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Infection urinaire (cystite, pyélonéphrite) : causes, diagnostic et traitement | Clinique Omicron
Infectiologie & Urologie & Médecine de famille & Gynécologie

Infection urinaire (cystite et pyélonéphrite)

Les infections urinaires (IU) constituent l'une des infections bactériennes les plus fréquentes en médecine ambulatoire, représentant plus de 7 millions de consultations annuelles aux États-Unis et plus de 400 000 hospitalisations. Elles touchent préférentiellement les femmes — 50–60 % des femmes présentent au moins une IU au cours de leur vie — en raison de l'anatomie urétrale (urètre court + proximité du méat avec le vagin et l'anus), mais concernent aussi les enfants, les hommes après 50 ans (prostate + anomalies anatomiques), les patients immunodéprimés et les personnes âgées. La classification clinique distingue les IU basses (cystite — inflammation limitée à la vessie) et les IU hautes (pyélonéphrite aiguë — infection du parenchyme rénal et des voies excrétrices supérieures). Cette distinction détermine la sévérité, la durée et le choix de l'antibiothérapie. Escherichia coli est l'agent causal dans 75–85 % des IU communautaires, suivi de Staphylococcus saprophyticus (10–15 % chez la jeune femme), Klebsiella pneumoniae, Proteus mirabilis et Enterococcus faecalis. Le contexte microbiologique est primordial : les taux de résistance à l'ampicilline (>30 %) et au TMP-SMX (>20 % dans certaines régions) imposent d'adapter l'antibiothérapie empirique aux données locales de résistance. La nitrofurantoïne et la fosfomycine trométamol sont devenues des options de premier choix pour la cystite non compliquée, en raison de leur faible impact écologique sur la résistance. La gestion des IU récidivantes de la femme, des IU masculines, des IU sur sonde ou sur malformation urologique, et des IU gravidiques requièrent des approches spécifiques.

Épidémiologie, microbiologie et physiopathologie

  • Agents pathogènes, facteurs de virulence et mécanismes de résistance : principaux pathogènes responsables des IU communautaires : Escherichia coli (UPEC — Uropathogenic E. coli) : 75–85 % → adhésines (fimbriae de type 1 + fimbriae P — FimH + PapG) → adhérence à l'uroépithélium → invasion + formation de communautés bactériennes intracellulaires (IBC) → réservoir intracellulaire de récidive → toxines : hémolysine A (HlyA) + sidérophores (acquisition du fer) + capsule (résistance à la phagocytose) + Staphylococcus saprophyticus : 5–15 % chez la jeune femme sexuellement active → adhérence à l'uroépithélium par hémagglutinine de surface + Klebsiella pneumoniae : 5–10 % → production fréquente de BLSE (bêta-lactamases à spectre élargi) → résistance aux céphalosporines + Proteus mirabilis : 5 % → uréase → alcalinisation des urines → lithiase struvite + Enterococcus faecalis : 5 % → surtout sur sonde ou après antibiothérapie récente + Pseudomonas aeruginosa : <5 % → principalement dans les IU nosocomiales ou sur malformation → Candida spp. : IU sur sonde + immunodéprimé + Staphylococcus aureus (SARM) : IU sur sonde ou bactériémie secondaire (ne doit pas être considéré comme un pathogène urinaire primaire — sa présence dans les urines évoque une bactériémie à S. aureus avec ensemencement rénal) ; mécanismes de virulence des UPEC : les UPEC possèdent des îlots de pathogénicité (PAI) codant pour les facteurs de virulence → phase 1 de l'infection : adhésion par les fimbriae de type 1 (FimH → liaison aux résidus mannose des urothelins) → invasion des cellules superficielles de la vessie → formation des IBC (Intracellular Bacterial Communities) → biofilm intracellulaire → réservoir de récidive → phase 2 : exfiltration dans la lumière → recolonisation + montée vers le rein → fimbriae P (PapG → liaison au glycolipide Gal-Gal des cellules épithéliales tubulaires rénales) → pyélonéphrite → résistances aux antibiotiques dans les IU : résistance à l'ampicilline (>30 % des E. coli communautaires au Canada) → résistance au TMP-SMX (>20 % dans plusieurs régions du Québec → taux variable selon les données locales) → résistance aux fluoroquinolones (quinolones) : en augmentation → 10–20 % des E. coli communautaires → contre-indiquées comme traitement de 1re ligne de la cystite non compliquée si taux de résistance local >10 % (IDSA 2011) → BLSE (bêta-lactamases à spectre élargi) : E. coli BLSE + Klebsiella BLSE → résistance aux céphalosporines de 3e génération → traitement : carbapénèmes (ertapénème + méropénème) + ou fosfomycine + ou nitrofurantoïne si sensible → résistance à la nitrofurantoïne : rare (<2–3 %) + principalement Klebsiella + Proteus + Pseudomonas (résistants naturels) → données de résistance au Québec : INESSS publie annuellement les données de résistance des uropathogènes au Québec → consulter les données locales actualisées avant de choisir l'antibiothérapie empirique ; facteurs de risque des IU chez la femme : activité sexuelle (risque relatif × 40) → le Relatif d'inoculation est la principale cause d'IU chez la jeune femme + diaphragme + spermicide (altération de la flore vaginale → sélection de E. coli + déplétion des lactobacilles) + médicaments : anticholinergiques + antipsychotiques → rétention vésicale → stase urinaire + antécédent d'IU enfance + grossesse + hyper-estrogénisme → hypotrophie vaginale + prise d'antibiotiques → dysbiose vaginale + ménopause → baisse des œstrogènes → atrophie uro-génitale → réduction des lactobacilles → ascension de E. coli + anomalies anatomiques (reflux vésico-urétéral + urétrocèle + prolapsus + obstruction)
  • Classification clinique des IU — cystite vs pyélonéphrite vs colonisation asymptomatique : colonisation urinaire asymptomatique (bactériurie asymptomatique — BA) : présence de bactéries dans les urines sans symptômes urinaires → définition : ≥10⁵ UFC/mL dans 2 urines consécutives chez la femme + ou ≥10⁵ UFC/mL dans une urine chez l'homme (par définition rare hors contexte) + ou cathéter urinaire : ≥10³ UFC/mL → NE PAS traiter sauf exceptions : grossesse + intervention urologique imminente (risque de sepsis) + Nicolle 2019 — Clinical Infectious Diseases (IDSA Guidelines) : pas de bénéfice du traitement de la BA chez les sujets non enceintes + non immunodéprimés → augmente les résistances + les effets indésirables → cystite aiguë non compliquée (CANC) : infection limitée à la vessie + femme adulte sans comorbidité urologique ni immunosuppression → symptômes : brûlures mictionnelles (dysurie) + pollakiurie + urgences mictionnelles + douleurs sus-pubiennes + urines troubles ou fétides + parfois hématurie microscopique + PAS de fièvre + PAS de douleur lombaire → cystite compliquée : IU basse avec facteurs de risque de traitement prolongé ou d'échec → homme + femme enceinte + diabétique + immunodéprimé + anomalie anatomique ou fonctionnelle des voies urinaires + sonde urinaire + résistances connues → pyélonéphrite aiguë non compliquée (PNA) : infection bactérienne du parenchyme rénal → femme adulte sans comorbidité urologique ni immunosuppression → symptômes : fièvre ≥38,5°C + douleur lombaire (fosse rénale — signes de Murphy urologique : angle costo-vertébral douloureux à la palpation + ébranlement lombaire douloureux) + nausées + vomissements + parfois précédés de symptômes urinaires bas (brûlures + pollakiurie) → pyélonéphrite compliquée : PNA avec facteurs de risque (uropathie obstructive + immunodépression + homme + grossesse + résistances + sepsis) → pyélonéphrite obstructive = URGENCE → obstruction des voies urinaires + infection → sepsis uroseptique + sepsis urinaire → drainage en urgence (sonde JJ ou néphrostomie percutanée)

Diagnosis, treatment, and special situations

Contexte / interventionData, criteria, and termsKey studies and recommendations
Diagnostic — bandelette urinaire, ECBU et interprétation
Bandelette urinaire — leucocyturie — nitrites — ECBU — seuil significatif — contamination — conditions de prélèvement — urine de mi-jet
Bandelette urinaire réactive (BU) — test de dépistage rapide : leucocytes estérase (LE) : détecte les leucocytes (polynucléaires neutrophiles) dans les urines → seuil : 1+ = cliniquement significatif + nitrites : détecte les bactéries nitrate-réductases (E. coli + entérobactéries) → spécificité 97–99 % + sensibilité 50–60 % (les germes non nitrate-réducteurs comme Enterococcus + Staphylococcus + Pseudomonas sont négatifs) + interprétation combinée LE + nitrites : LE+ et nitrites+ → IU très probable → LE+ et nitrites− → IU possible (germe non nitrate-réducteur ou urine diluée ou prélèvement récent) → LE− et nitrites+ → IU possible (contamination possible) → LE− et nitrites− → IU très peu probable (VPN 95–98 % pour la cystite symptomatique) → performance diagnostique globale de la BU : sensibilité 70–90 % + spécificité 60–70 % → Devillé 2004 — BMC Urology : méta-analyse BU → sensibilité LE + nitrites combinés 74 % + spécificité 82 % → la BU est un test de dépistage + non un test de certitude + glycosurie : peut indiquer un diabète + hématurie : possiblement associée (20–40 % des IU) → mais rechercher d'autres causes + protéinurie légère : possible dans les IU + pas toujours signe de néphropathie ; ECBU (examen cytobactériologique des urines) — référence diagnostique : indications de l'ECBU : cystite non compliquée de la femme sans facteur de risque → ECBU non requis pour le diagnostic ni pour le traitement empirique (diagnostic clinique + BU suffisants) → BU peut remplacer l'ECBU si positive chez la femme jeune symptomatique sans complication → ECBU recommandé si : homme (IU toujours considérée comme compliquée) + grossesse + immunodéprimé + sonde urinaire + anomalie urologique + récidive ou échec du traitement + symptômes atypiques + PNA + IU nosocomiale + suspicion de résistance (voyage récent en zone endémique BLSE) + avant tout geste urologique + technique de prélèvement : premier jet jeté → recueil du jet du milieu (urine de mi-jet) → après nettoyage des organes génitaux externes + sans détergent + en milieu de miction → si sondage : aspiration sur le cathéter → si nourrisson : poche d'urine stérile collée ou sondage → délai d'acheminement : <2h à température ambiante → ou conservation à +4°C × 24h → transport en milieu de conservation (Dip-Slide ou Boric acid) + lecture de l'ECBU : leucocyturie : ≥10 leucocytes/mm³ (leucocyturie significative) + bactériurie significative : ≥10³ UFC/mL sur cathéter + ≥10⁴ UFC/mL sur sondage intermittent + ≥10⁵ UFC/mL sur jet du milieu (femme) + ≥10⁵ UFC/mL (homme — rare hors contexte) → un seuil ≥10³ UFC/mL peut être significatif si symptômes évidents + Kunin 1987 — Annals of Internal Medicine : définition des seuils de bactériurie significative → valeur de référence historique → antibiogramme systématiquement réalisé sur les cultures positives → guide la désescalade ou le changement d'antibiothérapie → hémocultures : indiquées si PNA sévère + fièvre + frissons + hypotension + immunodépression → positives dans 15–25 % des PNA sévères → Velasco 2003 — Emergency Medicine Journal : hémocultures dans la PNA → positives 15–20 % + ne changent pas la prise en charge dans les formes simples → non systématiques dans les PNA légères à modérées Devillé 2004 — BMC Urology (méta-analyse) : BU LE + nitrites → sensibilité 74 % + spécificité 82 % → outil de dépistage + non de certitude + Saint 1999 — Archives of Internal Medicine : BU → VPN 97 % si LE− et nitrites− → exclut raisonnablement une IU chez la femme symptomatique + Kunin 1987 — Annals of Internal Medicine : seuils de bactériurie significative → base de l'interprétation encore utilisée + Schaeffer 2014 — Journal of Urology : techniques de prélèvement et conditions préanalytiques → Velasco 2003 — Emergency Medicine Journal : hémocultures dans la PNA → positives 15–20 % + ne modifient pas la prise en charge dans les formes simples + INESSS 2019 (Institut national d'excellence en santé et services sociaux) : guide d'usage optimal des antibiotiques dans les IU au Québec → BU en dépistage + ECBU selon les indications + résistances locales → référence québécoise + SOGC 2018 : IU pendant la grossesse → dépistage mensuel par BU ou ECBU
Traitement de la cystite aiguë non compliquée
Nitrofurantoïne — fosfomycine — TMP-SMX — résistances locales — durée — pivmécillinam — cystite compliquée — suivi
Choix des antibiotiques pour la cystite non compliquée (CANC) de la femme — recommandations actualisées : nitrofurantoïne (Macrobid — macrocristaux 100 mg) : mécanisme : réduction enzymatique → radicaux nitrés → dommages à l'ADN bactérien → spectre : E. coli + S. saprophyticus + Enterococcus → résistance naturelle de Klebsiella + Proteus + Pseudomonas → efficacité : 85–95 % → Gupta 2007 — Cochrane : nitrofurantoïne = TMP-SMX pour la cystite non compliquée → posologie : 100 mg × 2/j × 5 jours (macrocristaux) → ou 50–100 mg × 4/j × 7 jours (microcristaux) → avantage majeur : très peu de pression de sélection sur la résistance intestinale + flore vaginale → moins de résistance acquise → Ode 2017 — Lancet Infectious Diseases : nitrofurantoïne → réduction de l'émergence de résistances vs fluoroquinolones → contre-indications : IRC sévère (DFG <30 mL/min — pas de concentration urinaire adéquate + risque de toxicité systémique) + femme à terme (≥36 SA) → hémolyse néonatale → allergie + grossesse au 3e trimestre + fosfomycine trométamol (Monurol) : mécanisme : inhibition de la MurA (synthèse du peptidoglycane) → spectre : E. coli + Enterococcus + certains BLSE → résistance naturelle de Pseudomonas + Klebsiella (variable) → posologie : 3 g en dose unique PO → simplicité maximale → Stein 1999 — Clinical Infectious Diseases : fosfomycine 3 g dose unique = TMP-SMX × 7 jours → avantage : dose unique → excellente observance → peu de résistance croisée → TMP-SMX (Bactrim DS — 160/800 mg) : efficacité élevée si résistance locale <20 % (taux actuels au Québec : 15–22 % selon les régions) → posologie : 1 comprimé DS × 2/j × 3 jours → Gupta 2001 — JAMA : TMP-SMX × 3 jours = 7 jours pour la cystite non compliquée → éviter si résistance locale documentée ou usage dans les 3 mois précédents → pivmécillinam (Selexid) : aminopénicilline → spectre entérobactéries → peu disponible au Canada → utilisé en Europe (Scandinavie + Danemark) + nécessite une formulation spéciale → fluoroquinolones (ciprofloxacine — norfloxacine) : efficaces mais déconseillées comme 1re ligne pour la cystite non compliquée — IDSA 2011 (Gupta — Clinical Infectious Diseases) : fluoroquinolones → réserver pour les infections plus graves (PNA) → impact écologique majeur (résistances + perturbation du microbiome) → taux de résistance E. coli aux quinolones en augmentation (10–20 % au Canada) → amoxicilline-clavulanate : efficacité moindre (80 % vs 95 % pour les options précédentes) + pression de sélection importante → non recommandée en 1re ligne → durée du traitement de la cystite non compliquée : nitrofurantoïne : 5 jours → fosfomycine : 1 dose unique → TMP-SMX : 3 jours → ciprofloxacine (si indiquée) : 3 jours → amoxicilline-clavulanate : 7 jours → suivi post-traitement : ECBU de contrôle non nécessaire si résolution des symptômes → nécessaire si : grossesse + homme + anomalie urologique + symptômes persistants à 48–72h → si échec à 48–72h : ECBU + antibiogramme + changement d'antibiotique selon les résultats Gupta 2011 — Clinical Infectious Diseases (IDSA/ESCMID Guidelines) : recommandations complètes pour la cystite non compliquée → nitrofurantoïne + fosfomycine + TMP-SMX = 1re ligne → fluoroquinolones réservées aux formes graves + Gupta 2007 — Cochrane : nitrofurantoïne = TMP-SMX pour la cystite non compliquée → recommandation forte + Stein 1999 — Clinical Infectious Diseases : fosfomycine dose unique = TMP-SMX × 7 jours → non-infériorité + Gupta 2001 — JAMA : TMP-SMX × 3 jours = 7 jours → réduction de la durée sans perte d'efficacité + Ode 2017 — Lancet Infectious Diseases : nitrofurantoïne → faible impact sur les résistances vs fluoroquinolones → INESSS 2019 (Québec) : guide antibiotiques IU → nitrofurantoïne et fosfomycine recommandées + résistances locales québécoises documentées + CPS 2021 + AMMI Canada : recommandations canadiennes → INESSS données de résistance régionales (mise à jour annuelle)
Traitement de la pyélonéphrite aiguë
PNA non compliquée — PNA sévère — ciprofloxacine — ceftriaxone — hospitalisation — bactériémie — BLSE — sepsis urinaire — durée — ECBU post-traitement — imagerie
Pyélonéphrite aiguë non compliquée de la femme — prise en charge ambulatoire : critères d'éligibilité pour le traitement ambulatoire : fièvre tolérée + pas de signe de sepsis (FC <100 + PA normale + conscience normale) + apport hydrique oral possible + pas de vomissements persistants + pas de facteur de risque de complication (voir plus bas) → ECBU systématique avant traitement → hémocultures si signes de sepsis + antibiothérapie orale : ciprofloxacine (Cipro) 500 mg × 2/j × 7 jours : 1re ligne si résistance locale aux quinolones <10 % → excellent biodisponibilité orale + bonne pénétration tissulaire rénale + mais : taux de résistance en augmentation (10–20 % selon les régions) → vérifier les données INESSS locales → Stamm 1999 — JAMA : ciprofloxacine 7j = 14j pour la PNA → non-infériorité et durée réduite → TMP-SMX (Bactrim DS) 160/800 mg × 2/j × 14 jours : si sensibilité documentée (ne pas utiliser empiriquement si résistance locale >10 %) → bonne option si antibiogramme disponible + amoxicilline-clavulanate 875/125 mg × 2/j × 14 jours : acceptable si organisme sensible → pas en 1re ligne empirique (taux de résistance élevé) → céphalosporines de 3e génération orales (céfixime — Suprax) 400 mg/j × 14 jours : alternative si fluoroquinolone résistante + sensibilité BLSE négative → durée de traitement PNA ambulatoire : fluoroquinolones : 7 jours + TMP-SMX : 14 jours → attention à adapter selon l'antibiogramme → si aucune amélioration à 48–72h : réévaluation + ECBU de contrôle + changer l'antibiotique ou hospitaliser ; pyélonéphrite aiguë sévère ou compliquée — indication d'hospitalisation : critères d'hospitalisation : signes de sepsis ou choc septique (tachycardie + hypotension + confusion + DU altérée) → ou pyélonéphrite obstructive (dilatation des voies urinaires → urgence chirurgicale — cf. section urgences) + vomissements incoercibles (impossibilité de traitement oral) + immunodépression sévère + grossesse + anomalie urologique grave + absence d'amélioration sous traitement ambulatoire → antibiothérapie intraveineuse initiale : ceftriaxone 1–2 g/j IV : céphalosporine de 3e génération → excellent spectre entérobactéries + bien tolérée → 1re ligne IV + ou ciprofloxacine 400 mg IV × 2/j : si sensibilité probable + ou pipéracilline-tazobactam (Tazocin) 3,375 g IV × 4/j ou 4,5 g × 3/j : si BLSE suspectée ou Pseudomonas possible → BLSE documentée (E. coli ou Klebsiella BLSE) : méropénème 1 g IV × 3/j → ou ertapénème 1 g/j IV (carbapénème non antipseudomonal) → relais oral après 24–48h d'apyrexie + amélioration clinique → selon l'antibiogramme → durée totale IV + oral : 10–14 jours + imagerie de la pyélonéphrite : scanner abdomino-pelvien avec injection (ou sans si grossesse → écho) : indiqué si : pas d'amélioration après 48–72h d'antibiothérapie adaptée + suspicion de complication (abcès rénal + pyonéphrose + gaz péri-rénal) + contexte urologique à risque + Morin-Papunen 2001 — Journal of Urology : scanner + PNA → détection des complications (abcès + pyonéphrose) → modifie la prise en charge dans 15–20 % des cas Stamm 1999 — JAMA (RCT) : ciprofloxacine × 7 jours = TMP-SMX × 14 jours pour la PNA → non-infériorité + durée réduite + préférence cliniciens + Sandberg 2012 — Lancet (RCT) : traitement PNA ambulatoire oral vs IV → résultats équivalents → justifie le traitement ambulatoire si critères respectés + Talan 2000 — JAMA (RCT) : ciprofloxacine × 7 jours vs TMP-SMX × 14 jours pour la PNA → ciprofloxacine supérieure (92 % vs 83 % guérison) → même si résistance dans les 22 % du groupe TMP-SMX → Gupta 2011 — CID IDSA/ESCMID : recommandations PNA → ciprofloxacine 7j = 1re ligne + hospitalisation si critères + carbapénèmes si BLSE + INESSS 2019 : recommandations québécoises pour le traitement de la PNA → ciprofloxacine ou ceftriaxone IV + relais oral + AMMI Canada 2020 : recommandations canadiennes + antibiogramme guidant la désescalade + SOGC 2018 : PNA en grossesse → ceftriaxone IV + hospitalisation + ECBU de contrôle obligatoire
IU récidivantes, IU masculines, IU gravidiques et situations particulières
IU récidivante — prophylaxie — canneberge — probiotiques — oestrogènes vaginaux — traitement auto-initié — homme — prostatite — grossesse — BA gravidique — sonde — diabète
IU récidivantes de la femme (≥2 IU/6 mois ou ≥3 IU/an) : investigation préalable : ECBU + antibiogramme de chaque épisode + écho rénale et vésicale si anomalie anatomique suspectée + taux de résidu post-mictionnel + facteurs de risque à identifier et corriger ; stratégies préventives non antibiotiques : hydratation adéquate (>1,5–2 L/j) + mictions fréquentes (ne pas retenir) + mictions post-coïtales (dans les 15–30 min après le rapport) + réduction de l'utilisation des spermicides + modification de la méthode contraceptive si diaphragme + spermicide → proanthocyanidines de la canneberge (Vaccinium macrocarpon) : mécanisme : PAC de type A → inhibition de l'adhérence des fimbriae de type 1 et P de E. coli à l'uroépithélium → Barbosa-Cesnik 2011 — Clinical Infectious Diseases (RCT) : canneberge vs placebo → pas de réduction significative des IU récidivantes dans cet essai → mais méta-analyses montrent un bénéfice modeste → Cochrane 2012 (Jepson) : canneberge → réduction des IU récidivantes mais non statistiquement significative selon les critères stricts → bénéfice modeste + bonne tolérance + Cochrane 2023 (mise à jour) : canneberge → réduction modeste mais significative des IU récidivantes vs placebo → NNT ≈ 10 → option non médicamenteuse acceptable + probiotiques Lactobacillus rhamnosus GR-1 + reuteri RC-14 : restauration de la flore vaginale normale → données prometteuses mais essais de plus grande taille requis → œstrogènes vaginaux (crème + anneau + comprimés) : chez la femme ménopausée → restaurent l'épithélium vaginal + favorisent la recolonisation par les lactobacilles → Raz 1993 — NEJM : œstrogènes vaginaux vs placebo + IU récidivantes postménopausiques → réduction significative des IU → recommandés comme première intervention non antibiotique chez la femme ménopausée avec IU récidivantes ; prophylaxie antibiotique : prophylaxie continue (faible dose) : nitrofurantoïne 50–100 mg/nuit × 6–12 mois → efficacité : réduction de 95 % des IU récidivantes (Albert 2004 — Cochrane) + prophylaxie post-coïtale (dose unique après les rapports) : nitrofurantoïne 50–100 mg + ou TMP-SMX 80/400 mg + ou céfalexine 250 mg → traitement auto-initié (patient-initiated therapy) : schéma de 3 jours de nitrofurantoïne ou TMP-SMX au début des symptômes → non recommandée si ≤48h de symptômes → option pour les patientes compliant et compréhensives → ECBU préalable à chaque épisode si possible ; IU chez l'homme : toujours considérée comme compliquée → ECBU + antibiogramme systématiques → investigation systématique si 1er épisode : écho rénale et prostatique + bilan urologique si <50 ans → prostatite à exclure (toucher rectal + PSA) → E. coli 80–85 % → traitement de la cystite masculine : ciprofloxacine 500 mg × 2/j × 7 jours → ou TMP-SMX × 7 jours → si prostatite : ciprofloxacine × 4–6 semaines (bonne pénétration prostatique) + ou TMP-SMX × 4 semaines → prostatite chronique : traitement spécialisé + ECBU de contrôle 7 jours après fin du traitement ; IU pendant la grossesse : bactériurie asymptomatique gravidique (BAG) : traiter systématiquement (risque de PNA dans 25–30 % si non traitée → Smaill 2015 — Cochrane : traitement de la BAG → réduction de la PNA de 75 % + SOGC 2018) → nitrofurantoïne × 7 jours (sauf ≥36 SA) + ou céfalexine × 7 jours → ECBU de contrôle 7 jours après → cystite gravidique : traitement selon ECBU + antibiogramme → céfalexine + ou nitrofurantoïne (sauf 3e trimestre) → éviter quinolones (arthropathies fœtales — animaux) + tétracyclines + TMP-SMX au 1er trimestre (folates) → PNA gravidique : hospitalisation + ceftriaxone IV + ECBU + antibiogramme → ECBU mensuel de contrôle en grossesse → IU sur sonde (CAUTI — Catheter-Associated UTI) : principal facteur de risque : durée de la sonde (3–7 % par jour de cathétérisme) → traitement : si symptômes → retirer ou changer la sonde AVANT l'antibiothérapie → ECBU sur la sonde changée → traitement guidé par l'antibiogramme 7 jours → bactériurie asymptomatique sur sonde → NE PAS traiter (Nicolle 2019 — CID IDSA) → prévention des CAUTI : sonde urinaire uniquement si indispensable + retrait dès que possible Albert 2004 — Cochrane : nitrofurantoïne prophylactique faible dose → réduction de 95 % des IU récidivantes → référence sur la prophylaxie antibiotique + Raz 1993 — NEJM : œstrogènes vaginaux vs placebo + IU récidivantes postménopausiques → réduction significative → recommandation de référence chez la femme ménopausée + Cochrane 2023 (Jepson mise à jour) : canneberge → NNT ≈ 10 → option non médicamenteuse valide + Smaill 2015 — Cochrane : traitement BAG → réduction PNA de 75 % → base de la recommandation de traiter la BAG en grossesse + SOGC 2018 : IU en grossesse → dépistage mensuel + traitement BAG + PNA hospitalisation + Nicolle 2019 — Clinical Infectious Diseases (IDSA Guidelines on Asymptomatic Bacteriuria) : NE PAS traiter la BA hors grossesse ou geste urologique → Gupta 2011 — CID IDSA/ESCMID : algorithme complet des IU → prophylaxie + traitement + IU masculines + INESSS 2019 + AMMI Canada 2020 + CPS 2021 : recommandations canadiennes et québécoises actualisées + Talan 2000 — JAMA : ciprofloxacine × 7j PNA → 92 % guérison
ℹ️ Pour la cystite non compliquée de la femme, le diagnostic est clinique et ne nécessite pas systématiquement un ECBU — mais l'antibiothérapie doit être adaptée aux taux de résistance locaux : la nitrofurantoïne (Macrobid 100 mg × 2/j × 5 jours) et la fosfomycine (3 g en dose unique) sont les traitements de première ligne recommandés au Québec car ils minimisent la pression de sélection des résistances. Le TMP-SMX (Bactrim DS) reste une option valide si le taux de résistance local est inférieur à 20 %. Les fluoroquinolones (ciprofloxacine) ne doivent pas être prescrites pour les cystites non compliquées en raison de leur impact sur les résistances et doivent être réservées aux pyélonéphrites. Ne jamais traiter une bactériurie asymptomatique chez une femme non enceinte.
Situations nécessitant un appel au 911 ou une prise en charge urgente

Fièvre élevée + frissons + douleur lombaire intense + tachycardie + hypotension + confusion chez un patient avec symptômes urinaires → pyélonéphrite sévère ou sepsis urinaire → appel 911 → urgences médicales → hémocultures + ECBU → ceftriaxone IV ou pipéracilline-tazobactam IV selon le contexte → remplissage vasculaire → si pyélonéphrite obstructive (colique néphritique + sepsis) → drainage urgent (JJ ou néphrostomie).

Fièvre + douleur lombaire + choc septique + pas d'amélioration après 48–72h d'antibiotiques adaptés chez un patient connu avec lithiase ou obstruction urologique → pyélonéphrite obstructive → urgence urologique absolue → TDM abdomino-pelvien → drainage immédiat (sonde JJ + ou néphrostomie percutanée) → sans drainage → mortalité très élevée → l'antibiotique seul est insuffisant.

Femme enceinte avec fièvre ≥38°C + douleur lombaire + ECBU ou BU positive → pyélonéphrite gravidique → hospitalisation systématique → ceftriaxone 1–2 g IV/j + ECBU + hémocultures → risque d'accouchement prématuré + sepsis maternel → éviter les quinolones + TMP-SMX en grossesse.

Homme de tout âge ou enfant avec premier épisode d'IU documenté → IU masculine ou pédiatrique = toujours compliquée → bilan systématique → écho rénale + prostatique + ECBU + antibiogramme → traitement adapté + urologie si anomalie anatomique + CPS si enfant.

Consult at Clinique Omicron

Les médecins de Clinique Omicron diagnostiquent et traitent les infections urinaires basses et hautes, prescrivent et interprètent les ECBU et les antibiogrammes, adaptent l'antibiothérapie aux données de résistance locales québécoises (INESSS), gèrent les IU récidivantes et initient les stratégies préventives (œstrogènes vaginaux + nitrofurantoïne prophylactique + canneberge), traitent les IU gravidiques, et orientent vers l'urologue ou le spécialiste en infectiologie pour les formes complexes. Des consultations sont disponibles dans plusieurs points de service au Québec et en télémédecine. Pour prendre rendez-vous, visitez cliniqueomicron.ca.

Le contenu de cette page est fourni à titre informatif uniquement et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Tout symptôme de sepsis associé à une infection urinaire constitue une urgence médicale nécessitant un appel immédiat au 911.

Omicron Clinic

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Insurance receipts. 7j/7. No family doctor required.

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