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Main tenant une tablette d’où part un schéma de l’intelligence artificielle, avec le titre IA en santé

IA en santé : que demander à un robot, que lui taire

Vos résultats de prise de sang viennent d’arriver et trois valeurs portent un astérisque : vous collez le tout dans un robot conversationnel comme ChatGPT. Voilà l’IA en santé telle que la vivent les patients, utile pour comprendre, risquée dès qu’on s’en sert pour décider. Voici où passe la ligne entre les deux : ce qu’il vaut la peine de demander, ce qu’on ne devrait jamais confier à l’écran, et le moment où il faut le fermer pour joindre une vraie personne.

Dans cette page

Ce que le robot fait bien

La vulgarisation est la première chose qu’un patient peut raisonnablement attendre d’un robot conversationnel. Le Collège des médecins du Québec reconnaît que l’IA peut donner de bonnes informations générales sur la santé, et juge pertinent de s’en servir pour préparer un rendez-vous ou comprendre un diagnostic ou un traitement déjà établi (Collège des médecins du Québec). Le mot clé est « général » : le robot explique bien ce qu’un terme veut dire, beaucoup moins bien ce qu’il veut dire pour vous.

Traduire le jargon d’un compte rendu

Un rapport parle d’une « lésion hypoéchogène » ou d’une « éosinophilie » et le sens vous échappe. Demander au robot de reformuler le terme donne une première piste de lecture, rien de plus. Ce que le résultat signifie dans votre cas dépend de votre histoire et de vos autres examens, et le robot n’a accès à rien de cela.

Préparer ses questions avant un rendez-vous

C’est sans doute l’usage le plus rentable : on arrive avec une liste claire plutôt qu’avec une inquiétude vague. Quelques demandes utiles :

  • « Quelles questions poser à mon médecin au sujet d’un résultat anormal de ce type? »
  • « Comment décrire mes symptômes clairement en deux minutes? »
  • « Quelles informations devrais-je apporter à la consultation? »

Relire une explication déjà reçue

Après une consultation, on n’a parfois retenu que la moitié. Faire reformuler un diagnostic posé par un professionnel est défendable : le robot redit, il ne décide pas. Le Collège admet aussi les applications qui résument une rencontre, si l’on relit la note.

Là où la conversation déraille

On parle d’hallucination lorsqu’un outil invente une réponse faute d’information. Il peut aussi oublier un élément important ou mal interpréter les données. Cela vaut autant pour les outils grand public que pour ceux des professionnels (Collège des médecins du Québec).

Des réponses sûres d’elles, même fausses

Un texte fluide et bien structuré donne une impression d’exactitude. Or les réponses sont souvent livrées avec beaucoup d’assurance même lorsqu’elles sont fausses, et sans expertise du sujet, il est difficile de distinguer le bon du mauvais. L’assurance du ton ne prouve rien.

Aucun examen, aucun dossier

Un robot ne vous voit pas, ne vous palpe pas, n’écoute pas votre respiration. Même avec un outil de rédaction, le médecin doit ajouter ce que l’IA ne capte pas : l’examen physique, le langage non verbal. Et la plupart des outils n’ont pas accès à l’ensemble de vos informations de santé : vos allergies, vos médicaments, vos antécédents peuvent rester invisibles, sauf si vous les écrivez.

Biais et connaissances figées

Selon l’Organisation mondiale de la santé, ces outils peuvent produire des énoncés faux, inexacts, biaisés ou incomplets, et leurs données d’entraînement peuvent être biaisées selon la race, le sexe, l’âge ou l’origine ethnique. L’organisation décrit aussi un « biais d’automatisation » : des erreurs qu’un humain aurait repérées passent inaperçues. Les autorités canadiennes de protection de la vie privée rappellent par ailleurs que les données d’entraînement peuvent s’arrêter à une certaine date, si bien qu’une consigne récente peut échapper à un modèle.

Ce que montre une étude auprès de vraies personnes

Une étude randomisée publiée dans la revue Nature Medicine a testé ce qui se passe quand de vraies personnes, et non un test écrit, consultent un robot (Nature Medicine). Elle ne cherche pas à désigner le meilleur outil pour diagnostiquer : elle mesure l’effet de la conversation, et ses auteurs concluent qu’aucun des modèles testés n’était prêt pour les soins directs aux patients.

Ce que les chercheurs ont mesuré

Trois médecins ont rédigé dix scénarios médicaux courants. Puis 1 298 participants du Royaume-Uni ont été répartis au hasard : certains consultaient l’un de trois grands modèles de langage, d’autres une source de leur choix (groupe témoin). Chacun devait nommer les affections possibles et choisir la conduite à tenir, de l’autosoin à l’appel d’une ambulance.

Quand les modèles recevaient eux-mêmes le scénario complet, ils nommaient au moins une affection pertinente dans 94,9 % des cas et la bonne conduite dans 56,3 % des cas en moyenne. Mais les participants qui utilisaient ces mêmes modèles nommaient une affection pertinente dans moins de 34,5 % des cas et la bonne conduite dans moins de 44,2 %. Ils n’ont pas fait mieux que le groupe témoin pour la conduite à tenir, et ont fait moins bien pour nommer les affections.

Pourquoi cet écart

Les auteurs pointent la conversation elle-même. Dans 16 des 30 échanges examinés en détail, le premier message ne contenait qu’une partie de l’information utile. Il est aussi arrivé que le robot suggère la bonne piste sans réussir à la transmettre clairement.

Les limites à garder en tête

Les modèles sont ceux de l’époque de l’étude, et les auteurs jugent incertain que les plus récents fassent mieux avec de vraies personnes. Les scénarios étaient fictifs, donc sans le stress d’un vrai symptôme, et les participants vivaient au Royaume-Uni. Les chercheurs recommandent de tester les outils avec de vraies personnes avant de les offrir au public. La leçon pour un patient : un robot qui réussit un examen ne vous guide pas forcément bien.

À retenir

  • L’IA donne de bonnes informations générales, mais ses réponses peuvent être inexactes ou incomplètes.
  • Elle peut inventer une réponse, et un ton assuré ne prouve rien.
  • Elle ne connaît ni votre dossier ni votre corps, et n’examine personne.
  • Dans l’étude randomisée, les participants qui utilisaient un robot n’ont pas mieux fait que le groupe témoin.
  • Ni nom, ni numéro d’assurance maladie, ni image de résultat identifiable dans la fenêtre de conversation.
  • Urgence : 911. Question non urgente : 811. Jamais d’arrêt de traitement sur la foi d’une IA.

Ce qu’il vaut mieux ne jamais coller

Un renseignement personnel est toute information qui permet d’identifier une personne, directement ou indirectement. Le Collège ajoute que l’IA n’est pas assujettie aux mêmes règles de confidentialité qu’un médecin (Collège des médecins du Québec).

Directement ou indirectement

Le nom, l’adresse, le numéro de dossier et le numéro d’assurance maladie identifient directement. Une maladie rare ou un ensemble d’antécédents médicaux peuvent identifier indirectement. Retirer son nom ne suffit donc pas toujours : un portrait médical assez précis finit par désigner quelqu’un.

Le piège de la photo

Téléverser la photo d’un rapport de laboratoire est le geste le plus naturel et le plus risqué. Le Collège cite cet exemple de partage involontaire : sans y penser, on transmet aussi le nom de la personne testée et son adresse. Retaper seulement le terme ou la valeur qui vous intrigue, sans l’en-tête, réduit ce risque sans l’éliminer. Une valeur isolée se lit mal : l’outil ne voit ni vos autres résultats ni votre dossier, et les valeurs de référence varient selon le laboratoire. L’interprétation revient au professionnel qui a demandé l’examen.

Les renseignements des autres

Il faut absolument éviter de verser dans une IA des renseignements sur une autre personne, car ils ne nous appartiennent pas. L’exemple du Collège : un rapport de spécialiste qui mentionne les problèmes de jeu d’un fils rend ce fils facilement identifiable.

Les conditions d’utilisation et la loi

Les entreprises peuvent utiliser vos mots pour entraîner leurs systèmes, ou les partager ou les vendre à des fins de marketing ou de profilage. Avant de choisir un outil, cherchez quatre réponses dans ses conditions d’utilisation : quelles données sont collectées, à quoi elles servent, avec qui elles sont partagées, où elles sont conservées.

Côté juridique, les autorités canadiennes de protection de la vie privée, dont la Commission d’accès à l’information du Québec, ont publié des principes pour l’IA générative, puis une résolution commune sur l’utilisation responsable de l’IA en santé. Ces principes placent la responsabilité sur les organisations qui développent, offrent ou utilisent ces outils et retiennent la limitation de la communication de renseignements personnels, sensibles ou confidentiels. La Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, modernisée par la Loi 25, encadre ces entreprises : après une enquête conjointe sur ChatGPT, la Commission a conclu que l’entreprise n’avait pas pleinement respecté ses obligations, et celle-ci s’est engagée à prendre des mesures supplémentaires. Cette loi ne remplace pas votre prudence : selon le Collège, une personne informée reste libre de verser ses propres informations, à condition de peser les risques. Voyez aussi notre article sur la protection des données numériques de santé.

Quand fermer l’écran

Une urgence ne se règle pas par texto avec une machine. Certaines situations exigent un humain tout de suite, d’autres au moins une vraie conversation avant de décider.

911 : sans passer par le robot

Difficulté soudaine à respirer, douleur, serrement ou pression à la poitrine, signes d’un AVC (visage affaissé, faiblesse d’un bras, difficulté à parler), perte de conscience, réaction allergique grave, saignement impossible à arrêter, suspicion de surdose, vie en danger : appelez le 911 au lieu de rédiger une description pour un outil. Dans le doute, appelez.

811 : la question non urgente

Pour une inquiétude qui ne relève pas de l’urgence, Info-Santé 811 vous met en relation avec une infirmière ou un infirmier. Voyez ce que fait la ligne Info-Santé 811. Au bout du fil, une personne pose des questions et vous oriente. Si vous pensez au suicide ou vivez une grande détresse, ne restez pas seul devant un écran : Info-Social répond au 811, option 2, et la ligne 1 866 APPELLE (277-3553) est ouverte jour et nuit. Si une vie est en danger, appelez le 911.

Une consultation, quand le doute persiste

Un symptôme qui revient, un résultat qui inquiète, une réponse du robot qui contredit votre professionnel : ce sont des motifs de consultation. Si vous hésitez sur la porte à ouvrir, voyez comment choisir entre l’urgence et une consultation.

Le Collège est formel : même si une IA le conseille, il ne faut jamais arrêter un traitement sans en parler à un médecin ou à un autre professionnel de la santé.

Une question que l’écran ne règle pas? Prenez rendez-vous ou consultez un professionnel de la santé en ligne, partout au Québec.

Comment l’utiliser prudemment

Une utilisation prudente repose sur quelques réflexes, avant, pendant et après la conversation.

Avant d’écrire

  • Retirez le nom, l’adresse, le numéro d’assurance maladie, le numéro de dossier et tout ce qui figure dans l’en-tête d’un document.
  • Parlez de vous seulement, jamais d’une autre personne identifiable.
  • Si vous avez le choix, préférez un outil offert par un organisme de santé reconnu (le ministère de la Santé et des Services sociaux ou Santé Québec) ou recommandé par votre médecin, comme le suggère le Collège.

Pendant la conversation

Donnez seulement le contexte nécessaire à votre question (depuis quand, avec quelles autres conditions, quels médicaments), sans accumuler les détails qui dresseraient un portrait identifiable. Demandez au robot ce qui manque pour que sa réponse soit fiable, et traitez chaque affirmation comme une piste, pas comme un verdict.

Après la conversation

Si la réponse touche un sujet important pour votre santé, le Collège juge essentiel d’en parler à un médecin ou à un autre professionnel pour vérifier l’information. Notez-la et apportez-la au rendez-vous. Pour recouper un fait précis, notre article pour faire le tri parmi les fausses informations en santé donne des repères simples.

Usages raisonnables, usages à risque

Le tableau qui suit résume la ligne de partage, dans l’esprit des recommandations du Collège. En cas de doute, la dernière colonne l’emporte.

Usage et niveau de risqueÀ faire plutôt
Faire expliquer un mot d’un compte rendu : raisonnable, sans nom ni numéroFaire confirmer le sens par la personne qui vous suit
Préparer une liste de questions avant un rendez-vous : raisonnableApporter la liste et la lire pendant la consultation
Deviner la cause d’un nouveau symptôme : à risque : pas d’examen, pas de dossierAppeler le 811, ou consulter si le doute persiste
Téléverser la photo d’un résultat de laboratoire : à risque : le nom et l’adresse suiventDemander l’explication à votre professionnel; si vous utilisez quand même l’outil, retaper seulement le terme ou la valeur, sans l’en-tête
Décider d’arrêter ou de changer un médicament : à risque : jamais sans avisEn parler à un médecin ou à un autre professionnel de la santé
Résumer sa rencontre avec une application : possible, avec relectureCorriger la note et informer le médecin de l’usage
Décrire une situation grave ou soudaine : à risque : chaque minute compteAppeler le 911

Ce que les cliniciens en font

Les professionnels de la santé utilisent eux aussi l’IA, dans un cadre que le patient ne contrôle pas. Le Collège cite la rédaction de notes, l’évaluation de risques, l’amélioration des images en radiologie ou la planification des rencontres (Collège des médecins du Québec). Pour la vue d’ensemble du réseau, voyez nos articles sur l’intelligence artificielle dans le système de santé et sur les nouvelles technologies et système de santé.

La responsabilité reste humaine

Les médecins demeurent pleinement responsables des diagnostics, traitements, notes et rapports signés, avec ou sans IA, et le jugement clinique doit primer (Collège des médecins du Québec). Le Collège ajoute qu’un médecin qui ne peut pas vérifier l’information produite par une IA ne devrait pas s’en servir, et que verser des renseignements identifiants dans un outil grand public non certifié expose ces données à des risques de fuite (Collège des médecins du Québec).

Vos droits quand l’IA entre dans la consultation

Lorsqu’une IA capte votre voix ou votre image, le médecin doit obtenir votre consentement. Vous pouvez refuser, et il rédige alors sa note sans l’outil. En cas de doute, demandez-lui si son outil est certifié par le Bureau de certification de Santé Québec.

Les outils qui se disent médicaux

Au Canada, les instruments médicaux fondés sur l’apprentissage machine relèvent de la Loi sur les aliments et drogues et de son règlement sur les instruments médicaux, et leurs fabricants doivent démontrer leur sûreté et leur efficacité selon les lignes directrices de Santé Canada. Devant une application qui affirme poser un diagnostic, vérifiez si elle figure à la liste des instruments médicaux homologués de Santé Canada, et faites vérifier sa réponse par un médecin ou un autre professionnel de la santé.

Mythes et idées reçues

« Un robot qui réussit les examens de médecine peut m’orienter aussi bien qu’un professionnel »

Faux. Dans l’étude de Nature Medicine, les modèles seuls nommaient au moins une affection pertinente dans 94,9 % des cas, mais les participants qui les consultaient y arrivaient dans moins de 34,5 % des cas et choisissaient la bonne conduite dans moins de 44,2 %.

« Si la réponse est bien écrite et assurée, elle est probablement juste »

Faux. Le Collège écrit que les réponses de l’IA sont souvent données avec beaucoup d’assurance même lorsqu’elles sont fausses.

« Ce que j’écris reste entre le robot et moi »

Faux. La confidentialité n’est pas garantie avec les outils grand public, et l’IA n’est pas assujettie aux mêmes règles qu’un médecin.

« Si je retire mon nom, mes données sont anonymes »

Nuancé. Retirer le nom et le numéro d’assurance maladie réduit le risque, mais une maladie rare ou un ensemble d’antécédents peuvent identifier une personne indirectement.

« Un médecin qui utilise l’IA laisse la machine décider »

Faux. Les médecins demeurent pleinement responsables de leurs actes, avec ou sans IA, et l’outil ne sert que d’aide à la décision.

Questions fréquentes

Peut-on décrire ses symptômes à un robot conversationnel?

Le Collège des médecins du Québec recommande d’éviter l’IA pour s’autodiagnostiquer, sauf pour un problème très simple et sans conséquence importante. Pour un symptôme qui inquiète, Info-Santé 811 ou une consultation est plus sûr, et le 911 en cas d’urgence.

Quels renseignements ne faut-il jamais coller dans un robot conversationnel?

Ceux qui identifient une personne, directement (nom, adresse, numéro de dossier, numéro d’assurance maladie) ou indirectement (maladie rare, ensemble d’antécédents), ainsi que ceux d’une autre personne et les photos de rapports avec en-tête.

Puis-je faire expliquer mes résultats de prise de sang par un robot?

Vous pouvez demander le sens d’un terme, une fois tout ce qui vous identifie retiré. L’outil ne connaît pas votre dossier : l’interprétation de vos résultats revient au professionnel qui les a demandés.

Que faire si le robot me rassure alors que je suis toujours inquiet?

Fiez-vous à votre inquiétude plutôt qu’à une réponse écrite : appelez le 811 pour une question non urgente, consultez un professionnel de la santé, ou appelez le 911 si le symptôme est grave ou soudain.

Mon médecin peut-il utiliser l’IA pendant ma consultation?

Oui, sous conditions. Il reste responsable de ses décisions et de ses notes, et doit obtenir votre consentement lorsqu’une IA capte votre voix ou votre image. Vous pouvez refuser, et il rédige alors sa note sans l’outil.

Sources

  1. Collège des médecins du Québec, Les soins de santé et l’intelligence artificielle (information pour le public)
  2. Collège des médecins du Québec, L’intelligence artificielle en médecine
  3. Collège des médecins du Québec, Imputabilité et responsabilité professionnelle des médecins (systèmes d’IA)
  4. Organisation mondiale de la santé, communiqué sur les orientations pour l’éthique et la gouvernance de l’IA des grands modèles multimodaux
  5. Commission d’accès à l’information du Québec, principes de développement et d’utilisation de l’IA générative
  6. Santé Canada, lignes directrices préalables à la mise en marché pour les instruments médicaux fondés sur l’apprentissage machine
  7. Nature Medicine, Reliability of LLMs as medical assistants for the general public: a randomized preregistered study (en anglais)
  8. Santé Québec, Quand consulter à l’urgence
  9. Cœur + AVC, Signes d’urgence : quand appeler le 9-1-1
  10. Commission d’accès à l’information du Québec, résultats de l’enquête conjointe sur ChatGPT
  11. Commission d’accès à l’information du Québec, résolution commune sur l’utilisation responsable de l’IA en santé
  12. Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, principes pour des technologies d’IA générative responsables
  13. Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé
  14. Santé Canada, Liste des instruments médicaux homologués en vigueur

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Geneviève Dostie
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