Lactose intolerance
Mécanismes, types de déficit et présentation clinique
- Biochimie de la digestion du lactose et mécanismes physiopathologiques : lactase (β-galactosidase — LPH — Lactase-Phlorizin Hydrolase) : enzyme glycoprotéique de la bordure en brosse des entérocytes du jéjunum proximal → hydrolyse le lactose (disaccharide) → glucose + galactose → absorbés par transport actif (SGLT1) + diffusion facilitée (GLUT2) → en cas de déficit en lactase : lactose non hydrolysé → passe dans le côlon → fermentation bactérienne anaérobie → production de : gaz fermentaires (H₂ + CH₄ + CO₂ + traces H₂S) → distension colique → ballonnements + flatulences + borborygmes → acides gras à chaîne courte (AGCC) → butyrate + propionate + acétate → acidification colique → diarrhée osmotique → augmentation de la pression osmotique colique (lactose + ses produits de fermentation) → afflux d'eau → diarrhée + douleurs abdominales à type de crampes (distension + hyperactivité colique) → la sévérité des symptômes dépend de : la quantité de lactose ingérée + l'activité résiduelle de la lactase + la vitesse du transit (plus rapide = plus de lactose au côlon) + la composition du microbiote colique (certaines bactéries fermentent mieux le lactose → plus de gaz chez certains individus) + la sensibilité viscérale individuelle (les patients avec SCI ont une sensibilité viscérale accrue → plus de symptômes pour la même quantité de lactose) ; types de déficit en lactase : déficit primaire (hypolactasie primaire de l'adulte — LNP) : le plus fréquent (80–85 % des déficits en lactase) → programmation génétique : au cours de l'évolution, l'activité de la lactase est élevée chez le nourrisson (nécessaire pour la digestion du lait maternel) → puis décline progressivement après le sevrage → dans la plupart des populations mondiales, cette décline est physiologique → mutation LCT-13910C>T (chromosome 2q21) : allèle T = lactase persistence (LP) → maintien de l'activité lactasique à l'âge adulte → fréquent dans les populations d'Europe du Nord + d'Afrique pastorale → allèle C = non-persistence (LNP) → déclin progressif de l'activité lactasique → symptômes si apport en lactose suffisant → Enattah 2002 — Nature Genetics : découverte du polymorphisme LCT-13910 → association avec la persistance de la lactase + déficit secondaire (hypolactasie secondaire) : causé par une pathologie de la muqueuse intestinale → gastro-entérite aiguë (rotavirus ++ chez l'enfant → intolérance au lactose transitoire post-gastro-entérite — durée 4–8 semaines) → maladie cœliaque (atrophie villositaire → réduction de la surface de la bordure en brosse) → maladie de Crohn (iléïte → réduction de la surface absorbante) → giardiase + résection intestinale + radioentérite → souvent réversible si la pathologie causale est traitée + déficit congénital en lactase (alactasie congénitale) : forme extrêmement rare (quelques centaines de cas mondiaux) → absence totale de lactase dès la naissance → diarrhée aqueuse dès la 1re tétée → grave + traitement : lait sans lactose dès la naissance + Holzel 1959 — Lancet : première description de l'alactasie congénitale
- Clinical presentation and differential diagnosis : symptômes de l'intolérance au lactose : apparaissent 30 min à 2 heures après l'ingestion de lactose → ballonnements abdominaux (le plus fréquent) + flatulences + borborygmes (bruits intestinaux audibles) + crampes abdominales + diarrhée (selles molles à liquides + sans sang ni glaire + acidité — pH fécal <5,5) + nausées (parfois) + la sévérité est dose-dépendante : la plupart des adultes avec intolérance au lactose tolèrent jusqu'à 12 g de lactose par prise (équivalent d'un verre de lait de 240 mL — 12 g de lactose) → les symptômes apparaissent au-delà du seuil individuel + le lait entier est mieux toléré que le lait écrémé (la matière grasse ralentit le transit → moins de lactose au côlon par unité de temps) + les yaourts et fromages affinés sont souvent bien tolérés (lactose partiellement digéré par les bactéries lactiques) ; diagnostic différentiel — important de ne pas confondre : allergie aux protéines du lait de vache (APLV) : réaction immuno-allergique → IgE-médiée (immédiate — urticaire + angioœdème + anaphylaxie) ou non-IgE-médiée (APLV non IgE — entérocolite + proctocolite + entéropathie) → survient chez les nourrissons + jeunes enfants + bilan allergologique requis (IgE spécifiques lait + prick tests) → éviction complète des protéines du lait (pas seulement du lactose) → syndrome du côlon irritable (SCI) : chevauchement fréquent → 50–70 % des patients avec SCI rapportent une intolérance au lactose → mais les tests diagnostiques sont souvent normaux → le mécanisme est plutôt une sensibilité viscérale accrue + un microbiote altéré → traitement : régime pauvre en FODMAP (le lactose est un FODMAP) → souvent résolution des symptômes avec alimentation pauvre en FODMAP → maladie cœliaque : à exclure systématiquement si déficit secondaire suspecté + SIBO (Small Intestinal Bacterial Overgrowth) : fermentation prématurée du lactose dans l'intestin grêle → test respiratoire positif au lactulose → traitement antibiotique (rifaximine) → Zhu 2021 — Nutrients : distinction entre intolérance au lactose + SIBO + SCI → recommandations pratiques
Diagnosis and management
| Aspect / Domain | Data, criteria and procedures | Key studies and recommendations |
|---|---|---|
| Tests diagnostiques de l'intolérance au lactose Test respiratoire H2 — test respiratoire CH4 — test de tolérance lactose — génotypage LCT — biopsie intestinale — critères diagnostiques — interprétation |
Test respiratoire à l'hydrogène (H₂ breath test — HBT) — test de référence : principe : après ingestion de 25–50 g de lactose → si malabsorption → H₂ produit par les bactéries coliques → absorbé → exhalé par les poumons → mesuré dans l'air expiré + technique : le patient ingère 25–50 g de lactose dans 250 mL d'eau (à jeun) → mesures de l'H₂ expiré (ppb) à T0 + T30 + T60 + T90 + T120 + T180 min → interprétation : positif (malabsorption) : augmentation de l'H₂ expiré ≥20 ppm par rapport à la valeur basale avant T90 → si associé à des symptômes → intolérance au lactose confirmée → sensibilité : 78–87 % + spécificité : 87–95 % + problèmes : faux négatifs : 15–20 % → producteurs non-H₂ (produisent du CH₄ à la place de l'H₂) → non détectés si on ne mesure que l'H₂ → résoudre par le test combiné H₂ + CH₄ + faux positifs : SIBO (fermentation prématurée dans l'intestin grêle → augmentation précoce de l'H₂ avant T60) → distinguer par la cinétique du pic + usage d'antibiotiques récents → fausse négativité → conditions préalables : régime préparatoire la veille (sans fibres fermentescibles + sans légumineuses + sans produits laitiers) → à jeun depuis 8h → pas de tabac + pas d'exercice vigoureux + pas d'antibiotiques dans les 4 semaines précédentes + test combiné H₂ + CH₄ : mesure simultanée de l'H₂ ET du CH₄ → augmentation ≥10 ppm de CH₄ = positif → amélioration de la sensibilité à 90–97 % → Eisenmann 2008 — Alimentary Pharmacology and Therapeutics : test combiné H₂ + CH₄ → sensibilité 97 % + spécificité 92 % → supérieur au test H₂ seul ; test de tolérance orale au lactose (glycémie post-lactose) : ingestion de 50 g de lactose → mesures de la glycémie à T0 + T30 + T60 + T120 → si augmentation de la glycémie <1,1 mmol/L → malabsorption du lactose probable + si symptômes contemporains → intolérance confirmée + moins utilisé que le test respiratoire car invasif (prises de sang) + sensibilité moindre + génotypage du polymorphisme LCT-13910 : test génétique : méthode PCR → allèle C/C : non-persistence certaine → allèle C/T : hétérozygote (activité lactasique intermédiaire) → allèle T/T : persistence → avantage : une seule fois + non conditionné par le microbiote + Büning 2003 — Gut : génotypage LCT-13910 + sensibilité 89 % + spécificité 96 % pour le déficit primaire → utile pour distinguer hypolactasie primaire vs secondaire → disponible dans certains laboratoires au Québec → biopsie de l'intestin grêle + dosage de l'activité lactasique : gold standard histochimique → rarement utilisé en pratique courante (invasif) → réservé aux cas complexes → activité <10 U/g de protéines = déficit significatif + test d'exclusion-réintroduction au lactose : méthode clinique simple → élimination du lactose × 2 semaines → si amélioration des symptômes → puis réintroduction → si récidive des symptômes → intolérance cliniquement probable → Mattar 2012 — Journal of Gastroenterology : algorithme diagnostique pragmatique → test respiratoire = 1re intention → génotypage si test respiratoire équivoque | Eisenmann 2008 — Alimentary Pharmacology and Therapeutics : test combiné H₂ + CH₄ → sensibilité 97 % + spécificité 92 % → supérieur au test H₂ seul → recommandé + Büning 2003 — Gut : génotypage LCT-13910 → sensibilité 89 % + spécificité 96 % + Lactose Intolerance Consensus Report 2010 (NIH Consensus Development Conference) : recommandations pour le diagnostic + traitement → test respiratoire H₂ = 1re intention → + Enattah 2002 — Nature Genetics : découverte LCT-13910 + association LP + Mattar 2012 — Journal of Gastroenterology : algorithme diagnostique + Zhu 2021 — Nutrients : intolérance lactose + SIBO + SCI → distinctions pratiques + ACG 2017 (Chey — American Journal of Gastroenterology) : recommandations sur les intolérances alimentaires + test respiratoire H₂ + CH₄ + NASPGHAN : recommandations pédiatriques pour le diagnostic de l'intolérance au lactose + Canadian Digestive Health Foundation (CDHF) : ressources canadiennes pour les patients |
| Prise en charge nutritionnelle — adaptation alimentaire sans suppression totale des produits laitiers Seuil de tolérance individuel — yaourts — fromages affinés — lait sans lactose — calcium — vitamine D — substituts végétaux — FODMAP — SCI |
Principe de base : l'objectif n'est PAS la suppression totale du lactose mais l'adaptation alimentaire au seuil de tolérance individuel → Misselwitz 2019 — United European Gastroenterology Journal : la majorité des adultes avec intolérance au lactose tolèrent jusqu'à 12 g de lactose par prise (= 240 mL de lait de vache) → certains tolèrent plus + peu tolèrent moins → la suppression totale des produits laitiers est rarement nécessaire et potentiellement délétère (risque de carence en calcium + vitamine D) ; teneur en lactose des aliments laitiers : lait de vache entier (240 mL) : 12 g de lactose → lait écrémé (240 mL) : 12–13 g → lait sans lactose (240 mL) : <0,01 g (lactulose hydrolysé par la lactase industrielle) → yaourt nature (150 g) : 4–8 g → mieux toléré car les bactéries lactiques (L. bulgaricus + S. thermophilus) produisent leur propre lactase → améliore la digestion du lactose du yaourt + Hertzler 1996 — American Journal of Clinical Nutrition : yaourt → améliore la tolérance au lactose grâce aux bactéries vivantes → recommandé malgré l'intolérance → fromages affinés (cheddar + emmental + brie + camembert + parmesan) : <1 g/100 g → très peu de lactose → généralement bien tolérés → fromages frais (ricotta + cottage + mascarpone) : 3–5 g/100 g → moins bien tolérés → crème glacée : 8–12 g/100 g → moins bien tolérée + beurre : traces (<0,01 g/100 g) → toléré + lait sans lactose (Lactaid + lait Sans-Lactos) : lait traité par la lactase (enzyme industrielle) → hydrolyse du lactose en glucose + galactose → goût légèrement plus sucré → même valeur nutritionnelle que le lait normal → bien toléré → meilleure option si les produits laitiers ne peuvent pas être réduits suffisamment ; stratégies pour améliorer la tolérance au lactose : fractionner les prises : prendre plusieurs petites portions de lait (120 mL max) réparties dans la journée plutôt qu'une grande quantité → prendre les produits laitiers avec les repas (la matière grasse + les protéines ralentissent le transit → moins de lactose au côlon par unité de temps) → préférer les produits à lactose naturellement faible (fromages affinés + yaourts) → adaptation progressive (lactose training) : certaines études montrent qu'une exposition progressive au lactose modifie le microbiote colique et améliore la tolérance → Hertzler 1996 + Pribila 2000 — Journal of the American Dietetic Association → substituts végétaux au lait : boisson de soya (avoine + riz + amande + noisette + noix de cajou + chanvre) : sans lactose → richesse en calcium variable → vérifier l'enrichissement en calcium (250 mg/250 mL recommandé) + vitamines D et B12 → recommandés si produits laitiers mal tolérés ou refusés → mais : boissons végétales souvent moins riches en protéines (sauf soya — 7 g/240 mL équivalent au lait) + fer + zinc → éduquer le patient + consultation diététiste recommandée ; apport calcique et vitamine D — à ne pas négliger : si les produits laitiers sont réduits → risque de carence en calcium + vitamine D → apport calcique recommandé : adulte 19–50 ans : 1 000 mg/j → >50 ans : 1 200 mg/j (femme) + 1 000 mg/j (homme) + sources non laitières de calcium : sardines + saumon en conserve avec arêtes (315 mg/100 g) + légumes verts foncés (brocoli + kale + bok choy) + légumineuses + tofu au calcium + graines de sésame (tahini) + eaux minérales riches en calcium + si insuffisance de calcium alimentaire → supplément : carbonate de calcium 500 mg + 2–3 prises/j + toujours avec un repas → ou citrate de calcium si achlorhydrie ou IPP → vitamine D : supplément 600–2 000 UI/j selon l'exposition solaire + les carences documentées + la saison au Québec (hiver long → insuffisance solaire) + recommandation Santé Canada + Ostéoporose Canada : supplémentation systématique en vitamine D si apport alimentaire insuffisant | Hertzler 1996 — American Journal of Clinical Nutrition : yaourt → amélioration de la tolérance au lactose + bactéries vivantes → recommandé → Pribila 2000 — Journal of the American Dietetic Association : adaptation progressive au lactose → modification du microbiote + amélioration de la tolérance + Misselwitz 2019 — United European Gastroenterology Journal : revue complète de l'intolérance au lactose → gestion nutritionnelle + seuil de tolérance 12 g → pas de suppression totale → NIH Consensus 2010 : suppression totale rarement nécessaire → 12 g tolérés → apport calcique à surveiller + Ostéoporose Canada 2010 + Health Canada 2023 : apports calciques recommandés selon l'âge + supplémentation vitamine D au Canada + Vitamines D + Ca + Santé Canada → recommandations alimentaires + Canadian Digestive Health Foundation (CDHF) : ressources pratiques pour les patients → NASPGHAN 2016 : recommandations pédiatriques sur l'intolérance au lactose → yaourts + lait sans lactose + suppléments lactase + Deng 2015 — European Journal of Clinical Nutrition : substituts végétaux → comparaison nutritionnelle vs lait de vache |
| Suppléments de lactase exogène et probiotiques Lactaid — lactase exogène — Lacteeze — dosage — moment de prise — probiotiques — Lactobacillus — microbiote — efficacité — études |
Suppléments de lactase exogène (β-galactosidase) — option pharmacologique très utile : principe : la lactase exogène (d'origine fongique — Aspergillus oryzae ou Kluyveromyces lactis) est administrée sous forme de comprimés à croquer ou de gouttes → prise juste avant ou au début du repas contenant du lactose → hydrolyse partielle ou complète du lactose dans l'intestin grêle → réduction des symptômes ; produits disponibles au Canada : Lactaid (Johnson & Johnson) : comprimés de lactase 9 000 unités FCC → à croquer ou avaler avec les aliments contenant du lactose + Lacteeze + Dairy Digestive Supplement → nombreux génériques en pharmacie + formulation liquide (gouttes) : à ajouter directement au lait 24h avant la consommation → hydrolyse 70–99 % du lactose du lait → très efficace + pas de prescription requise ; dosage et moment de prise : 1 comprimé (9 000 FCC) au début du repas pour un repas contenant jusqu'à 12 g de lactose → doses plus élevées pour des repas plus riches en lactose → activité maximale dans un environnement gastrique acide + avec la nourriture → ne pas prendre à jeun + résultats cliniques : Vesa 2000 — European Journal of Clinical Nutrition : lactase exogène → réduction significative des symptômes (ballonnements + flatulences + diarrhée) vs placebo → mais variabilité individuelle importante + Onwulata 1989 — JADA : lactase exogène avant les repas → amélioration de la tolérance au lactose + limites : efficacité variable d'un individu à l'autre + certains patients ont des seuils très bas → même avec la lactase, les symptômes persistent si l'apport est très élevé + la lactase exogène fonctionne moins bien sur les fromages et yaourts (lactose partiellement prédigéré) → utiliser principalement pour le lait + crème glacée + certaines sauces ; probiotiques et modification du microbiote : Lactobacillus acidophilus + L. bulgaricus : certaines souches produisent de la β-galactosidase → hydrolyse du lactose dans l'intestin + amélioration de la tolérance → He 2008 — Alimentary Pharmacology and Therapeutics : L. reuteri DSM 17938 + intolérance au lactose → réduction des symptômes + augmentation de l'activité de la β-galactosidase fécale → Savaiano 2006 — Nutrition Reviews : probiotiques + intolérance au lactose → résultats variables + pas de preuve robuste pour une recommandation universelle → yogurt vivant (yaourt avec cultures actives) = meilleure source de probiotiques producteurs de lactase → à privilégier → résidus alimentaires avec L. bulgaricus + S. thermophilus → amélioration documentée de la tolérance au lactose (Hertzler 1996 AJC Nutrition) → les prébiotiques (fibres fermentescibles) peuvent modifier le microbiote en faveur de bactéries hydrolysant le lactose → mais données insuffisantes pour une recommandation clinique formelle ; particularités pédiatriques : intolérance au lactose est très rare chez le nourrisson en bonne santé → toute diarrhée aqueuse + acidité des selles chez un nourrisson → d'abord écarter une APLV (allergie aux protéines du lait) → test respiratoire non praticable avant 3 ans (coopération insuffisante) → test diagnostique alternatif : pH des selles acide + sucres réducteurs + réponse clinique à une formule sans lactose → intolérance secondaire post-gastro-entérite : temporaire → durée 4–8 semaines → formule sans lactose transitoirement → puis réintroduction progressive → pas de suppression permanente du lactose chez le nourrisson sauf alactasie congénitale confirmée | Vesa 2000 — European Journal of Clinical Nutrition : lactase exogène → réduction significative des symptômes vs placebo + He 2008 — Alimentary Pharmacology and Therapeutics : L. reuteri DSM 17938 → réduction des symptômes d'intolérance au lactose + Savaiano 2006 — Nutrition Reviews : probiotiques + intolérance → résultats variables → pas de recommandation universelle + Hertzler 1996 — American Journal of Clinical Nutrition : yaourt vivant → amélioration de la tolérance documentée + Onwulata 1989 — JADA : lactase exogène → amélioration de la tolérance → NIH Consensus 2010 : lactase exogène = option valide + NASPGHAN 2016 : suppléments de lactase chez l'enfant → sûrs et efficaces + Canadian Digestive Health Foundation (CDHF) : ressources pour les patients + médecins au Canada → recommandations pratiques + Ostéoporose Canada : supplémentation calcium + vitamine D si réduction des produits laitiers + Santé Canada : étiquetage des aliments sans lactose + aliments enrichis en calcium |
| Situations particulières et diagnostic différentiel approfondi SCI et FODMAP — APLV — maladie cœliaque — SIBO — intolérance secondaire — grossesse — ostéoporose — IBS-D — intolérance lactose vs allergie — adulte vs enfant |
Chevauchement intolérance au lactose et syndrome du côlon irritable (SCI) : 50–70 % des patients avec SCI rapportent une intolérance aux produits laitiers → mais les tests objectifs (HBT) ne confirment une malabsorption du lactose que dans 20–30 % de ces patients → mécanisme principal dans le SCI : hypersensibilité viscérale accrue → les patients avec SCI perçoivent la distension colique à des seuils plus bas → l'intolérance perçue au lactose est souvent davantage liée au SCI qu'à un vrai déficit en lactase → régime pauvre en FODMAP (Fermentable Oligo- Di- Monosaccharides And Polyols) : le lactose est un FODMAP (disaccharide) → le régime FODMAP exclut temporairement le lactose + d'autres sucres fermentescibles → efficace dans 70–75 % des SCI (Gibson 2010 — Journal of Gastroenterology) → après la phase d'exclusion → réintroduction progressive pour identifier les FODMAP individuellement déclencheurs → l'allergie aux protéines du lait de vache (APLV) vs intolérance au lactose : distinction critique + cause d'erreurs fréquentes : intolérance au lactose : pas de composante immuno-allergique → pas d'anaphylaxie → symptômes digestifs uniquement → lait sans lactose toléré (si protéines du lait tolérées) → APLV IgE-médiée : réaction immuno-allergique immédiate (urticaire + angioœdème + vomissements + anaphylaxie dans les minutes après ingestion) → IgE spécifiques lait positives → prick test positif → le lait sans lactose n'est PAS toléré (les protéines du lait causent la réaction) → APLV non-IgE-médiée (FPIES — entérocolite + proctocolite) : délai de 2–6h → vomissements profus + diarrhée sanguinolente → chez le nourrisson → test d'éviction-réintroduction → diagnostic par élimination → intolérance au lactose et maladie cœliaque : la cœliaque → atrophie villositaire → réduction de la surface d'absorption + réduction de la lactase de la bordure en brosse → intolérance secondaire au lactose fréquente dans la cœliaque non traitée → amélioration ou disparition sous RSG strict → ne pas conclure à une intolérance au lactose permanente avant d'avoir exclu la cœliaque + traité ≥6–12 mois par le RSG → intolérance au lactose pendant la grossesse : les nausées du 1er trimestre + le ralentissement du transit → symptômes digestifs augmentés → intolérance au lactose peut sembler plus sévère → adaptation alimentaire prudente + privilégier les sources de calcium non laitières si nécessaire + maintien des produits laitiers bien tolérés (fromages affinés + yaourts) → intolérance au lactose et risque d'ostéoporose : si les produits laitiers sont sévèrement réduits sans substitution → risque accru de carence en calcium + vitamine D → réduction de la densité minérale osseuse → Guéguen 2000 — Journal of the American College of Nutrition : intolérance au lactose + réduction des produits laitiers + risque osseux → supplémenter en calcium + vitamine D + encourager les sources alternatives → Ostéoporose Canada : surveillance DMO + supplémentation recommandée ; l'intolérance au lactose chez les personnes âgées : l'activité de la lactase diminue avec l'âge même chez les LP (persistance partielle) → symptômes plus fréquents après 60–70 ans même chez les non-LNP génétiques → adaptation alimentaire progressive + suppléments de lactase recommandés + attention aux interactions avec les médicaments (carbonate de calcium peut réduire l'absorption de certains antibiotiques + bisphosphonates → espacer de 2h) | Gibson 2010 — Journal of Gastroenterology : régime FODMAP → efficace dans 70–75 % des SCI → lactose = FODMAP → exclusion temporaire recommandée + NIH Consensus 2010 : SCI + intolérance au lactose → chevauchement fréquent → HBT utile pour distinguer + Guéguen 2000 — JACN : intolérance au lactose + réduction produits laitiers → risque osseux + supplémentation recommandée → Zhu 2021 — Nutrients : intolérance au lactose + SIBO + SCI → distinctions + recommandations pratiques + ACG 2017 (Chey — AJG) : recommandations sur les intolérances alimentaires + test respiratoire + NASPGHAN 2016 : APLV vs intolérance lactose chez l'enfant → distinctions + Misselwitz 2019 — UEGJ : revue complète de l'intolérance au lactose + recommandations actualisées + Ostéoporose Canada + Santé Canada : calcium + vitamine D → populations à risque + Canadian Digestive Health Foundation (CDHF) + Association québécoise de la gastroentérologie (AQG) : ressources francophones pour les patients au Québec |
Symptômes digestifs intenses après les produits laitiers chez un nourrisson (<1 an) avec diarrhée sanguinolente + vomissements profus + retard de croissance → APLV non-IgE-médiée probable (entérocolite + proctocolite) — PAS une intolérance au lactose → consultation pédiatrique urgente → éviction complète des protéines du lait (lait maternel + formule sans protéines de lait de vache) → test d'éviction-réintroduction sous supervision.
Réaction immédiate (<30 min) après ingestion de lait (urticaire + angioœdème + bronchoconstriction + hypotension) chez un enfant ou adulte → APLV IgE-médiée — anaphylaxie → appel 911 → adrénaline IM (EpiPen) + urgences → bilan allergologique (IgE spécifiques lait + prick tests) → ordonnance d'EpiPen auto-injecteur → éviction complète et permanente des protéines du lait.
Diarrhée chronique + ballonnements + malabsorption + amaigrissement chez un adulte avec intolérance au lactose suspectée, malgré le respect d'un régime sans lactose → intolérance secondaire ou autre cause à exclure → consultation gastroentérologique → anti-tTG IgA + IgA totales (maladie cœliaque) + test respiratoire au lactulose (SIBO) + bilan intestinal complet.
Intolérance au lactose sévère + régime pauvre en calcium depuis >5 ans + fracture de fragilité (chute de faible hauteur) chez une femme ménopausée → ostéoporose probable par carence calcique chronique → DXA urgente + bilan phospho-calcique + vitamine D + consultation en médecine interne ou en rhumatologie → traitement de l'ostéoporose si T-score ≤−2,5.
Consult at Clinique Omicron
Les médecins de Clinique Omicron prescrivent le test respiratoire à l'hydrogène et au méthane pour confirmer l'intolérance au lactose, orientent vers la diététiste pour l'adaptation nutritionnelle et la prévention des carences en calcium et vitamine D, prescrivent les suppléments de lactase et de calcium selon les besoins, et distinguent l'intolérance au lactose de l'allergie aux protéines du lait ou de la maladie cœliaque. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un gastroentérologue ou d'une diététiste. L'intolérance au lactose ne doit jamais être diagnostiquée sans exclure une allergie aux protéines du lait chez le nourrisson ou l'enfant.
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