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MCHC (Mean Corpuscular Hemoglobin Concentration): normal values and interpretation | Clinique Omicron
Hématologie & Biologie clinique

CGMH — Concentration globulaire moyenne en hémoglobine

La CGMH — concentration globulaire moyenne en hémoglobine (MCHC en anglais, mean corpuscular hemoglobin concentration) — est l'un des cinq indices érythrocytaires de la numération formule sanguine (NFS), calculé ou mesuré directement selon les automates. Elle exprime la concentration d'hémoglobine contenue dans un volume donné de globules rouges — autrement dit, la densité en hémoglobine par unité de volume érythrocytaire — et s'exprime en grammes par décilitre (g/dL) ou en grammes par litre (g/L). La CGMH est calculée par la formule : CGMH = (hémoglobine en g/dL ÷ hématocrite) × 100, ou dérivée de la TGMH (teneur globulaire moyenne en hémoglobine — MCHC) et du VGM (volume globulaire moyen). Sur les analyseurs hématologiques modernes, la CGMH est mesurée directement par cytométrie en flux ou par analyse de la diffraction lumineuse — la mesure directe est plus précise que le calcul, car elle n'est pas affectée par les erreurs de détermination de l'hématocrite. La CGMH diffère de la TGMH (MCH — masse d'hémoglobine par globule rouge individuel, exprimée en picogrammes) : la TGMH mesure la quantité absolue d'hémoglobine par érythrocyte, tandis que la CGMH mesure la concentration d'hémoglobine rapportée au volume — la CGMH est donc influencée par les variations de volume globulaire (VGM). La CGMH est un indice diagnostique particulièrement utile pour la classification des anémies et la détection de certaines pathologies érythrocytaires spécifiques : une CGMH basse (hypochromie) oriente vers une anémie par défaut de synthèse de l'hémoglobine (carence en fer, thalassémie, anémie des maladies chroniques), tandis qu'une CGMH élevée (hyperchromie) — rare et très significative quand elle est franche — évoque une sphérocytose héréditaire ou un artefact d'hémolyse in vitro, les érythrocytes humains ne pouvant physiologiquement pas contenir plus d'environ 36–37 g/dL d'hémoglobine (limite biologique de la concentration maximale en hémoglobine compatible avec la forme biconcave normale du globule rouge).

Reference values

Population Normal values Remarks
Adult (male and female) 320–360 g/L
(32–36 g/dL)
Peu de variation selon le sexe — contrairement au VGM et à la TGMH ; peu de variation avec l'âge chez l'adulte
Nouveau-né (0–1 mois) 300–360 g/L Valeurs similaires à l'adulte — hémoglobine fœtale (HbF) à haute affinité O₂ mais CGMH non modifiée ; VGM élevé (macrocytose physiologique néonatale)
Nourrisson (1–12 mois) 300–360 g/L Légère baisse possible avec l'anémie physiologique du nourrisson (2–3 mois) mais la CGMH reste souvent dans les limites si l'anémie est normochrome ; carence en fer fréquente après 6 mois si alimentation inadéquate → baisse de la CGMH
Enfant (1–18 ans) 310–360 g/L Valeurs proches de l'adulte ; légèrement plus basses chez l'enfant d'âge préscolaire en raison de la fréquence de la carence martiale
Pregnancy 310–355 g/L Légère dilution hémodilutive (augmentation du volume plasmatique de 40–50 %) ; la CGMH change peu si la production médullaire est adaptée ; carence en fer gestationnelle fréquente → baisse de la CGMH en T2–T3

Relation avec les autres indices érythrocytaires

  • VGM (volume globulaire moyen — MCV) : volume moyen d'un érythrocyte en femtolitres (fL) ; normal 80–100 fL ; classe les anémies en microcytaires (<80 fL), normocytaires (80–100 fL) et macrocytaires (>100 fL) ; la CGMH basse accompagne typiquement les anémies microcytaires (ferriprive, thalassémie) mais peut aussi être présente en normocytose (anémie des maladies chroniques précoce, certaines thalassémies mineures)
  • TGMH (teneur globulaire moyenne en hémoglobine — MCH) : masse d'hémoglobine par érythrocyte individuel en picogrammes (pg) ; normale 27–33 pg ; calculée par TGMH = hémoglobine (g/dL) × 10 ÷ numération érythrocytaire (10⁶/µL) ; varie parallèlement à la CGMH dans les anémies ferriprives (les deux sont basses) ; la TGMH est calculée, non mesurée — moins précise en cas d'anisocytose marquée
  • IDR (indice de distribution des globules rouges — RDW) : mesure l'anisocytose (hétérogénéité de taille des érythrocytes) ; normal 11,5–14,5 % ; élevé dans la carence en fer (érythrocytes de tailles hétérogènes — mélange de vieilles cellules normales et de nouvelles microcytes), les carences vitaminiques, les hémolyses ; normal dans les thalassémies mineures homogènes (tous les érythrocytes sont microcytes de façon uniforme — IDR normal) ; combiné à la CGMH et au VGM, permet d'affiner le diagnostic différentiel entre carence en fer (CGMH basse, IDR élevé) et thalassémie (CGMH basse ou limite, IDR normal ou peu élevé)
  • Réticulocytes : précurseurs érythrocytaires circulants libérés par la moelle osseuse ; leur numération (normale 25–100 × 10⁹/L ou 0,5–2 % des érythrocytes) reflète l'activité érythropoïétique ; les réticulocytes ont une CGMH plus basse et un VGM plus élevé que les érythrocytes matures — leur présence en grand nombre (régénération : hémolyse, hémorragie) peut abaisser légèrement la CGMH moyenne de l'échantillon et augmenter faussement l'IDR

Causes d'hypochromie (CGMH basse — < 320 g/L)

Cause Mécanisme et caractéristiques biologiques associées
Anémie ferriprive (carence en fer) Cause la plus fréquente d'hypochromie et de microcytose dans le monde — déficit en fer → synthèse insuffisante de l'hème → érythrocytes pauvres en hémoglobine (pâles à l'examen du frottis sanguin — zone pale centrale élargie > 1/3 du diamètre) ; CGMH basse + VGM bas + TGMH basse + IDR élevé ; ferritine sérique basse (< 15–30 µg/L) — marqueur le plus spécifique de la carence martiale ; fer sérique bas, transferrine élevée, saturation de la transferrine (CST) basse (< 16 %) ; réticulocytes normaux ou légèrement augmentés
Thalassémie (α et β) Anomalie quantitative de synthèse des chaînes de globine → hémoglobine structurellement incomplète → érythrocytes microcytaires hypochromes ; CGMH basse + VGM très bas (souvent < 70 fL dans les formes majeures) + IDR normal ou peu augmenté (microcytose homogène) ; numération érythrocytaire élevée (érythrocytes nombreux mais petits — profil inverse à la carence en fer) ; électrophorèse de l'hémoglobine : HbA₂ élevée (> 3,5 %) dans la β-thalassémie mineure ; diagnostic ADN pour les α-thalassémies (HbA₂ normale)
Anemia of chronic disease (ACD) Inflammation chronique (cancer, infection chronique, maladie inflammatoire) → hepcidine élevée → blocage de la ferroportine intestinale et macrophagique → séquestration du fer dans les macrophages → disponibilité réduite pour l'érythropoïèse → CGMH normale ou légèrement basse (normochrome dans les formes modérées, hypochrome dans les formes avancées) ; VGM normal ou légèrement bas ; ferritine élevée ou normale (réactif de la phase aiguë — ne reflète pas les réserves) ; fer sérique bas, transferrine basse (contrairement à la carence en fer), CST basse ou normale ; CRP élevée
Sideroblastic anemia Anomalie de l'incorporation du fer dans la protoporphyrine → accumulation de fer dans les mitochondries des érythroblastes (sidéroblastes en anneau au myélogramme) → hémoglobinisation insuffisante → CGMH basse ; population érythrocytaire dimorphe (frottis : mélange de cellules normales et hypochromes) → IDR très élevé ; causes : congénitale (mutations ALAS2 — liée à l'X), acquise (alcoolisme chronique, intoxication au plomb, déficit B6, MDS — myélodysplasie de type RS-SF3B1) ; fer sérique élevé, ferritine élevée, CST élevée (surcharge paradoxale)
Lead poisoning (plumbism) Le plomb inhibe plusieurs enzymes de la synthèse de l'hème (δ-aminolévulinate déshydratase, ferrochélatase) → accumulation de protoporphyrine zinc dans les érythrocytes → hypochromie ; granulations basophiles (ponctuations basophiles au frottis sanguin — précipitation des ribosomes) → signe spécifique ; plombémie élevée ; prédominance chez l'enfant (source principale : peintures anciennes, poussières de rénovation, eau potable via canalisations en plomb)

Causes d'hyperchromie (CGMH élevée — > 360 g/L)

Cause Mécanisme et caractéristiques biologiques associées
Sphérocytose héréditaire Cause principale de CGMH vraiment élevée (360–400 g/L) — anomalie des protéines du squelette membranaire de l'érythrocyte (spectrine, ankyrine, protéine bande 3, protéine 4.2) → perte de membrane → érythrocytes sphériques (sphérocytes) de volume réduit mais densité en hémoglobine augmentée → CGMH élevée ; VGM normal ou légèrement diminué ; IDR variable ; frottis : sphérocytes (cellules rondes sans zone pâle centrale) ; hémolyse (LDH élevée, bilirubine indirecte élevée, haptoglobine basse) ; test de fragilité osmotique positif ; ektacytométrie (osmoscan) — gold standard diagnostique ; test de Pink test (EMA binding) par cytométrie en flux ; autosomique dominant dans 75 % des cas
Artefacts — faux positif (le plus fréquent) La CGMH ne peut dépasser 360–370 g/L physiologiquement (limite de saturation de l'hémoglobine dans l'érythrocyte) — toute CGMH > 380–400 g/L doit d'abord faire suspecter un artefact : hémolyse in vitro (tube mal conservé à température excessive, congélation, retard d'analyse > 8h à température ambiante → libération d'hémoglobine dans le plasma → augmentation faussement calculée de la CGMH) ; lipémie sévère (hypertriglycéridémie — interférence optique sur certains automates) ; agglutination des érythrocytes (agglutinines froides — cryoagglutinines) → les automates comptent moins d'érythrocytes → calcul erroné de la CGMH élevée (VGM faussement élevé, numération érythrocytaire faussement basse — tableau caractéristique) ; électrolytes urinaires anormaux dans le tube (hypernatrémie sévère → érythrocytes ratatinés de plus petits volumes → densité augmentée)
Drépanocytose (HbSS) La polymérisation de l'HbS dans les conditions de désoxygénation → érythrocytes falciformes en faucille ; la CGMH peut être élevée dans les cellules « dense » (dense cells) générées par la déshydratation cellulaire progressive — les canaux K-Cl du globule rouge activés par l'HbS polymérisée → sortie de KCl et d'eau → cellules déshydratées à haute CGMH ; CGMH normale en moyenne (les cellules denses représentent une sous-population) ; électrophorèse de l'hémoglobine : HbS > 90 %, absence d'HbA
Déshydratation cellulaire sévère (hypernatrémie) Hypernatrémie sévère (> 160 mmol/L) → hyperosmolarité plasmatique → sortie d'eau des érythrocytes par osmose → réduction du volume érythrocytaire → augmentation de la concentration en hémoglobine ; élévation généralement modérée et réversible à la correction de la natrémie
ℹ️ Une CGMH franche supérieure à 380–400 g/L doit d'abord être considérée comme un artefact technique jusqu'à preuve du contraire — car il est biologiquement impossible pour un globule rouge humain de contenir plus d'environ 370 g/L d'hémoglobine sans se lyser. Contrôler l'aspect du tube (hémolyse visible = teinte rosée du sérum après centrifugation), refaire un nouveau prélèvement dans les meilleures conditions et vérifier les autres paramètres (VGM, numération érythrocytaire) avant d'attribuer une CGMH très élevée à une pathologie réelle. Si l'élévation est confirmée sur second prélèvement sans cause artefactuelle → chercher une sphérocytose héréditaire.

Approche diagnostique intégrée selon la CGMH

Chang Gung Memorial Hospital Video game music Indonesian Rupiah Main diagnostic orientation
Low Bass High Carence en fer (ferritine basse, CST basse, transferrine élevée)
Low Très bas Normal Thalassémie mineure (HbA₂, électrophorèse, PCR) — numération érythrocytaire élevée
Low Normal Très élevé (dimorphisme) Anémie sidéroblastique (myélogramme : sidéroblastes en anneau, fer sérique élevé)
Basse–normale Normal or low Normal ou peu élevé Anémie des maladies chroniques (CRP élevée, ferritine élevée, transferrine basse)
Normal High High Carence en B12 ou folates, hémolyse, MDS — LDH, B12, folates, réticulocytes
Raised Normal or low Variable Sphérocytose héréditaire (EMA flow cytometry, osmoscan) OU artefact (vérifier hémolyse in vitro, cryoagglutinines)
Raised Très élevé Très élevé Artefact par agglutination à froid (cryoagglutinines) — réchauffer le tube à 37°C et refaire la NFS

Conduite à tenir selon la CGMH

  • CGMH basse isolée sans anémie : peut correspondre à une carence en fer débutante (stade pré-anémique — réserves épuisées mais hémoglobine encore normale) ou à une thalassémie mineure asymptomatique ; bilan martial complet (ferritine, fer sérique, transferrine, CST) et électrophorèse de l'hémoglobine recommandés pour le diagnostic étiologique
  • CGMH basse avec anémie microcytaire : algorithme diagnostique : ferritine en premier lieu — si basse : carence en fer confirmée → traitement martial (sulfate ferreux 100–200 mg de fer élément/jour) ; si ferritine normale ou élevée → électrophorèse de l'hémoglobine (thalassémie) ou bilan inflammatoire (AMC) selon le contexte clinique
  • CGMH élevée (> 360 g/L) sur deux prélèvements distincts sans cause artefactuelle : bilan de sphérocytose héréditaire — frottis sanguin (sphérocytes), LDH, bilirubine indirecte, haptoglobine, test EMA (éosine-5-maléimide) par cytométrie en flux (sensibilité 93 %, spécificité 99 %) — le test EMA est le test de dépistage de choix pour la sphérocytose héréditaire dans les centres spécialisés canadiens ; électrophorèse de l'hémoglobine pour exclure une hémoglobinopathie associée ; consultation en hématologie si confirmation
  • CGMH très élevée (> 380 g/L) : suspect d'artefact — vérifier l'aspect macroscopique du tube (hémolyse ?), noter la présence de lipémie, refaire la NFS sur nouveau prélèvement conservé à température ambiante et analysé dans les 2 heures ; si le tableau associe VGM très élevé + numération érythrocytaire très basse + CGMH élevée → évoquer des cryoagglutinines : réchauffer le tube à 37°C pendant 15 à 30 minutes avant l'analyse
When to consult

Une CGMH abaissée dans le contexte d'une anémie symptomatique (fatigue importante, pâleur, essoufflement à l'effort, palpitations) ou une CGMH élevée confirmée sur un second prélèvement justifient une consultation médicale pour bilan étiologique. Une anémie ferriprive non traitée peut masquer une pathologie sous-jacente (saignement digestif occulte, pathologie gynécologique) nécessitant une investigation. Les médecins de Clinique Omicron interprètent les indices érythrocytaires en contexte clinique et prescrivent le bilan complémentaire approprié. Des consultations sont disponibles dans nos points de service au Québec ainsi qu'en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consult at Clinique Omicron

Les médecins de Clinique Omicron réalisent l'interprétation complète de la numération formule sanguine incluant les indices érythrocytaires (CGMH, VGM, TGMH, IDR), prescrivent le bilan martial, l'électrophorèse de l'hémoglobine, les marqueurs d'hémolyse et les examens complémentaires orientés, et assurent le suivi thérapeutique des anémies. Des consultations sont disponibles dans nos points de service au Québec ainsi qu'en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé qualifié. Les valeurs de référence de la CGMH peuvent varier légèrement selon les laboratoires et les méthodes analytiques — toujours se référer aux valeurs de référence du laboratoire ayant effectué l'analyse.

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