Hypothermia
Pathophysiology, classification and etiologies
- Thermorégulation normale et mécanismes de perte de chaleur : thermorégulation : centre thermorégulateur : hypothalamus (aire préoptique antérieure) → intègre les afférences thermiques périphériques et centrales → commande les effecteurs → production de chaleur : frissons (contraction musculaire involontaire — augmentation du métabolisme de 200–500 % → principale réponse thermogénique à court terme) + thermogenèse sans frissons (tissu adipeux brun — surtout chez le nourrisson) + vasoconstriction cutanée (dérivation du flux sanguin vers le noyau central) + comportements : s'habiller + chercher un abri + bouger + mécanismes de perte de chaleur — les 4 voies : radiation (rayonnement infrarouge) : 40–65 % des pertes au repos → principale voie de perte en ambiance froide non ventée → convection : transfert de chaleur à l'air ou l'eau en mouvement → eau à 15°C → perte de chaleur × 25 vs air à la même température → conduction : contact direct avec une surface froide (sol froid + glace) → peu importante en volume mais rapide → évaporation : transpiration + voies respiratoires → importante lors de l'exercice intense + dans l'air froid et sec + pertes respiratoires augmentées en altitude ; facteurs favorisant la perte de chaleur et l'hypothermie : immersion dans l'eau froide : cause la plus efficace de refroidissement → convection massive → hypothermie en 30 min dans l'eau à 10°C → exposition au froid + vent (wind chill — facteur de refroidissement éolien) : vent à 50 km/h à −10°C → équivalent ressenti de −20°C → altitude + humidité + vêtements mouillés (réduction de l'isolation thermique de 90 % si vêtements trempés) + immobilisation + incapacité à produire de la chaleur : épuisement musculaire + faiblesse + hypoglycémie + alcool (vasodilatateur cutané → dissipation de chaleur + altère la perception du froid) ; métabolisme et température : réduction du métabolisme de base de 6–7 % par degré Celsius → à 28°C : métabolisme réduit de 50 % → à 18°C : métabolisme réduit de 75 % → à 10–15°C : état de métabolisme minimal → protection cérébrale contre l'ischémie (Polderman 2008 — Nature) : réduction de la consommation d'O₂ cérébrale → réduction de la libération de glutamate excitotoxique → réduction de l'apoptose neuronale → réduction de l'inflammation → fondement de l'hypothermie thérapeutique post-arrêt cardiaque (cible 32–36°C — TTM trial 2013 + HYPERION 2019)
- Classification de l'hypothermie et étiologies : classification suisse de l'hypothermie (Swiss Staging System — Durrer 2003 — High Altitude Medicine and Biology — modernisée par Pasquier 2016 — Resuscitation) : HT I (hypothermie légère) : 32–35°C → conscient + frissons + symptômes légers → HT II (hypothermie modérée) : 28–32°C → altération de la conscience + frissons cessant + HT III (hypothermie sévère) : 24–28°C → inconscient + frissons absents + fonctions vitales présentes → HT IV (hypothermie critique) : <24°C → absence apparente de fonctions vitales (arrêt cardiaque ou quasi-arrêt) → HT V : mort par hypothermie irréversible (hyperkaliémie >12 mmol/L = indicateur de mort irréversible) → la classification suisse est basée sur les signes cliniques car la température centrale n'est pas toujours connue initialement → meilleure classification pour guider la prise en charge préhospitalière + classification par température centrale : légère 32–35°C + modérée 28–32°C + sévère <28°C (ou <30°C selon les sources) ; étiologies selon le mécanisme : hypothermie primaire (exposition environnementale — cause de loin la plus fréquente) : immersion dans l'eau froide (noyade + accident nautique + chute en glace) + exposition prolongée au froid (sans-abri + randonnée + alpinisme + ski) + avalanche → victime d'avalanche : hypothermie + asphyxie + traumatisme → algorithme spécifique → hyperthermie iatrogène (secondaire à une pathologie sous-jacente) : insuffisance thyroïdienne (myxœdème — thermogenèse insuffisante) + insuffisance surrénalienne (crise addisonienne) + hypopituitarisme + sepsis sévère (vasodilatation + incapacité à produire de la chaleur) + hypoglycémie (perte de conscience → immobilité + altération de la réponse aux frissons) + insuffisance cardiaque sévère (débit insuffisant pour maintenir la température) + traumatisme crânien grave (atteinte du centre thermorégulateur) + AVC étendu + intoxications et médicaments : alcool (vasodilatation cutanée + altération de la perception du froid + hypoglycémie + inhibition des frissons) → cause de 50 % des hypothermies urbaines aux États-Unis (Danzl 1994 — NEJM) → neuroleptiques + antidépresseurs tricycliques + benzodiazépines (inhibent les frissons + altèrent la vigilance) + opioïdes + anesthésiques généraux (chirurgie prolongée — hypothermie peropératoire fréquente) + populations vulnérables : personnes âgées (réduction de la perception du froid + thermogenèse insuffisante + médicaments) + nourrissons (surface corporelle relative élevée + réserves énergétiques limitées) + personnes sans-abri + travailleurs en milieu froid + pratiquants de sports extrêmes + plongeurs
- Manifestations cliniques par stade et modifications physiopathologiques : stade HT I (32–35°C) — hypothermie légère : frissons importants (réponse maximale vers 35°C) + tachycardie compensatoire + hyperventilation + vasoconstriction périphérique (peau froide + pâle + cyanose des extrémités) + ataxie + dysarthrie + altération discrète du jugement + diurèse froide (diurèse hypothermique) : vasoconstriction périphérique → augmentation du volume central → suppression de l'ADH + inhibition de l'aldostérone → polyurie → déshydratation + hypovolémie → aggravation à la phase de réchauffement (vasodilatation + séquestration périphérique) → conscience préservée ; stade HT II (28–32°C) — hypothermie modérée : arrêt des frissons (effondrement de la thermogenèse musculaire) → aggravation progressive → bradycardie (réduction de la fréquence de dépolarisation sinusale) + hypotension + bradypnée + rigidité musculaire + confusion + agitation paradoxale + altération de la conscience → modifications ECG : onde J d'Osborn (déflexion positive entre le complexe QRS et le début du segment ST) = pathognomonique de l'hypothermie sévère + apparition vers 30–33°C + allongement des intervalles (PR + QRS + QT) → mydriase réactive → pupilles semi-dilatées (peut simuler la mort) ; stade HT III (24–28°C) — hypothermie sévère : inconscience + aréflexie + rigidité cadavériforme (simuler la mort) + respiration agonale → risque maximal de fibrillation ventriculaire (FV) : le seuil de FV hypothermique est autour de 28–30°C → tout mouvement brusque peut déclencher une FV → bradycardie extrême ou rythme jonctionnel → onde J d'Osborn très ample → acidose mixte (métabolique + respiratoire) + coagulopathie (inhibition des facteurs de coagulation par le froid — les tests de coagulation en laboratoire sont effectués à 37°C et sous-estiment la coagulopathie in vivo) ; stade HT IV (<24°C) — hypothermie critique : arrêt cardiaque apparent → systole — fibrillation ventriculaire — asystolie → pupilles fixes et dilatées → rigidité totale → absence de pouls et de respiration détectables → NE PAS déclarer le décès → réanimation à poursuivre jusqu'au réchauffement complet → à 28–30°C → dépolarisation aléatoire des cardiomyocytes → FV → à <24°C → asystolie par épuisement métabolique
Prise en charge préhospitalière, hospitalière et réanimation
| Aspect / intervention | Data, modalities, and protocols | Key studies and recommendations |
|---|---|---|
| Prise en charge préhospitalière et mesures générales Immobilisation — isolation — transport — perfusion — pouls — position horizontale — avalanche |
Principes fondamentaux de la prise en charge préhospitalière : manipuler le patient avec une extrême douceur : tout mouvement brusque → risque de déclencher une FV irréversible en milieu préhospitalier → transporter horizontalement + mobilisation minimale + ne pas faire marcher le patient hypothermique (effort musculaire → libération de K⁺ et de sang froid périphérique vers le cœur → déclenchement de FV) ; vérification du pouls et de la respiration : temps de vérification prolongé (60 secondes minimum) → la bradycardie extrême peut rendre le pouls imperceptible → si doute : utiliser l'écho-cardiographie portable ou le Doppler si disponible → ne pas déclarer l'arrêt cardiaque sur la seule absence de pouls perçu à la palpation dans un contexte d'hypothermie sévère → si pouls présent (même imperceptible) → ne pas commencer la RCP (risque de déclencher une FV) ; isoler et prévenir les pertes thermiques supplémentaires : retirer les vêtements mouillés (augmente les pertes de chaleur par 10 vs vêtements secs) → couverture de survie aluminisée + couvertures isolantes + chapeau (30–40 % des pertes de chaleur passent par la tête) + protection contre le vent et la pluie + position horizontale stricte (hypotension orthostatique sévère en position assise ou debout) → collapsus cardiovasculaire au relevé = « afterdrop rescue collapse » → maintenir le patient à plat ; perfusion IV : soluté chaud (NaCl 0,9 % réchauffé à 42°C si disponible → 500 mL + éviter les solutés contenant du potassium si hyperkaliémie suspectée + ne pas perfuser de Ringer lactate — froid + lactate aggrave l'acidose + maintien d'une volémie adéquate → HT I–II : oral si conscient + HT III–IV : IV systématique ; médicaments à éviter en hypothermie sévère : atropine (inefficace sur la bradycardie hypothermique — nœud sinusal ne répond pas en dessous de 30°C) + adrénaline IV (arythmogène en hypothermie profonde — accumulation jusqu'au réchauffement puis effets toxiques) → à réserver après réchauffement de 30°C selon l'ERC 2021 + antiarythmiques (lidocaïne + amiodarone) : inefficaces et arythmogènes en dessous de 30°C → à donner après réchauffement partiel ou en ECMO → glucagon : hypoglycémie fréquente → glucose IV ; victimes d'avalanche — algorithme spécifique : priorité 1 : désincarcération + dégagement rapide (risque d'asphyxie prime sur l'hypothermie) → 91 % des décès en avalanche sont dus à l'asphyxie si temps d'ensevelissement >35 min → priorité 2 : recherche d'une obstruction des voies aériennes (neige dans la bouche + nez + pharynx) + si poche d'air dans le masque de neige → hypothermie probable + asphyxie possible → si température centrale <32°C + arrêt cardiaque → ECMO si disponible → Brugger 2001 — Annals of Emergency Medicine : algorithme avalanche → asphyxie = cause principale de décès + risque d'arrêt cardiaque hypothermique si poche d'air + hyperkaliémie >12 mmol/L → arrêt de la réanimation ; transport : hélicoptère SMUR si disponible → couverture thermique maximale + monitoring ECG continu (détection de FV) + ne pas interrompre la RCP si en cours + orienter vers un centre équipé d'ECMO si HT IV | Manipulation douce et position horizontale — données : Kornberger 1999 — Resuscitation : mobilisation brusque d'un patient hypothermique → FV dans 30–60 % des cas → immobilisation stricte + manipulation douce = mesure préventive majeure + Brugger 2001 — Annals of Emergency Medicine : algorithme avalanche → asphyxie cause principale (>91 % si ensevelissement >35 min) → désincarcération prioritaire sur tout autre geste + Danzl 1994 — New England Journal of Medicine : revue fondatrice de l'hypothermie accidentelle → mécanismes + stades + traitement + épidémiologie (alcool dans 50 % des hypothermies urbaines) → référence pédagogique encore citée + Gilbert 2000 — Lancet : survie neurologique intacte après arrêt cardiaque hypothermique 60 min + température de 13,7°C → illustre le potentiel de récupération + Pasquier 2016 — Resuscitation : classification suisse révisée → guide clinique préhospitalier + critères d'ECMO + critères d'arrêt de la réanimation + ERC Guidelines 2021 (Soar) : résumé des recommandations pour la prise en charge de l'hypothermie → adrénaline à éviter avant 30°C + RCP continue si FV + orientation ECMO si disponible |
| Réchauffement — méthodes passive, active externe et active interne Réchauffement passif — couvertures chauffantes — lavages cavitaires — ECMO — liquides chauds IV — afterdrop |
Méthodes de réchauffement selon la sévérité : réchauffement passif (RP) — HT I seulement : retrait des vêtements mouillés + couvertures isolantes + environnement chaud + isolation du sol → rythme de réchauffement : 0,5–2°C/h → suffisant si thermogenèse endogène (frissons) préservée → contre-indiqué seul si >HT I (thermogenèse insuffisante) → indiqué en premier dans tous les cas ; réchauffement actif externe (RAE) — HT I et II : couvertures chauffantes électriques (Bair Hugger — forced air warming) → envelopper le tronc prioritairement (réchauffer les extrémités en premier → vasodilatation périphérique → retour de sang froid vers le cœur → afterdrop → risque de FV) → réchauffement du tronc en premier = règle absolue → matelas chauffants + bain chaud (38–42°C) : efficace + rythme 1–3°C/h + mais mobilisation nécessaire → réservé aux patients HT I–II stables → liquides IV chauds (42–44°C) : NaCl 0,9 % réchauffé + efficacité limitée sur la température centrale mais prévient l'aggravation + aides au RAE : inhalation d'O₂ humidifié chaud (40–45°C) → 1–1,5°C/h de contribution + remplacement ventriculaire chaud si disponible ; réchauffement actif interne (RAI) — HT III et IV : lavages cavitaires chauds (solution saline à 40–42°C) : lavage pleural bilatéral → 1 litre/cavité → aspiration + retour → rythme de réchauffement : 3–8°C/h → lavage vésical → moins efficace → lavage péritonéal + priorisation des méthodes : lavage pleural bilatéral = méthode RAI la plus efficace et la plus accessible sans ECMO → indiqué dans HT III–IV avec cœur battant → inhalation d'O₂ humidifié chaud → perfusions IV chaudes + irrigation gastrique ou colique chaude : efficacité moindre + risque d'inhalation → à éviter si conscience altérée ; ECMO (Extra-Corporeal Membrane Oxygenation) — traitement de référence de l'arrêt cardiaque hypothermique : ECMO veino-artérielle (VA-ECMO) : canulation fémorale + réchauffement extracorporel du sang → pompe + oxygénateur + échangeur thermique → rythme de réchauffement : 8–12°C/h → maintient la perfusion pendant la FV ou l'asystolie + réchauffe simultanément → critères de transfert en ECMO selon Pasquier 2016 — Resuscitation : HT IV (arrêt cardiaque) + signe de vie avant l'arrêt + K⁺ <12 mmol/L + absence de blessures incompatibles avec la vie + durée de réanimation <6h (ou extended CPR — eCPR — si pas d'ECMO rapidement) → ECMO = seul traitement permettant un réchauffement efficace pendant un arrêt cardiaque hypothermique → Wanscher 2012 — Resuscitation : ECMO dans l'hypothermie + arrêt cardiaque → taux de survie neurologique intacte 50–60 % dans les cas sélectionnés → Ruttmann 2007 — Annals of Thoracic Surgery : survie favorable dans l'arrêt cardiaque hypothermique + ECMO → facteurs pronostiques : K⁺ à l'admission + durée de l'arrêt + asphyxie concomitante ; phénomène d'afterdrop : pendant le réchauffement → le sang froid des extrémités retourne vers le cœur → baisse paradoxale de la température centrale → peut déclencher une FV → prévention : réchauffer le tronc en premier + positionner les membres en déclive relative + perfuser des liquides chauds → afterdrop classiquement 1–2°C → ne pas arrêter le réchauffement si la température baisse transitoirement après la mise en place des mesures + rythme optimal de réchauffement : HT I–II sans arrêt cardiaque : 1–2°C/h → HT III–IV sans arrêt cardiaque : 2–3°C/h (lavages pleuraux) → arrêt cardiaque hypothermique : aussi rapide que possible avec ECMO (8–12°C/h) → objectif de température finale : 35–37°C + surveiller la kaliémie, la glycémie, les lactates et le pH pendant le réchauffement | Efficacité comparée des méthodes de réchauffement : Lexow 2011 — Resuscitation : lavage pleural bilatéral vs méthodes superficielles → lavage pleural : rythme 6–8°C/h vs 1–2°C/h méthodes passives → méthode de choix si ECMO non disponible + Brown 2012 — New England Journal of Medicine : revue de l'hypothermie accidentelle → ECMO = standard of care pour l'arrêt cardiaque hypothermique → taux de survie 50–60 % dans les cas sélectionnés + Wanscher 2012 — Resuscitation : cohorte ECMO + hypothermie + arrêt cardiaque → survie neurologique intacte dans 56 % des cas → résultats les meilleurs si : K⁺ <10 mmol/L + asphyxie absente + arrêt cardiaque à témoins + RCP précoce + Ruttmann 2007 — Annals of Thoracic Surgery : série chirurgicale → ECMO + réchauffement + défibrillation → survie favorable même après arrêt cardiaque prolongé + Paal 2016 — Resuscitation : consensus européen sur l'hypothermie accidentelle → ECMO indiquée si HT IV + K⁺ <12 mmol/L + absence de causes d'arrêt irréversible + Mair 2010 — Resuscitation : bain chaud vs forced air warming → bain chaud légèrement supérieur mais mobilisation nécessaire → Bair Hugger préféré en pratique hospitalière car moins de manipulation + Kempainen 2004 — Chest : inhalation O₂ chaud humidifié → contribution de 1–1,5°C/h → utile en adjuvant mais insuffisant seul ; phénomène d'afterdrop — données : Giesbrecht 1999 — Journal of Applied Physiology : afterdrop moyen 1,0–2,0°C lors du réchauffement → prévention par immobilisation des membres → réchauffement du tronc prioritaire + l'afterdrop ne contre-indique pas le réchauffement mais impose une surveillance ECG continue |
| Arrêt cardiaque hypothermique — RCP et défibrillation RCP prolongée — défibrillation — adrénaline — ECMO — hyperkaliémie — critères d'arrêt — survie neurologique |
Prise en charge de l'arrêt cardiaque hypothermique — principes : « Un patient n'est pas mort jusqu'à ce qu'il soit chaud et mort » (Safar / adage réanimatologique) → ne jamais déclarer le décès sans réchauffement complet (sauf causes évidentes d'irréversibilité) ; critères d'irréversibilité — conditions permettant d'arrêter la réanimation selon l'ERC 2021 (Soar) et Pasquier 2016 : hyperkaliémie >12 mmol/L (libération de K⁺ par lyse cellulaire due à l'anoxie avant l'hypothermie → indique une mort par anoxie, non par hypothermie) → Hilmo 2014 — Resuscitation : K⁺ >12 mmol/L → aucun survivant dans la littérature (données combinées de 234 cas d'arrêt hypothermique) → traumatismes incompatibles avec la vie (plaies pénétrantes + traumatismes crâniens massifs + trauma thoracique avec cœur déstructuré) → avalanche avec asphyxie documentée avant l'hypothermie → ECMO impossible ou inaccessible dans un délai raisonnable + durée de RCP >6h sans réchauffement → critère relatif, non absolu → cas exceptionnels de survie après RCP très prolongée sous hypothermie ; RCP en hypothermie — spécificités techniques : si FV ou asystolie détectée → débuter la RCP selon les algorithmes standard (30 compressions : 2 ventilations ou continue si intubé) → RCP continue pendant le transport jusqu'au centre ECMO (eCPR — extended CPR) + défibrillation : choc électrique externe (200 J biphasique) → tenter 1 choc si FV → si échec de défibrillation → continuer la RCP + réchauffer jusqu'à 30°C → re-tenter la défibrillation → la FV hypothermique est résistante à la défibrillation en dessous de 30°C → le myocarde froid ne répond pas → réchauffement indispensable avant que la défibrillation soit efficace → l'ECMO permet de réchauffer et de défibriller de manière synchronisée + médicaments en hypothermie sévère : adrénaline : NE PAS administrer si T° centrale <30°C (s'accumule + effets toxiques au réchauffement + arythmogène) → à partir de 30°C : intervalles doublés (toutes les 6–10 min au lieu de toutes les 3–5 min) selon l'ERC 2021 + amiodarone : inefficace <30°C → à éviter → à partir de 30°C si FV persistante → valeur de la kaliémie à l'admission aux urgences : K⁺ <6 mmol/L → pronostic excellent si ECMO + K⁺ 6–12 mmol/L → pronostic intermédiaire → K⁺ >12 mmol/L → arrêt de la réanimation recommandé → décision d'ECMO basée sur : K⁺ + contexte (asphyxie concomitante ?) + durée de l'arrêt + présence de témoins + signes de vie avant l'arrêt ; monitoring pendant la réanimation hypothermique : ECG continu (détection de FV + onde J d'Osborn + intervalles) + température centrale par sonde œsophagienne ou rectale → monitoring continu + kaliémie répétée + pH + lactates + glycémie + écho-cardiaque (activité mécanique résiduelle ?) + EtCO₂ si intubé (valeur pronostique) ; résultats de la réanimation hypothermique — données de survie : Gilbert 2000 — Lancet : cas publié → survie neurologique intacte après arrêt cardiaque 60 min + température 13,7°C → cas le plus froid jamais survécu → Larach 1995 — Resuscitation : méta-analyse → survie après arrêt cardiaque hypothermique → facteur le plus prédictif : K⁺ à l'admission → Brown 2012 — NEJM : survie globale après arrêt cardiaque hypothermique 50–75 % avec ECMO dans les cas sélectionnés → contre 5–20 % sans ECMO → Wanscher 2012 — Resuscitation : 56 % de survie neurologique intacte (CPC 1–2) en ECMO → résultats bien meilleurs que pour les arrêts cardiaques normothermiques à durée équivalente | Hyperkaliémie et pronostic dans l'arrêt hypothermique — données clés : Hilmo 2014 — Resuscitation : revue systématique de 234 cas d'arrêt cardiaque hypothermique → K⁺ >12 mmol/L → 0 survivant sur 234 cas → seuil international validé pour l'arrêt de la réanimation → K⁺ 6–12 mmol/L → survie possible → K⁺ <6 mmol/L → excellent pronostic + Pasquier 2016 — Resuscitation : score HOPE (Hypothermia Outcome Prediction before ECMO) : intègre le sexe + mécanisme (asphyxie ou non) + durée de la RCP + K⁺ + âge → prédit la probabilité de survie → outil d'aide à la décision ECMO → Brown 2021 — Resuscitation : validation prospective du score HOPE → bonne discrimination (AUC 0,87) → score ≤10 % → arrêt de la réanimation justifié → score >10 % → ECMO indiquée + Mair 2010 — Resuscitation : algorithme de décision ECMO dans les centres alpins (Autriche + Suisse) → taux de survie améliorés depuis l'introduction de protocoles systématiques + ERC 2021 (Soar — Resuscitation) : résumé des recommandations ERC 2021 hypothermie → ne pas administrer adrénaline avant 30°C + défibrillation 1 choc → reprendre RCP si échec → défibrillation à chaque hausse de 1–2°C → ECMO si disponible pour HT IV ; défibrillation et seuils de température : Walpoth 1997 — NEJM : défibrillation efficace seulement au-dessus de 28–30°C → en dessous : FV réfractaire aux chocs → réchauffement requis + chez les victimes d'avalanche : Mair 2010 — Resuscitation : algorithme spécifique → exclure l'asphyxie (cause principale) avant l'ECMO → K⁺ + ECG + anamnèse → décision collégiale rapide |
| Complications, hypothermie thérapeutique et prévention TTM — post-arrêt cardiaque — HYPERION — coagulopathie — infections — frostbite — prévention population vulnérable |
Complications de l'hypothermie accidentelle sévère : coagulopathie hypothermique : inhibition enzymatique des facteurs de coagulation (activité réduite de 10 % par degré en dessous de 37°C) + thrombocytopénie (séquestration splénique des plaquettes au froid) + dysfonction plaquettaire + attention : les tests de coagulation sont effectués en laboratoire à 37°C → les résultats peuvent être normaux même si la coagulopathie in vivo est sévère → si saignement actif + hypothermie → traiter empiriquement (PFC + plaquettes + fibrinogène) sans attendre les résultats à 37°C → trilogie létale (lethal triad) en traumatologie : hypothermie + acidose + coagulopathie → mortalité extrêmement élevée → prévention : réchauffement précoce + chirurgie de contrôle des dommages (Damage Control Surgery) → Cosgriff 1997 — Journal of Trauma : hypothermie + acidose + coagulopathie → mortalité 98 % → infections : immunosuppression hypothermique (réduction de la chemotaxie des polynucléaires + réduction de la phagocytose + réduction des cytokines) → pneumonie d'inhalation (si trouble de conscience) + sepsis → prophylaxie antibiotique discutée → ATB si aspirations documentées + troubles métaboliques : hypoglycémie (réduction de la néoglucogenèse + épuisement des réserves glycogéniques) → glucose IV systématique → rhabdomyolyse (musculaire + libération de myoglobine → IRA) + pancréatite aiguë (hypothermie → ischémie pancréatique + activation des enzymes) → insuffisance rénale aiguë (choc + rhabdomyolyse + néphrotoxicité directe du froid) → engelures (frostbite) : voir ci-dessous ; engelures (frostbite) — lésions locales par le froid : classification : engelure superficielle (grades 1–2) : congélation superficielle → érythème + phlyctènes claires → récupération habituelle → engelure profonde (grades 3–4) : congélation profonde → nécroses → phlyctènes hémorragiques → amputation possible → traitement : réchauffement rapide en bain d'eau chaude à 37–40°C × 20–30 min (si pas de risque de recongélation — la recongélation est plus délétère que le maintien congelé) → analgésie (ibuproféne + opioïdes) → iloprost IV (prostaglandine — vasodilatateur) : améliore la perfusion distale → Twomey 2011 — European Journal of Emergency Medicine : iloprost → réduction des amputations de 50 % dans les engelures sévères → débriquer chirurgicalement après délimitation → ne pas amputer précocement (récupération possible en 3–6 mois) → TNK-rtPA (tenectéplase) : thrombolyse intraartérielle si caillots documentés en angiographie ; hypothermie thérapeutique (HT intentionnelle) — applications cliniques : post-arrêt cardiaque sur FV/TV sans pouls (hypothermie induite) : historique — HACA Trial 2002 — NEJM : hypothermie à 32–34°C × 24h post-RACS → réduction de la mortalité de 41 % + amélioration neurologique → TTM Trial (Targeted Temperature Management — Nielsen 2013 — NEJM) : 33°C vs 36°C × 24h → aucune différence entre les deux cibles → conclusion : le contrôle actif de la température (éviter la fièvre) est ce qui compte + TTM2 Trial (Dankiewicz 2021 — NEJM) : normothermie vs hypothermie (33°C) post-RACS → pas de différence de mortalité ni neurologique → remet en question l'hypothermie systématique → consensus actuel ERC 2021 : contrôle actif de la température cible 32–36°C (individualisée) + éviter la fièvre (≥37,7°C) systématiquement post-RACS → HYPERION Trial (Lascarrou 2019 — NEJM) : post-arrêt sur rythme non chocable (asystolie + AESP) → hypothermie 33°C vs 37°C → légère amélioration neurologique à 90j (26 % vs 19 % CPC 1–2) → bénéfice modeste → hypothermie néonatale (EIH — encéphalopathie ischémique hypoxique) : 33–34°C × 72h → réduction de la mortalité + handicap neurologique → standard of care néonatal + AVC ischémique étendu + traumatisme crânien sévère : hypothermie étudiée → résultats mitigés ; prévention de l'hypothermie accidentelle : personnes âgées : chauffage adéquat du domicile + surveillance en période de grand froid (appels de sécurité) + médicaments hypothermisants recensés + personnes sans-abri : maisons d'hébergement chauffées + mesures de santé publique + sportifs et randonneurs : formation aux signes précoces + équipement adapté (vêtements en couches + protection contre le vent + l'humidité) + couverture de survie dans le sac à dos + ne jamais partir seul + annoncer son itinéraire + clinique : réchauffement peropératoire systématique (Bair Hugger) → réduction des complications chirurgicales | Hypothermie thérapeutique — évolution des preuves : HACA Trial 2002 — NEJM : n=275 adultes post-RACS sur FV → 33°C × 24h → 55 % vs 41 % survie neurologique favorable → publication fondatrice + Bernard 2002 — NEJM : n=77 → résultats similaires → adoption mondiale de l'hypothermie post-RACS → TTM Trial 2013 — NEJM (Nielsen) : n=950 → 33°C vs 36°C → pas de différence → aucune des deux cibles supérieure → TTM2 Trial 2021 — NEJM (Dankiewicz) : n=1 900 → normothermie vs 33°C → pas de différence → remet en question l'hypothermie systématique → conclusion : éviter la fièvre = mesure minimale universelle → hypothermie intentionnelle → individuelle et ciblée → HYPERION 2019 — NEJM (Lascarrou) : post-RACS non chocable → 33°C → légère amélioration neurologique (26 vs 19 %) → bénéfice statistiquement significatif mais d'ampleur modeste + Shankaran 2005 — NEJM : hypothermie néonatale (EIH) → n=208 → réduction de 16 % du risque de décès ou handicap majeur → standard of care néonatal universel + Cosgriff 1997 — Journal of Trauma : trilogie létale → mortalité 98 % → démonstration de l'urgence du réchauffement en traumatologie + Twomey 2011 — EJE : iloprost → réduction des amputations de 50 % dans les engelures sévères + Walpoth 1997 — NEJM : réveil après arrêt hypothermique + ECMO → démonstration de la survie possible après arrêt prolongé hypothermique |
Toute personne trouvée inconsciente ou en état de torpeur dans un contexte de froid, d'immersion ou d'exposition extérieure prolongée → appel 911 → manipuler avec une extrême douceur (risque de FV à tout mouvement brusque) → retirer les vêtements mouillés → couvrir avec des couvertures de survie → positionner à plat → ne pas tenter de faire marcher le patient → ne pas frictionner les membres → transport en urgence vers un centre hospitalier.
Absence apparente de pouls et de respiration chez un patient en hypothermie sévère → appel 911 → vérifier le pouls pendant 60 secondes → si toujours absent → débuter la RCP → ne pas déclarer le décès → maintenir la RCP pendant le transport → orienter vers un centre ECMO si HT IV → ne pas administrer d'adrénaline avant 30°C → 1 choc électrique si FV puis poursuivre la RCP.
Victime d'avalanche ensevelie plus de 35 minutes → risque d'asphyxie + hypothermie → appel 911 → désincarcération prioritaire → dégagement des voies aériennes (neige) → si arrêt cardiaque + poche d'air visible → hypothermie probable → RCP + ECMO → doser la kaliémie en urgence → si K⁺ >12 mmol/L → arrêt de la réanimation peut être discuté.
Engelures profondes des membres avec phlyctènes hémorragiques, peau noire ou insensibilité totale → urgences vasculaires → ne pas réchauffer si risque de recongélation + transport urgent → iloprost IV dans les 48h si disponible → ne pas amputer prématurément → délimitation des zones nécrotiques à 3–6 mois.
Consult at Clinique Omicron
Les médecins de Clinique Omicron évaluent les hypothermies légères découvertes en ambulatoire, prescrivent les mesures de réchauffement appropriées, identifient les causes sous-jacentes (hypothyroïdie, sepsis, intoxications, malnutrition), orientent les patients vers les urgences hospitalières en cas d'hypothermie modérée à sévère, et assurent le suivi post-hypothermie (complications rénales, cardiaques, cutanées). Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un service d'urgences. Toute hypothermie modérée à sévère constitue une urgence médicale vitale nécessitant une prise en charge hospitalière immédiate. Appeler le 911 sans délai.
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Treatment within 24-48 hours. In-clinic or telemedicine, anywhere in Quebec.
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