Ménopause
Physiopathologie, symptômes et diagnostic
- Physiopathologie de la ménopause et conséquences de la carence estrogénique : physiopathologie hormonale : épuisement du pool de follicules ovariens → perte de la sécrétion d'estradiol et de progestérone + d'inhibine B → levée du rétrocontrôle négatif sur l'hypothalamus et l'hypophyse → montée des gonadotrophines (FSH ++) → FSH >40 UI/L confirme la ménopause biologiquement + dans la périménopause : fluctuations importantes de l'estradiol (parfois élevé puis effondré) → ne pas doser l'estradiol pour le diagnostic (peu informatif) → bouffées de chaleur : mécanisme → thermorégulation hypothalamique dérégulée par le déficit en estrogènes → zone thermoneutre rétrécie → déclenchement de la vaso-dilatation et de la transpiration pour des petites variations de température → médiation noradrénergique et sérotoninergique → ciblage thérapeutique par les ISRS/IRSN et la fézolinetant (nouveau — inhibiteur des neurones KNDy à NKB) + conséquences à long terme de la carence estrogénique : ostéoporose (perte osseuse accélérée dans les 5 premières années suivant la ménopause — 2–4 % par an) + athérosclérose accélérée (perte des effets vasculo-protecteurs des estrogènes — augmentation du LDL + réduction du HDL + dysfonction endothéliale) + syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGM) : atrophie vulvo-vaginale + sécheresse vaginale + dyspareunie + incontinence urinaire → chronique + s'aggrave avec le temps → syndrome cognitif : risque de démence (débattu) + altérations cognitives légères dans la période périménopausique
- Présentation clinique, diagnostic et formes particulières : symptômes vasomoteurs : bouffées de chaleur (hot flashes) : sensation soudaine de chaleur intense + rougeur du visage et du cou + transpiration + parfois palpitations + durée 2–4 min → sueurs nocturnes → perturbation du sommeil + asthénie diurne → fréquence : 1–20+ épisodes/jour → durée médiane : 7 ans (mais 15–20 % des femmes en ont >10 ans) → symptômes génitaux et urinaires : syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGM) : sécheresse + brûlures vaginales + dyspareunie + dysurie + infections urinaires récidivantes + pollakiurie → symptômes psychologiques : irritabilité + labilité émotionnelle + troubles de la mémoire et de la concentration + troubles du sommeil → diagnostic de la ménopause : clinique si femme de 45–55 ans + aménorrhée ≥12 mois + symptômes vasomoteurs → pas d'investigation hormonale nécessaire dans ce contexte typique → dosage de FSH : utile en cas d'ambiguïté diagnostique (femme sous contraception + ménopause précoce suspectée) → FSH >40 UI/L + estradiol effondré → confirmé → ménopause précoce ou IOP (<40 ans) : FSH élevée + aménorrhée ≥4 mois + 2 dosages à 4 semaines d'intervalle → bilan étiologique : caryotype + auto-anticorps + génétique (mutation FMR1 + X fragile) + bilan infectieux → indication de THM jusqu'à l'âge de 51 ans sans attendre les symptômes + saignements post-ménopausiques : tout saignement après 12 mois d'aménorrhée → investigation obligatoire → cancer de l'endomètre à exclure → échographie endovaginale + biopsie de l'endomètre
Traitement hormonal et non hormonal de la ménopause
| Treatment / appearance | Data, methods and results | Key studies and recommendations |
|---|---|---|
| Traitement hormonal de la ménopause (THM) — efficacité et risques WHI 2002 — réévaluation 2013 — fenêtre thérapeutique — estrogènes transdermiques — progestérone micronisée — Prometrium — risque sein — TEV — AVC — bénéfices vasomoteurs — ostéoporose — fenêtre 60 ans — moins de 10 ans ménopause |
Traitement hormonal de la ménopause (THM) — données actualisées et réévaluation post-WHI : efficacité du THM : traitement le plus efficace des symptômes vasomoteurs (bouffées de chaleur + sueurs nocturnes) → réduction de 80–90 % de la fréquence et de l'intensité des bouffées → supérieur à tous les autres traitements → également efficace pour : prévention de l'ostéoporose (réduit le risque de fracture vertébrale et de hanche) + syndrome génito-urinaire (estrogènes locaux ++) + amélioration de la qualité de vie + libido → historique de l'étude WHI (Women's Health Initiative) 2002 : inquiétudes majeures sur le risque de cancer du sein + AVC + TEV + coronaropathie → ré-analyse 2013 (Manson 2013 — NEJM) : les risques étaient surestimés + spécifiques aux molécules utilisées (estrogènes équins conjugués + médroxyprogestérone — composés oraux) + à la population âgée étudiée (>63 ans en moyenne) + fenêtre thérapeutique (WHI timing hypothesis) : le THM initié chez les femmes symptomatiques de moins de 60 ans ou dans les 10 premières années de la ménopause → rapport bénéfices/risques favorable → au-delà de 60 ans ou de 10 ans de ménopause → risque cardiovasculaire potentiel + estrogènes transdermiques (patch + gel + spray) : préférés à la voie orale dans les recommandations actuelles → pas de premier passage hépatique → pas d'augmentation du risque de TEV (thrombose veineuse profonde + embolie pulmonaire) → pas d'augmentation des triglycérides → Canonico 2007 — Circulation : estrogènes transdermiques → pas d'augmentation du risque de TEV vs voie orale (OR 0,9 vs 3,5) → progestatif — protection endométriale obligatoire si utérus intact : progestérone micronisée naturelle (Prometrium 100–200 mg/j) : profil de risque mammaire plus favorable que les progestatifs synthétiques (médroxyprogestérone + noréthistérone) → Fournier 2008 — Breast Cancer Research : progestérone micronisée + risque cancer du sein plus faible que progestatifs synthétiques → durée du THM : la durée optimale est individualisée → réévaluation annuelle + la poursuite peut être justifiée si les symptômes persistent + rapport bénéfices/risques favorable + titration de la dose minimale efficace | Manson 2013 — NEJM : WHI réévaluation + fenêtre thérapeutique + bénéfices/risques → référence + Canonico 2007 — Circulation : estrogènes transdermiques + TEV → pas d'augmentation → référence + Fournier 2008 — Breast Cancer Research : progestérone micronisée vs synthétique + cancer du sein → profil plus favorable + Writing Group for the WHI 2002 — JAMA : étude initiale WHI + risques → base historique + NAMS 2022 (North American Menopause Society) : THM + recommandations → référence nord-américaine + SOGC (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada) 2021 : ménopause + THM + guidelines canadiennes + INESSS Québec + RAMQ : estrogènes + progestérone micronisée → remboursés selon indication |
| Alternatives non hormonales et traitement local du syndrome génito-urinaire ISRS IRSN venlafaxine paroxétine — fézolinetant — gabapentine — phytoestrogènes — thérapies cognitivo-comportementales — estrogènes locaux vaginaux — DHEA intravaginale — ospémifène — lubrifiants — hydratants vaginaux — contre-indications THM |
Alternatives non hormonales aux symptômes vasomoteurs : options non hormonales — indications : contre-indications au THM (cancer du sein + TEV récente + coronaropathie + AVC + hypertriglycéridémie sévère + maladies hépatiques sévères + grossesse + hémorragie génitale inexpliquée) + ou préférence de la patiente → ISRS / IRSN (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et/ou noradrénaline) : venlafaxine 37,5–75 mg/j → réduction des bouffées de chaleur de 50–60 % → paroxétine 7,5 mg/j (seule ISRS approuvée FDA pour les bouffées de chaleur) → escitalopram 10–20 mg/j → désvenlafaxine → ATTENTION : paroxétine et fluoxétine inhibent le CYP2D6 → réduisent l'efficacité du tamoxifène → NE PAS associer chez les patientes sous tamoxifène pour cancer du sein → fézolinetant (Veozah) : nouveau traitement non hormonal approuvé FDA 2023 → inhibiteur sélectif du récepteur NK3 (neurokinine B) → cible directement les neurones KNDy hypothalamiques impliqués dans la thermorégulation → réduction de 50–60 % des bouffées → Kroll 2023 — NEJM (SKYLIGHT 4) + gabapentine 300–600 mg × 3/j : efficace → sédation comme effet indésirable → phytoestrogènes (isoflavones de soja — génistéine + daidzéine) : efficacité modeste + variable → données insuffisantes + thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : efficacité démontrée sur la gêne liée aux bouffées + qualité du sommeil → CBTS-M (CBT for Menopausal Symptoms) + syndrome génito-urinaire de la ménopause (SGM) — traitement local : estrogènes vaginaux locaux : crème + ovule + anneau → dose systémique infime → pas de contre-indication mammaire formelle selon NAMS 2022 → option chez les patientes avec ATCD de cancer du sein (discussion oncologique recommandée) → DHEA intravaginale (Intrarosa — 6,5 mg/j) : prasterone → convertie localement en estradiol et testostérone → améliore la sécheresse + la dyspareunie → approuvée Santé Canada → ospémifène (Osphena) : SERM oral → agoniste estrogénique au niveau vaginal → option si la voie locale est refusée + lubrifiants (à base d'eau ou de silicone) : utilisation ponctuelle lors des rapports → non thérapeutiques pour l'atrophie → hydratants vaginaux (Replens + K-Y Liquibeads) : utilisation régulière × 2–3/semaine → réduisent la sécheresse chronique | Kroll 2023 — NEJM (SKYLIGHT 4) : fézolinetant + bouffées de chaleur → efficacité + Stearns 2003 — JAMA : venlafaxine + bouffées → efficacité + Loprinzi 2009 — Lancet Oncology : ISRS + bouffées + cancer du sein → revue + Santen 2021 — New England Journal of Medicine : SGM + estrogènes locaux + options → NAMS 2022 : ménopause + traitement + SGM + alternatives → référence nord-américaine + SOGC 2021 (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada) : SGM + traitement + local → Santé Canada 2022 : DHEA intravaginale (Intrarosa) + ospémifène (Osphena) → approbation + INESSS Québec + RAMQ : ISRS + gabapentine + estrogènes vaginaux → remboursés selon critères |
| Prévention de l'ostéoporose, IOP et prise en charge globale Densitométrie osseuse DXA — calcium vitamine D — bisphosphonates — IOP insuffisance ovarienne prématurée — THM jusqu'à 51 ans — cardiovasculaire — bilan métabolique — cancer sein dépistage — mode de vie — tabac alcool activité physique |
Prévention de l'ostéoporose à la ménopause et prise en charge globale : prévention et traitement de l'ostéoporose post-ménopausique : calcium : 1 200 mg/j (alimentation + suppléments si nécessaire) + vitamine D : 800–2 000 UI/j → objectif 25-OH-D >75 nmol/L → activité physique avec mise en charge (marche + musculation + yoga) → réduire la consommation d'alcool + arrêt du tabac → densitométrie osseuse (DXA) : recommandée à 65 ans + ou plus tôt si facteurs de risque (corticothérapie + ménopause précoce + antécédent de fracture) + ou si THM envisagé pour l'ostéoporose + bisphosphonates (alendronate + risédronate + acide zolédronique) : si ostéoporose établie (T-score ≤ −2,5) + ou risque de fracture élevé (FRAX) → THM réduit la perte osseuse mais les bisphosphonates sont plus puissants si ostéoporose sévère ; insuffisance ovarienne prématurée (IOP — ménopause avant 40 ans) : conséquences cardiovasculaires + osseuses + cognitives + affectives plus prononcées → THM est recommandé jusqu'à l'âge de 51 ans (âge naturel de la ménopause) sans attendre les symptômes → pour prévenir les conséquences de la carence estrogénique prolongée → bilan étiologique : caryotype (syndrome de Turner monosomie X) + fragilité X (mutation FMR1) + auto-anticorps antiovariens + bilan auto-immun + conseil génétique + fertilité : si désir de grossesse → FIV avec don d'ovocytes → seule option dans la majorité des cas + prise en charge globale à la ménopause : risque cardiovasculaire : le risque augmente après la ménopause → bilan lipidique + TA + glycémie + IMC + tabac → dépistage du cancer du sein : mammographie tous les 2 ans entre 50 et 74 ans (Programme québécois de dépistage du cancer du sein — PQDCS) → tous les 1–2 ans si THM → SGM : réévaluer régulièrement → estrogènes locaux si besoin + santé mentale : anxiété + dépression plus fréquentes → bilan + ISRS si nécessaire + sexualité et libido : androgènes (testostérone) : données limitées mais utilisation hors indication croissante pour la libido → discuter en consultation | Manson 2013 — NEJM : WHI + ostéoporose + THM → prévention + NAMS 2022 : ménopause + ostéoporose + IOP → recommandations + Webber 2016 — Clinical Endocrinology (ESHRE IOP guidelines) : IOP + traitement + THM recommandé jusqu'à 51 ans → référence + SOGC 2021 : ménopause + bilan + prévention → référence canadienne + Lobo 2017 — Climacteric : IOP + conséquences + traitement + PQDCS (Programme québécois de dépistage du cancer du sein) : mammographie + dépistage + INESSS Québec : ménopause + dépistage + THM + ostéoporose → critères remboursement + RAMQ : calcium + vitamine D + bisphosphonates + THM → remboursés selon indication |
Femme ménopausée + saignement vaginal après 12 mois d'aménorrhée — quel que soit le volume du saignement → cancer de l'endomètre à exclure → consultation gynécologique urgente → échographie endovaginale (endomètre >4 mm post-ménopausique → biopsie) + biopsie de l'endomètre → NE PAS attribuer à un effet secondaire du THM sans investigation.
Femme de moins de 40 ans + aménorrhée ≥4 mois + bouffées de chaleur + FSH >40 UI/L à deux reprises à 4 semaines d'intervalle → insuffisance ovarienne prématurée → bilan étiologique complet + THM sans délai (indiqué jusqu'à l'âge de 51 ans) + conseil génétique + évaluation de la fertilité si désir de grossesse → référence endocrinologie et gynécologie.
Femme sous THM + nouvelle douleur du mollet + unilatérale + rougeur + chaleur + ou dyspnée + douleur thoracique → suspicion de TVP ou d'embolie pulmonaire → urgences médicales → écho-Doppler veineux membres inférieurs → angioTDM thoracique → arrêt du THM oral (si applicable) → anticoagulation → réévaluation de l'indication du THM (estrogènes transdermiques sans augmentation du risque de TEV).
Consult at Clinique Omicron
Les médecins de Clinique Omicron évaluent les symptômes ménopausiques (bouffées de chaleur + SGM + ostéoporose), prescrivent et adaptent le THM (estrogènes transdermiques + progestérone micronisée) selon le profil de risque individuel, proposent les alternatives non hormonales (ISRS + venlafaxine + estrogènes locaux + DHEA intravaginale), prescrivent la DXA et le bilan métabolique, s'assurent du dépistage du cancer du sein (PQDCS), prennent en charge l'IOP avec le THM approprié, et coordonnent avec le gynécologue et l'endocrinologue pour les cas complexes. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.
Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un gynécologue. La décision d'instaurer un traitement hormonal de la ménopause doit être individualisée selon les symptômes, les facteurs de risque et les préférences de la patiente, après une discussion éclairée sur les bénéfices et les risques.
Omicron Clinic
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Treatment within 24-48 hours. In-clinic or telemedicine, anywhere in Quebec.
Insurance receipts. 7j/7. No family doctor required.