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Un produit « naturel » qui remplacerait vos médicaments, une vidéo virale qui promet de guérir une maladie chronique, un message transféré par un proche bien intentionné : tout le monde a déjà croisé une fausse information en santé. Sur internet, le vrai et le faux se présentent de la même façon, avec le même ton assuré. L’Association médicale mondiale vient d’ailleurs d’adopter une politique pour freiner la propagation de ces contenus, un signe que le problème dépasse largement nos écrans. Voici comment faire le tri sans devenir méfiant de tout.

Pourquoi les fausses informations en santé inquiètent les médecins

Selon un sondage de l’Association médicale canadienne, la très grande majorité des Canadiens (89 %) se tournent vers internet pour obtenir des conseils de santé. C’est normal : l’information est là, gratuite, à toute heure. Le risque tient à ce que cette information n’est pas triée. Une publication sur les réseaux sociaux peut circuler à grande échelle sans que personne n’ait vérifié ce qu’elle avance.

Les conséquences sont bien concrètes. Un médecin de famille a raconté à La Presse Canadienne avoir vu des patients cesser un traitement contre le diabète, convaincus par des produits naturels aperçus en ligne et présentés comme aussi efficaces. Ce n’était pas le cas. Le traitement interrompu, la maladie a continué son chemin. C’est le scénario que les organisations médicales veulent éviter : rejeter un traitement qui a fait ses preuves, repousser des soins nécessaires ou adopter une pratique nocive.

À cela s’ajoute l’intelligence artificielle, qui permet maintenant de fabriquer des images et des vidéos très réalistes, y compris de faux « experts » en blouse blanche. Reconnaître une fausse information ne passe donc plus seulement par le flair. Il faut quelques réflexes.

Débat scientifique ou désinformation : la nuance qui compte

Faire le tri ne veut pas dire fermer la porte aux idées nouvelles. La science avance en se questionnant, et des professionnels peuvent légitimement défendre une position qui s’écarte du consensus. Ce qui change tout, c’est la manière : de bonne foi, en toute transparence et en s’appuyant sur des données probantes. Présenter une hypothèse comme telle est une démarche scientifique. La présenter comme un fait démontré, alors qu’elle ne l’est pas, devient un problème.

C’est une distinction utile pour le grand public aussi. Un contenu honnête dit ce qu’il sait, ce qu’il ignore et d’où viennent ses données. Un contenu trompeur, lui, promet tout et n’admet aucune limite.

Cinq signaux d’alerte devant un contenu santé

Aucun signal n’est infaillible, mais plus ils s’accumulent, plus la prudence s’impose.

Signal d’alerteCe que ça peut cacher
Une promesse de guérison « garantie » ou « miracle »Aucune thérapie sérieuse ne promet de résultat identique pour tout le monde
Une source introuvable ou un « expert » sans nom vérifiableUne absence de données ou une identité inventée
Un message qui crée la peur ou l’urgenceUne émotion forte pousse à partager sans réfléchir
Un produit à vendre à la fin du contenuUn intérêt commercial derrière l’information
« Les médecins ne veulent pas que vous le sachiez »Un argument de complot qui évite de présenter des preuves

Trois vérifications simples avant de croire (ou de partager)

Qui parle, et sur quelles données ?

Cherchez l’auteur et l’organisme derrière le contenu. Un ministère de la Santé, une agence de santé publique, un ordre professionnel ou une université publient généralement leurs sources et leurs mises à jour. Un compte anonyme, créé récemment, qui ne cite rien, mérite plus de réserve.

Le produit est-il approuvé par une autorité reconnue ?

Au Canada, Santé Canada autorise les médicaments et les produits de santé naturels vendus sur le marché. Un produit qui revendique un effet médical sans autorisation reconnue est un signal à prendre au sérieux. Un pharmacien peut aussi vérifier rapidement un produit pour vous.

Plusieurs sources fiables disent-elles la même chose ?

Une affirmation spectaculaire qui n’apparaît que sur un seul site, ou seulement sur les réseaux sociaux, doit éveiller le doute. Si c’était vraiment une percée, les organismes de santé publique en parleraient. Prenez le réflexe de chercher le même sujet sur les sites des autorités sanitaires québécoises et canadiennes avant de conclure.

Et les outils d’intelligence artificielle ?

Les robots conversationnels répondent vite et avec aplomb, mais ils peuvent se tromper, inventer une source ou ignorer votre dossier médical. Ils peuvent aider à comprendre un terme ou à préparer des questions. Ils ne remplacent ni l’évaluation d’un professionnel ni un diagnostic. La politique de l’Association médicale mondiale invite d’ailleurs les entreprises du numérique à reconnaître ce problème et à renforcer la modération de leurs contenus.

Quand consulter un professionnel de la santé

Un doute sur un traitement, un produit ou un symptôme trouve sa meilleure réponse auprès d’un professionnel qui connaît votre situation. En particulier, ne cessez pas un médicament prescrit sans en discuter avec votre médecin, votre infirmière praticienne ou votre pharmacien, même si vous avez lu qu’une solution naturelle ferait mieux. Si une information en ligne vous inquiète, apportez-la à votre rendez-vous : c’est une excellente façon de lancer la discussion. Pour une situation urgente ou des signes graves, rendez-vous aux urgences ou composez le 911.

Une question de santé qui vous trotte en tête ? Parlez-en à un professionnel : prenez rendez-vous dans l’un de nos points de service au Québec ou choisissez la consultation en ligne, accessible partout dans la province.

Questions fréquentes

Comment savoir si une information de santé est fiable ?

Vérifiez qui l’a rédigée, quelles sources elle cite et si des organismes de santé reconnus disent la même chose. Méfiez-vous des promesses de guérison et des contenus qui cherchent surtout à vendre un produit.

Un produit naturel peut-il remplacer un médicament prescrit ?

Pas sans l’avis d’un professionnel de la santé. Arrêter un traitement de sa propre initiative peut aggraver une maladie. Discutez-en d’abord avec votre médecin, votre infirmière praticienne ou votre pharmacien.

Un médecin peut-il avoir une opinion différente du consensus ?

Oui, à condition de l’exprimer de bonne foi, de manière transparente et en s’appuyant sur des données probantes. Le débat scientifique légitime n’est pas de la désinformation.

Que faire si une personne proche partage de fausses informations ?

Évitez la confrontation. Proposez plutôt de regarder ensemble ce que disent les sources officielles, et suggérez d’en parler à un professionnel de la santé.

Peut-on consulter à distance pour vérifier une information de santé ?

Oui. Une consultation en ligne permet de discuter d’une information lue sur internet avec un professionnel, selon votre situation.

Sources

  1. Association médicale mondiale (AMM)
  2. Association médicale canadienne (AMC)
  3. Santé Canada
  4. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ)
  5. Gouvernement du Québec — Santé

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Geneviève Dostie
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