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Grippe (influenza) : symptômes, traitement et prévention | Clinique Omicron
Infectiologie & Médecine de famille & Pneumologie

Influenza

La grippe est une infection respiratoire aiguë causée par les virus influenza de types A et B, membres de la famille des Orthomyxoviridae. Elle se distingue du simple rhume par son début brutal, sa fièvre élevée, ses myalgies intenses et sa prostration marquée — un tableau clinique reflétant la réponse immunitaire systémique à l'infection virale. Responsable de 3 à 5 millions de cas graves et de 290 000 à 650 000 décès annuels dans le monde selon l'OMS, la grippe saisonnière représente un fardeau sanitaire considérable, particulièrement pour les populations vulnérables (personnes âgées, immunodéprimés, femmes enceintes, porteurs de maladies chroniques). Au Québec, la saison grippale s'étend généralement de novembre à avril, avec un pic en janvier-février, et mobilise chaque année les ressources hospitalières lors des vagues épidémiques. La vaccination antigrippale annuelle demeure la mesure préventive la plus efficace — le Programme québécois de vaccination contre l'influenza (PQVI) offre la vaccination gratuite aux groupes à risque. Les antiviraux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir, zanamivir) et les inhibiteurs de l'endonucléase cap-dépendante (baloxavir) constituent les outils thérapeutiques disponibles, avec une efficacité maximale lorsqu'ils sont initiés dans les 48 premières heures suivant l'apparition des symptômes.

Virology, epidemiology, and pathophysiology

  • Structure virale et classification des virus influenza : famille Orthomyxoviridae — génome ARN segmenté à polarité négative (8 segments pour influenza A et B — 7 pour influenza C) ; influenza A : le plus pathogène et le plus pandémique — classification par les glycoprotéines de surface : hémagglutinine (HA — 18 sous-types H1–H18) et neuraminidase (NA — 11 sous-types N1–N11) — seuls H1, H2, H3 + N1, N2 ont causé des pandémies humaines — réservoir animal principal : oiseaux aquatiques (canards + mouettes) + porcs (rôle de vaisseau de mélange — «mixing vessel») — nomenclature : A/souche/pays/n°/année (H…N…) ex. A/Brisbane/02/2018 (H1N1) ; influenza B : deux lignages circulants — B/Victoria et B/Yamagata (probablement éteint depuis 2020 selon la surveillance mondiale) — pas de réservoir animal significatif — moins de variations antigéniques que A — moins de pandémies ; influenza C : infection bénigne — bronchite légère — pas d'enjeu de santé publique majeur ; mécanismes de variation antigénique (explication des réinfections répétées et des épidémies annuelles) : glissement antigénique (antigenic drift) : mutations ponctuelles progressives des gènes HA et NA → accumulation de mutations → modification des épitopes → échappement partiel à l'immunité préexistante → épidémies saisonnières annuelles → nécessité de mettre à jour le vaccin chaque année + cassure antigénique (antigenic shift) : réassortiment de segments génomiques entiers entre deux souches différentes (humaine + animale) → nouveau sous-type HA et/ou NA → absence d'immunité préexistante dans la population → pandémie (ex. pandémie H1N1 2009 — pandémie H3N2 1968 — grippe espagnole H1N1 1918) ; glycoprotéines de surface — cibles thérapeutiques et vaccinales : hémagglutinine (HA) : fixation du virus aux récepteurs à l'acide sialique des cellules épithéliales respiratoires → internalisation → cible principale des anticorps neutralisants induits par le vaccin + neuraminidase (NA) : clivage de l'acide sialique → libération des virions néoformés → diffusion de l'infection → cible des antiviraux inhibiteurs de la neuraminidase (oseltamivir + zanamivir + peramivir)
  • Épidémiologie et groupes à risque au Québec : épidémiologie saisonnière : saison grippale au Québec : novembre–avril + pic habituellement janvier–février + surveillance assurée par l'INSPQ (Institut national de santé publique du Québec) — FluWatch national (ASPC) — Système canadien de surveillance de l'influenza (SCSI) → rapports hebdomadaires pendant la saison grippale ; transmission : gouttelettes respiratoires (principale voie) + aérosols (espaces confinés mal ventilés) + contact indirect (surfaces — mains portées aux muqueuses) — période d'incubation : 1–4 jours (moyenne 2 jours) — période de contagiosité : 1 jour avant les symptômes jusqu'à 5–7 jours après (plus longue chez les immunodéprimés et les enfants) ; groupes à risque de complications graves (éligibles à la vaccination gratuite dans le cadre du PQVI — Québec) : personnes âgées ≥60 ans + résidents des établissements de soins de longue durée (CHSLD + ressources intermédiaires) + adultes et enfants atteints de maladies chroniques (cardiopathies + pneumopathies dont asthme + IRC + diabète + immunodépression + obésité sévère IMC ≥40 + maladies neurologiques chroniques) + femmes enceintes (tous trimestres — risque de grippe sévère multiplié × 4–5 au 3e trimestre) + enfants de 6 mois à 23 mois + membres du foyer et soignants des personnes à risque + autochtones (prévalence plus élevée des maladies chroniques → risque accru) + travailleurs de la santé (prévention de la transmission nosocomial) ; mortalité et hospitalisations au Canada : grippe saisonnière → 3 500–5 500 décès/an au Canada (mortalité directe + indirecte associée aux complications cardiovasculaires + respiratoires) + 10 000–20 000 hospitalisations/saison → fardeau réel sous-estimé par les statistiques officielles (diagnostics de «pneumonie» ou «insuffisance cardiaque» codés sans confirmation virologique)
  • Clinical Presentation and Differential Diagnosis: syndrome grippal typique (influenza like illness — ILI) : début brutal (le patient peut dater l'heure précise du début des symptômes — signe distinctif vs rhume) + fièvre élevée (38,5–40 °C) + frissons + céphalées frontales intenses + myalgies diffuses (douleurs musculaires très intenses — «comme si on vous avait battu») + arthralgies + asthénie profonde (prostration — incapacité à se lever) + toux sèche + rhinorrhée variable + pharyngite légère — chez l'adulte immunocompétent : résolution spontanée en 7–10 jours (mais asthénie pouvant persister 2–3 semaines) ; particularités cliniques selon les populations : enfants : tableau plus souvent atypique — fièvre très élevée ± convulsions fébriles + symptômes digestifs (nausées + vomissements + diarrhée — plus fréquents qu'adulte) + myosite aiguë (douleurs mollets ++ — élévation des CPK) + otite moyenne aiguë fréquente + personnes âgées : fièvre parfois absente (hypothermie possible) + confusion + chutes + décompensation de maladies chroniques sans tableau grippal évident (grippe «décapitée») + femmes enceintes : syndrome grippal souvent plus sévère + risque de pneumonie virale × 4 + hospitalisation + prématurité + mort fœtale in utero + immunodéprimés : excrétion virale prolongée (semaines à mois) + pneumonie virale progressive + résistances aux antiviraux plus fréquentes ; complications de la grippe : pneumonie virale primitive (influenza seule — nécrose épithéliale + SDRA + mortalité élevée) + pneumonie bactérienne secondaire (la plus fréquente — 7–10 jours après le début — Streptococcus pneumoniae +++ + Staphylococcus aureus dont SARM + Haemophilus influenzae) + sinusite + otite moyenne + myocardite + péricardite + encéphalite + myosite + syndrome de Reye (aspirine + enfants — devenu rare) + décompensation de BPCO + insuffisance cardiaque ; diagnostics différentiels du syndrome grippal : SARS-CoV-2 (COVID-19 — tableau très similaire — nécessite un test de diagnostic) + VRS (virus respiratoire syncytial — enfants ++ + personnes âgées) + parainfluenza + adénovirus + rhinovirus (rhume commun — début progressif + fièvre absente ou faible) + Mycoplasma pneumoniae (début insidieux + toux sèche persistante) + légionellose (diarrhée + confusion + hyponatrémie)

Diagnostic, traitement et prévention

Clinical situationDiagnosisTreatment and prevention
Diagnostic virologique de la grippe
TDR — PCR — contexte épidémique
Le diagnostic de la grippe est souvent clinique en contexte épidémique — les tests virologiques sont indiqués dans des situations spécifiques ; tests de diagnostic rapide (TDR — immunochromatographie) : prélèvement naso-pharyngé (écouvillon NP) → résultat en 15–30 min — sensibilité : 50–70 % (variable selon les souches) + spécificité : 90–95 % — limites : faux négatifs fréquents (sensibilité insuffisante pour exclure la grippe) → un TDR négatif n'exclut pas la grippe en période épidémique — intérêt : résultat rapide + aide à la décision thérapeutique en urgence + cohortage épidémiologique — TDR de nouvelle génération (tests moléculaires rapides — CLIA-waived PCR : ID NOW — Abbott) : sensibilité 85–95 % + résultats en 10–15 min → supérieurs aux TDR antigéniques → disponibles dans certains points de soins au Québec ; RT-PCR multiplex (gold standard) : prélèvement naso-pharyngé ou nasopharyngé/oropharyngé (NP + OP) — sensibilité 95–99 % + spécificité 99 % — détection simultanée : influenza A + B + typage du sous-type A (H1N1pdm09 + H3N2) ± SARS-CoV-2 + VRS (panels respiratoires multiplex — BioFire FilmArray Respiratory Panel — RPII) — délai de résultat : 1–4h en laboratoire — indications : patients hospitalisés + immunodéprimés + cas graves + doute diagnostique clinique + surveillance épidémiologique — culture virale : délai de 3–10 jours → utile uniquement pour la surveillance épidémiologique + la caractérisation antigénique (données envoyées à l'OMS pour orienter la composition du vaccin de l'année suivante) — prélèvements optimaux : dans les 72–96 premières heures des symptômes (charge virale maximale) — site : nasopharynx (écouvillon NP) → supérieur à l'écouvillon nasal antérieur → brossage profond jusqu'au cavum ; approche diagnostique selon le contexte : période épidémique + tableau grippal typique + patient ambulatoire non à risque → diagnostic clinique + pas de test obligatoire → traitement symptomatique ou antiviral selon le risque + période épidémique + patient à risque de complication + décision thérapeutique (antiviral) → TDR ± PCR + période non épidémique ou doute diagnostique → PCR multiplex systématique + patient hospitalisé pour syndrome respiratoire aigu grave (SRAG) → PCR multiplex + hémocultures + Legionella/pneumocoque antigènes urinaires + radio thorax Principes du traitement antiviral — conditions d'efficacité optimale : les antiviraux antigrippaux sont les plus efficaces lorsqu'ils sont initiés dans les 48 premières heures suivant l'apparition des symptômes (réduction de la durée des symptômes de 1–2,5 jours + réduction des complications + hospitalisations) — au-delà de 48h : bénéfice plus modeste mais toujours possible chez les patients hospitalisés ou à risque élevé → traiter même au-delà de 48h chez les patients à risque ou hospitalisés — la décision de traiter ne doit pas attendre la confirmation virologique chez les patients à risque élevé : initiér l'antiviral sur la base clinique + épidémiologique dès la suspicion de grippe ; indications du traitement antiviral (lignes directrices ASPC + MSSS Québec) : traitement fortement recommandé : grippe confirmée ou suspectée chez tout patient à risque de complication (voir groupes à risque) + tout patient hospitalisé pour syndrome grippal + tout patient avec tableau clinique sévère (dyspnée + SaO2 <94 % + PA altérée + confusion) — traitement à considérer : tout adulte symptomatique désirant réduire la durée des symptômes + contact à risque chez qui la vaccination est impossible — traitement non recommandé en routine : adulte jeune immunocompétent avec grippe légère sans facteurs de risque
Antiviraux antigrippaux — traitement curatif
Oseltamivir — zanamivir — baloxavir
Trois classes d'antiviraux antigrippaux sont disponibles au Canada — chacune avec un mécanisme d'action distinct ; inhibiteurs de la neuraminidase (INH) — classe principale : mécanisme : inhibition de la NA virale → blocage du clivage de l'acide sialique → les virions néoformés ne peuvent pas se libérer des cellules infectées → limitation de la dissémination virale + oseltamivir (Tamiflu — capsules + suspension) : voie orale — 1re ligne ambulatoire — adulte : 75 mg × 2/j × 5 jours — enfant : dosage selon le poids (0–8 mois : 3 mg/kg × 2/j — 9–11 mois : 3,5 mg/kg × 2/j — ≥12 mois et <15 kg : 30 mg × 2/j — 15–23 kg : 45 mg × 2/j — 23–40 kg : 60 mg × 2/j — >40 kg : 75 mg × 2/j) — durée prolongée (10 jours) chez l'immunodéprimé — adaptation rénale : DFG 10–30 mL/min → 75 mg × 1/j — DFG <10 : 30 mg × 1/j — effets indésirables : nausées + vomissements (réduire en prenant avec les repas) + zanamivir (Relenza — poudre pour inhalation) : voie inhalée (Diskhaler) — 10 mg × 2/j (2 inhalations × 2/j) × 5 jours — adulte + enfant ≥7 ans — CI chez les asthmatiques et les BPCO (risque de bronchospasme) — utile si résistance à l'oseltamivir (H275Y) + intolérance digestive + peramivir (Rapivab) : voie IV — 600 mg IV en perfusion unique (30 min) — adulte — disponible au Canada — indiqué si voie orale impossible (grippe sévère hospitalisée + nausées incontrôlables) ; inhibiteur de l'endonucléase cap-dépendante (PA-I) : baloxavir marboxil (Xofluza) : mécanisme différent des INH — inhibe la protéine PA de l'ARN polymérase virale → blocage de la synthèse de l'ARNm viral — dose unique PO — adulte et enfant ≥12 ans ≥40 kg : 40 mg DU (<80 kg) ou 80 mg DU (≥80 kg) — avantages : dose unique (adhérence maximale) + réduction de la durée des symptômes de 26 h vs placebo + efficace sur les souches résistantes à l'oseltamivir (H275Y) — émergence de résistances (PA-I38T/F) observée surtout chez les enfants — approuvé Santé Canada 2019 — en pratique : alternative ou complément à l'oseltamivir dans les formes graves Situations particulières du traitement antiviral : grippe sévère hospitalisée (SDRA + pneumonie virale + VM) : oseltamivir 75 mg × 2/j × 5–10 jours (durée prolongée selon l'évolution) + peramivir IV si voie orale compromise + double dose d'oseltamivir (150 mg × 2/j) : données insuffisantes pour recommander systématiquement — non recommandé dans les lignes directrices actuelles (Cochrane) — peut être discuté en USI sur avis infectiologique + immunodéprimé (greffe + VIH + chimiothérapie) : excrétion virale prolongée + résistances aux antiviraux plus fréquentes (émergence de H275Y sous oseltamivir) → durée prolongée du traitement (10–14 jours) + surveillance de la résistance (génotypage viral) + zanamivir ou baloxavir si résistance à l'oseltamivir + grippe pendant la grossesse : oseltamivir recommandé à tous les trimestres (sans délai — risque de grippe sévère justifie le traitement malgré les données limitées sur la tératogénicité — recul important — FDA catégorie C — bénéfice/risque clairement favorable) — zanamivir : alternative acceptable si intolérance digestive ; résistances aux antiviraux : résistance à l'oseltamivir (mutation H275Y sur la NA) : rare dans les souches saisonnières (<1 % — données INSPQ + surveillance OMS) + risque accru : immunodéprimés + traitement prolongé + H1N1 saisonnier pré-2009 (résistance quasi universelle à l'époque — remplacé par H1N1pdm09 en 2009) — surveillance des résistances : cultures virales → caractérisation phénotypique + séquençage → données transmises à l'INSPQ + OMS — résistance aux adamantanes (amantadine + rimantadine) : influenza A H3N2 et H1N1pdm09 : résistance quasi universelle → les adamantanes ne sont plus recommandés
Traitement symptomatique et prise en charge ambulatoire
Paracétamol — repos — hydratation — retour au travail
La grande majorité des cas de grippe est prise en charge en ambulatoire — le traitement symptomatique constitue la base de la prise en charge chez l'adulte immunocompétent sans facteur de risque ; critères de prise en charge ambulatoire sécurisée : absence de signe de gravité (voir urgences) + pas de facteur de risque de complication + accès à des proches pouvant surveiller + possibilité de réévaluation rapide en cas d'aggravation ; mesures symptomatiques recommandées : fièvre et douleurs : paracétamol (acétaminophène) 500–1 000 mg × 3–4/j (maximum 4 g/j) — 1re ligne antipyrétique + antalgique → AINS (ibuprofène) : peuvent être utilisés pour la fièvre et les myalgies mais avec précaution (risque de complications bactériennes augmenté — données controversées — pneumonie à streptocoque + fasciite nécrosante en contexte viral — débat dans la littérature) → éviter si IRC + asthme + grossesse → aspirin à éviter chez l'enfant (syndrome de Reye) + hydratation : 1,5–2 L/j (eau + bouillons + boissons électrolytiques si vomissements) + repos au lit : essentiel — réduction de l'excrétion virale par le repos (données immunologiques) + toux : réducteurs de toux (dextrométhorphane — Robitussin DM) : efficacité modeste mais soulagement possible + décongestionnants nasaux (pseudoéphédrine — xylométazoline spray nasal) : soulagement de l'obstruction nasale — usage limité à 5–7 jours (rhinite médicamenteuse à l'arrêt) — CI : HTA non contrôlée + grossesse + glaucome à angle fermé ; mesures de contrôle de la transmission : confinement à domicile pendant la période de contagiosité : jusqu'à 24h après la fin de la fièvre sans antipyrétiques (minimum 5 jours après le début des symptômes) + hygiène des mains (lavage fréquent + solution hydroalcoolique) + port du masque médical si contact inévitable avec des personnes vulnérables (retour précoce au travail en milieu de soins — masque chirurgical obligatoire) + étiquette respiratoire (tousser + éternuer dans le coude) + ventilation des espaces intérieurs ; retour au travail : personnel de santé : recommandations INSPQ + MSSS : retour si plus de fièvre + symptômes résolus + 24h minimum sans antipyrétiques + port du masque chirurgical jusqu'à 7 jours après le début des symptômes si contact avec des patients vulnérables Antibiothérapie dans la grippe — quand et comment : l'antibiothérapie n'est pas indiquée dans la grippe non compliquée (cause virale — les antibiotiques n'ont aucune efficacité sur les virus) → la sur-prescription d'antibiotiques en contexte grippal est un problème majeur de santé publique (résistances bactériennes) ; indications d'une antibiothérapie dans un contexte grippal : pneumonie bactérienne secondaire suspectée (aggravation après amélioration initiale + reprise de la fièvre + expectoration purulente + consolidation à la radio thorax) → antibiothérapie selon les lignes directrices de la pneumonie acquise en communauté (PAC) : amoxicilline 1 g × 3/j × 5–7 jours (pneumocoque) ou amoxicilline-clavulanate + doxycycline si suspicion de germes atypiques + surinfection bactérienne des voies aériennes supérieures (sinusite + otite) : critères habituels d'antibiothérapie dans ces pathologies (voir fiches spécifiques) ; Staphylococcus aureus post-grippal (complication grave — souvent J7–J14 — pneumonie nécrosante + abcès + SDRA) : suspicion si : pneumonie fulminante après grippe + leucopénie + hémoptysie + cavitation radiologique → couverture anti-SARM : vancomycine IV ou linézolide si SARM confirmé ou très probable — cloxacilline IV si MSSA (antibiogramme) ; suivi post-grippal recommandé (personnes à risque) : consultation à 5–7 jours si : pas d'amélioration nette + fièvre persistante + dyspnée + douleur pleurale → radio thorax + NFS + hémocultures si fièvre ≥38,5 °C + bilan inflammatoire (CRP + PCT si disponible) → différencier grippe non compliquée de pneumonie surinfectée
Flu vaccination
PQVI Québec — vaccins disponibles — efficacité
La vaccination antigrippale annuelle est la mesure préventive la plus efficace contre la grippe — elle est recommandée pour tous les Canadiens de ≥6 mois, avec une priorité pour les groupes à risque ; composition du vaccin : mise à jour annuelle par l'OMS (réunions de février pour l'hémisphère Nord + de septembre pour l'hémisphère Sud) → basée sur la surveillance mondiale des souches circulantes — vaccins quadrivalents (QIV — Influenza A H1N1 + H3N2 + B Victoria + B Yamagata) → standard depuis 2020 (remplacement des vaccins trivalents) — problème de concordance vaccinale (vaccine mismatch) : si les souches circulantes dérivent trop des souches vaccinales → réduction de l'efficacité → variable selon les saisons (efficacité globale : 40–60 % en général — jusqu'à 70–80 % les bonnes années — aussi bien que 10–30 % les mauvaises années) ; types de vaccins disponibles au Québec (PQVI) : vaccins inactivés fractionnés ou sous-unitaires (IM) : Fluzone + Influvac + Vaxigrip Tetra → standard — >6 mois + vaccins inactivés haute dose (Fluzone High-Dose QIV — 60 µg d'HA par souche vs 15 µg standard) : recommandé en priorité pour les ≥65 ans → supérieur au vaccin standard dans cette tranche d'âge (méta-analyse : réduction de 24 % des pneumonies + hospitalisations vs vaccin standard doses normales — DiazGranados 2014) + vaccin adjuvanté à l'AS03 (Fluad Quad) : adjuvant AS03 → réponse immunitaire amplifiée → alternative pour les ≥65 ans + vaccin vivant atténué intranasal (FluMist Quadrivalent) : ≥2 ans jusqu'à 59 ans — CI chez les immunodéprimés + les femmes enceintes + les ≥60 ans + les asthmatiques sévères — avantage : production d'une immunité muqueuse locale (IgA) + immunité cellulaire — préféré chez les enfants de 2–17 ans (meilleure adhérence + efficacité comparable ou supérieure vs vaccin injectable dans certaines études pédiatriques) ; moment optimal de la vaccination : octobre–novembre (avant le début de la saison grippale) + mais bénéfice à tout moment de la saison grippale si non encore vacciné → ne pas retarder la vaccination en attendant la «bonne période» si le patient est devant vous Programme québécois de vaccination contre l'influenza (PQVI) : vaccination gratuite au Québec pour les groupes prioritaires : personnes ≥60 ans + résidents des CHSLD + personnes atteintes de maladies chroniques (cardiopathies + pneumopathies + diabète + IRC + immunodépression + obésité IMC ≥40) + femmes enceintes + enfants 6–59 mois + travailleurs de la santé + contacts des personnes à risque — administration : pharmacies (prescription non requise pour la vaccination antigrippale au Québec — loi sur la pharmacie) + cliniques de vaccination CIUSSS + médecins de famille + infirmières praticienne — calendrier vaccinal québécois : 1 dose annuelle pour la majorité + 2 doses (espacées de ≥4 semaines) si premier contact avec le vaccin grippal chez l'enfant <9 ans ; efficacité et bénéfices démontrés : adultes à risque : réduction de 50–60 % des hospitalisations + réduction de 80 % de la mortalité liée à l'influenza dans certaines études observationnelles (biais possibles) — personnes âgées en CHSLD : réduction de la mortalité toutes causes de 40–50 % — femmes enceintes : protection de la mère + de l'enfant (immunité passive transmise au nouveau-né pendant 6 mois — les nouveau-nés ne peuvent pas être vaccinés avant 6 mois) — travailleurs de la santé : protection des patients vulnérables (indirectement) ; contre-indications à la vaccination antigrippale : allergie sévère (anaphylaxie) à un composant du vaccin ou aux œufs (anaph ylaxie aux œufs) → vaccins produits en culture cellulaire (Flucelvax) ou par recombinaison (Flublok) disponibles sans protéine d'œuf → option sûre pour les allergiques aux œufs (ou vaccination sous surveillance médicale 30 min) + syndrome de Guillain-Barré dans les 6 semaines suivant une vaccination antigrippale antérieure → contre-indication relative (discuter bénéfice-risque) + maladie aiguë fébrile modérée à sévère → reporter la vaccination jusqu'à la guérison (rhume simple = pas une CI)
Grippe sévère et pandémique — situations particulières
SDRA — USI — chimioprophylaxie — pandémie
Grippe sévère et admission en soins intensifs : indications d'hospitalisation : SaO2 <94 % en air ambiant + FR >30/min + PA systolique <90 mmHg + confusion + incapacité à avaler les médicaments + comorbidités décompensées + absence de soutien à domicile + critères d'admission en USI (SOFA score + critères ATS/IDSA pour la PAC sévère) : hypoxémie réfractaire (PaO2/FiO2 <200) + VM + choc septique + défaillance multiviscérale ; pneumonie grippale sévère et SDRA : prise en charge ventilatoire : ventilation mécanique protectrice (Vt 6 mL/kg de poids idéal + PEEP optimale + FiO2 minimale pour SaO2 88–95 %) selon les recommandations ARDS Network + décubitus ventral (pronation) si PaO2/FiO2 <150 malgré VM (réduction de la mortalité de 16 % — Guérin 2013 — NEJM) + ECMO veino-veineuse (VV-ECMO) : indiquée en SDRA réfractaire à la VM (PaO2/FiO2 <80 malgré VM optimale) — centres ECMO au Québec : CHUM + CHU Sainte-Justine (pédiatrique) + IUCPQ — résultats de l'essai EOLIA (2018 — NEJM) : tendance à la réduction de la mortalité non significative (60 % vs 68 % — p=0,09) mais utilisation de l'ECMO comme sauvetage dans le bras contrôle chez 28 % des patients → usage en sauvetage validé + corticoïdes dans la grippe sévère : données hétérogènes — méta-analyses récentes (Lansbury 2019) : association des corticoïdes à une augmentation de la mortalité dans la grippe H1N1 sévère (biais de confusion importants — prescris souvent aux cas les plus graves) → corticoïdes non recommandés systématiquement dans la grippe + peuvent être utilisés si indication spécifique (choc septique réfractaire + BPCO exacerbée + insuffisance surrénalienne) ; chimioprophylaxie antigrippale : oseltamivir 75 mg × 1/j × 10 jours : indiquée en post-exposition (contact étroit avec un cas confirmé dans les 48h) chez : personnes non vaccinées à haut risque de complication + personnes vaccinées à très haut risque si concordance vaccinale douteuse + situations d'éclosions en CHSLD + institutionnalisés → réduction du risque de grippe de 70–90 % en chimioprophylaxie + préexposition (saison complète) : exceptionnel — réservé aux immunodéprimés sévères ne pouvant pas être vaccinés Surveillance pandémique et préparation : surveillance mondiale : OMS + CDC + ECDC + ASPC → réseau mondial de surveillance des virus influenza → détection précoce des nouveaux sous-types à potentiel pandémique — souches à surveillance renforcée en 2024–2025 : H5N1 (grippe aviaire — foyers bovins aux États-Unis — cas humains sporadiques + surveillance intensifiée) + H3N2v (variant porcin) + H7N9 (Asie) → risque pandémique faible à court terme mais surveillance continue — au Québec : plan de préparation à la pandémie influenza (MSSS) : réserves nationales d'oseltamivir (Tamiflu) + plans de vaccination de masse + protocoles d'activation des mesures de contrôle des infections en milieux de soins ; influenza aviaire H5N1 en 2024–2025 : épizootie sans précédent chez les bovins laitiers américains (détectée en mars 2024) + cas humains sporadiques chez des travailleurs agricoles (symptômes oculaires ++ + respiratoires + pas de transmission interhumaine documentée à ce jour — surveillance ASPC active) → oseltamivir efficace sur H5N1 (sensible aux INH) + pas de recommandation de vaccination préventive en population générale au Canada (pas de vaccin H5N1 disponible commercialement — stocks stratégiques gouvernementaux) — risque pour la population générale : faible à court terme ; historique des pandémies influenza : 1918 (H1N1 — grippe espagnole — 50–100 millions de décès) + 1957 (H2N2 — grippe asiatique — 1–2 millions) + 1968 (H3N2 — grippe de Hong Kong — 1 million) + 2009 (H1N1pdm09 — grippe porcine — 150 000–575 000 décès — moins grave que prévu en raison d'une immunité croisée partielle chez les >65 ans — vaccinés H1N1 dans les années 1950) → leçons : réponse vaccinale rapide + antiviraux + surveillance mondiale = clés de la gestion pandémique
ℹ️ 48 heures — la fenêtre d'or des antiviraux : l'oseltamivir (Tamiflu) est le plus efficace lorsqu'il est initié dans les 48 premières heures suivant le début des symptômes grippaux. Chez les patients à risque (âge ≥60 ans, maladies chroniques, femmes enceintes, immunodéprimés), le traitement antiviral doit être débuté dès la suspicion clinique de grippe en contexte épidémique, sans attendre la confirmation virologique. Chaque heure de délai réduit le bénéfice thérapeutique. Le médecin traitant peut informer ses patients à risque de garder une ordonnance d'oseltamivir à domicile pendant la saison grippale pour un démarrage immédiat en cas de symptômes évocateurs.
Situations requiring urgent medical assessment

Dyspnée progressive + SaO2 <94 % en air ambiant + fréquence respiratoire >30/min → pneumonie grippale ou surinfection bactérienne → hospitalisation urgente + radio thorax + bilan infectieux + oseltamivir IV ou PO + antibiothérapie si surinfection bactérienne suspectée.

Aggravation après amélioration initiale (J7–J14) + reprise de la fièvre + expectoration purulente + douleur pleurale → pneumonie bactérienne secondaire post-grippale (pneumocoque ou SARM) → hospitalisation + hémocultures + radio thorax + antibiothérapie selon les lignes directrices PAC.

Grippe chez une femme enceinte + fièvre >39 °C + tachycardie maternelle + diminution des mouvements fœtaux → risque de complications graves + prématurité → hospitalisation + oseltamivir sans délai + monitorage fœtal + obstétrique.

Grippe chez un immunodéprimé (greffe + chimiothérapie + VIH CD4 <100) + fièvre persistante >5 jours + dégradation clinique malgré l'oseltamivir → excrétion virale prolongée + résistance à l'oseltamivir possible → PCR nasopharyngée + séquençage viral (mutation H275Y) + switch vers zanamivir ou baloxavir + avis infectiologie.

Consult at Clinique Omicron

Les médecins de Clinique Omicron assurent la prise en charge de la grippe saisonnière — diagnostic clinique ou virologique (TDR + PCR), prescription d'oseltamivir pour les patients à risque, suivi des complications et orientation vers l'urgence si nécessaire. La vaccination antigrippale est disponible en pharmacie sans ordonnance dans le cadre du PQVI pour les groupes admissibles à la gratuité. Pour toute question sur la vaccination ou les antiviraux disponibles dans ses points de service, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Tout syndrome grippal sévère ou survenant chez une personne à risque doit être évalué rapidement par un professionnel de santé. La vaccination antigrippale annuelle est la meilleure protection disponible contre la grippe et ses complications.

Omicron Clinic

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Treatment within 24-48 hours. In-clinic or telemedicine, anywhere in Quebec.

Insurance receipts. 7j/7. No family doctor required.

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