavir si résistance à l'oseltamivir + grippe pendant la grossesse : oseltamivir recommandé à tous les trimestres (sans délai — risque de grippe sévère justifie le traitement malgré les données limitées sur la tératogénicité — recul important — FDA catégorie C — bénéfice/risque clairement favorable) — zanamivir : alternative acceptable si intolérance digestive ; résistances aux antiviraux : résistance à l'oseltamivir (mutation H275Y sur la NA) : rare dans les souches saisonnières (<1 % — données INSPQ + surveillance OMS) + risque accru : immunodéprimés + traitement prolongé + H1N1 saisonnier pré-2009 (résistance quasi universelle à l'époque — remplacé par H1N1pdm09 en 2009) — surveillance des résistances : cultures virales → caractérisation phénotypique + séquençage → données transmises à l'INSPQ + OMS — résistance aux adamantanes (amantadine + rimantadine) : influenza A H3N2 et H1N1pdm09 : résistance quasi universelle → les adamantanes ne sont plus recommandés |
| Traitement symptomatique et prise en charge ambulatoire Paracétamol — repos — hydratation — retour au travail |
La grande majorité des cas de grippe est prise en charge en ambulatoire — le traitement symptomatique constitue la base de la prise en charge chez l'adulte immunocompétent sans facteur de risque ; critères de prise en charge ambulatoire sécurisée : absence de signe de gravité (voir urgences) + pas de facteur de risque de complication + accès à des proches pouvant surveiller + possibilité de réévaluation rapide en cas d'aggravation ; mesures symptomatiques recommandées : fièvre et douleurs : paracétamol (acétaminophène) 500–1 000 mg × 3–4/j (maximum 4 g/j) — 1re ligne antipyrétique + antalgique → AINS (ibuprofène) : peuvent être utilisés pour la fièvre et les myalgies mais avec précaution (risque de complications bactériennes augmenté — données controversées — pneumonie à streptocoque + fasciite nécrosante en contexte viral — débat dans la littérature) → éviter si IRC + asthme + grossesse → aspirin à éviter chez l'enfant (syndrome de Reye) + hydratation : 1,5–2 L/j (eau + bouillons + boissons électrolytiques si vomissements) + repos au lit : essentiel — réduction de l'excrétion virale par le repos (données immunologiques) + toux : réducteurs de toux (dextrométhorphane — Robitussin DM) : efficacité modeste mais soulagement possible + décongestionnants nasaux (pseudoéphédrine — xylométazoline spray nasal) : soulagement de l'obstruction nasale — usage limité à 5–7 jours (rhinite médicamenteuse à l'arrêt) — CI : HTA non contrôlée + grossesse + glaucome à angle fermé ; mesures de contrôle de la transmission : confinement à domicile pendant la période de contagiosité : jusqu'à 24h après la fin de la fièvre sans antipyrétiques (minimum 5 jours après le début des symptômes) + hygiène des mains (lavage fréquent + solution hydroalcoolique) + port du masque médical si contact inévitable avec des personnes vulnérables (retour précoce au travail en milieu de soins — masque chirurgical obligatoire) + étiquette respiratoire (tousser + éternuer dans le coude) + ventilation des espaces intérieurs ; retour au travail : personnel de santé : recommandations INSPQ + MSSS : retour si plus de fièvre + symptômes résolus + 24h minimum sans antipyrétiques + port du masque chirurgical jusqu'à 7 jours après le début des symptômes si contact avec des patients vulnérables | Antibiothérapie dans la grippe — quand et comment : l'antibiothérapie n'est pas indiquée dans la grippe non compliquée (cause virale — les antibiotiques n'ont aucune efficacité sur les virus) → la sur-prescription d'antibiotiques en contexte grippal est un problème majeur de santé publique (résistances bactériennes) ; indications d'une antibiothérapie dans un contexte grippal : pneumonie bactérienne secondaire suspectée (aggravation après amélioration initiale + reprise de la fièvre + expectoration purulente + consolidation à la radio thorax) → antibiothérapie selon les lignes directrices de la pneumonie acquise en communauté (PAC) : amoxicilline 1 g × 3/j × 5–7 jours (pneumocoque) ou amoxicilline-clavulanate + doxycycline si suspicion de germes atypiques + surinfection bactérienne des voies aériennes supérieures (sinusite + otite) : critères habituels d'antibiothérapie dans ces pathologies (voir fiches spécifiques) ; Staphylococcus aureus post-grippal (complication grave — souvent J7–J14 — pneumonie nécrosante + abcès + SDRA) : suspicion si : pneumonie fulminante après grippe + leucopénie + hémoptysie + cavitation radiologique → couverture anti-SARM : vancomycine IV ou linézolide si SARM confirmé ou très probable — cloxacilline IV si MSSA (antibiogramme) ; suivi post-grippal recommandé (personnes à risque) : consultation à 5–7 jours si : pas d'amélioration nette + fièvre persistante + dyspnée + douleur pleurale → radio thorax + NFS + hémocultures si fièvre ≥38,5 °C + bilan inflammatoire (CRP + PCT si disponible) → différencier grippe non compliquée de pneumonie surinfectée |
| Flu vaccination PQVI Québec — vaccins disponibles — efficacité |
La vaccination antigrippale annuelle est la mesure préventive la plus efficace contre la grippe — elle est recommandée pour tous les Canadiens de ≥6 mois, avec une priorité pour les groupes à risque ; composition du vaccin : mise à jour annuelle par l'OMS (réunions de février pour l'hémisphère Nord + de septembre pour l'hémisphère Sud) → basée sur la surveillance mondiale des souches circulantes — vaccins quadrivalents (QIV — Influenza A H1N1 + H3N2 + B Victoria + B Yamagata) → standard depuis 2020 (remplacement des vaccins trivalents) — problème de concordance vaccinale (vaccine mismatch) : si les souches circulantes dérivent trop des souches vaccinales → réduction de l'efficacité → variable selon les saisons (efficacité globale : 40–60 % en général — jusqu'à 70–80 % les bonnes années — aussi bien que 10–30 % les mauvaises années) ; types de vaccins disponibles au Québec (PQVI) : vaccins inactivés fractionnés ou sous-unitaires (IM) : Fluzone + Influvac + Vaxigrip Tetra → standard — >6 mois + vaccins inactivés haute dose (Fluzone High-Dose QIV — 60 µg d'HA par souche vs 15 µg standard) : recommandé en priorité pour les ≥65 ans → supérieur au vaccin standard dans cette tranche d'âge (méta-analyse : réduction de 24 % des pneumonies + hospitalisations vs vaccin standard doses normales — DiazGranados 2014) + vaccin adjuvanté à l'AS03 (Fluad Quad) : adjuvant AS03 → réponse immunitaire amplifiée → alternative pour les ≥65 ans + vaccin vivant atténué intranasal (FluMist Quadrivalent) : ≥2 ans jusqu'à 59 ans — CI chez les immunodéprimés + les femmes enceintes + les ≥60 ans + les asthmatiques sévères — avantage : production d'une immunité muqueuse locale (IgA) + immunité cellulaire — préféré chez les enfants de 2–17 ans (meilleure adhérence + efficacité comparable ou supérieure vs vaccin injectable dans certaines études pédiatriques) ; moment optimal de la vaccination : octobre–novembre (avant le début de la saison grippale) + mais bénéfice à tout moment de la saison grippale si non encore vacciné → ne pas retarder la vaccination en attendant la «bonne période» si le patient est devant vous | Programme québécois de vaccination contre l'influenza (PQVI) : vaccination gratuite au Québec pour les groupes prioritaires : personnes ≥60 ans + résidents des CHSLD + personnes atteintes de maladies chroniques (cardiopathies + pneumopathies + diabète + IRC + immunodépression + obésité IMC ≥40) + femmes enceintes + enfants 6–59 mois + travailleurs de la santé + contacts des personnes à risque — administration : pharmacies (prescription non requise pour la vaccination antigrippale au Québec — loi sur la pharmacie) + cliniques de vaccination CIUSSS + médecins de famille + infirmières praticienne — calendrier vaccinal québécois : 1 dose annuelle pour la majorité + 2 doses (espacées de ≥4 semaines) si premier contact avec le vaccin grippal chez l'enfant <9 ans ; efficacité et bénéfices démontrés : adultes à risque : réduction de 50–60 % des hospitalisations + réduction de 80 % de la mortalité liée à l'influenza dans certaines études observationnelles (biais possibles) — personnes âgées en CHSLD : réduction de la mortalité toutes causes de 40–50 % — femmes enceintes : protection de la mère + de l'enfant (immunité passive transmise au nouveau-né pendant 6 mois — les nouveau-nés ne peuvent pas être vaccinés avant 6 mois) — travailleurs de la santé : protection des patients vulnérables (indirectement) ; contre-indications à la vaccination antigrippale : allergie sévère (anaphylaxie) à un composant du vaccin ou aux œufs (anaph ylaxie aux œufs) → vaccins produits en culture cellulaire (Flucelvax) ou par recombinaison (Flublok) disponibles sans protéine d'œuf → option sûre pour les allergiques aux œufs (ou vaccination sous surveillance médicale 30 min) + syndrome de Guillain-Barré dans les 6 semaines suivant une vaccination antigrippale antérieure → contre-indication relative (discuter bénéfice-risque) + maladie aiguë fébrile modérée à sévère → reporter la vaccination jusqu'à la guérison (rhume simple = pas une CI) |
| Grippe sévère et pandémique — situations particulières SDRA — USI — chimioprophylaxie — pandémie |
Grippe sévère et admission en soins intensifs : indications d'hospitalisation : SaO2 <94 % en air ambiant + FR >30/min + PA systolique <90 mmHg + confusion + incapacité à avaler les médicaments + comorbidités décompensées + absence de soutien à domicile + critères d'admission en USI (SOFA score + critères ATS/IDSA pour la PAC sévère) : hypoxémie réfractaire (PaO2/FiO2 <200) + VM + choc septique + défaillance multiviscérale ; pneumonie grippale sévère et SDRA : prise en charge ventilatoire : ventilation mécanique protectrice (Vt 6 mL/kg de poids idéal + PEEP optimale + FiO2 minimale pour SaO2 88–95 %) selon les recommandations ARDS Network + décubitus ventral (pronation) si PaO2/FiO2 <150 malgré VM (réduction de la mortalité de 16 % — Guérin 2013 — NEJM) + ECMO veino-veineuse (VV-ECMO) : indiquée en SDRA réfractaire à la VM (PaO2/FiO2 <80 malgré VM optimale) — centres ECMO au Québec : CHUM + CHU Sainte-Justine (pédiatrique) + IUCPQ — résultats de l'essai EOLIA (2018 — NEJM) : tendance à la réduction de la mortalité non significative (60 % vs 68 % — p=0,09) mais utilisation de l'ECMO comme sauvetage dans le bras contrôle chez 28 % des patients → usage en sauvetage validé + corticoïdes dans la grippe sévère : données hétérogènes — méta-analyses récentes (Lansbury 2019) : association des corticoïdes à une augmentation de la mortalité dans la grippe H1N1 sévère (biais de confusion importants — prescris souvent aux cas les plus graves) → corticoïdes non recommandés systématiquement dans la grippe + peuvent être utilisés si indication spécifique (choc septique réfractaire + BPCO exacerbée + insuffisance surrénalienne) ; chimioprophylaxie antigrippale : oseltamivir 75 mg × 1/j × 10 jours : indiquée en post-exposition (contact étroit avec un cas confirmé dans les 48h) chez : personnes non vaccinées à haut risque de complication + personnes vaccinées à très haut risque si concordance vaccinale douteuse + situations d'éclosions en CHSLD + institutionnalisés → réduction du risque de grippe de 70–90 % en chimioprophylaxie + préexposition (saison complète) : exceptionnel — réservé aux immunodéprimés sévères ne pouvant pas être vaccinés | Surveillance pandémique et préparation : surveillance mondiale : OMS + CDC + ECDC + ASPC → réseau mondial de surveillance des virus influenza → détection précoce des nouveaux sous-types à potentiel pandémique — souches à surveillance renforcée en 2024–2025 : H5N1 (grippe aviaire — foyers bovins aux États-Unis — cas humains sporadiques + surveillance intensifiée) + H3N2v (variant porcin) + H7N9 (Asie) → risque pandémique faible à court terme mais surveillance continue — au Québec : plan de préparation à la pandémie influenza (MSSS) : réserves nationales d'oseltamivir (Tamiflu) + plans de vaccination de masse + protocoles d'activation des mesures de contrôle des infections en milieux de soins ; influenza aviaire H5N1 en 2024–2025 : épizootie sans précédent chez les bovins laitiers américains (détectée en mars 2024) + cas humains sporadiques chez des travailleurs agricoles (symptômes oculaires ++ + respiratoires + pas de transmission interhumaine documentée à ce jour — surveillance ASPC active) → oseltamivir efficace sur H5N1 (sensible aux INH) + pas de recommandation de vaccination préventive en population générale au Canada (pas de vaccin H5N1 disponible commercialement — stocks stratégiques gouvernementaux) — risque pour la population générale : faible à court terme ; historique des pandémies influenza : 1918 (H1N1 — grippe espagnole — 50–100 millions de décès) + 1957 (H2N2 — grippe asiatique — 1–2 millions) + 1968 (H3N2 — grippe de Hong Kong — 1 million) + 2009 (H1N1pdm09 — grippe porcine — 150 000–575 000 décès — moins grave que prévu en raison d'une immunité croisée partielle chez les >65 ans — vaccinés H1N1 dans les années 1950) → leçons : réponse vaccinale rapide + antiviraux + surveillance mondiale = clés de la gestion pandémique |
Dyspnée progressive + SaO2 <94 % en air ambiant + fréquence respiratoire >30/min → pneumonie grippale ou surinfection bactérienne → hospitalisation urgente + radio thorax + bilan infectieux + oseltamivir IV ou PO + antibiothérapie si surinfection bactérienne suspectée.
Aggravation après amélioration initiale (J7–J14) + reprise de la fièvre + expectoration purulente + douleur pleurale → pneumonie bactérienne secondaire post-grippale (pneumocoque ou SARM) → hospitalisation + hémocultures + radio thorax + antibiothérapie selon les lignes directrices PAC.
Grippe chez une femme enceinte + fièvre >39 °C + tachycardie maternelle + diminution des mouvements fœtaux → risque de complications graves + prématurité → hospitalisation + oseltamivir sans délai + monitorage fœtal + obstétrique.
Grippe chez un immunodéprimé (greffe + chimiothérapie + VIH CD4 <100) + fièvre persistante >5 jours + dégradation clinique malgré l'oseltamivir → excrétion virale prolongée + résistance à l'oseltamivir possible → PCR nasopharyngée + séquençage viral (mutation H275Y) + switch vers zanamivir ou baloxavir + avis infectiologie.
Consult at Clinique Omicron
Les médecins de Clinique Omicron assurent la prise en charge de la grippe saisonnière — diagnostic clinique ou virologique (TDR + PCR), prescription d'oseltamivir pour les patients à risque, suivi des complications et orientation vers l'urgence si nécessaire. La vaccination antigrippale est disponible en pharmacie sans ordonnance dans le cadre du PQVI pour les groupes admissibles à la gratuité. Pour toute question sur la vaccination ou les antiviraux disponibles dans ses points de service, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Tout syndrome grippal sévère ou survenant chez une personne à risque doit être évalué rapidement par un professionnel de santé. La vaccination antigrippale annuelle est la meilleure protection disponible contre la grippe et ses complications.
Omicron Clinic
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Treatment within 24-48 hours. In-clinic or telemedicine, anywhere in Quebec.
Insurance receipts. 7j/7. No family doctor required.