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ITSS au Québec : des niveaux records et l’importance du dépistage

Les ITSS atteignent au Québec des niveaux jamais vus en deux décennies, et le dépistage des ITSS au Québec n’a jamais été aussi pertinent. Syphilis, gonorrhée, chlamydia : derrière ces chiffres se cache une réalité à la fois simple et rassurante. La grande majorité de ces infections se dépistent facilement et se traitent, surtout lorsqu’elles sont détectées tôt. Voici un portrait clair de la situation, des signes à connaître et de la raison pour laquelle le dépistage demeure votre meilleure protection.

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Des ITSS en hausse partout au Québec

Après une légère baisse durant la pandémie, les infections transmissibles sexuellement et par le sang sont reparties à la hausse dans l’ensemble de la province. Les spécialistes de santé publique ne parlent plus d’un simple effet rebond, mais bien de la poursuite d’une tendance installée avant la COVID-19. Plusieurs régions rapportent des niveaux d’infection qualifiés d’« inégalés », notamment pour la syphilis.

Cette progression touche des personnes de tous âges et de tous milieux. Elle rappelle que les ITSS ne sont pas un enjeu marginal réservé à certains groupes, mais une réalité de santé publique qui concerne toute personne ayant une vie sexuelle active.

Syphilis, gonorrhée, chlamydia : où en est-on

Le dernier portrait des ITSS publié par la santé publique québécoise illustre une tendance lourde sur une vingtaine d’années. Les taux ci-dessous sont exprimés par 100 000 habitants, selon l’INSPQ.

Infection 2004 2019 2023
Chlamydia 171 336 314
Gonorrhea 11 88 112
Syphilis 3,2 14 16
Taux par 100 000 habitants. Source : Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

La chlamydia demeure l’ITSS bactérienne la plus fréquente. La gonorrhée, elle, a atteint son niveau le plus élevé depuis le début des années 1990. Quant à la syphilis, elle progresse de façon constante depuis une trentaine d’années, avec une augmentation particulièrement marquée chez les femmes, où le nombre de cas s’est multiplié en quelques années. Une part importante des cas de gonorrhée se concentre dans la région métropolitaine, mais la hausse de la syphilis s’observe aussi ailleurs dans la province.

To remember

  • Les ITSS atteignent des sommets en deux décennies au Québec
  • La chlamydia reste l’infection bactérienne la plus déclarée
  • La gonorrhée est à son plus haut niveau depuis le début des années 1990
  • La syphilis progresse depuis une trentaine d’années, surtout chez les femmes
  • La hausse touche plusieurs régions, pas seulement les grands centres
  • La majorité de ces infections se dépistent et se traitent efficacement

Pourquoi cette augmentation

No facteur unique n’explique à lui seul cette progression. Les experts évoquent plutôt une combinaison d’éléments qui se renforcent mutuellement.

Les facteurs en cause

  • Une banalisation des ITSS : certaines infections font moins peur qu’avant, ce qui s’accompagne d’un relâchement des comportements préventifs comme l’usage du condom
  • La multiplication des partenaires anonymes, qui complique la notification et le suivi
  • Les voyages, qui facilitent l’arrivée et la circulation de nouvelles souches, notamment résistantes
  • Un meilleur dépistage, qui explique une partie de la hausse des cas déclarés, mais une partie seulement : la tendance de fond demeure réelle

La gonorrhée résistante aux antibiotiques

Un signal préoccupe particulièrement les autorités : la progression de souches de gonorrhée résistantes aux antibiotiques. Lorsqu’une infection répond moins bien aux traitements habituels, sa prise en charge devient plus complexe et le risque de transmission se prolonge. Les spécialistes redoutent l’arrivée et l’implantation locale de souches difficiles à traiter, favorisée par les déplacements internationaux. Cette réalité renforce l’importance d’un diagnostic précoce et d’un traitement adapté, plutôt que de l’automédication.

Des infections souvent silencieuses

L’un des pièges des ITSS est qu’elles évoluent fréquemment sans symptôme apparent. Une personne peut être porteuse, et contagieuse, sans le savoir. C’est précisément pour cette raison que le dépistage ne devrait pas dépendre uniquement de l’apparition de signes.

Des signes qui justifient une évaluation

  • Écoulements inhabituels, génitaux ou anaux
  • Sensation de brûlure en urinant
  • Lésions, rougeurs ou ulcères dans la région génitale ou buccale
  • Douleurs pelviennes ou aux testicules
  • Éruptions cutanées inexpliquées, parfois associées à la syphilis
  • Fièvre ou ganglions enflés sans cause évidente

Ces signes peuvent avoir de nombreuses causes bénignes. Leur présence, ou simplement une prise de risque récente, justifie d’en parler à un professionnel et d’envisager un dépistage.

To remember

  • La plupart des ITSS peuvent être asymptomatiques
  • On peut transmettre une infection sans le savoir
  • Le dépistage ne doit pas attendre l’apparition de symptômes
  • Un dépistage régulier est recommandé en cas de nouveaux partenaires
  • Détectées tôt, la plupart des ITSS se traitent simplement
  • L’automédication retarde le bon traitement et favorise les résistances

Le dépistage : simple, confidentiel, accessible

Se faire dépister est une démarche rapide et discrète. Selon les infections recherchées, le dépistage repose sur une analyse d’urine, un prélèvement sanguin ou un prélèvement local. Il n’a rien d’intimidant : pour beaucoup, c’est un geste de routine comparable à un bilan de santé. L’important est de le faire sans attendre lorsque la situation le justifie.

Type de prélèvement Ce qu’il permet de rechercher
Analyse d’urine Certaines infections bactériennes comme la chlamydia et la gonorrhée
Blood sampling Infections détectables par le sang, comme la syphilis
Prélèvement local Recherche ciblée selon le site et le contexte clinique

Vous souhaitez faire le point sur votre santé sexuelle ou passer un dépistage sans tarder? Nos points de service au Québec offrent la consultation et le dépistage, en personne comme en teleconsultation. Vous pouvez book an appointment online ou, pour soutenir la santé de vos équipes, découvrir nos services aux entreprises.

Comment réduire les risques

A few habitudes simples contribuent à réduire le risque d’infection et à briser les chaînes de transmission.

  • Utiliser le condom de façon constante, y compris pour le sexe oral et anal
  • Se faire dépister régulièrement, surtout à l’arrivée d’un nouveau partenaire
  • Discuter ouvertement du statut ITSS avec ses partenaires
  • Informer ses partenaires en cas de résultat positif, pour briser la chaîne de transmission
  • Se renseigner sur la vaccination disponible contre certaines infections, comme le VPH et l’hépatite B
  • Éviter l’automédication et consulter pour obtenir le bon traitement

Myths and misconceptions

« Si je n’ai pas de symptômes, je n’ai pas d’ITSS »

False. De nombreuses ITSS sont silencieuses. L’absence de symptôme ne garantit pas l’absence d’infection, d’où l’intérêt du dépistage.

« Les ITSS ne touchent que certaines personnes »

False. Toute personne ayant une vie sexuelle active peut contracter une ITSS, peu importe son âge, son genre ou son orientation.

« La syphilis, c’est une maladie du passé »

False. La syphilis progresse depuis une trentaine d’années au Québec et atteint aujourd’hui des niveaux préoccupants, y compris chez les femmes.

« Un traitement antibiotique acheté en ligne suffit »

False. L’automédication peut masquer l’infection, retarder le bon traitement et favoriser la résistance aux antibiotiques. Un diagnostic professionnel est nécessaire.

« Une fois traité, je suis immunisé »

False. On peut contracter de nouveau la plupart des ITSS après un traitement. La prévention et le dépistage restent nécessaires dans la durée.

Frequently asked questions

À quelle fréquence devrait-on se faire dépister?

Cela dépend de votre situation. Un dépistage est recommandé à l’arrivée d’un nouveau partenaire, après une prise de risque ou de façon périodique si vous avez plusieurs partenaires. Un professionnel peut vous conseiller la fréquence adaptée.

Le dépistage des ITSS est-il confidentiel?

Oui. La confidentialité des renseignements de santé est encadrée par la loi au Québec. Le dépistage se fait dans un cadre professionnel respectueux de votre vie privée.

Les ITSS se traitent-elles toutes?

Les ITSS bactériennes comme la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis se traitent avec des médicaments appropriés. D’autres infections virales se contrôlent par un suivi médical. Plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge est simple.

Pourquoi parle-t-on de gonorrhée résistante?

Certaines souches de gonorrhée répondent moins bien aux antibiotiques habituels. Cela complique le traitement et souligne l’importance d’un diagnostic précis et d’un suivi médical plutôt que de l’automédication.

Peut-on consulter sans médecin de famille?

Oui. Vous pouvez consulter un médecin ou une infirmière pour un dépistage ou un suivi sans être inscrit auprès d’un médecin de famille, en clinique ou en téléconsultation.

Où passer un dépistage des ITSS au Québec?

Nos points de service au Québec offrent la consultation et le dépistage des ITSS, en personne comme en téléconsultation, dans un cadre confidentiel. Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne selon votre besoin.

Sources

  1. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) — Portrait des ITSS. inspq.qc.ca
  2. Gouvernement du Québec — Infections transmissibles sexuellement et par le sang. quebec.ca/sante
  3. Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS). msss.gouv.qc.ca
  4. Agence de la santé publique du Canada — ITSS. canada.ca/sante-publique
  5. Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS). inesss.qc.ca

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Geneviève Dostie
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