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Neurology & Orthopedics & Family Medicine

Radiculopathie cervicale et lombaire

La radiculopathie désigne un ensemble de symptômes neurologiques résultant de la compression, de l'irritation ou de la lésion d'une ou plusieurs racines nerveuses rachidiennes à leur émergence de la moelle épinière ou du cône médullaire, produisant un tableau clinique caractéristique associant une douleur irradiante dans le territoire sensitif de la racine atteinte (dermatomère), des paresthésies (fourmillements + engourdissements) et un déficit moteur dans les muscles innervés par cette racine (myotome), ainsi qu'une abolition ou une diminution du réflexe ostéotendineux correspondant. Les deux régions rachidiennes les plus fréquemment touchées sont le rachis cervical (radiculopathie cervicale ou cervicobrachialgie — douleur irradiant dans le bras et la main) et le rachis lombaire (radiculopathie lombaire ou lomboradiculalgie — incluant la sciatique par compression de L4, L5 ou S1 irradiant dans le membre inférieur, et la cruralgie par compression de L2, L3 ou L4 irradiant dans la face antérieure de la cuisse). La cause la plus fréquente chez l'adulte jeune (20–50 ans) est la hernie discale (saillie du nucleus pulposus à travers une déchirure de l'annulus fibrosus comprimant la racine nerveuse adjacente dans le foramen ou dans le canal rachidien), tandis que chez l'adulte plus âgé (après 50 ans) prédomine la spondylose (rétrécissement dégénératif du foramen par les ostéophytes + l'hypertrophie du ligament jaune + la discopathie dégénérative avec réduction de la hauteur discale). La radiculopathie est extrêmement fréquente — incidence annuelle de la sciatique de 1 à 5 % dans la population adulte — et la grande majorité des cas (85 à 90 %) guérit spontanément avec un traitement conservateur en 6 à 12 semaines, sans nécessiter d'intervention chirurgicale.

Radiculopathies cervicales — racines et territoires

Racine Territoire sensitif (dermatomère) Déficit moteur (myotome) Réflexe diminué
C5 Épaule + face latérale du bras Abduction de l'épaule (deltoïde) + flexion du coude (biceps) Bicipital
C6 Face latérale de l'avant-bras + pouce + index Extension du poignet + flexion du coude (biceps + brachioradial) Bicipital + stylo-radial
C7 (la plus fréquente) Face dorsale de l'avant-bras + majeur (3e doigt) Extension du coude (triceps) + extension des doigts + flexion du poignet Tricipital
C8 Face médiale de l'avant-bras + annulaire + auriculaire (4e + 5e doigts) Flexion des doigts + intrinsèques de la main Pas de réflexe spécifique
T1 Face médiale du bras + coude médial Intrinsèques de la main (abducteurs + adducteurs des doigts) Pas de réflexe spécifique

Radiculopathies lombosacrées — racines et territoires

Racine Territoire sensitif Déficit moteur Réflexe diminué
L3 (cruralgie) Face antérieure de la cuisse + face médiale du genou Extension du genou (quadriceps) + flexion de la hanche Rotulien
L4 (cruralgie + sciatique) Face antérieure et médiale de la jambe + malléole interne Extension du genou + dorsiflexion du pied + inversion Rotulien
L5 (sciatique — très fréquente) Face latérale de la jambe + dos du pied + gros orteil + 2e et 3e orteils Dorsiflexion du gros orteil (EHL) + dorsiflexion du pied + éversion + abduction de la hanche Pas de réflexe spécifique (parfois rotulien médial)
S1 (sciatique — très fréquente) Face postérieure de la jambe + face plantaire du pied + petit orteil Flexion plantaire du pied (triceps sural — marche sur la pointe) + flexion des orteils Achilléen

Signes cliniques et tests d'examen

  • Signe de Lasègue (radiculopathie lombaire L4-S1) : patient en décubitus dorsal → élévation passive du membre inférieur tendu (jambe straight leg raise) → apparition ou aggravation de la douleur irradiante dans le membre inférieur entre 30° et 70° d'élévation = signe positif → évocateur de compression des racines L4 + L5 + S1 + sensibilité 80–90 % mais spécificité modeste (25–30 %) → test le plus utile pour exclure une sciatique si négatif
  • Lasègue croisé : élévation du membre inférieur controlatéral provoquant la douleur irradiante ipsilatérale → très spécifique d'une hernie discale compressive volumineuse (> 90 % de spécificité) mais peu sensible
  • Test de Spurling (radiculopathie cervicale) : compression axiale du crâne + inclinaison latérale + rotation du côté douloureux → reproduction de la douleur irradiante dans le bras = test positif → spécificité 92–100 % + sensibilité 30–60 % → très spécifique si positif
  • Signe de Phalen + traction cervicale : distraction axiale du rachis cervical → soulagement de la douleur → évocateur de radiculopathie cervicale compressive
  • Signes d'alarme (red flags) nécessitant une IRM urgente : syndrome de la queue de cheval (anesthésie en selle + rétention urinaire + incontinence fécale + déficit moteur bilatéral des membres inférieurs) + déficit moteur progressif rapidement + suspicion de tumeur ou infection (fièvre + perte de poids + antécédent de cancer + immunodépression + douleur nocturne non mécanique)
ℙ️ La sciatique hyperalgique — douleur sciatique intense résistante aux antalgiques oraux usuels (EVA ≥ 7/10 malgré les AINS + palier II) avec impotence fonctionnelle majeure — est une indication d'infiltration péridurale de corticoïdes (corticostéroïdes + anesthésique local sous guidage radiologique ou TDM) qui réduit significativement la douleur à court terme (4 à 6 semaines) et permet souvent d'éviter la chirurgie dans 60 à 75 % des cas. Une infiltration ne guérit pas la cause (hernie discale) mais réduit l'inflammation péri-radiculaire et permet la kinésithérapie.

Imaging

  • IRM du rachis — examen de référence : visualise la hernie discale + la compression radiculaire + le rétrécissement foraminal + l'état du disque + les tissus mous + indiqué si : déficit neurologique + signes d'alarme + absence d'amélioration après 4–6 semaines de traitement conservateur + avant tout geste interventionnel + ATTENTION : 20–40 % des personnes asymptomatiques de plus de 40 ans ont des hernies discales à l'IRM → l'IRM doit être corrélée à la clinique + une hernie vue à l'IRM n'est pas forcément la cause des symptômes
  • Scanner (TDM) rachidien : meilleur que l'IRM pour visualiser les calcifications + les ostéophytes + la sténose osseuse du canal + utile si contre-indication à l'IRM (pacemaker non compatible + claustrophobie)
  • Électromyogramme (EMG) + étude de conduction nerveuse : utile si le diagnostic est incertain + permet de confirmer l'atteinte radiculaire + d'évaluer sa sévérité (dénervation active) + de différencier une radiculopathie d'une plexopathie ou d'une mononeuropathie + résultats normaux dans les 3 premières semaines (la dénervation met 3 à 4 semaines à apparaître)

Treatment

  • Traitement conservateur (première ligne — 85–90 % de guérison) : maintien de l'activité physique normale adaptée (éviter le repos strict au lit — contre-productif) + AINS (ibuprofène 600 mg × 3/jour + naproxène 500 mg × 2/jour) + paracétamol 1 g × 3–4/jour + relaxants musculaires (méthocarbamol + cyclobenzaprine — pour les spasmes associés) + antalgiques de palier II si AINS insuffisants (tramadol) + gabapentine + prégabaline (efficacité modeste pour la composante neuropathique + mais effets indésirables importants)
  • Physiothérapie : programme de kinésithérapie active + renforcement des muscles paravertébraux + étirements + mobilisation vertébrale (McKenzie + mobilisations + tractions) + thermothérapie + TENS + début après contrôle de la douleur aiguë + traitement de fond essentiel pour la prévention des récidives
  • Infiltrations péridurales de corticoïdes : méthylprednisolone + triamcinolone + bupivacaïne sous guidage fluoroscopique ou TDM + réduction de la douleur à 4–6 semaines dans 60–75 % + indication : sciatique hyperalgique + ou résistance au traitement conservateur après 6 semaines + 2–3 infiltrations maximum par an (risque ostéoporotique cumulatif)
  • Chirurgie — indications : syndrome de la queue de cheval (urgence neurochirurgicale immédiate) + déficit moteur progressif ou sévère (force < 3/5) + échec du traitement conservateur bien conduit après 6–12 semaines avec douleur invalidante persistante + hernie discale compressive documentée à l'IRM en corrélation avec les symptômes + discectomie + microdiscectomie (hernie discale) + laminectomie + foraminotomie (sténose) + fusion vertébrale (instabilité) → taux de succès chirurgical 80–90 % à court terme pour la douleur sciatique
Urgence neurochirurgicale — syndrome de la queue de cheval

Composez le 911 ou rendez-vous immédiatement aux urgences si une sciatique s'accompagne d'un engourdissement ou d'une anesthésie de la région périnéale + génitale + fessière (anesthésie en selle) + d'une incontinence urinaire ou fécale + ou d'une rétention urinaire + ou d'une faiblesse des deux jambes — ces signes constituent le syndrome de la queue de cheval, urgence neurochirurgicale absolue nécessitant une IRM urgente et une décompression chirurgicale dans les 6 à 24 heures pour éviter des séquelles sphinctériennes et motrices permanentes.

Pour l'évaluation d'une radiculopathie cervicale ou lombaire, la prescription de l'IRM si indiquée, l'initiation du traitement médicamenteux et l'orientation vers la physiothérapie et la neurochirurgie, Clinique Omicron offre des consultations médicales dans ses points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Consult at Clinique Omicron

Les médecins et infirmiers praticiens spécialisés (IPS) de Clinique Omicron évaluent les radiculopathies cervicales et lombaires par l'examen neurologique ciblé (dermatomes + myotomes + réflexes + Lasègue + Spurling), prescrivent l'IRM rachidienne si les red flags ou l'absence d'amélioration le justifient, initient le traitement analgésique et anti-inflammatoire, prescrivent la physiothérapie, orientent vers les infiltrations péridurales si sciatique hyperalgique, et adressent en neurochirurgie pour les indications opératoires ou en urgence pour le syndrome de la queue de cheval. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin ou d'un neurologue. L'interprétation de l'IRM rachidienne doit toujours être corrélée au tableau clinique — la présence d'une hernie discale asymptomatique à l'imagerie ne justifie aucun traitement. Le syndrome de la queue de cheval est une urgence chirurgicale — consulter immédiatement aux urgences si les symptômes décrits sont présents.

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